par Renaud » jeu. 04 mai 2006, 12:21
Bonjour à tous,
Ayant des plages de temps disponibles très irrégulières, je prends ce fil déjà longuement cultivé par d'autres ayant certainement des idées plus claires que moi sur cette question de la laïcité, vraiment récurrente, surtout en France.
J'ai lu l'entretien de l'homme d'Etat italien. C'est un propos exemplaire de clarté et sain et en plus objectif soucieux de vérité.
Les Evangiles disent, je le répète encore, car je m'y réfère souvent: "vous les reconnaîtrez à leurs fruits". Et bien les fruits de la laîcité sont tout à fait "séduisants", certains mangeables, d'autres insipides, d'autres poisons. Un bel exemple d'échantillons humains bien complexes comme ce qui touche à l'humain.
Mais ces fruits de la laïcité, maintenant vus avec un recul conséquent et leur mixturation avec toutes sortes d'idéologies, nous mettent en difficulté, une difficulté qui n'aurait pas lieu d'être si l'on avait su préserver la substance même de ce qui fit et ce que fut la chrétienté. C'est à dire l'ensemble des pays et peuples qui participèrent au christianisme.
Alors que, je relève des extraits d'un article paru dans le quotidien La Croix du 20 juin 1992, signé Philippe Saint-Marc, que j'avais gardé, intitulé:
Le Retour du Paganisme
<<"Voici le retour du paganisme. Les bases philosophiques actuelles (....) sont porteuses d'une triple rupture avec le christianisme: culte des idoles, rejet de "prochain", abolition de la morale. (....)En vingt ans (chiffre de 1992) les mariages sont passés de 390 000 à 270 000 et les divorces de 39 000 à 106 000. Or, la famille est la plus protectrice pour les enfants et les parents. Le divorce quintuple le risque d'avoir un enfant "déviant": drogué, "suicidant" ou délinquant. L'homme marié a un risque de délinquence ou de suicide deux fois moins élevé que le célibataire.
La dynamique de l'ultralibéralisme et du matérialisme aboutit au nom de la permissivité à supprimer toute règle éthique, au nom du culte de l'argent, à rejeter tout idéal (...). Mais loin d'être libérateur, ce néant spirituel est écrasant à porter : quelle raison de vivre autre que l'argent? "Nul n'a jamais été responsable et désespéré" affirmait Saint-Exupéry. Or, une société qui n'impose à ses membres aucun devoir moral à l'égard des autres et d'eux-mêmes crée un sentiment d'irresponsabilité collective.
Surprenant paradoxe : l'état moral et psychique des Occidentaux est d'autant plus dégradé que leur pays est plus avancé dans la voie de la croissance économique, tant notre type de développement est traumatisant.
L'Europe matériellement riche - Allemagne, France, Suisse - est spirituellement pauvre. L'Europe matériellement pauvre - Grèce, Portugal, Espagne - (ndlr, on aura vu depuis 14 ans que cet article a été écrit ces trois pays cités suivre le "chemin" des autres) est spirituellement riche. La France a un taux de délinquence double de l'Espagne (en 1992) et cinq fois plus qu'en Grèce. En France, depuis vingt-cinq ans, les crimes et délits ont augmenté de 2 650 000, les admissions en hôpitaux psychiatriques de 255 000, les arrestations pour drogue de 50 000.
Au lieu de continuer à suivre la voie de l'autodestruction par la montée d'une nouvelle barbarie, notre société n'entendra-t-elle pas l'appel évangélique : "Que sert donc à l'homme de gagner le monde entier s'il se perd ou se ruine lui-même?">>
Je me souviens d'un voyage effectué au Portugal en 1978, quatre ans après la fin du régime salazariste par la révolution des oeillets d'avril 1974, où la religion catholique n'étant plus la religion officielle du pays, et bien, il y avait une multitudes de "représentants de commerce" de la "cité des croyances mondiales" tout occupés à conquérir des "parts de marché" de ce "marché religieux" qui s'offrait à eux. Même procédé en Espagne d'ailleurs. Non pas, vous l'aurez compris, que les régimes franquiste et salazariste aient dû durer indéfiniment, simplement le dépôt de la foi y avait été maintenu et il eût fallu qu'il le restât.
Car le bilan des pertes spirituelles et morales est terriblement supérieur dans la vie quotidienne et matérielle que les promesses mirifiques et mensongèrent du "tout marché" et du "tout finance" qui est l'autre face, fanfreluches en plus, de la même monnaie exclusivement matérialiste que fut le marxisme.
L'histoire et l'actualité parlent d'elles mêmes
Je ne crois pas que la laïcité, pourtant principe 'séduisant', puisse nous donner ou nous redonner une "colonne vertebrale" .
