La sacrosainte "participation" des fidèles.

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Re: La sacrosainte "participation" des fidèles.

par FPio » lun. 01 août 2011, 14:58

Raistlin a écrit : La Messe est d'abord un sacrifice qui reproduit celui du Christ.
Attention! La sainte messe ne reproduit pas, au sens strict, le sacrifice du Christ, mais elle l'actualise. Le terme est choisi pour signifier l'unicité du sacrifice du Christ. Il n'y en a eu, et il n'y en aura jamais qu'un seul.

FPio

Re: La sacrosainte "participation" des fidèles.

par philémon.siclone » jeu. 01 oct. 2009, 22:47

coeurderoy a écrit :
Amorius a écrit :
NB: Il y a peut-être un "effet de loupe parisianiste" faisant chic pour les chapelles de la capitale mais, là, je n'en sais strictement rien.
Oui, je confirme pour Paris (ayant auparavant vécu en province)... et la Fraternité saint-Pierre, en ses chapelles parisiennes - et d'autres - a tendance a donner du côté de chez M. Dusnob... (ah ! l'île aux Enfants ! :p ). Mais comme le dit Amorius ce milieu (que je ne fréquente plus) n'est pas plus "bourgeois" que beaucoup de nos paroisses de centres-villes et le milieu agriculteur, petits employés y est aussi représenté.
Cordialement !
C'est vrai. Mais il serait plus juste de dire que les paroisses ordinaires et modernisantes ne sont pas plus populaires que les communautés tradi. Les gens chics y sont en jean, certes, mais ce sont les mêmes gens chics (habillés différemment). Ceci dit, je ne reproche certainement pas aux gens chics de fréquenter l'Eglise. Heureusement qu'ils sont là, d'ailleurs. Simplement, je remarque que la pratique religieuse est devenue élitiste. Elle s'est déconnectée de la dévotion populaire, laquelle a complètement disparu. Et on rencontre très peu de gens des classes moyennes et populaires à l'église. C'est une réalité. Ou bien, on croise beaucoup de vieilles femmes, des antillaises, et des gens un peu perdus, bref des cas spéciaux et bien typiques qui ne sont pas représentatifs de l'ensemble des classes moyennes et populaires.

Re: La sacrosainte "participation" des fidèles.

par philémon.siclone » jeu. 01 oct. 2009, 22:40

Amorius a écrit :
Enfin, être d'un milieu très humble n'est pas un handicap : c'est comme partout ailleurs, il faut juste une bonne pastorale. Ayant acheté la dernier numéro de la revue de la FSSPX, Fideliter, le témoignage de l'abbé Michel Boniface au Mexique m'en a convaincu....il est même désolé du phénomène du sédévacantisme assez présent en ces terres (ce qui, indirectement, enfonce aussi les préjugés d'incompréhension quant à l'ancien ordo).
Bonjour Amorius. Malheureusement, pour l'avoir expérimenté, je sais bien de quoi je parle. C'est vrai que n'importe qui peut assister à une messe tradi. Je connais même des clochards remplis de vin qui le font. L'ennui, c'est que ça s'arrête là. Lorsque vous commencez à fréquenter un peu les gens, vous vous rendez compte au bout d'un moment qu'il y a une barrière. Alors d'accord, pourquoi pas : assister à une messe, bonjour au revoir, ni vu ni connu, venir à une ou deux soirées dans l'année pour servir de bouche-trou, et s'en tenir là. En effet, pourquoi pas... Rien ne l'en empêche. Mais cela n'ôte pas le sentiment de solitude.

Re: La sacrosainte "participation" des fidèles.

par Pierre-Antoine » jeu. 01 oct. 2009, 18:56

Comme certains l'ont déjà dit, la partition active n'est pas nécessairement une expression corporelle et et vocale extravertie... C'est en premier être à l'action liturgique. Je m'explique par exemple lorsque le prêtre proclame l'Evangile et que l'assemblée l'écoute, tous, chacun dans leur charge, participent à la même action liturgie. L'un proclame la parole de Dieu, les autres l'écoutent.
L'assemblée alors participe pleinement à à la liturgie.
Si par hasard deux personnes venaient à bavarder dans l'assemblée, pourrait-on dire qu'ils participent à l'action liturgique. Ils sont présents physiquement mais sont en dehors de cette action liturgique. Ils ne participent plus.

