Honorer ses parents

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Philon
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Honorer ses parents

Message non lu par Philon »

Bonsoir,

j'avais essayé sans succès de poster un message hier mais j'ai du rencontrer des ennuis de connexion.
Je vais donc recommencer en tâchant de m'exprimer plus simplement : l'Église nous commande d'honorer nos parents. Sur le principe je suis d'accord : nous avons une dette envers ceux qui nous ont élevés, nourris, instruits, etc.

Je voudrais savoir ce que l'Église entend par "honorer ses parents".

En 2001 j'avais essayé très prudemment de parler de ma situation à un prêtre catholique mais il n'a pas du tout écouté et dès qu'il a entendu les termes "problèmes"..."parents", il a dit que j'avais passé l'âge de ce genre de choses...je n'ai plus osé en parler.

Pourtant c'est un problème de conscience pour moi car je ne sais pas si, en ne voyant pas mes parents et cela pour des raisons très graves, je suis dans le péché. Cela peut paraitre paradoxal mais j'ai des idées plutôt conservatrices à propos de la famille alors que j'ai coupé avec ma famille d'origine où l'on commettait au nom de la "liberté" des actes dont j'ai appris 30 ans plus tard qu'ils étaient punis par la loi. Mes parents me les avaient présentés comme banals, voire hygiéniques. Ils se protégeaient derrière l'image très "BCBG" du reste de la famille qui est catholique et cultivée. Longtemps je me suis efforcée de ne voir que cet aspect-là, d'ignorer ce qui m'arrivait en coulisses.

Ce qui a eu lieu dans ma famille, les types de relations en place à l'échelle familiale et transgénérationnelle, le fait que j'ai été "bannie" de ma famille d'origine, tout cela serait un peu compliqué à expliquer. Il est toujours très difficile de parler de choses inimaginables pour la grosse majorité des personnes.
Pour ma part, j'ai toujours eu tendance à taire tout cela étant donné la réaction des quelques rares personnes à qui je me suis confiée. Mon mari vient d'une famille également éprouvée mais pas de la même manière : auprès de lui, je me suis tout de suite sentie moins "anormale", moins monstrueuse et nos expériences de vie très proches.

Nous sommes tous deux des personnes relativement solitaires parce que ce genre d'expérience isole et fragilise.
Nous avons fondé une famille solide et traditionnelle, nous que les "dérèglements" de la modernité et leurs perversions avaient éprouvés. Nous avons donc tendance à rechercher la compagnie de personnes qui partagent nos valeurs mais le problème reste celui du silence et de la sévérité de certaines personnes qui ont des idées traditionnelles sur la famille. J'ai peur que ces personnes me voient comme une casseuse de famille déconnectée de mes racines si je parle alors que j'ai tenté toute ma vie durant de retrouver les racines, les principes,les valeurs que mes parents n'avaient pas respectés. C'est de là que vient aussi mon engagement politique.

Quand les gens parlent de leur famille d'origine je n'ose dire que des choses superficielles à propos de la mienne ou encore souligner des aspects effectivement heureux de mon enfance car je viens d'un "clan breton" qui m'a quand même donné des bases, même si on y commettait avec la complicité de tous des actes louches. C'est le paradoxe de cette situation : je n'y trouve pas de raison, pas de cohérence et je sens que cela intrigue ou fait peur.

Je n'ai plus de contacts avec ma famille d'origine depuis 6 ans et c'est en grande partie pour protéger mes enfants et mon couple. Je prie le Seigneur pour mes parents car vraiment je ne peux rien faire d'autre, j'ai déjà tout essayé pour arriver à avoir avec eux des relations "normales" mais ils continuent. Ils sont en outre complices (et s'en vantent) d'autres atteintes commises sur les enfants de leurs amis qui ont essayé d'acheter mon silence avec une grosse somme d'argent que j'ai refusée avant de fuir définitivement.

