Je crois qu'il est tout à fait "raisonnable" (si je puis dire, s'agissant de foi) de désirer et de rechercher la sainteté... et la clé pour cela, c'est d'abord de reconnaître que nous sommes pécheurs. Par cet aveu sincère, nous ouvrons les portes à l'action de l'Esprit-Saint, qui nous mènera de manière sûre au sommet de ce chemin étroit et escarpé qui mène à la Vie.
Et finalement, c'est une histoire d'amour: à partir du moment où l'on commence à "remettre sa vie" au Christ, en pleine confiance, c'est Lui qui prend en charge notre sanctification. Je veux dire: ce n'est pas comme si nous allions fournir de très grands efforts en étant abandonnés à nos propres forces. Marie a dit "Oui" au dessein de Dieu et à partir de là, tout s'est mis en place dans sa vie. Elle ne pouvait tout comprendre mais elle n'en avait plus besoin. Elle retenait ces choses dans son coeur - non pour en avoir peur, mais les événements devenaient comme des perles s'enfilant les unes après les autres dans le fil de sa vie...
Il y a deux jours, j'étais toujours malade en me réveillant et je me dis : je ne vais pas m'habiller à toute vitesse pour faire huit kilomètres pour une messe de vingt minutes ! Ensuite, j'ai prié une dizaine à Marie, je me suis levé et j'ai pris la voiture. Or le temps était vraiment infect: demi-nuit, pluie abondante, les essuie-glaces à pleine vitesse avaient du mal à chasser l'eau. Qu'importe, j'ai dit (j'ai pu dire et ça c'est merveilleux: Jésus, je viens à Ton sacrifice, alors peu m'importe le risque. Et d'un seul coup, je me suis senti beaucoup mieux, un mieux qui se confirme aujourd'hui. L'important c'est de savoir que nous pouvons être en relation avec le Christ chaque jour dans les plus infimes petites tâches. Nous ne sommes jamais seuls...
Les sept tourments de l'enfer
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NB : L'attention des intervenants est particulièrement attirée sur la courtoisie et le respect ; les blasphèmes et provocations visant à blesser le sentiment religieux des lecteurs seront modérés ; les discussions inutilement polémiques seront verrouillées et leur initiateurs sanctionnés.
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etienne lorant
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Re: Les sept tourments de l'enfer
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- Didyme
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Re: Les sept tourments de l'enfer
Il est clair qu'il y a de nombreuses mises en garde mais Dieu merci, il y a aussi de nombreux versets porteurs d'une large espérance.Raistlin a écrit :Le problème, c'est que l'Enfer est une réalité bien concrète et que le risque de se perdre est bien réel. A ce sujet, pas besoin de sainte Faustine ou de Saint Augustin, le Christ est plus que clair. C'est lui-même qui mentionne que beaucoup prennent le chemin de la perdition et peu la porte étroite qui mène au Salut.
Faut-il pour autant désespérer ? Bien sûr que non car à Dieu rien d'impossible. Mais la tendance d'aujourd'hui à considérer l'Enfer comme un exagération de la foi est un mensonge éhonté et une abomination car elle conduit la masse à ne plus se préoccuper de son Salut, persuadée que, de toute façon, "on ira tous au Paradis" comme dit une célèbre chanson.
L'existence humaine depuis le péché originel n'est pas une mauvaise blague mais elle est bel et bien un drame. Car s'il fallut que le Fils de Dieu souffrit sa Passion pour nous sauver, c'est que la situation doit être bien grave.
Dieu, dans la Bible, est plus qu'explicite sur le risque de se perdre. Les saints également. Les Pères de l'Eglise également. Marie dans ses apparitions également. On ne pourra pas dire qu'on n'a pas été prévenu.
Cordialement,
Mais bon quelque part, mieux vaut une sorte de pari Pascal je présume.
Et puis par ailleurs, la fin justifie-elle les moyens, la conversion justifie-elle la peur comme méthode ?
L'autre est un semblable.
Re: Les sept tourments de l'enfer
Ce n'est pas une question de faire peur pour convertir mais de dire la vérité. Oui, nous avons de bonnes raisons d'espérer, oui Dieu nous aime et veut nous sauver. Mais l'Enfer est une réalité concrète et une vraie menace. Autant vivre dans la peur constante de l'Enfer est inacceptable, autant vivre comme s'il n'y avait aucun risque est pure folie.Didyme a écrit :Il est clair qu'il y a de nombreuses mises en garde mais Dieu merci, il y a aussi de nombreux versets porteurs d'une large espérance.
Mais bon quelque part, mieux vaut une sorte de pari Pascal je présume.
Et puis par ailleurs, la fin justifie-elle les moyens, la conversion justifie-elle la peur comme méthode ?