Il en va de même pour le chapelet. Quelqu'un qui réciterait son chapelet pendant la proclamation de l'Evangile serait présent à la célébration, mais pas partie prenante.
Soit dit en passant il est préférable qu'il dise son chapelet plutot qu'il discute avec leur voisin.

J'aime bien l'allégorie du concert et de l'ipod...

Ce qui me touche particulièrement dans la forme ordinaire du missel c'est sa nature à ne laisser la place pour une action unique.

La participation vaire suivant le ministère : le prêtre participe à la messe comme prêtre, le chantre en donnant sa voix, le lecteur en proclamant l'Evangile, l'assemblée en répondant pour sa part au prêtre.

La liturgie est avant tout la louange de Dieu par l'Eglise, non pas une louange solitaire mais une louange à plusieurs voix. Lors de la psalmodie alternée entre 2 choeurs (base de la liturgie des heures), l'ensemble loue Dieu en proclamant à l'autre partie la parole de Dieu et cette deuxième partie répond à la parole de Dieu par la parole de Dieu et la louange de Dieu. (c'est d'ailleurs pour cela qu'il est préférable d'avoir un gloria et un credo alterné plutot que récité ensemble d'une même voix).

La prière liturgique et la prière de dévotion personnelle sont deux types de prières fondamentales du christianismes qui ne doivent pas s'exclure mais qui se complètent.

Par ailleurs pour avoir chanté plusieurs année dans une schola grégorien, je peux vous assurer que chanter lors d'une messe du grégorien est une action qui engage notre corps tout entier, c'est un exercice physique. L'élan du coeur qu'il traduit est physique. Pourtant qui dira que le grégorien n'est pas recueilli ?
Recueillement et expression corporelle ne sont pas antinomique bien au contraire. (d'ailleurs se mettre à genou est déjà une expression corporelle...)

C'est un peu long et fouilli, mais le principal y est.

Re: La sacrosainte "participation" des fidèles.

par Fée Violine » jeu. 01 oct. 2009, 17:12

Virgile a écrit :on peut entendre parfois, dans la réalité, des réflexions de la même veine, qui sont tout simplement "incroyables".
Je me souviens avoir médité un chapelet, lors d'un pélerinage avec un petit groupe de paroissiens, il y a plus de vingt ans.
A la fin, une brave dame âgée d'une cinquantaine d'année vient me voir et me dit, frémissante de colère:
- mais enfin, monsieur, pourquoi avez-vous sans cesse parlé de Jésus-Christ et presque jamais de la Sainte Vierge!
Un peu "estomaqué", je bredouille un début d'explication que cette dame coupe sèchement par un:
- oui, mais après tout, Jésus-Christ, ce n'est que le fils de la Sainte-Vierge!

Le fait que nous trouvions à Lourdes n'excuse pas tout... et il fut très difficile de faire entendre raison à cette dame quant à ses conceptions théologiques pour le moins étranges.
Cette dame avait aussi une étrange conception des relations familiales, en supposant que les enfants sont inférieurs aux parents !

Re: La sacrosainte "participation" des fidèles.

par coeurderoy » mer. 30 sept. 2009, 11:22

Gerald a écrit :
coeurderoy a écrit :
La fraternité Saint-Pierre n'a malheureusement aucune chapelle parisienne. Il n'y a d'ailleurs à Paris aucune église mise à disposition pour un institut ecclesia dei.

Les églises (hors FSSPX) où l'on dit la forme extraordinaire sont toutes bi-ritualiste. (le centre saint Paul n'est pas une église).

Pour une sociologie neutre, essayez la messe summorum pontificum de Sainte Jeanne de Chantal à 12h15. Et en plus il y a des missels disponibles (pas pour tout le monde...).
Je parlais d'une paroisse bi-ritualiste, effectivement non située sur le sol parisien mais à 200 m d'une bouche de métro sur une commune touchant Paris...et c'est "la crème de la crème chic !"

