Silence post-communion : pour quoi faire ?

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Re: Silence post-communion : pour quoi faire ?

par Anne » jeu. 28 août 2008, 5:00

J' :coeur: bien votre analogie: elle fait vraiment "image"!

Merci!
:)

Re: Silence post-communion : pour quoi faire ?

par Boris » mer. 27 août 2008, 17:14

Entièrement d'accord sur la notion de prière "intérieure" par opposition à prière individuelle.

Je pense que c'est ce que nous appelons spiritualité. Cette prière intérieure est fortement nourri dans la Liturgie mais pas seulement.

Ensuite sur la notion des ministres ordonnés (ou non), il faut se rappeler que ministre signifie "serviteur" en latin. Au service de Dieu mais aussi des laïcs.
La Liturgie est avant tout la prière de l'Eglise, composée ne majorité de Laïcs, donc de "Maries" et les ministres sont les "Marthes". C'est grâce au service des Marthes que la prière de l'Eglise s'exprime et que les Maries peuvent y grandir dans la Foi, à l'écoute immobile du Seigneur.

Re: Silence post-communion : pour quoi faire ?

par steph » sam. 23 août 2008, 22:56

temps de prières durant lesquels nous cherchons à nous mettre à l'écoute de Dieu
Merci, Boris!

Faute de mémoire, puis de temps, je n'ai pas eu l'occasion d'écrire le bref commentaire que je voulais ajouter hier. Lequel commentaire disait:

Pour quoi faire? ==> pour faire silence! Tout simplement... Et écouter Celui qui nous visite. Ce moment d'écoute ("écoute, cher fils, les préceptes du maître") n'est précisément pas "action, faire" de notre part, c'est le moment d'être, être comme Marie aux pieds du Maître.

Dans la liturgie, qui est "-urgie" (oeuvre (qu'on me corrige si j'erre en de fausses éthymologies !)), il faut concilier Marie et Marthe, a fortiori pour ceux qui y accomplissent un ministère, et surtout, me semble-t-il, si ce ministère est extra-ordinnaire, même si cela ne veut rien dire... Et si, pendant les tâches, les actions liturgiques, l'esprit (d'un ministre, comme d'un laïc d'ailleurs) est pris par des détails, la liturgie nous offre ce dernier recours des temps de silence. Mais, comme disait un ermite de la Sainte Montagne: "Il vous faut pouvoir prier [la prière de Jésus] en tout temps, même [...] lorsque vous célébrez la Liturgie, en étant [(comme un crustacé partie dans, partie hors de sa coquille: )] partie dans et partie hors du coeur." Cette partie hors devant s'efforcer de devenir minimale, pour être presque tout entier dans le coeur en oraison, sans pour autant être "hors du monde".

C'est ici que je me détache légèrement de ce que dit Boris (p-ê pas de ce qu'il pense, d'ailleurs) : pour moi, il faut toujours cette "veilleuse" d'une prière personelle (disons plutôt intérieure), même lorsque se déroule la prière commune et a fortiori quand il y a un temps de silence sacré. Mais pas une prière individuelle (en opposition d'individu><communauté), puisque (partie hors, partie dans) la prière commune façonne la prière intérieure. Pour cela, il faut que la prière commune le soit vraiment: l'assemblée est assemblée par la prière pas par les préoccupations humaines (tant relationnelles (ambiance "groupe d'amis", spectacle, mise en valeur de "dons" ou autres "talents" personnels), que musicale (musique à la mode) ou autres)...

Re: Silence post-communion : pour quoi faire ?

par Boris » sam. 23 août 2008, 13:51

Vous avez mis le doigt sur ce que la société est incapable de comprendre et d'appliquer.

L'Eglise, en tant que corps mystique, est à la fois une communion d'âme et un rassemblement d'individualités.

C'est pourquoi, comme l'a dit Steph, dans la liturgie, il y a des temps de prières communes et des temps de prières personnelles.
Exemple : la Collecte (l'oraison avant les lectures)
Le prêtre dit "oremus" et marque un temps de silence pour que les fidèles prient. Puis il "collecte" ces prières individuelles pour formuler une prière commune.