Je remercie le Seigneur de m'avoir fait connaitre mon mari et de m'avoir permis de me sortir de cette situation presque mafieuse. Toutefois rien n'est facile en raison de ce décalage permanent que je sens vis-à-vis des gens qui ont des problèmes plus banals et des familles imparfaites alors que je n'arrive pas à situer la mienne, à nommer ce qui s'y pratique et qui semble aux yeux de tous si "comme il faut", unie etc.
Malheureusement quand on a vécu cela on est aussi très sensible au mépris de certaines personnes qui vous rappellent les gens qui vous ont déshumanisé, par exemple dans une situation d'exclusion ou de rejet.

Je voudrais savoir si le fait de nommer les choses, de s'en rendre compte et de couper avec mes parents est compatible avec ma volonté d'obéir à Dieu. Que doit faire un catholique dans ce cas ?
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Hélène
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Re: Honorer ses parents

Message non lu par Hélène »

Chère Philon,

Je tiens à vous dire que votre témoignage me touche beaucoup. Je vous trouve bien courageuse de partager cette difficulté et je rends grâce à Dieu pour la lucidité qu'il vous accorde.

S'il s'agit de ce que je crois qu'il s'agit, oui, vous faites bien de couper les ponts car le Seigneur veux que nous honorions nos parents mais Il ne veut pas que nous nous complaisions dans le mensonge et le péché et nous n'avons pas à les idolâtrer mais a les aimer (comme enfants de Dieu) ce qui n'implique pas forcément la fréquentation si c'est trop douloureux. Vous avez à les honorer du fait qu'ils ont été les médiateurs pour vous donner la vie. Par ailleurs, le mensonge du secret est à rejeter et il vaut mieux faire la vérité en coupant la relation pour prendre le temps de guérir de blessures qui sont sûrement très profondes que de continuer à vous blesser mutuellement alors que personne n'en sortira gagnant. La séparation des corps est admise par l'Église (que ce soit dans le cas d'un couple ou dans le cas d'une famille) lorsque la cohabitation devient impossible pour cause de blessures et de péchés graves (dans le cas du couple, c'est admis pour cause d'adultère, de violence conjugale, etc.). Il ne s'agit pas de les renier mais de vous protéger et de protéger votre famille avec laquelle le Seigneur veut vous rebâtir dans l'amour vrai, la foi et l'espérance.

J'ai chez moi un document qui pourrait sûrement vous aider à amorcer un chemin de guérison (s'il s'agit de ce que je crois qu'il s'agit, il faudrait que vous me le confirmiez par messagerie privée si vous le désirez). J'aimerais pouvoir vous le faire parvenir par la Poste. Nommer les blessures est un chemin de guérison et oser faire la vérité dans les relations avec nos proches est une démarche douloureuse mais qui rend libre : la vérité vous rendra libre nous dit Jésus.

Ce qu'il reste à faire, dans le cas du chrétien, est de prendre le chemin du Pardon. C'est parfois long et douloureux mais c'est un chemin de liberté et de Vie.

Je vous assure de ma prière fraternelle.

Hélène
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Christophe
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Re: Honorer ses parents

Message non lu par Christophe »

Chère Philon

Le sujet que vous abordez est très délicat. Cela a du vous coûter beaucoup de partager cela avec nous ; et cela explique aussi le peu de réponses provoquées par votre témoignage. J'imagine que beaucoup ici ont eu peur de manquer de délicatesse à votre égard en vous répondant. Le sujet de l'inceste est toujours tabou, et l'on comprend pourquoi : c'est l'intimité d'une personne, et même d'une famille complète qui est mise à nu...
Hélène vous a très bien répondu : il est effectivement bien plus prudent d'avoir "rompu les ponts" afin d'éviter que vos propres enfants aient à subir ce que vous-même avez subi. Et quant à vous, il n'y a aucune raison non plus de continuer à les fréquenter si cela doit vous faire souffrir.

Je vous assure de mes prières et de toute ma sympathie !

Fraternellement
Christophe
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Boris
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Re: Honorer ses parents

Message non lu par Boris »

Sans avoir vécu votre histoire douloureuse, je reconnais tout de même des points communs avec nombre de jeunes familles actuelles.

Vous parlez de famille "traditionnelle".
Je ne sais pas trop ce que vous voulez dire par là, personnellement j'entends (ou je comprends) une famille fondée sur le mariage, le respect de tous les membres de la famille dans toutes leurs composantes et la transmission par les parents de règles morales.