Re: La sacrosainte "participation" des fidèles.

par Virgile » mer. 30 sept. 2009, 8:21

Bonjour,

en ce qui me concerne, je suis bien d'accord avec ce qu'écrit AdoramusTe. Et pour compléter, on peut citer l'article 13 de la constitution Sacrosanctum Concilium :
"L'Église désire beaucoup que tous les fidèles soient amenés à cette participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques, qui est demandée par la nature de la liturgie elle-même et qui est, en vertu de son baptême, un droit et un devoir pour le peuple chrétien, "race élue, sacerdoce royal, nation sainte, peuple racheté" (I Pierre 2, 9; cf. 2, 4-5)."
http://www.vatican.va/archive/hist_coun ... um_fr.html

Je me souviens qu'en d'autres temps, "on" nous avait expliqué que cette participation pleine, consciente et active nécessitait en premier lieu, avant tout, surtout et par-dessus tout l'extermination de tout ce que la liturgie comportait de latin, ainsi que de tout un tas d'autres « obstacles », dont il me serait difficile d'établir la liste tant elle est longue... tout comme il me serait vraiment impossible de donner un catalogue, même bref, des divers "abus liturgiques" grâce auxquels on a pu penser ou croire "augmenter" la participation des fidèles...

Bref, ce qui est extraordinaire, comme la forme du même nom, c'est que cette expression de "participation active" n'est pas du tout née, ainsi que le signale Jean-Baptiste, comme par "magie" de l'imagination des Pères pendant le Concile Vatican II...
Déjà, en 1947, Pie XII en parlait, et très bien, dans une encyclique, Mediator Dei, que l'on peut – et même que l'on doit, lire ici :
http://www.salve-regina.com/Magistere/Mediator_Dei.htm
On y trouvera une explication claire, limpide et somme toute très traditionnelle, de ce qu'est la "participation active des fidèles". Le Concile Vatican II n'a donc strictement rien introduit de vraiment nouveau sur cette "participation active" : il s'est contenté, si l'on peut dire, de reprendre ce qui avait déjà été exprimé sur la question par le l'autorité magistérielle, et notamment par Pie XII.

Et l'on peut chercher tant qu'on veut, on ne trouvera aucune différence entre ce que l'Eglise entendait avant le Concile par "participation active des fidèles", ce qu'elle a entendu par cette même "participation active" avec le Concile, et ce qu'elle entend aujourd'hui encore par ces mêmes termes. Le reste relève de cette "idéologie de la rupture" qui nous vaut aujourd'hui une "herméneutique de la continuité"...
jeanbaptiste a écrit :Je caricature mais, en gros, l'âge d'or de la liturgie ça n'est pas du Concile de Trente à 1970, c'est de la fin du XIXe à 1950, cinquante ou soixante ans au plus court.
Cet âge d'or, je le vois plutôt survenir dans un futur très proche!
jeanbaptiste a écrit :Bref, pour résumer, les "tradis", comme on dit, leur "messe de toujours" elle a vraiment été la messe de tout le monde pendant à peine un siècle, et elle a connue des satanés dérives dès les années 1950.
Je ne discuterai pas de l'expression "messe de toujours" aujourd'hui. A la place, parce que toujours bon à méditer, voici un petit texte de l'excellent Dom Bernard Botte, que l'on trouvera dans son Ordinaire de la Messe - Texte critique, traduction et études, aux Editions du Cerf, à Paris, 1953, à la page 27:
"Soyons surtout reconnaissants aux gens du moyen âge de nous avoir gardé le canon (de la messe) dans sa pureté, et de n'y avoir pas fait entrer leurs effusions personnelles ni leurs idées théologiques. On se figure quelle salade nous aurions aujourd'hui s'il avait été permis à chaque génération de refaire le canon à la mesure des controverses théologique ou des nouvelles formes de piété. Il est à souhaiter que l'on continue à imiter le bon sens de ces hommes, qui avaient leurs idées théologiques, mais qui comprenait que le canon n'était pas pour eux un champ d'exercice. C'était à leurs yeux l'expression d'une tradition vénérable, et ils sentaient qu'on ne pouvait pas y toucher sous peine d'ouvrir la porte à toute sorte d'abus."
Le texte date de 1953... aussi pouvons nous fort bien, à présent que la porte a été bien grande ouverte, nous figurer de quelle salade nous parle Dom Bernard Botte!

