Cher Philémon,
Il y a des choses pertinentes dans vos suggestions. Je ne suis pas d'accord avec tout, mais vous avez une vision intéressante de la liturgie. J'avoue pour ma part ne pas être un spécialiste, mais je vais tout de même donner mon avis. Je dois préciser cependant que j'ai une nette préférence pour le missel de Paul VI.
- Tronc commun, avec parties optionnelles provenant des deux missels, comme par exemple : le Dernier Evangile ou la Prière Universelle. Texte fixe et non pas improvisé de la Prière universelle, dont l’antienne serait composée par les moines de Solesmes.
Étant donné que la rédaction de la prière universelle est souvent confiée à des laïcs (moi-même il m'arrive d'en composer le texte), il arrive que le résultat ne soit pas toujours satisfaisant. Il est vrai qu'un texte fixe serait appréciable, mais l'inconvénient serait de ne pas pouvoir toujours l'adapter aux circonstances du moment présent.
- Prières au bas de l’autel rétablies, pour installer d’emblée un climat de recueillement. Choix entre une version allégée, et une version complète provenant de l’ancien missel.
Peut-être bien plus que cela, il faudrait habituer les gens à ne pas partir dès la fin de la Messe mais à demeurer à leur place afin de rendre grâces à Dieu. Il y a plusieurs prières pour cela.
- 1re lecture du dimanche avec le psaume, maintenue. Cycle des lectures au choix du célébrant : soit le cycle sur un an, propre à l’ancien missel, soit le cycle sur 3 ans du nouvel ordo. L’ancien cycle des lectures serait ainsi enrichi de cette 1re lecture du dimanche, sans que le reste ne soit altéré. Composition du psaume confiée aux moines de Solesmes.
Personnellement j'avoue que le cycle actuel me convient bien.
- Les deux calendriers entièrement remaniés et fondus en un seul. Intégration des nouvelles fêtes instituées depuis 1962. Rétablissement autant que possible des anciennes fêtes remontant au moins à x siècles.
Tout à fait d'accord.
- Distribution de la quête organisée à un autre moment que l’Offertoire : pourquoi pas à l’entrée et à la sortie des fidèles (1re et 2e quête) ?
Je crois moi aussi que ce serait une bonne chose que la quête n'ait pas lieu pendant l'offertoire.
- Maintien de la « Paix du Christ ». Modification et codification du geste échangé entre les fidèles, qui doit être un signe de paix inconditionné entre deux personnes n’ayant pas forcément de lien affectif.
Pour la paix du Christ, je pense qu'une poignée de main est suffisante. Toutefois, je serais d'avis à ce qu'elle soit déplacée et mise après le Credo, comme c'est le cas dans le rite ambrosien et dans la liturgie du Chemin néo-catéchuménal.
- Suppression de l’improvisation permanente : un seul Canon ; une seule Préface propre à chaque temps.
En effet quel désastre que l'improvisation pendant la Messe... Je préfère ne pas m'étendre dessus tellement c'est désolant.
- Rétablissement du Symbole de Nicée le dimanche. Choix entre les deux symboles pour une messe en semaine.
Je suis là aussi entièrement d'accord.
- Libre choix pour la distribution de la communion, avec une file d’un côté pour ceux qui communient dans la main, et un banc de communion de l’autre côté pour la recevoir sur les lèvres.
Pardonnez-moi de vous contredire, mais là je suis franchement hostile à cette proposition. Je suis plutôt réticent à ce que les laïcs distribuent la communion, et totalement défavorable à ce qu'une femme remplisse ce rôle (sauf peut-être une religieuse comme c'est le cas à la basilique de Montmartre...).
Quant à la façon de recevoir la communion, je n'ai rien contre le fait qu'elle soit donnée dans la main, mais je pense qu'il faudrait encourager, voire revenir à la pratique qui était en vigueur autrefois, c'est-à-dire de recevoir la communion à genoux, sur la langue, avec le plateau de communion. C'est beaucoup plus respectueux vis-à-vis du Christ, la communion dans la main pouvait être abusive.
De même, libre choix entre une messe orientée vers Dieu, et une messe tournée vers le peuple, chaque dimanche et dans chaque paroisse.
Je pense qu'il est préférable de garder le célébrant tourné vers le peuple, mais ce n'est bien sûr que mon humble avis.
- Retour à un certain usage des rubriques, du service d’autel, et des vêtements liturgiques (par exemple pour les lecteurs), avec peut-être le choix entre une version simple, et une version plus traditionnelle. Mais surtout, suppression de l’improvisation permanente qui fait qu’on a l’impression d’une église à l’autre d’assister à des offices différents.
Si l'on commençait déjà à s'en tenir aux textes approuvés par le Saint-Siège, ce serait tellement plus simple... Par exemple, le fait que le prêtre célèbre la Messe ave la chasuble, et non seulement l'étole, ce qui n'est pas suffisant.
- Messe anticipée du dimanche : retour à ce que prévoyait l’idée de départ, savoir que ce service est réservé à ceux qui ne peuvent pas se déplacer le dimanche, et non à ceux qui veulent « profiter » de leur dimanche. Donc suppression de l’office public de cette messe anticipée, réservée un groupe privé et restreint avec l’accord personnel du célébrant.
Totalement contre !
Dans le calendrier liturgique, le dimanche et les jours de fête commencent la veille au soir. Cela signifie que le samedi soir est
déjà dimanche. Par conséquent on peut déjà célébrer la Messe dominicale, et ceux qui le souhaitent peuvent y assister, quelle qu'en soit la raison.
Personnellement, j'assiste presque uniquement à la Messe anticipée, le samedi soir ; j'en ai parlé avec mon directeur de conscience qui n'y a vu aucun inconvénient. Pour moi, cela veut dire que dès que le dimanche a commencé, la première chose que je fais, c'est d'assister à la Sainte Messe.
Le christianisme est une religion de liberté : sur ce point-là, je crois que chacun doit être libre de choisir ce qui lui convient le mieux.