par Cgs » dim. 30 août 2009, 9:44
Cher Libremax,
Je suis d'accord avec votre analyse. Le travail à accomplir est colossal sur le sujet. Mais nous sommes chrétiens, et nous sommes pleins d'espérance !
Sur vos questions et remarques :
Libremax a écrit :
Force est donc de constater qu'il demeure, aujourd'hui, un écart énorme, le plus souvent, entre la réalité du sacrement , ce qu'en attendent les futur mariés, et ce qu'ils en retiennent une fois mariés. J'en veux pour preuve non pas le fait que les mariés divorcent, parce qu'après tout, l'esprit du monde fait tout ce qu'il peut pour détourner les Hommes de ce qu'ils font de bon, mais le fait qu'ils demandent le ramariage, et surtout, ne comprennent pas que cela leur soit refusé, et que si malgré tout ils le font à la mairie, ils se voient refuser tout sacrement.
Et la chose est particulièrement cruelle pour les personnes qui n'ont pas choisi, mais se sont vues concrètement contraintes de se séparer de leur conjoint pour se protéger, par exemple, ou protéger leurs enfants. Il leur est demandé dès lors de vivre dans le respect absolu de leur mariage malgré que celui-ci ait été piétiné, mais non par elles-mêmes.
Ces cas particuliers sont très douloureux, et doivent être considérés avec toute l'attention et l'accueil nécessaires. Comme tout cas particulier, si le mal a été fait (mariage forcé, conjoint qui devient alcoolique, violences conjugales), un moindre mal (la séparation) doit être appliquée. C'est le bon sens même, et l'Eglise ne dit pas autre chose.
En revanche, il faut éviter de généraliser ces cas et de légitimer la séparation ou le divorce par eux.Si on exclut ces cas particuliers, ce que préconise l'Eglise est tout à fait envisageable. Le couple va mal ? Les époux ont-ils réellement fourni tous les efforts possibles pour restaurer l'harmonie dans leur couple ? C'est rarement le cas, la séparation étant la facilité la plus accessible, même si elle fait bien plus mal qu'on ne l'imagine. Ce que nous avons à dire, nous chrétiens, est simple : c'est certes plus difficile de rester ensemble que de se séparer, mais cet effort donne bien plus de bonheur à long terme, et évite une déchirure définitive. Par analogie, il est parfois nécessaire de passer par la croix pour obtenir la grâce. En cherchant la facilité, on s'éloigne, sans s'en rendre compte, de Dieu.
Face à ce problème, deux questions se posent:
Comment mieux les préparer ? C'est la question que pose l'article que vous m'envoyez.
A mon sens, outre les éléments que j'ai donnés précédemment, il est nécessaire d'oeuvrer sur plusieurs fronts :

L'éducation sexuelle : aujourd'hui, les jeunes ont une vision de l'autre sexe tronquée et mensongère, véhiculée par la société. Rééduquer, dès le plus jeune âge, éviterait l'apologie de la consommation sexuelle, la chosification du corps, l'éloge du papillonnage, etc

L'accueil des couples au sein des paroisses, aussi bien par les ministres du culte que par les laïcs. A ce titre, les différentes associations qui accueillent et préparent les couples sont déterminantes, et il convient de les faire connaître.
Le mariage catholique, dans son sens plénier, est-il accessible à tout un chacun?
Je le pense, pour ma part. Il est vrai que dans le cas de non-croyants, ou de croyants "par tradition-pour-faire-plaisir-à-la-grand-mère", le mariage catholique comportera des dimensions qui ne pourront être comprises. Pour autant, je ne crois pas que ces cas ne puissent pas être préparés de façon religieuse au mariage. En effet, les valeurs universelles du mariage (fidélité, amour, liberté, etc) peuvent toucher n'importe qui, et initier une démarche de conversion. j'ai personnellement connu des personnes athées ou anticléricales se transformer au moment de leur mariage, par amour pour leur conjoint. De là à ce qu'ils comprennent la beauté de la transsubstantiation, il ne faut pas être naïf

Mais tout commencement dans la foi est une bonne chose.
L'usage naturel de choisir un homme pour une femme et une femme pour un homme devient une responsabilité mystique qui dépasse de loin le seul engagement conjugal: en somme, pour les catholiques, il n'y a pas d'autre solution pour se marier que de se voir confier l'Eglise.