Amicalement.
Virgile.

Re: La sacrosainte "participation" des fidèles.

par Virgile » mer. 30 sept. 2009, 3:01

Bonjour à tous,

on peut entendre parfois, dans la réalité, des réflexions de la même veine, qui sont tout simplement "incroyables".
Je me souviens avoir médité un chapelet, lors d'un pélerinage avec un petit groupe de paroissiens, il y a plus de vingt ans.
A la fin, une brave dame âgée d'une cinquantaine d'année vient me voir et me dit, frémissante de colère:
- mais enfin, monsieur, pourquoi avez-vous sans cesse parlé de Jésus-Christ et presque jamais de la Sainte Vierge!
Un peu "estomaqué", je bredouille un début d'explication que cette dame coupe sèchement par un:
- oui, mais après tout, Jésus-Christ, ce n'est que le fils de la Sainte-Vierge!

Le fait que nous trouvions à Lourdes n'excuse pas tout... et il fut très difficile de faire entendre raison à cette dame quant à ses conceptions théologiques pour le moins étranges.

Amicalement.
Virgile.

Re: La sacrosainte "participation" des fidèles.

par Gerald » mer. 30 sept. 2009, 0:57

philémon.siclone a écrit :Je ne vois pas en quoi le fait de rester calme et recueilli pendant la messe serait un empêchement à l'incarnation de la prière et de la dévotion.
Le cardinal Ratzinger ne le voyait pas non plus. (et il me semble que le pape Benoît XVI ne l'a pas renié).

« Le terme de participatio actuosa (participation active, dans le Concile) a très vite été pris dans le sens extérieur et superficiel d'une activité nécessaire, généralisée, comme s'il fallait que le plus grand nombre des personnes, et le plus souvent possible, soit manifestement actives. Certes, le mot participation implique une action à laquelle chacun est associé. Mais pour définir le type d'activité dont il s'agit, il faut d'abord établir ce qu'est l' actio centrale à laquelle tous les membres de la communauté sont censés prendre part... La véritable action liturgique, l'acte liturgique par excellence est l'oratio, la grande prière qui forme le noyau de l'Eucharistie, laquelle, pour cette raison, fut appelée oratio par les Pères... L'oratio - la Prière eucharistique, le canon - est actio au sens le plus élevé... Les actions extérieures de la liturgie (lectures, chants, collecte des dons) peuvent, bien entendu, être réparties de façon appropriée, mais en marquant bien la différence entre participation au service de la parole (lecture, chant) et célébration sacramentelle proprement dite. L'aspect secondaire de ces actions extérieures devrait être clairement manifestée ; l'évidence doit s'imposer : l' oratio ouvre l'espace à l'actio de Dieu. »[20]

« La liturgie n'est pas un show, un spectacle qui ait besoin de metteurs en scène géniaux, ni d'acteurs de talent. La liturgie ne vit pas de surprises sympathiques, de trouvailles captivantes mais de répétitions solennelles. Elle ne doit pas exprimer l'actualité et ce qu'elle a d'éphémère, mais le mystère du sacré. »[21]

« Il en est ressorti qu'on n'avait une participation active que s'il y avait activité extérieure tangible : discours, paroles, chants, homé­lies, lectures, poignées de mains... Mais on a oublié que le concile place aussi dans l'actuosa participatio le silence, qui favorise une participation vraiment profonde, personnelle, nous permettant d'écouter intérieurement la parole du Seigneur. Or, de ce silence, il n'y a plus trace dans certains rites. »[22]

« La prière communautaire de la liturgie doit, elle aussi, tendre à ce qu'on ne parle pas seulement les uns aux autres, mais bien à Dieu. C'est alors que nous parlerons le mieux et le plus pro­fondément ensemble. »[23]

