par Philon » ven. 22 août 2008, 1:24
Merci aux frères et sœurs qui ont répondu à ce message.
Effectivement je comprends qu'il soit très difficile d'y répondre et c'est pourquoi j'ai choisi l'anonymat d'un forum.
Vos réponses sont très rassurantes, notamment en ce qui concerne la séparation des corps.
J'aimerais rebondir sur la question de la famille traditionnelle : pour moi c'est une famille fondée sur le mariage et qui pose clairement la différence entre générations.
Il faut donc en passer par certains interdits et par l'autorité. C'est précisément ces notions, interdits, autorité, devoirs, que la génération 68 a voulu rejeter (démocraties familiales, rejet des rituels et des codes qui marquaient ces différences...). Ce faisant elle a ouvert les vannes à la concurrence qui se développe, comme l'a très bien montré René Girard, dans des contextes d'indifférenciation sociale.
Retrouver les "bonnes vieilles" valeurs n'est pas chose facile quand on ne les a pas bues avec le lait de sa mère. D'une part le contexte social consumériste œuvre dans le sens de l'individualisme et du plaisir immédiat : l'autorité des parents n'est pas relayée, elle est même directement mise en cause par l'esprit "maternant" actuel et les enfants le sentent très bien.
Ensuite, les personnes qui, par miracle, ont conservé ces valeurs, ont tendance à rester entre elles et à se protéger, ce que l'on peut très bien comprendre. J'avoue les envier. Ne pas bouger de sa terre natale, n'avoir connu ni rupture ni mise au ban, prendre le relai de ses parents et s'inscrire dans une longue histoire, avoir reçu tout cet héritage, en un mot : des racines, quels cadeaux du ciel !
Dans l'ensemble, nos vie depuis 4 décennies ne sont plus structurées par la même symbolique qu'autrefois : c'est la subjectivité qui prévaut, le projet personnel, la séduction. Ne serait-ce que pour être coopté par un groupe, trouver du travail, avoir des amis, il faut savoir "se vendre", plaire : correspondre au désir de l'employeur, avoir le profil. Et changer d'emploi souvent. Il y a une logique d'exclusion là où a longtemps prévalu une logique de stabilité et de mise au pas générale. C'est tout-à-fait différent du contexte social plus solide d' il n'y a pas si longtemps : la vie, les rencontres, le travail, était régulés, soumis à des codes bien précis. On n'était pas laissé à soi-même. Il y avait plus de contraintes externes et de devoirs mais chacun pouvait se situer, chacun avait une place et des tâches précises alors qu'aujourd'hui, chacun doit "se faire" une place. Celui qui avoue préférer qu'on lui donne des devoirs à faire passe pour un idiot ! Depuis mai 68, c'est une vie "autonome" avec un projet tiré de sa subjectivité, de son désir, qui ont valeur positive mais rien n'est fragile et irrationnel comme le désir.
Pour moi une famille traditionnelle est une famille qui tient en grande partie grâce au sens du devoir et non pas par associations éphémères d'individus. C'est d'ailleurs le sens étymologique du mot conjugalité : être placés sous le même joug. Là où la génération 68 a vu un fardeau insupportable, je vois une protection.
Merci encore de vos réponses.
En Christ,
Philon.
Merci aux frères et sœurs qui ont répondu à ce message.
Effectivement je comprends qu'il soit très difficile d'y répondre et c'est pourquoi j'ai choisi l'anonymat d'un forum.
Vos réponses sont très rassurantes, notamment en ce qui concerne la séparation des corps.
J'aimerais rebondir sur la question de la famille traditionnelle : pour moi c'est une famille fondée sur le mariage et qui pose clairement la différence entre générations.
Il faut donc en passer par certains interdits et par l'autorité. C'est précisément ces notions, interdits, autorité, devoirs, que la génération 68 a voulu rejeter (démocraties familiales, rejet des rituels et des codes qui marquaient ces différences...). Ce faisant elle a ouvert les vannes à la concurrence qui se développe, comme l'a très bien montré René Girard, dans des contextes d'indifférenciation sociale.
Retrouver les "bonnes vieilles" valeurs n'est pas chose facile quand on ne les a pas bues avec le lait de sa mère. D'une part le contexte social consumériste œuvre dans le sens de l'individualisme et du plaisir immédiat : l'autorité des parents n'est pas relayée, elle est même directement mise en cause par l'esprit "maternant" actuel et les enfants le sentent très bien.
Ensuite, les personnes qui, par miracle, ont conservé ces valeurs, ont tendance à rester entre elles et à se protéger, ce que l'on peut très bien comprendre. J'avoue les envier. Ne pas bouger de sa terre natale, n'avoir connu ni rupture ni mise au ban, prendre le relai de ses parents et s'inscrire dans une longue histoire, avoir reçu tout cet héritage, en un mot : des racines, quels cadeaux du ciel !
Dans l'ensemble, nos vie depuis 4 décennies ne sont plus structurées par la même symbolique qu'autrefois : c'est la subjectivité qui prévaut, le projet personnel, la séduction. Ne serait-ce que pour être coopté par un groupe, trouver du travail, avoir des amis, il faut savoir "se vendre", plaire : correspondre au désir de l'employeur, avoir le profil. Et changer d'emploi souvent. Il y a une logique d'exclusion là où a longtemps prévalu une logique de stabilité et de mise au pas générale. C'est tout-à-fait différent du contexte social plus solide d' il n'y a pas si longtemps : la vie, les rencontres, le travail, était régulés, soumis à des codes bien précis. On n'était pas laissé à soi-même. Il y avait plus de contraintes externes et de devoirs mais chacun pouvait se situer, chacun avait une place et des tâches précises alors qu'aujourd'hui, chacun doit "se faire" une place. Celui qui avoue préférer qu'on lui donne des devoirs à faire passe pour un idiot ! Depuis mai 68, c'est une vie "autonome" avec un projet tiré de sa subjectivité, de son désir, qui ont valeur positive mais rien n'est fragile et irrationnel comme le désir.
Pour moi une famille traditionnelle est une famille qui tient en grande partie grâce au sens du devoir et non pas par associations éphémères d'individus. C'est d'ailleurs le sens étymologique du mot conjugalité : être placés sous le même joug. Là où la génération 68 a vu un fardeau insupportable, je vois une protection.
Merci encore de vos réponses.
En Christ,
Philon.