Si tel est le cas, il est alors facile de constater qu'il y a un monde énorme entre la génération des plus de 45 ans et celle des moins de 40 ans !

Les premiers ont reçu un lavage de cerveau intensif dans les année 60-70.
Les seconds, leurs enfants, constatent amèrement les dégâts et recherchent les valeurs perdues pour les remettre au goût du jour par l'éducation qu'ils donnent à leurs enfants.

La génération de nos parents est une génération "sacrifiée". C'est malheureux mais c'est ainsi.

Vivez-vous dans le péché parce que vous ne fréquentez plus vos parents ?
St François est réputé pour n'avoir jamais été désagréable avec qui que se soit. Mais il faut savoir qu'il utilisait un code pour prévenir ses frères de faire partir les invités afin d'éviter d'être désagréable.
Je pense que c'est ce que vous vivez : pour éviter le scandale, pour éviter d'être désagréable, vous avez coupé les ponts.
Pour éviter de déshonorer vos parents dans des querelles.

Est-ce un péché ?

Et puis, s'ils vous ont fait souffrir, est-ce un péché de refuser de retourner dans un contexte rappelant la souffrance ?
Le Christ ne demande-t-il pas à Gethsémanie que la coupe passe sans qu'Il la boive si cela est possible ?
Bien sur, Il ajoute qu'Il veut d'abord faire la volonté du Père.

Dieu ne nous appelle pas à souffrir gratuitement pour lui : ce n'est pas un sacrifice humain qu'Il veut, c'est un sacrifice spirituel.
Dieu nous éclaire le chemin pour donner un sens à notre souffrance en la lui offrant mais pas en la cherchant délibérément.

Si votre prêtre ne vous écoute, changez-en si possible. Trouvez un prêtre qui accepte de faire de l'accompagnement spirituel.
Vous êtes en Bretagne, peut-être pouvez-vous aller à Kergonan (à coté de Carnac) ?
UdP,
Boris
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Philon
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Re: Honorer ses parents

Message non lu par Philon »

Merci aux frères et sœurs qui ont répondu à ce message.

Effectivement je comprends qu'il soit très difficile d'y répondre et c'est pourquoi j'ai choisi l'anonymat d'un forum.

Vos réponses sont très rassurantes, notamment en ce qui concerne la séparation des corps.

J'aimerais rebondir sur la question de la famille traditionnelle : pour moi c'est une famille fondée sur le mariage et qui pose clairement la différence entre générations.
Il faut donc en passer par certains interdits et par l'autorité. C'est précisément ces notions, interdits, autorité, devoirs, que la génération 68 a voulu rejeter (démocraties familiales, rejet des rituels et des codes qui marquaient ces différences...). Ce faisant elle a ouvert les vannes à la concurrence qui se développe, comme l'a très bien montré René Girard, dans des contextes d'indifférenciation sociale.

Retrouver les "bonnes vieilles" valeurs n'est pas chose facile quand on ne les a pas bues avec le lait de sa mère. D'une part le contexte social consumériste œuvre dans le sens de l'individualisme et du plaisir immédiat : l'autorité des parents n'est pas relayée, elle est même directement mise en cause par l'esprit "maternant" actuel et les enfants le sentent très bien.

Ensuite, les personnes qui, par miracle, ont conservé ces valeurs, ont tendance à rester entre elles et à se protéger, ce que l'on peut très bien comprendre. J'avoue les envier. Ne pas bouger de sa terre natale, n'avoir connu ni rupture ni mise au ban, prendre le relai de ses parents et s'inscrire dans une longue histoire, avoir reçu tout cet héritage, en un mot : des racines, quels cadeaux du ciel !