On a beau se dire chrétien, on n'est pas sauvé pour autant. Jésus le dit lui-même lorsqu'il affirme que ce n'est pas ceux qui diront "Seigneur, Seigneur" qui auront la vie éternelle mais ceux qui font la volonté de Dieu. Bref, l'attitude qui me paraît saine pour un chrétien est la suivante : une espérance invincible en Dieu et en sa miséricorde mais aussi une vigilance constante pour ne pas se perdre.
Voyez le nombre de ceux qui se disent chrétiens et défendent des choses comme l'avortement ou l'euthanasie. Ou alors qui demeurent tièdes dans leur vie avec le Seigneur. Je ne veux pas juger car je ne suis pas meilleur, mais je me pense assez lucide pour réaliser que le danger de se perdre est réel et que le combat spirituel n'est pas une option de la vie d'un chrétien. Dans les évangiles, Jésus demande qu'on se mette à sa suite, pas qu'on se réclame de lui sans jamais rien changer à nos comportements.
Cordialement,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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Re: Les sept tourments de l'enfer
Oui je suis assez d’accord.Raistlin a écrit :On a beau se dire chrétien, on n'est pas sauvé pour autant. Jésus le dit lui-même lorsqu'il affirme que ce n'est pas ceux qui diront "Seigneur, Seigneur" qui auront la vie éternelle mais ceux qui font la volonté de Dieu. Bref, l'attitude qui me paraît saine pour un chrétien est la suivante : une espérance invincible en Dieu et en sa miséricorde mais aussi une vigilance constante pour ne pas se perdre.
Mais comment vivez-vous l’enfer, arrivez-vous à l’intégrer ? (pas seulement dans une perspective personnelle mais pour tous)
L'autre est un semblable.
Re: Les sept tourments de l'enfer
Ce fut un grand problème pour moi après ma conversion. Voyez-vous, je viens de l'ésotérisme où la notion de péché n'existe pas et où il n'y aucun risque de damnation. En outre, la notion d'un Dieu d'Amour qui envoie les pécheurs en Enfer ne fut pas facile à intégrer. C'est là où je pus mesurer toute l'importance de l'obéissance : plutôt que de me faire ma doctrine perso dans mon coin, je fis confiance à l'Eglise en attendant de comprendre.Didyme a écrit : Oui je suis assez d’accord.
Mais comment vivez-vous l’enfer, arrivez-vous à l’intégrer ? (pas seulement dans une perspective personnelle mais pour tous)
Voici comment je l'intègre dans ma vie de foi : en toute justice, je mérite l'Enfer. Ce n'est pas tant le problème de mes nombreux péchés que celui de ma nature profonde : je suis incliné - merci le péché originel - à préférer à Dieu d'autres choses... La jouissance des biens matériels, ma propre personne, mon intérêt immédiat, etc. Si la vision béatifique consiste à être uni à Dieu, alors je ne peux pas y prétendre, tout comme l'huile ne peut prétendre à une miscibilité avec l'eau en raison de sa densité différente.
Cependant, Dieu sauve. Et ça c'est une pour moi une source de joie infinie. La conscience de mon état de pécheur et la crainte de l'Enfer (une crainte que je veux saine et non pas angoissée) me dit que j'ai besoin d'être sauvé et me fait davantage goûter à l’amour salvifique de Dieu. Ainsi, j'essaie de m'en remettre de plus en plus au Seigneur. Je Lui fais davantage confiance, je Lui donne de plus en plus de place dans ma vie. Bref, grâce à l'Enfer en quelque sorte (je sais, ça fait bizarre), mon amour pour Dieu est magnifié.
Pour ce qui est de l'Enfer pour les autres, c'est un sujet d'inquiétude pour moi (surtout lorsque ça concerne ma famille et mes amis). J'aimerais sincèrement que tous soient sauvés. Et je prie pour ça. Mais s’il fut un temps où je tenais pour acquis que Dieu sauverait plus ou moins tout le monde, j’en suis plutôt actuellement à me dire que beaucoup sont/seront damnés. C’est dur à accepter mais, en même temps, j’ai confiance en Dieu : ceux qui seront damnés le seront en raison de leurs choix.
Bon, voilà pour un rapide tour de la place de la menace de l’Enfer dans ma vie de foi. Ce n’est pas un sujet simple mais je crois vraiment qu’un chrétien ne devrait pas s’empêcher d’intégrer l’Enfer dans sa vie sous prétexte que c’est difficile à comprendre ou à accepter.
Cordialement,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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Re: Les sept tourments de l'enfer
Merci pour ce partage.
Oui je pense que c’est un vrai gage d’obéissance que de l’accepter. Et être obéissant même dans ce qui nous rebute au plus haut point est vraiment remarquable.
Je suis peut-être encore trop sauvage pour ça malheureusement.
Par contre, j’ai du mal avec le terme de mériter l’enfer. Certes, nous sommes dans une spirale destructrice, de mort mais si nous sommes coupable, ne sommes-nous pas aussi en quelques sortes victimes ?