« Nous devons redonner à la liturgie la dimension du sacré. La liturgie n'est pas un festival, elle n'est pas une réunion de détente. Ce qui importe, ce n'est pas que le curé réussisse à produire de son cru des idées suggestives ou des élucubrations. La liturgie, c'est Dieu trois fois saint se rendant présent parmi nous, c'est le buisson ardent, c'est l'alliance de Dieu avec l'homme, en Jésus-Christ, celui qui est mort et ressuscité. La grandeur de la liturgie ne se fonde pas sur le fait qu'elle offre un passe-temps intéressant, elle consiste bien plutôt dans l'acte de se rendre tangible du Totalement­-Autre que nous ne sommes pas en mesure de faire venir. Il vient parce qu'Il le veut. Autrement dit, l'essentiel dans la liturgie est le mystère, qui se réalise dans le rite commun de l'Eglise ; tout le reste la réduit. Les gens le ressentent vivement, et se sentent trompés, lorsque le mystère se transforme en distraction, quand l'auteur principal dans la liturgie n'est pas le Dieu vivant mais le prêtre ou l'animateur liturgique. »[24]

Les références ici

Re: La sacrosainte "participation" des fidèles.

par Gerald » mer. 30 sept. 2009, 0:35

coeurderoy a écrit :
Amorius a écrit :Oui, je confirme pour Paris (ayant auparavant vécu en province)... et la Fraternité saint-Pierre, en ses chapelles parisiennes - et d'autres - a tendance a donner du côté de chez M. Dusnob... (ah ! l'île aux Enfants ! :p ). Mais comme le dit Amorius ce milieu (que je ne fréquente plus) n'est pas plus "bourgeois" que beaucoup de nos paroisses de centres-villes et le milieu agriculteur, petits employés y est aussi représenté.
Cordialement !
La fraternité Saint-Pierre n'a malheureusement aucune chapelle parisienne. Il n'y a d'ailleurs à Paris aucune église mise à disposition pour un institut ecclesia dei.

Les églises (hors FSSPX) où l'on dit la forme extraordinaire sont toutes bi-ritualiste. (le centre saint Paul n'est pas une église).

Pour une sociologie neutre, essayez la messe summorum pontificum de Sainte Jeanne de Chantal à 12h15. Et en plus il y a des missels disponibles (pas pour tout le monde...).

Re: La sacrosainte "participation" des fidèles.

par coeurderoy » mar. 29 sept. 2009, 23:37

Cela me rappelle un passage de Huysmans (La Cathédrale) : une dévote venue prier la Vierge à qui on faisait remarquer que le Saint-Sacrement aller passer rétorque : "Ce n'est par pour Lui que je suis venue, mais pour Elle !" <:

Re: La sacrosainte "participation" des fidèles.

par Fée Violine » mar. 29 sept. 2009, 21:35

AnneT a écrit :
philémon.siclone a écrit : Mais quel mal y a-t-il à réciter son chapelet pendant la messe... ?
Peut-être parce que ce n'est ni le lieu ni le moment?

On peut dire son chapelet à peu près partout et n'importe quand. Peut-on en dire autant de la participation à l'Eucharistie????!!!

C'est un peu comme aller à un concert et écouter des chansons sur son I-Pod pendant que les musiciens jouent!

Chaque chose en son temps...

:zen:
Je suis bien de ton avis, Anne !
Se déplacer pour écouter le Seigneur, et une fois arrivé, ne pas l'écouter quand il nous parle, ce n'est pas très logique, et moyennement poli à son égard...

Re: La sacrosainte "participation" des fidèles.

par coeurderoy » mar. 29 sept. 2009, 13:20

Amorius a écrit :
NB: Il y a peut-être un "effet de loupe parisianiste" faisant chic pour les chapelles de la capitale mais, là, je n'en sais strictement rien.
Oui, je confirme pour Paris (ayant auparavant vécu en province)... et la Fraternité saint-Pierre, en ses chapelles parisiennes - et d'autres - a tendance a donner du côté de chez M. Dusnob... (ah ! l'île aux Enfants ! :p ). Mais comme le dit Amorius ce milieu (que je ne fréquente plus) n'est pas plus "bourgeois" que beaucoup de nos paroisses de centres-villes et le milieu agriculteur, petits employés y est aussi représenté.
Cordialement !