Dans l'ensemble, nos vie depuis 4 décennies ne sont plus structurées par la même symbolique qu'autrefois : c'est la subjectivité qui prévaut, le projet personnel, la séduction. Ne serait-ce que pour être coopté par un groupe, trouver du travail, avoir des amis, il faut savoir "se vendre", plaire : correspondre au désir de l'employeur, avoir le profil. Et changer d'emploi souvent. Il y a une logique d'exclusion là où a longtemps prévalu une logique de stabilité et de mise au pas générale. C'est tout-à-fait différent du contexte social plus solide d' il n'y a pas si longtemps : la vie, les rencontres, le travail, était régulés, soumis à des codes bien précis. On n'était pas laissé à soi-même. Il y avait plus de contraintes externes et de devoirs mais chacun pouvait se situer, chacun avait une place et des tâches précises alors qu'aujourd'hui, chacun doit "se faire" une place. Celui qui avoue préférer qu'on lui donne des devoirs à faire passe pour un idiot ! Depuis mai 68, c'est une vie "autonome" avec un projet tiré de sa subjectivité, de son désir, qui ont valeur positive mais rien n'est fragile et irrationnel comme le désir.

Pour moi une famille traditionnelle est une famille qui tient en grande partie grâce au sens du devoir et non pas par associations éphémères d'individus. C'est d'ailleurs le sens étymologique du mot conjugalité : être placés sous le même joug. Là où la génération 68 a vu un fardeau insupportable, je vois une protection.

Merci encore de vos réponses.

En Christ,

Philon.
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Boris
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Re: Honorer ses parents

Message non lu par Boris »

Entièrement d'accord.

Mais soyons clairs : les familles qui "baignent" dedans sans sortir du concept "traditionnel" sont très rare.

Nettement plus nombreuses sont les familles comme la vôtre qui cherche à revenir à ce mode familiale.

L'ouragan Mai 68 fut terrible : impossible par exemple de retrouver l'éducation que mes grands-parents ont donné en regardant mes oncles et tantes !

Mes parents qui ont cherché à me donner une éducation proche de celle qu'ils ont reçu ont finalement abandonné avec mes frères et sœurs (je suis l'aîné).


Ensuite, il faut tout de même se méfier du "c'était mieux avant" : lisez un livre médiéval, déjà ils disaient la même chose.
La famille "traditionnelle" est à "inventer" tous les jours car chaque enfant et chaque personne es unique.

Par contre les valeurs issues du Christianisme, elles, n'ont pas changé car le Christ n'a pas changé.
Mais néanmoins, regardez les ordres monastiques qui veulent vivre à la suite du Christ : règle de St Basile, règle de St François, règle de St Benoît, règle de St Augustin.

Déjà, il y a 4 règles de bases et chacune connait un nombre infini de mises en application différentes !
la différence entre générations
Nous la marquons par le voussoiement : mes enfants ont des cousins qui ont presque mon âge. Donc pour bien marquer les générations, ils tutoient leurs cousins (même génération au sens généalogique) et voussoient leurs parents, oncles et tantes et grands-parents.

De plus, il est un tout petit peu difficile d'insulter ses parents lorsqu'on les voussoie.
UdP,
Boris
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Zvjezdana62
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Re: Honorer ses parents

Message non lu par Zvjezdana62 »

Bonsoir :)
l'Eglise nous commande d'honorer nos parents.
Je voudrais savoir si le fait de nommer les choses, de s'en rendre compte et de couper avec mes parents est compatible avec ma volonté d'obéir à Dieu. Que doit faire un catholique dans ce cas ?
C’est vrai mais elle commande aussi aux parents de traiter et éduquer ses enfants comme il faut et ces deux choses devraient aller ensemble parce que au cas contraire ça devient impossible.

Or chaque personne peut être un parent et imaginons par exemple que les parents de quelqu'un veulent que leur enfant devienne criminel/le, prostitué/e, drogué/e, sataniste, etc., etc. … mais alors quoi faire ?

Alors vous savez ce que vous savez et si vous jugez avec vos expériences et votre sens commun que continuer à fréquenter vos parents serait mauvais pour vous et pour votre famille vous avez complètement raison de ne pas le faire.

Cordialement
Zvjezdana
"Invoque-moi, je te répondrai, je te révélerai de grandes choses, des choses inaccessibles que tu ne connais pas."