Je serais plus enclin à une espérance de guérison de notre nature qu’à une crainte de l’enfer.
Vous dites que ceux qui seront damnés le seront en raison de leurs choix mais qu’est-ce qu’un choix pour une créature soumise au changement, fruit d’une vie rencontrée et de la création divine, qui un jour dit blanc et le lendemain dit noir ? Tel un Paul qui persécutait les chrétiens un jour et convertissait au christianisme le lendemain.
Je ne sais pas, Dieu peut-il accepter de perdre une partie de sa création ? La création ne sera-t-elle pas soumise dans son ensemble au Père ?
Sinon, comment parler de victoire quand le mal a le dernier mot chez certains ? C’est donc que le mal gagne en partie, la victoire n’est pas totale.
La fin de la création peut-elle être moins parfaite que le début, si une partie est perdue à la fin quand au début tout était bon ?
A vrai dire, à l’origine je n’avais aucune difficulté à digérer la croyance de l’enfer éternel. Aujourd’hui, je suis plein d’interrogation.
D’un côté, je suis vraiment admiratif de cette soumission et d’un autre, comment être sincère dans sa foi quand on accepte quelque chose qu’on n’accepte pas vraiment ?
Oui je pense que c’est un vrai gage d’obéissance que de l’accepter. Et être obéissant même dans ce qui nous rebute au plus haut point est vraiment remarquable.
Je suis peut-être encore trop sauvage pour ça malheureusement.
Par contre, j’ai du mal avec le terme de mériter l’enfer. Certes, nous sommes dans une spirale destructrice, de mort mais si nous sommes coupable, ne sommes-nous pas aussi en quelques sortes victimes ?
Je serais plus enclin à une espérance de guérison de notre nature qu’à une crainte de l’enfer.
Vous dites que ceux qui seront damnés le seront en raison de leurs choix mais qu’est-ce qu’un choix pour une créature soumise au changement, fruit d’une vie rencontrée et de la création divine, qui un jour dit blanc et le lendemain dit noir ? Tel un Paul qui persécutait les chrétiens un jour et convertissait au christianisme le lendemain.
Je ne sais pas, Dieu peut-il accepter de perdre une partie de sa création ? La création ne sera-t-elle pas soumise dans son ensemble au Père ?
Sinon, comment parler de victoire quand le mal a le dernier mot chez certains ? C’est donc que le mal gagne en partie, la victoire n’est pas totale.
La fin de la création peut-elle être moins parfaite que le début, si une partie est perdue à la fin quand au début tout était bon ?
A vrai dire, à l’origine je n’avais aucune difficulté à digérer la croyance de l’enfer éternel. Aujourd’hui, je suis plein d’interrogation.
D’un côté, je suis vraiment admiratif de cette soumission et d’un autre, comment être sincère dans sa foi quand on accepte quelque chose qu’on n’accepte pas vraiment ?
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Re: Les sept tourments de l'enfer
Pour revenir là-dessus, je repense à ces 2 passages :Didyme a écrit :Je ne sais pas, Dieu peut-il accepter de perdre une partie de sa création ? La création ne sera-t-elle pas soumise dans son ensemble au Père ?
Sinon, comment parler de victoire quand le mal a le dernier mot chez certains ? C’est donc que le mal gagne en partie, la victoire n’est pas totale.
1Corinthiens 15:25-28 « Car il faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait mis tous les ennemis sous ses pieds.
Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort.
Dieu, en effet, a tout mis sous ses pieds. Mais lorsqu'il dit que tout lui a été soumis, il est évident que celui qui lui a soumis toutes choses est excepté.
Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous. »
1Corinthiens 15:53-56 « Car il faut que ce corps corruptible revête l'incorruptibilité, et que ce corps mortel revête l'immortalité. Lorsque ce corps corruptible aura revêtu l'incorruptibilité, et que ce corps mortel aura revêtu l'immortalité, alors s'accomplira la parole qui est écrite : La mort a été engloutie dans la victoire. O mort, où est ta victoire ? O mort, où est ton aiguillon ? L'aiguillon de la mort, c'est le péché ; et la puissance du péché, c'est la loi. »
J'ai l'impression de retrouver quelque peu un parallèle avec ces questions, surtout avec cette phrase "la mort a été engloutie dans la victoire". Or, comment la victoire peut-elle bien être totale si le mal a en partie le dernier mot, si la mort emporte une partie.
Comment comprendre "le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort" ?
Une partie de la création peut-elle demeurer dans la mort quand la mort est vouée à disparaître ?
De plus, l'aiguillon de la mort c'est le péché mais le péché persistera-t-il ou sera-t-il réduit à néant ? Et cette résurrection dont il est question concerne-t-elle tous les hommes ou seulement une partie ?
L'autre est un semblable.
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