Dans la forme ordinaire, les temps de silence sont des temps de prières durant lesquels nous cherchons à nous mettre à l'écoute de Dieu. Qui peut entendre Dieu dans le brouhaha ?
C'est pourquoi les abus liturgiques qui éliminent ces temps de silence montrent qu'ils n'ont rien compris d'une part et qu'ils n'écoutent pas Dieu d'autre part !


Rien n'empêche dans la forme ordinaire de suivre les indications du Magistère, même s'il date de Pie XII, et de prendre un second temps d'action de grâce.
Mais ce temps de silence commence à devenir une "dérive" de la forme extraordinaire où certains prêtre prennent aussi ce temps de silence.

Re: Silence post-communion : pour quoi faire ?

par steph » mer. 20 août 2008, 21:49

Le Christ est enseveli (en nous), "Que toute chair humaine fasse silence" ("qu'elle se tienne immobile avec crainte et tremblement et qu'elle n'arrête son esprit à rien de terrestre, car le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs s'avance pour être immolé et donné en nourriture aux croyants. Il est précédé des choeurs des Archanges avec les Principautés et les Puissances¨, des Chérubins aux yeux innombrables et les Séraphins aux six ailes qui se couvrent la face et qui clament cette hymne: Alléluia, alléluia, alléluia.") Ce chant remplace l'hymne des Chérubins (chant d'offertoire) à la messe du Samedi saint (vigile pascale) chez les byzantins.

De même, après le vendredi saint, le Christ enseveli à l'office de la Passion, il y a comme un silence, un désert, un moment vide et plein en même temps pendant tout le samedi...

Ce temps de silence, c'est le moment où les âmes de concert acclament Celui qui vient les libérer et leur ouvre les portes de l'hades.

Première piste me semble-t-il.

Ensuite:
Dans la liturgie byzantine, avant le début de la Liturgie, le prêtre fait la Préparation, le diacre encensant l'église récite le Ps 50, le lecteur lit les Heures (Tierce et Sexte), les fidèles font leur prière en entrant dans l'église, en vénérant les icônes, en offrant les cierges...
Et voici ce que dit P. Denis Guillaume:
« Nous aimons cette polyvalence, qui n'a rien de commun avec la logique et la rationalité occidentales, auxquelles certains de nos frères néanmoins voudraient réduire notre divine Liturgie, en éliminant par exemple la concomitance d’une prière plus profondément théologique du Prêtre et d’une louange plus simple chantée par le peuple, ou bien en confiant à toute l’assemblée sous prétexte de sacerdoce royal des laïcs, cette action mystérieuse de Dieu dans la Liturgie, qui la rend proprement ‘‘divine’’. »

Où veux–je en venir ?

La liturgie post-conciliaire n’a pas éliminé certaines prières secrètes (prononcées à voix basse par le prêtre). Ainsi, par exemple, à l’offertoire, le prêtre présente les dons et l’assemblée (chante, écoute le chant, la musique) prie de son côté. Et dans le cas de la musique, chaque fidèle est laissé à lui-même dans le cœur à cœur avec Dieu.
Ainsi, ces prières simultanées et personnelles des fidèles peuvent-elles, voire même, doivent-elles trouver leur place dans la liturgie.
Cela divise-t-il le corps ???
Pas du tout, car « Les membres malgré leur nombre ne font qu’un seul Corps » Et les organes, malgré diverses fonctions accomplissent simultanément leur rôle…
Voilà quoi pour les prières plus personnelles (ou individuelles) pendant la messe. Pourvu qu’elles n’entravent pas l’attention générale. Tout comme d’ailleurs elle ne l’empêche pas chez les byzantins qui savent faire leurs métanies au moment opportun, etc.

(edit:) alors que d'autre part ils prient personnellement.

D'ailleurs, la légende de Saint Bernard nous montre le Saint face à un rustre qui lui dit n'être jamais distrait dans sa prière: mal lui en prend: il a tort... Nous aussi sommes distraits d'une part, et d'autre part, (en tout cas moi) spontanément nous présentons notre prière qui résulte de tout le cadre liturgique, certes, mais notre prière quand même, en la superopsant (ou plutôt la subposant) à la prière extérieure, liturgique...