Jérémie, 33, 3
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Philon
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Re: Honorer ses parents

Message non lu par Philon »

Merci à tous de vos réponses,

je voudrais y ajouter une autre question car il y a eu d'autres évènements entre-temps.
Voilà : je suis convoquée pour témoigner dans le cadre d'une enquête de la brigade des mineurs. La police ne peut me fournir d'indications par téléphone et je vois mal qui parmi nos amis, voisins, camarades de vie associative, etc. pourrait avoir trempé dans une affaire relevant de cette brigade.

Mes parents, eux, ont eu depuis les années 90 des contacts avec plusieurs personnes inculpées de pédophilie qu'ils ont même défendues par leurs témoignages et grace à une "association sur le net" dont ils n'ont pas dit le nom.
L'un de leurs amis a même essayé de nous "acheter" sans le dire franchement par une coquette somme d'argent. Il avait été blanchi à la suite d'un procès mais la victime, sa fille, a fait une tentative de suicide parce que le juge a décidé de la replacer chez ses parents ( elle vivait en famille d'accueil ). Cela se passait dans une autre région que la notre et nous n'avons eu que la version de mes parents et de cet ami, j'ai toutefois envoyé à la jeune fille une liste d'associations contre les maltraitances afin qu'elle trouve secours et écoute. Elle est à présent majeure. je n'ai aucun contact avec elle.

Nous avons rompu depuis cette histoire avec mes parents car tout cela nous semble louche et nous ne voulons pas être impliqués dans des affaires de ce style.

Il se peut que le témoignage que je suis appelée à faire concerne mes parents ou leurs amis. Je suis convoquée dans ma ville et mes parents vivent dans une autre région, je ne sais donc pas s'ils s'agit d'eux.
Si tel est le cas (c'est le plus probable à mon avis) je voudrais pouvoir m'y préparer au plan éthique et bien peser auparavant ce que je vais dire ou ne pas dire.

En effet, pour ce qui me concerne, je m'estime "tirée d'affaire" et ne veux pas qu'ils soient inquiétés : mon cœur leur a pardonné depuis longtemps, ma vie affective, ma vie de couple sont satisfaisantes et j'ai des enfants en bonne santé, tout va relativement bien pour mon mari et moi depuis que nous ne voyons plus mes parents. Je n'ai aucune raison de déterrer ce qui a eu lieu pour moi il y a trente ans au risque de causer un scandale dans la famille.

Maintenant, si des enfants sont en danger et si l'on me demande par exemple des informations sur mes parents, pourquoi je ne les vois plus, etc. Comment faire, que répondre, que dire ?
Il faut empêcher des malfaiteurs de nuire mais d'un autre côté je sais que les scandales "pédophiliques" ont brisé la vie de pas mal d'innocents dans une vague d'hystérie sécuritaire et souvent sur des "preuves" qui n'en étaient pas. Même si on blanchit l'accusé, le scandale en lui-même est extrêmement éprouvant. Des enseignants d'abord accusés puis blanchis ont ainsi du demander une mutation. Pour ce qui est de l'ami de mes parents, je ne sais pas s'il a été coupable ou innocent mais je me sentais en tous cas manipulée et c'est pourquoi j'ai fui. Mes parents voulaient absolument que j'adhère à leur version des faits mais ne me donnaient pas les infos que je demandais ou alors elles me paraissaient déformées et inadaptées à la réalité _ils ont dit de la tentative de suicide de la jeune fille que c'était "de la rigolade".

Il y a prescription pour les faits me concernant mais si mes parents sont complices de personnes qui refont à des enfants ce qu'ils m'ont fait, vers quel côté faire pencher la balance ? Je ne veux pas causer d'ennui à mes parents. Ce que j'ai vécu dans le passé peut peut-être constituer un indice dans une enquête judiciaire. Mais d'un autre côté je veux taire par pudeur en tant que témoin des faits me concernant et qu'il serait extrêmement pénible de raconter. Je pencherais donc pour la discrétion sauf si mon témoignage peut contribuer à épargner à des enfants ce que j'ai moi-même subi.

J'aimerais agir au plus juste.
Que dois-je faire pour agir en accord avec ma foi et mes idéaux ?

Pardonnez-moi pour ce message qui est très lourd.

En Christ

Philon
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