C'est une manière déformée de voir le mariage, j'en conviens, mais j'ai bien le sentiment que c'est ainsi que le voient une grande quantité de mariés catholiques. Ou, pour être plus exact, je crois qu'ils ne sont pas au courant.
Vous avez raison, voilà le principal problème : ils ne sont plus au courant. L'enseignement dans le domaine est quasi-nul ! D'où mes propositions ci-dessus.
Oui, ma comparaison avec la phrase du Christ sur le sabbat était réductrice, c'est vrai. Mais je ne suis pas sûr que le sabbat était censé être une "simple institution", mais un jour saint, un don fait à Israël pour rentrer dans la sainte mémoire du salut de Dieu.
Et pourtant le Christ a relativisé sa prépondérance sur le bon sens.
L'Eglise -je ne désigne pas ici le clergé catholique, je parle aussi de nous, l'Eglise- n'emprisonne-t-elle pas l'Homme dans le mariage?
Je ne le pense pas. Comme toute autre vocation (en particulier la vocation sacerdotale), le choix de s'engager doit être librement consenti. Comment parler d'emprisonnement alors que l'Eglise insiste bien pour que tout engagement soit pris en toute liberté et en toute conscience ? Ce n'est pas pour rien si une préparation au mariage dure au moins 6 mois, et si le sacerdoce est préparé pendant 6 ans. Il faut le temps de discerner sa vocation.
Ce n'est pas une question que je pose parce qu'en aurais déjà la réponse. Mais je vois que certaines personnes se retrouvent prisonnières, et préfèrent s' "évader" de l'Eglise plutôt que de rester mariées.
Il est intéressant de voir pourquoi ces personnes choisissent de s'éloigner de l'Eglise. Les raisons peuvent être très nombreuses, mais je ne pense pas que ce soit parce qu'ils se sentent prisonniers. C'est plutôt dû à d'autres facteurs : pression de la société, perte de sens et de repères, vision à court terme et choix de facilité, etc.
Bien à vous et bon dimanche,
Cher Libremax,
Je suis d'accord avec votre analyse. Le travail à accomplir est colossal sur le sujet. Mais nous sommes chrétiens, et nous sommes pleins d'espérance !
Sur vos questions et remarques :
[quote="Libremax"]
Force est donc de constater qu'il demeure, aujourd'hui, un écart énorme, le plus souvent, entre la réalité du sacrement , ce qu'en attendent les futur mariés, et ce qu'ils en retiennent une fois mariés. J'en veux pour preuve non pas le fait que les mariés divorcent, parce qu'après tout, l'esprit du monde fait tout ce qu'il peut pour détourner les Hommes de ce qu'ils font de bon, mais le fait qu'ils demandent le ramariage, et surtout, ne comprennent pas que cela leur soit refusé, et que si malgré tout ils le font à la mairie, ils se voient refuser tout sacrement.
[b]Et la chose est particulièrement cruelle pour les personnes qui n'ont pas choisi, mais se sont vues concrètement contraintes de se séparer de leur conjoint pour se protéger, par exemple, ou protéger leurs enfants. Il leur est demandé dès lors de vivre dans le respect absolu de leur mariage malgré que celui-ci ait été piétiné, mais non par elles-mêmes. [/b]
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Ces cas particuliers sont très douloureux, et doivent être considérés avec toute l'attention et l'accueil nécessaires. Comme tout cas particulier, si le mal a été fait (mariage forcé, conjoint qui devient alcoolique, violences conjugales), un moindre mal (la séparation) doit être appliquée. C'est le bon sens même, et l'Eglise ne dit pas autre chose.
En revanche, il faut éviter de généraliser ces cas et de légitimer la séparation ou le divorce par eux.Si on exclut ces cas particuliers, ce que préconise l'Eglise est tout à fait envisageable. Le couple va mal ? Les époux ont-ils réellement fourni tous les efforts possibles pour restaurer l'harmonie dans leur couple ? C'est rarement le cas, la séparation étant la facilité la plus accessible, même si elle fait bien plus mal qu'on ne l'imagine. Ce que nous avons à dire, nous chrétiens, est simple : c'est certes plus difficile de rester ensemble que de se séparer, mais cet effort donne bien plus de bonheur à long terme, et évite une déchirure définitive. Par analogie, il est parfois nécessaire de passer par la croix pour obtenir la grâce. En cherchant la facilité, on s'éloigne, sans s'en rendre compte, de Dieu.