Re: Silence post-communion : pour quoi faire ?

par Olivier JC » mer. 20 août 2008, 19:08

AdoramusTe a écrit :La réception de l'hostie est tout de même une grâce personnelle qui nous touche individuellement. On ne mange pas l'hostie pour son voisin de messe. Ce qui ne nous empêche pas de devenir le Corps du Christ de cette manière.
C'est bien là le problème : ce qui est premier, c'est que l'assemblée devient le Corps du Christ. La grâce personnelle qui nous touche individuellement, c'est pour le bien du Corps qu'elle nous touche. Ce qui n'empêche pas l'action de grâces personnelle, bien au contraire.

Mais en un certain sens, si : on communie pour son voisin de messe, on communie pour sa femme, pour ses enfants, pour toutes les personnes que Dieu met sur notre chemin. On communie pour devenir instrument de salut entre les mains du Sauveur, on communie pour avoir la force et la sainteté nécessaire pour oeuvrer efficacement au salut du monde.

Dieu nous sauve pour que nous co-sauvions. Pas pour que nous soyons bien pénard dans nos pantoufles, bien content des grâces que le bon Dieu nous donne...

+

Re: Silence post-communion : pour quoi faire ?

par AdoramusTe » mer. 20 août 2008, 18:27

Olivier JC a écrit :
En ce qui concerne les prières proposées dans les anciens missels, je ne suis pas certain que la réponse puisse s'y trouver, puisqu'à l'époque, la communion n'était pas de manière habituelle et répandue distribuée pendant la messe. C'est assez nouveau comme manière de faire. Donc les prières proposées relèvent plutôt de la prière individuelle.
Dans son livret "supplément pour les retraites", l'Abbaye St-Joseph-de-Clairval propose une
série de prières "avant la communion" et "après la communion".

"après la communion" : acte de foi et d'adoration, acte de reconnaissance et d'amour
et acte de demande.
D'ailleurs, pendant longtemps et dans une large mesure sans doute encore aujourd'hui, la communion est vécue, sinon pensée, comme une "dévotion privée". Ce qu'elle assurément pour une part, mais non exclusivement.
La réception de l'hostie est tout de même une grâce personnelle qui nous touche
individuellement. On ne mange pas l'hostie pour son voisin de messe. Ce qui ne
nous empêche pas de devenir le Corps du Christ de cette manière.
Enfin, j'attends avec impatience l'avis d'un spécialiste :p

Re: Silence post-communion : pour quoi faire ?

par Serge BS » mer. 20 août 2008, 12:13

Toutes mes excuses, j'avais mal compris !
Je pense qu'il faudrait que l'un de nos "liturges" nous réponde, car il pourrait ainsi mieux comprendre par rapport aux différents temps de la Messe ! Et surtout, resituer cette parole de Pie XII par rapport à la forme actuelle de la Messe...
Toutes mes excuses donc !

Re: Silence post-communion : pour quoi faire ?

par Olivier JC » mer. 20 août 2008, 12:03

Bonjour SBS,

Je crois que vous avez mal compris mon message.

Ce que dit le pape, c'est que l'action de grâces individuelles (c'est à dire moi qui remercie le Seigneur de m'avoir rendu digne de participer à ses Saints Mystères, et qui en profite pour lui casser les oreilles avec mes multiples demandes) se fait APRES la messe, APRES que celle-ci soit terminée. Elle ne se fait donc pas juste après la communion, durant ce temps de silence entre la fin de la distribution de la communion et la post-communion.

Il ne s'agit donc pas de rechercher tel ou tel formulaire de prière : il s'agit de savoir à quoi précisément correspond ce temps silence. A quoi il sert ? Qu'est-on censé faire durant ce temps de silence, puisque ce n'est pas le lieu de l'action de grâces individuelle ?


En ce qui concerne les prières proposées dans les anciens missels, je ne suis pas certain que la réponse puisse s'y trouver, puisqu'à l'époque, la communion n'était pas de manière habituelle et répandue distribuée pendant la messe. C'est assez nouveau comme manière de faire. Donc les prières proposées relèvent plutôt de la prière individuelle.

D'ailleurs, pendant longtemps et dans une large mesure sans doute encore aujourd'hui, la communion est vécue, sinon pensée, comme une "dévotion privée". Ce qu'elle assurément pour une part, mais non exclusivement.

