Anna2003 a écrit : ↑mar. 15 sept. 2026, 18:55
Ce qui me déçoit, ce sont les professeurs de mathématiques a luniversité qui, pour la plupart, adoptent une attitude de déni et se contentent de dire : « Mettons-nous d'accord pour ne pas publier les résultats obtenus par mes étudiants ».
C'est comme s'ils avaient une vision à très court terme et qu'ils voulaient simplement préserver leur statut de meilleurs élèves de la classe.
Si l’IA permet d’améliorer les performances en augmentant l’efficacité, elle peut constituer un progrès en matière de justice :
**effort × efficacité = performance**, notamment scolaire.
Or, certains facteurs d’efficacité sont répartis de manière injuste : l’accès à la documentation, la présence d’un entourage plus ou moins capable d’aider, la possibilité de recourir à un professeur particulier, etc. En se comportant comme un professeur particulier accessible à tous, l’IA peut réduire ces inégalités. Le cas de l’élève qui travaille beaucoup sans obtenir de résultats, faute d’un accompagnement adapté, pourrait ainsi devenir moins fréquent.
Le problème apparaît dans une société où seul le résultat est valorisé — le fameux « bénéfice client ». Si la performance de l’IA devient supérieure à la performance humaine, ce n’est plus seulement l’efficacité qui est transformée : la valeur de l’effort humain lui-même risque d’être effacée.
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Il me semble que l’on peut, de manière schématique, distinguer trois types de travaux :
- les thèses d’exercice, notamment dans le secteur de la santé ;
- les mémoires ou thèses portant sur la mise en œuvre d’une compétence, dont la problématique repose sur la capacité à mobiliser cette compétence et à construire des outils — catégorie à laquelle appartient mon propre travail ;
- les thèses de recherche traditionnelles, qui visent à produire une connaissance nouvelle.
Aujourd’hui, l’IA rend les thèses d’exercice professionnel beaucoup plus faciles à réaliser. Il faudrait évidemment les examiner individuellement, mais, à la lecture de certaines d’entre elles, on pourrait presque avoir l’impression que les pages de remerciements sont les plus travaillées.
La thèse de recherche traditionnelle, qui est la plus ambitieuse, est elle aussi remise en question par l’IA. Celle-ci peut désormais contribuer à résoudre une question scientifique — nous venons de le voir avec le problème mathématique — et assister fortement le doctorant dans ses recherches et son travail d’analyse. Alors qu’une thèse demande traditionnellement environ trois ans, il me semble que, pour certains sujets, six mois pourraient désormais suffire avec l’aide de l’IA.
Le travail portant sur la mise en œuvre d’une compétence me paraît plus difficile à produire intégralement par l’IA, car il suppose une expérience professionnelle, l’identification d’un problème concret et la conception d’outils adaptés. Il peut néanmoins être très fortement assisté, avec une réduction considérable du temps nécessaire à sa réalisation.
Certains professionnels ont érigé la paresse en mantra et répètent qu’il faut « savoir être paresseux ». Leur rêve semble aujourd’hui se réaliser.
En ce moment, on parle beaucoup de l’alignement de l’IA sur l’humanité. Mais l’humanité elle-même est en train de se désaligner des valeurs chrétiennes et, au-delà, de sa propre nature, notamment sous l’effet de l’IA.
Je suis donc inquiet de voir l’effort perdre progressivement toute valeur.
D’après ce que je peux lire ici ou là, les universitaires et les ministres n’ont pas encore pleinement pris la mesure de ce changement. Il n’existe pas encore de dispositif crédible permettant de préserver la valeur d’une thèse et de garantir ce qu’elle atteste réellement : une compétence acquise, un travail personnel et une contribution intellectuelle originale.