par FMD » ven. 04 sept. 2009, 16:49
Bonjour Marie,
La violence de mon propos concerne en priorité le gouvernement français et sa diplomatie hésitante. Pour reprendre cette comparaison avec la prostitution qui a rencontré un succès manifeste, la Turquie se contente de jouer le rôle du client. Le client n'est pas innocent, c'est certain, mais sa responsabilité est bien plus faible que celle du proxénète. Disons qu'il obéit à ses pulsions, ce qui est particulièrement adapté à la Turquie, tandis que le gouvernement français fait oeuvre de proxénétisme aggravé. Dans ce schéma, la pauvre jeune fille innocente est incarnée par la France. J'aurais compris votre indignation si j'avais repris la merveilleuse réponse adressée par les Cosaques zaporogues au sultan de Turquie mais j'ai un rang à tenir.
La Turquie, comme la plupart des nations non-européennes, classe ses alliés et ses adversaires selon un repère simple, comportant deux axes : honneur/déshonneur et force/faiblesse. Toute politique trop conciliante à l'égard de la Turquie convaincra cette dernière de l'infériorité de nos valeurs puisque ces dernières nous classeront parmi les faibles voire les lâches. On peut donc se bercer d'illusions mais si on souhaite en définitive ne pas s'enfermer dans une relation d’infériorité avec la Turquie, il faut privilégier la force (diplomatique) brute.
Les illustrations ne manquent pas. Le prétendu rapprochement arméno-turc a été en réalité imposé à Ankara par Washington sans le moindre ménagement, ce qui risque d'ailleurs de provoquer quelques amusants remous internes. Ce n'est pas non plus un hasard si la figure de Vladimir Poutine est extrêmement populaire en Turquie. Les Turcs veulent des dirigeants forts et violents. Ils ne connaissent pas d'autre forme de gouvernement. Il faudrait demander à Bajazet ce qu'il pense de Tamerlan. C'est sans doute malheureux à dire mais si nos ancêtres avaient fait preuve de ce si moderne esprit d'ouverture à l'autre, les Turcs ne se seraient pas arrêtés à Vienne.
Il me semble que mon discours n'est en rien incompatible avec l'intitulé chrétien de ce forum. Le christianisme me demande de ne pas haïr mes ennemis et même de les aimer. À ce titre, pris individuellement, je ne ressens aucune animosité à l'encontre des Turcs. Ils n'en deviennent pas pour autant mes amis. Je ferai enfin remarquer que je consens, par charité, à reconnaître la Turquie et ce alors même que les Turcs n'ont aucun droit sur les terres qu'ils occupent et qu'il serait donc légitime de procéder à la décolonisation de l'Anatolie et au renvoi des colons turcs par-delà les steppes d'Asie centrale comme le préconisaient Voltaire mais aussi d'excellents chrétiens. Pour le reste, qu'ils vivent comme ils l'entendent, mais les bourreaux de la civilisation grecque ne seront jamais des Européens à part entière.
Franck
Bonjour Marie,
La violence de mon propos concerne en priorité le gouvernement français et sa diplomatie hésitante. Pour reprendre cette comparaison avec la prostitution qui a rencontré un succès manifeste, la Turquie se contente de jouer le rôle du client. Le client n'est pas innocent, c'est certain, mais sa responsabilité est bien plus faible que celle du proxénète. Disons qu'il obéit à ses pulsions, ce qui est particulièrement adapté à la Turquie, tandis que le gouvernement français fait oeuvre de proxénétisme aggravé. Dans ce schéma, la pauvre jeune fille innocente est incarnée par la France. J'aurais compris votre indignation si j'avais repris la merveilleuse réponse adressée par les Cosaques zaporogues au sultan de Turquie mais j'ai un rang à tenir.
La Turquie, comme la plupart des nations non-européennes, classe ses alliés et ses adversaires selon un repère simple, comportant deux axes : honneur/déshonneur et force/faiblesse. Toute politique trop conciliante à l'égard de la Turquie convaincra cette dernière de l'infériorité de nos valeurs puisque ces dernières nous classeront parmi les faibles voire les lâches. On peut donc se bercer d'illusions mais si on souhaite en définitive ne pas s'enfermer dans une relation d’infériorité avec la Turquie, il faut privilégier la force (diplomatique) brute.
Les illustrations ne manquent pas. Le prétendu rapprochement arméno-turc a été en réalité imposé à Ankara par Washington sans le moindre ménagement, ce qui risque d'ailleurs de provoquer quelques amusants remous internes. Ce n'est pas non plus un hasard si la figure de Vladimir Poutine est extrêmement populaire en Turquie. Les Turcs veulent des dirigeants forts et violents. Ils ne connaissent pas d'autre forme de gouvernement. Il faudrait demander à Bajazet ce qu'il pense de Tamerlan. C'est sans doute malheureux à dire mais si nos ancêtres avaient fait preuve de ce si moderne esprit d'ouverture à l'autre, les Turcs ne se seraient pas arrêtés à Vienne.
Il me semble que mon discours n'est en rien incompatible avec l'intitulé chrétien de ce forum. Le christianisme me demande de ne pas haïr mes ennemis et même de les aimer. À ce titre, pris individuellement, je ne ressens aucune animosité à l'encontre des Turcs. Ils n'en deviennent pas pour autant mes amis. Je ferai enfin remarquer que je consens, par charité, à reconnaître la Turquie et ce alors même que les Turcs n'ont aucun droit sur les terres qu'ils occupent et qu'il serait donc légitime de procéder à la décolonisation de l'Anatolie et au renvoi des colons turcs par-delà les steppes d'Asie centrale comme le préconisaient Voltaire mais aussi d'excellents chrétiens. Pour le reste, qu'ils vivent comme ils l'entendent, mais les bourreaux de la civilisation grecque ne seront jamais des Européens à part entière.
Franck