Bref, la question reste entière. Si, pendant ce temps de silence, nous nous retranchons en nous-même pour rendre grâces et formuler moults demandes, d'une certaine manière, nous "quittons" la Liturgie, nous ne sommes plus dans la prière publique de l'Eglise, mais dans la prière privée. L'assemblée n'est plus le Corps du Christ, elle est la simple addition d'individualité se trouvant en train de prier dans le même lieu et au même moment. Ce qui est éminemment paradoxal, vous l'aurez noté, puisque la réception de l'Eucharistie a précisément pour effet premier, fondamental et principiel de constituer cette assemblée en Corps du Christ...

+

Re: Silence post-communion : pour quoi faire ?

par Serge BS » mer. 20 août 2008, 11:49

Le Pape lui-même nous répond !

Maintenant, la forme relève du for intérieur de chacun, l'important étant de rendre Grâces, de conserver les dispositions que l'on avait avant de communier, et de remercier dieu de la Grâce quil nous fait dans Son Eucharistie ! Personnellement je prie pour remercier Dieu, je réfléchis sur moi-même et sur le fait de savoir si je méritais bien cette Grâce, et je demande à Dieu de me pardonner tout en le remerciant de Son Don ! Je prie aussi parfois uniquement pour ceux qui me semblent en peine, loin du Christ, en demandant à Dieu de considérer qu'ils ont communié par ma personne, n'étant ici qu'un vecteur à leur service ! Je ne sais pas si c'est très dogmatique, mais enfin, c'est ce que je fais parfois !

Maintenant, si vous avez besoin d'un support, il se trouve effectivement de très belles prières pour ce temps dans d'anciens missels. Si vous le souhaitez, je peux, tout comme je pense Adoremus Te, vous en transmettre

Re: Silence post-communion : pour quoi faire ?

par AdoramusTe » mer. 20 août 2008, 11:39

Olivier JC a écrit :Bonjour,
Pie XII, dans Mediator Dei, a écrit :"Lorsque l'action sainte, qui est réglée par ces lois liturgiques particulières, est achevée, celui qui a reçu le pain du ciel n'est pas dispensé de rendre grâces ; bien plus, il est tout à fait convenable qu'une fois reçue la sainte Eucharistie et achevées les cérémonies publiques, il se recueille et, intimement uni au divin Maître, il ait avec lui un entretien très doux et bienfaisant, autant que les circonstances le lui permettent."
D'où ma question : à quoi sert le temps de silence prévu après la communion ? Si je comprends bien, ce temps n'a pas pour finalité de permettre à tout un chacun de rendre grâces pour son propre compte. Pendant ce temps de silence, nous sommes encore en Liturgie, et partant, il s'agit d'un temps de silence ecclésial. Ce dont il résulte qu'il ne s'agit pas non plus de contempler avec grande attention ses chaussures, puisque cela aussi est individuel et non ecclésial.

Donc, concrètement, que fait-on durant ce temps de silence ?
Bonjour,

C'est une très bonne question.
En principe, le temps d'action de grâce se situe après l'envoi. Enfin, c'est ce qui est
préconisé par les anciens missels.

Donc personnellement, je réserve ce temps de post-communion à des prières de
demandes par rapport à la réception du Corps du Christ, en référence à ce que
l'on dit dans le Ecce Agnus Dei.

Il serait intéressant de se référer aux vieux missels où l'on trouve des prières avant
et après communion.

Silence post-communion : pour quoi faire ?

par Olivier JC » mer. 20 août 2008, 10:36

Bonjour,
Pie XII, dans Mediator Dei, a écrit :"Lorsque l'action sainte, qui est réglée par ces lois liturgiques particulières, est achevée, celui qui a reçu le pain du ciel n'est pas dispensé de rendre grâces ; bien plus, il est tout à fait convenable qu'une fois reçue la sainte Eucharistie et achevées les cérémonies publiques, il se recueille et, intimement uni au divin Maître, il ait avec lui un entretien très doux et bienfaisant, autant que les circonstances le lui permettent."
D'où ma question : à quoi sert le temps de silence prévu après la communion ? Si je comprends bien, ce temps n'a pas pour finalité de permettre à tout un chacun de rendre grâces pour son propre compte. Pendant ce temps de silence, nous sommes encore en Liturgie, et partant, il s'agit d'un temps de silence ecclésial. Ce dont il résulte qu'il ne s'agit pas non plus de contempler avec grande attention ses chaussures, puisque cela aussi est individuel et non ecclésial.

Donc, concrètement, que fait-on durant ce temps de silence ?

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