Bonjour,
en ce qui me concerne, je suis bien d'accord avec ce qu'écrit AdoramusTe. Et pour compléter, on peut citer l'article 13 de la constitution
Sacrosanctum Concilium :
"L'Église désire beaucoup que tous les fidèles soient amenés à cette participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques, qui est demandée par la nature de la liturgie elle-même et qui est, en vertu de son baptême, un droit et un devoir pour le peuple chrétien, "race élue, sacerdoce royal, nation sainte, peuple racheté" (I Pierre 2, 9; cf. 2, 4-5)."
http://www.vatican.va/archive/hist_coun ... um_fr.html
Je me souviens qu'en d'autres temps, "on" nous avait expliqué que cette participation pleine, consciente et active nécessitait en premier lieu, avant tout, surtout et par-dessus tout l'extermination de tout ce que la liturgie comportait de latin, ainsi que de tout un tas d'autres « obstacles », dont il me serait difficile d'établir la liste tant elle est longue... tout comme il me serait vraiment impossible de donner un catalogue, même bref, des divers "abus liturgiques" grâce auxquels on a pu penser ou croire "augmenter" la participation des fidèles...
Bref, ce qui est extraordinaire, comme la forme du même nom, c'est que cette expression de "participation active" n'est pas du tout née, ainsi que le signale Jean-Baptiste, comme par "magie" de l'imagination des Pères pendant le Concile Vatican II...
Déjà, en 1947, Pie XII en parlait, et très bien, dans une encyclique, Mediator Dei, que l'on peut – et même que l'on doit, lire ici :
http://www.salve-regina.com/Magistere/Mediator_Dei.htm
On y trouvera une explication claire, limpide et somme toute très traditionnelle, de ce qu'est la "participation active des fidèles". Le Concile Vatican II n'a donc strictement rien introduit de vraiment nouveau sur cette "participation active" : il s'est contenté, si l'on peut dire, de reprendre ce qui avait déjà été exprimé sur la question par le l'autorité magistérielle, et notamment par Pie XII.
Et l'on peut chercher tant qu'on veut, on ne trouvera aucune différence entre ce que l'Eglise entendait avant le Concile par "participation active des fidèles", ce qu'elle a entendu par cette même "participation active" avec le Concile, et ce qu'elle entend aujourd'hui encore par ces mêmes termes. Le reste relève de cette "idéologie de la rupture" qui nous vaut aujourd'hui une "herméneutique de la continuité"...
jeanbaptiste a écrit :Je caricature mais, en gros, l'âge d'or de la liturgie ça n'est pas du Concile de Trente à 1970, c'est de la fin du XIXe à 1950, cinquante ou soixante ans au plus court.
Cet âge d'or, je le vois plutôt survenir dans un futur très proche!
jeanbaptiste a écrit :Bref, pour résumer, les "tradis", comme on dit, leur "messe de toujours" elle a vraiment été la messe de tout le monde pendant à peine un siècle, et elle a connue des satanés dérives dès les années 1950.
Je ne discuterai pas de l'expression "messe de toujours" aujourd'hui. A la place, parce que toujours bon à méditer, voici un petit texte de l'excellent Dom Bernard Botte, que l'on trouvera dans son
Ordinaire de la Messe - Texte critique, traduction et études, aux Editions du Cerf, à Paris, 1953, à la page 27:
"Soyons surtout reconnaissants aux gens du moyen âge de nous avoir gardé le canon (de la messe) dans sa pureté, et de n'y avoir pas fait entrer leurs effusions personnelles ni leurs idées théologiques. On se figure quelle salade nous aurions aujourd'hui s'il avait été permis à chaque génération de refaire le canon à la mesure des controverses théologique ou des nouvelles formes de piété. Il est à souhaiter que l'on continue à imiter le bon sens de ces hommes, qui avaient leurs idées théologiques, mais qui comprenait que le canon n'était pas pour eux un champ d'exercice. C'était à leurs yeux l'expression d'une tradition vénérable, et ils sentaient qu'on ne pouvait pas y toucher sous peine d'ouvrir la porte à toute sorte d'abus."
Le texte date de 1953... aussi pouvons nous fort bien, à présent que la porte a été bien grande ouverte, nous figurer de quelle salade nous parle Dom Bernard Botte!
Amicalement.
Virgile.