Re: La sacrosainte "participation" des fidèles.

par Columbanus » mar. 29 sept. 2009, 12:40

philémon.siclone a écrit :Et je suis convaincu que c'est la cause principale de la fuite du petit peuple catholique d'autrefois. Il n'y a plus de peuple dans les églises, vous remarquerez. Uniquement des bobos et des paumés, ou encore des gens chics chez les tradis, et c'est tout. Le peuple a fichu le camp. Quand vous entrez, aujourd'hui, dans une église pour vous reposer un peu, et rendre visite au Bon Dieu, il faut qu'on vous tombe dessus à bras raccourcis pour vous obliger à "participer". Mais au nom de quoi ce serait le but ? Quand le Christ aurait-il dit : "dans mon église tu participeras" ?
Philémon, vous faites une grave erreur de jugement en apposant ici et là des étiquettes hélas savamment entretenus par les médias quant aux catholiques. J'écris au nom des traditionalistes mais cela vaut aussi pour tous les catholiques me rendant aussi dans les églises diocésaines. "Uniquement...des gens chics chez les tradis"? Je vais vous prendre par la main et vous y amener dans les chapelles concernés: vous y découvrez, comme moi la première fois, qu'il y a surtout des personnes dites de classe moyenne, certaines en jean (certes pas beaucoup - étant totalement jean la semaine, je fais moi-même un petit effort de rigueur pour la messe...peut-être que des personnes passent pour "chics" parce qu'elle font de même).

Il y a aussi des gens plus modestes qui n'ont pas bénéficiés d"une éducation poussée mais savent cependant lire. Ils ont juste fait comme moi : acheté un missel de 1962 (ou 1957), voient très bien qu'il y a une colonne en latin et une colonne en français et savent, sans peine, décrypter les indications (en rouge) relatives aux mouvements et gestes du prêtre, des servants et des fidèles. Si elles n'ont pas les moyens, des missels sont à disposition. De plus, beaucoup se feront un plaisir de répondre aux éventuelles questions après la messe.

Enfin, être d'un milieu très humble n'est pas un handicap : c'est comme partout ailleurs, il faut juste une bonne pastorale. Ayant acheté la dernier numéro de la revue de la FSSPX, Fideliter, le témoignage de l'abbé Michel Boniface au Mexique m'en a convaincu....il est même désolé du phénomène du sédévacantisme assez présent en ces terres (ce qui, indirectement, enfonce aussi les préjugés d'incompréhension quant à l'ancien ordo).

Bien à vous,

Columbanus.

NB: Il y a peut-être un "effet de loupe parisianiste" faisant chic pour les chapelles de la capitale mais, là, je n'en sais strictement rien.

Re: La sacrosainte "participation" des fidèles.

par Arzur » ven. 25 sept. 2009, 16:46

Bonjour philémon.siclone,

Je comprends vos propos, personnellement, j'aime les messes, calme, recueillie, priante... la guitare, le tam-tam, très peu pour moi ! ... Néanmoins, je pense que prier son chapelet durant la messe n'est pas l'idéal ! Vos avez droit de le faire si vous le désirez, mais notre vie doit être une quête vers Dieu, par la sainteté ! Vous êtes assez traditionnel philémon.siclone, comme moi, vous avez assez peur des 'hérésies' modernistes. mais ce n'est pas parce que certains n'ont rien compris à la forme ordinaire du rite romain et à la fameuse 'participatio actuosa' qu'ils faut les rejeter (je parle là je le forme ordinaire et de la 'participatio actuosa'). Certains n'ont rien compris à la voiture et ils roulent encore totalement ivre à toutes vitesses, au risque de tuer, de briser des vies. Mais néanmoins, la voiture quand elle est bien utilisée reste quelque chose de très précieux !