Renaud
Deus in adjutorium
Bonjour à tous,
Ayant des plages de temps disponibles très irrégulières, je prends ce fil déjà longuement cultivé par d'autres ayant certainement des idées plus claires que moi sur cette question de la laïcité, vraiment récurrente, surtout en France.
J'ai lu l'entretien de l'homme d'Etat italien. C'est un propos exemplaire de clarté et sain et en plus objectif soucieux de vérité.
Les Evangiles disent, je le répète encore, car je m'y réfère souvent: "vous les reconnaîtrez à leurs fruits". Et bien les fruits de la laîcité sont tout à fait "séduisants", certains mangeables, d'autres insipides, d'autres poisons. Un bel exemple d'échantillons humains bien complexes comme ce qui touche à l'humain.
Mais ces fruits de la laïcité, maintenant vus avec un recul conséquent et leur mixturation avec toutes sortes d'idéologies, nous mettent en difficulté, une difficulté qui n'aurait pas lieu d'être si l'on avait su préserver la substance même de ce qui fit et ce que fut la chrétienté. C'est à dire l'ensemble des pays et peuples qui participèrent au christianisme.
Alors que, je relève des extraits d'un article paru dans le quotidien La Croix du 20 juin 1992, signé Philippe Saint-Marc, que j'avais gardé, intitulé:
Le Retour du Paganisme
<<"Voici le retour du paganisme. Les bases philosophiques actuelles (....) sont porteuses d'une triple rupture avec le christianisme: culte des idoles, rejet de "prochain", abolition de la morale. (....)En vingt ans (chiffre de 1992) les mariages sont passés de 390 000 à 270 000 et les divorces de 39 000 à 106 000. Or, la famille est la plus protectrice pour les enfants et les parents. Le divorce quintuple le risque d'avoir un enfant "déviant": drogué, "suicidant" ou délinquant. L'homme marié a un risque de délinquence ou de suicide deux fois moins élevé que le célibataire.
La dynamique de l'ultralibéralisme et du matérialisme aboutit au nom de la permissivité à supprimer toute règle éthique, au nom du culte de l'argent, à rejeter tout idéal (...). Mais loin d'être libérateur, ce néant spirituel est écrasant à porter : quelle raison de vivre autre que l'argent? "Nul n'a jamais été responsable et désespéré" affirmait Saint-Exupéry. Or, une société qui n'impose à ses membres aucun devoir moral à l'égard des autres et d'eux-mêmes crée un sentiment d'irresponsabilité collective.
Surprenant paradoxe : l'état moral et psychique des Occidentaux est d'autant plus dégradé que leur pays est plus avancé dans la voie de la croissance économique, tant notre type de développement est traumatisant.
L'Europe matériellement riche - Allemagne, France, Suisse - est spirituellement pauvre. L'Europe matériellement pauvre - Grèce, Portugal, Espagne - (ndlr, on aura vu depuis 14 ans que cet article a été écrit ces trois pays cités suivre le "chemin" des autres) est spirituellement riche. La France a un taux de délinquence double de l'Espagne (en 1992) et cinq fois plus qu'en Grèce. En France, depuis vingt-cinq ans, les crimes et délits ont augmenté de 2 650 000, les admissions en hôpitaux psychiatriques de 255 000, les arrestations pour drogue de 50 000.
Au lieu de continuer à suivre la voie de l'autodestruction par la montée d'une nouvelle barbarie, notre société n'entendra-t-elle pas l'appel évangélique : "Que sert donc à l'homme de gagner le monde entier s'il se perd ou se ruine lui-même?">>
Je me souviens d'un voyage effectué au Portugal en 1978, quatre ans après la fin du régime salazariste par la révolution des oeillets d'avril 1974, où la religion catholique n'étant plus la religion officielle du pays, et bien, il y avait une multitudes de "représentants de commerce" de la "cité des croyances mondiales" tout occupés à conquérir des "parts de marché" de ce "marché religieux" qui s'offrait à eux. Même procédé en Espagne d'ailleurs. Non pas, vous l'aurez compris, que les régimes franquiste et salazariste aient dû durer indéfiniment, simplement le dépôt de la foi y avait été maintenu et il eût fallu qu'il le restât.
Car le bilan des pertes spirituelles et morales est terriblement supérieur dans la vie quotidienne et matérielle que les promesses mirifiques et mensongèrent du "tout marché" et du "tout finance" qui est l'autre face, fanfreluches en plus, de la même monnaie exclusivement matérialiste que fut le marxisme.
L'histoire et l'actualité parlent d'elles mêmes
Je ne crois pas que la laïcité, pourtant principe 'séduisant', puisse nous donner ou nous redonner une "colonne vertebrale" .
Renaud
Deus in adjutorium