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Face à ce problème, deux questions se posent:
Comment mieux les préparer ? C'est la question que pose l'article que vous m'envoyez.
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A mon sens, outre les éléments que j'ai donnés précédemment, il est nécessaire d'oeuvrer sur plusieurs fronts :
:arrow: L'éducation sexuelle : aujourd'hui, les jeunes ont une vision de l'autre sexe tronquée et mensongère, véhiculée par la société. Rééduquer, dès le plus jeune âge, éviterait l'apologie de la consommation sexuelle, la chosification du corps, l'éloge du papillonnage, etc
:arrow: L'accueil des couples au sein des paroisses, aussi bien par les ministres du culte que par les laïcs. A ce titre, les différentes associations qui accueillent et préparent les couples sont déterminantes, et il convient de les faire connaître.
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Le mariage catholique, dans son sens plénier, est-il accessible à tout un chacun?
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Je le pense, pour ma part. Il est vrai que dans le cas de non-croyants, ou de croyants "par tradition-pour-faire-plaisir-à-la-grand-mère", le mariage catholique comportera des dimensions qui ne pourront être comprises. Pour autant, je ne crois pas que ces cas ne puissent pas être préparés de façon religieuse au mariage. En effet, les valeurs universelles du mariage (fidélité, amour, liberté, etc) peuvent toucher n'importe qui, et initier une démarche de conversion. j'ai personnellement connu des personnes athées ou anticléricales se transformer au moment de leur mariage, par amour pour leur conjoint. De là à ce qu'ils comprennent la beauté de la transsubstantiation, il ne faut pas être naïf :) Mais tout commencement dans la foi est une bonne chose.
[quote]
L'usage naturel de choisir un homme pour une femme et une femme pour un homme devient une responsabilité mystique qui dépasse de loin le seul engagement conjugal: en somme, pour les catholiques, il n'y a pas d'autre solution pour se marier que de se voir confier l'Eglise.
C'est une manière déformée de voir le mariage, j'en conviens, mais j'ai bien le sentiment que c'est ainsi que le voient une grande quantité de mariés catholiques. Ou, pour être plus exact, je crois qu'ils ne sont pas au courant.
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Vous avez raison, voilà le principal problème : ils ne sont plus au courant. L'enseignement dans le domaine est quasi-nul ! D'où mes propositions ci-dessus.
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Oui, ma comparaison avec la phrase du Christ sur le sabbat était réductrice, c'est vrai. Mais je ne suis pas sûr que le sabbat était censé être une "simple institution", mais un jour saint, un don fait à Israël pour rentrer dans la sainte mémoire du salut de Dieu.
Et pourtant le Christ a relativisé sa prépondérance sur le bon sens.
L'Eglise -je ne désigne pas ici le clergé catholique, je parle aussi de nous, l'Eglise- n'emprisonne-t-elle pas l'Homme dans le mariage?
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Je ne le pense pas. Comme toute autre vocation (en particulier la vocation sacerdotale), le choix de s'engager doit être librement consenti. Comment parler d'emprisonnement alors que l'Eglise insiste bien pour que tout engagement soit pris en toute liberté et en toute conscience ? Ce n'est pas pour rien si une préparation au mariage dure au moins 6 mois, et si le sacerdoce est préparé pendant 6 ans. Il faut le temps de discerner sa vocation.
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Ce n'est pas une question que je pose parce qu'en aurais déjà la réponse. Mais je vois que certaines personnes se retrouvent prisonnières, et préfèrent s' "évader" de l'Eglise plutôt que de rester mariées.[/quote]
Il est intéressant de voir pourquoi ces personnes choisissent de s'éloigner de l'Eglise. Les raisons peuvent être très nombreuses, mais je ne pense pas que ce soit parce qu'ils se sentent prisonniers. C'est plutôt dû à d'autres facteurs : pression de la société, perte de sens et de repères, vision à court terme et choix de facilité, etc.
Bien à vous et bon dimanche,