C'est pareil avec la 'participatio actuosa'... Je vais vous donner quelques extraits de l'encyclique 'Mediator Dei' du regretté pape Pie XII. Vous allez voir, il nous dit bien de participer à la messe, non de rester des spectateurs ! Mais, lui, comme plus tard le concile Vatican II, nous enseigne quelle doit être cette 'participatio actuosa'. Quand dans le silence, vous écoutez le prêtre, et vous vous unissez à son action Divine, vous participez à cette messe ! Mais quand le prêtre vous parle , par exemple: "Dominus vobiscum', vous n'allez pas récitez votre chapelet comme si le saint sacrifice de la messe ne vous concernez pas ! Vous allez répondre au prêtre: 'et cum spiritu tuo', car par votre pensée, votre être, par votre prière personnelle vous êtes en communion avec l'action du prêtre. Vous n'êtes pas un étranger, mais bien un chrétien qui à devant ces yeux la plus grand chose qui existe dans ce monde : la messe ! ! ! ! ! Le saint curé d'Ars disait qu'au ciel, si il voyais un ange et un prêtre, il salurait d'abord le prêtre, car même si l'ange est une créature parfaite, elle n'a pas le 'pouvoir' de faire descendre le Seigneur tout puissant dans un misérable bout de pain ...
Pie XII [i]in[/i] Mediator Dei a écrit :Il est donc nécessaire, Vénérables Frères, que tous les chrétiens considèrent comme un devoir principal et un honneur suprême de participer au sacrifice eucharistique, et cela, non d’une manière passive et négligente et en pensant à autre chose, mais avec une attention et une ferveur qui les unissent étroitement au Souverain Prêtre, selon la parole de l’Apôtre : " Ayez en vous les sentiments qui étaient dans le Christ-Jésus " (Ph II, 5) offrant avec lui et par lui, se sanctifiant en lui.
Pie XII [i]in[/i] Mediator Dei a écrit :Ceci a déjà été très clairement affirmé par certains de Nos prédécesseurs et par les docteurs de l’Église. " Non seulement - ainsi parle Innocent III, d’immortelle mémoire - les prêtres offrent, mais aussi tous les fidèles, car ce qui s’accomplit d’une manière spéciale par le ministère des prêtres se fait d’une manière universelle par le vœu des fidèles " (De Sacro Altaris Mysterio, III, 6), Et Nous aimons à citer en cette matière au moins une affirmation de saint Robert Bellarmin, prise entre beaucoup d’autres : " Le sacrifice, dit-il, est offert principalement dans la personne du Christ. C’est pourquoi l’offrande qui suit la consécration atteste en quelque sorte que toute l’Église consent à l’oblation faite par le Christ et offre avec lui " (De Missa, I, cap. 27).
Pie XII [i]in[/i] mediator Dei a écrit :Ceux-là, par conséquent, sont dignes de louanges qui, en vue de rendre plus facile et plus fructueuse pour le peuple chrétien la participation au sacrifice eucharistique, s’efforcent opportunément de mettre entre les mains du peuple le Missel romain, de manière que les fidèles, unis au prêtre, prient avec lui à l’aide des mêmes paroles et avec les sentiments mêmes de l’Église ; ceux-là méritent des louanges qui s’efforcent de faire de la liturgie une action sainte même extérieurement, à laquelle prennent réellement part tous les assistants, ce qui peut se réaliser de diverses manières : quand, par exemple, tout le peuple, selon les règles rituelles ou bien répond d’une façon bien réglée aux paroles du prêtre, ou se livre à des chants en rapport avec les différentes parties du sacrifice, ou bien fait l’un et l’autre, ou enfin lorsque dans les messes solennelles il répond aux prières des ministres de Jésus-Christ et s’associe au chant liturgique
Pie XII [i]in[/i] mediator Dei a écrit :C’est pourquoi, il ferait une chose pernicieuse et pleine de tromperie celui qui oserait, témérairement, assumer la réforme de ces exercices de piété, pour les ramener aux seules cérémonies liturgiques. Il est nécessaire, toutefois, que l’esprit de la sainte liturgie et ses préceptes influent avec profit sur eux, pour éviter que ne s’y introduise quoi que ce soit d’inadapté ou de peu conforme à la dignité de la maison de Dieu, ou qui soit dommageable aux fonctions sacrées et à la saine piété.

(en rouge, une précision rajouté pour mieux exprimé ma pensée..)

+ Arzur

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