par Raistlin » jeu. 26 nov. 2009, 15:41
Didyme a écrit :
Oui je suis assez d’accord.
Mais comment vivez-vous l’enfer, arrivez-vous à l’intégrer ? (pas seulement dans une perspective personnelle mais pour tous)
Ce fut un grand problème pour moi après ma conversion. Voyez-vous, je viens de l'ésotérisme où la notion de péché n'existe pas et où il n'y aucun risque de damnation. En outre, la notion d'un Dieu d'Amour qui envoie les pécheurs en Enfer ne fut pas facile à intégrer. C'est là où je pus mesurer toute l'importance de l'obéissance : plutôt que de me faire ma doctrine perso dans mon coin, je fis confiance à l'Eglise en attendant de comprendre.
Voici comment je l'intègre dans ma vie de foi : en toute justice, je mérite l'Enfer. Ce n'est pas tant le problème de mes nombreux péchés que celui de ma nature profonde : je suis incliné - merci le péché originel - à préférer à Dieu d'autres choses... La jouissance des biens matériels, ma propre personne, mon intérêt immédiat, etc. Si la vision béatifique consiste à être uni à Dieu, alors je ne peux pas y prétendre, tout comme l'huile ne peut prétendre à une miscibilité avec l'eau en raison de sa densité différente.
Cependant, Dieu sauve. Et ça c'est une pour moi une source de joie infinie. La conscience de mon état de pécheur et la crainte de l'Enfer (une crainte que je veux saine et non pas angoissée) me dit que j'ai besoin d'être sauvé et me fait davantage goûter à l’amour salvifique de Dieu. Ainsi, j'essaie de m'en remettre de plus en plus au Seigneur. Je Lui fais davantage confiance, je Lui donne de plus en plus de place dans ma vie. Bref, grâce à l'Enfer en quelque sorte (je sais, ça fait bizarre), mon amour pour Dieu est magnifié.
Pour ce qui est de l'Enfer pour les autres, c'est un sujet d'inquiétude pour moi (surtout lorsque ça concerne ma famille et mes amis). J'aimerais sincèrement que tous soient sauvés. Et je prie pour ça. Mais s’il fut un temps où je tenais pour acquis que Dieu sauverait plus ou moins tout le monde, j’en suis plutôt actuellement à me dire que beaucoup sont/seront damnés. C’est dur à accepter mais, en même temps, j’ai confiance en Dieu : ceux qui seront damnés le seront en raison de leurs choix.
Bon, voilà pour un rapide tour de la place de la menace de l’Enfer dans ma vie de foi. Ce n’est pas un sujet simple mais je crois vraiment qu’un chrétien ne devrait pas s’empêcher d’intégrer l’Enfer dans sa vie sous prétexte que c’est difficile à comprendre ou à accepter.
Cordialement,
[quote="Didyme"]
Oui je suis assez d’accord.
Mais comment vivez-vous l’enfer, arrivez-vous à l’intégrer ? (pas seulement dans une perspective personnelle mais pour tous)[/quote]
Ce fut un grand problème pour moi après ma conversion. Voyez-vous, je viens de l'ésotérisme où la notion de péché n'existe pas et où il n'y aucun risque de damnation. En outre, la notion d'un Dieu d'Amour qui envoie les pécheurs en Enfer ne fut pas facile à intégrer. C'est là où je pus mesurer toute l'importance de l'obéissance : plutôt que de me faire ma doctrine perso dans mon coin, je fis confiance à l'Eglise en attendant de comprendre.
Voici comment je l'intègre dans ma vie de foi : en toute justice, je mérite l'Enfer. Ce n'est pas tant le problème de mes nombreux péchés que celui de ma nature profonde : je suis incliné - merci le péché originel - à préférer à Dieu d'autres choses... La jouissance des biens matériels, ma propre personne, mon intérêt immédiat, etc. Si la vision béatifique consiste à être uni à Dieu, alors je ne peux pas y prétendre, tout comme l'huile ne peut prétendre à une miscibilité avec l'eau en raison de sa densité différente.
Cependant, Dieu sauve. Et ça c'est une pour moi une source de joie infinie. La conscience de mon état de pécheur et la crainte de l'Enfer (une crainte que je veux saine et non pas angoissée) me dit que j'ai besoin d'être sauvé et me fait davantage goûter à l’amour salvifique de Dieu. Ainsi, j'essaie de m'en remettre de plus en plus au Seigneur. Je Lui fais davantage confiance, je Lui donne de plus en plus de place dans ma vie. Bref, grâce à l'Enfer en quelque sorte (je sais, ça fait bizarre), mon amour pour Dieu est magnifié.
Pour ce qui est de l'Enfer pour les autres, c'est un sujet d'inquiétude pour moi (surtout lorsque ça concerne ma famille et mes amis). J'aimerais sincèrement que tous soient sauvés. Et je prie pour ça. Mais s’il fut un temps où je tenais pour acquis que Dieu sauverait plus ou moins tout le monde, j’en suis plutôt actuellement à me dire que beaucoup sont/seront damnés. C’est dur à accepter mais, en même temps, j’ai confiance en Dieu : ceux qui seront damnés le seront en raison de leurs choix.
Bon, voilà pour un rapide tour de la place de la menace de l’Enfer dans ma vie de foi. Ce n’est pas un sujet simple mais je crois vraiment qu’un chrétien ne devrait pas s’empêcher d’intégrer l’Enfer dans sa vie sous prétexte que c’est difficile à comprendre ou à accepter.
Cordialement,