ataraxie a écrit :Quelle est cette loi naturelle? L'homme n'est-il pas un être qui n'est placé dans sa perfection mais qui doit plutôt la rejoindre? Cela passe par la connaissance du Bien donc de Dieu non?
Il ne s'agit pas d'être parfait pour être sauvé. Jamais l'Église n’a enseigné cela et jamais Dieu n'a attendu que sa pauvre créature blessée soit pure et parfaite avant de la sauver. D’ailleurs, il n’y aurait point de Salut nécessaire s’il suffisait de connaître pour arriver à la béatitude.
L'Enfer existe pour une simple et bonne raison : Dieu nous aime. Le Paradis, c'est vivre en Dieu. Pour celui qui refuse Dieu, ce serait donc un véritable Enfer s'Il l'y mettait de force. D'où la séparation possible.
Seulement, nul besoin d'avoir une connaissance parfaite de Dieu pour Le rejeter. Dès ici-bas, celui qui manifeste une préférence persistante à s'aimer plus que tout ne saurait aimer Dieu au mépris de lui-même. Le Jugement n'est réservé qu'à Dieu, car Lui seul connaît les cœurs, mais je crois profondément qu'il est (en partie ?) basé là-dessus. Comme disait saint Jean de la Croix
"nous serons jugés sur l'amour".
ataraxie a écrit :Personnellement je pense que cet homme agit par ignorance effectivement, aucun homme ne pourrait agir de la sorte s'il avait connaissance de qui est Dieu, s'il avait au moins une fois ressenti en lui l'amour de Dieu, sa bonté.
Je ne partage pas votre point de vue, et je le partage d’autant moins que j’ai eu la chance, je crois, de « sentir » l’amour de Dieu. Hé bien, je peux vous garantir que ça ne m’a pas empêché de me comporter de façons dont je n’ai pas à être fier. Moi aussi je pensais qu’en connaissant l’amour de Dieu, tout irait de soi. Hé bien non ! Je vais même vous confier ce qui fait ma plus grande honte : depuis que je connais l’amour de Dieu, j’ai l’impression qu’à bien des égards, je n’ai pas du tout progressé dans ma capacité et ma façon d’aimer.
Bref, cette dialectique de la connaissance comme voie de la libération de l’Homme est à mon sens profondément fausse. Car la connaissance n’enlève ni la liberté de refuser le Bien (voyez les anges déchus) ni ne corrige nos plus profondes aspirations, fussent-elles mauvaises. Celui qui aime la violence aura beau savoir qu’il est aimé de Dieu, il sera susceptible de n’en avoir rien à faire.
Ce n’est pas la connaissance qui sauve, c’est l’amour.
ataraxie a écrit :Nul homme ne peut pécher à la lumière de la conscience, qui est la connaissance du Bien donc de l'amour de Dieu. Cet homme est ignorant de cet amour là. Pensez-vous qu'un pédophile puisse violer des enfants en connaissant l'amour de Dieu?
Un contre-exemple : les anges déchus.
ataraxie a écrit :Et l'inquisition?
L’inquisition eut pour but de ramener les hérétiques à l’Église, aussi pacifiquement que possible (et, de fait, les mises à mort furent rares). Son problème fut qu’elle échappa rapidement à l’Église pour être récupérée par les États.
Quoiqu’il en soit, il ne me semble pas qu’un tribunal de l’inquisition se soit déjà prononcé sur le Salut ou la damnation d’un condamné. La repentance est toujours possible, même sur le bûcher. De toute façon, même si c’était le cas, ça n’aurait pas d’importance : quand bien même ce serait arrivé, ça ne saurait engager l’infaillibilité de l’Église.
Bien à vous,
[quote="ataraxie"]Quelle est cette loi naturelle? L'homme n'est-il pas un être qui n'est placé dans sa perfection mais qui doit plutôt la rejoindre? Cela passe par la connaissance du Bien donc de Dieu non?[/quote]
Il ne s'agit pas d'être parfait pour être sauvé. Jamais l'Église n’a enseigné cela et jamais Dieu n'a attendu que sa pauvre créature blessée soit pure et parfaite avant de la sauver. D’ailleurs, il n’y aurait point de Salut nécessaire s’il suffisait de connaître pour arriver à la béatitude.
L'Enfer existe pour une simple et bonne raison : Dieu nous aime. Le Paradis, c'est vivre en Dieu. Pour celui qui refuse Dieu, ce serait donc un véritable Enfer s'Il l'y mettait de force. D'où la séparation possible.
Seulement, nul besoin d'avoir une connaissance parfaite de Dieu pour Le rejeter. Dès ici-bas, celui qui manifeste une préférence persistante à s'aimer plus que tout ne saurait aimer Dieu au mépris de lui-même. Le Jugement n'est réservé qu'à Dieu, car Lui seul connaît les cœurs, mais je crois profondément qu'il est (en partie ?) basé là-dessus. Comme disait saint Jean de la Croix [i]"nous serons jugés sur l'amour"[/i].
[quote="ataraxie"]Personnellement je pense que cet homme agit par ignorance effectivement, aucun homme ne pourrait agir de la sorte s'il avait connaissance de qui est Dieu, s'il avait au moins une fois ressenti en lui l'amour de Dieu, sa bonté. [/quote]
Je ne partage pas votre point de vue, et je le partage d’autant moins que j’ai eu la chance, je crois, de « sentir » l’amour de Dieu. Hé bien, je peux vous garantir que ça ne m’a pas empêché de me comporter de façons dont je n’ai pas à être fier. Moi aussi je pensais qu’en connaissant l’amour de Dieu, tout irait de soi. Hé bien non ! Je vais même vous confier ce qui fait ma plus grande honte : depuis que je connais l’amour de Dieu, j’ai l’impression qu’à bien des égards, je n’ai pas du tout progressé dans ma capacité et ma façon d’aimer.
Bref, cette dialectique de la connaissance comme voie de la libération de l’Homme est à mon sens profondément fausse. Car la connaissance n’enlève ni la liberté de refuser le Bien (voyez les anges déchus) ni ne corrige nos plus profondes aspirations, fussent-elles mauvaises. Celui qui aime la violence aura beau savoir qu’il est aimé de Dieu, il sera susceptible de n’en avoir rien à faire.
Ce n’est pas la connaissance qui sauve, c’est l’amour.
[quote="ataraxie"]Nul homme ne peut pécher à la lumière de la conscience, qui est la connaissance du Bien donc de l'amour de Dieu. Cet homme est ignorant de cet amour là. Pensez-vous qu'un pédophile puisse violer des enfants en connaissant l'amour de Dieu? [/quote]
Un contre-exemple : les anges déchus.
[quote="ataraxie"]Et l'inquisition? [/quote]
L’inquisition eut pour but de ramener les hérétiques à l’Église, aussi pacifiquement que possible (et, de fait, les mises à mort furent rares). Son problème fut qu’elle échappa rapidement à l’Église pour être récupérée par les États.
Quoiqu’il en soit, il ne me semble pas qu’un tribunal de l’inquisition se soit déjà prononcé sur le Salut ou la damnation d’un condamné. La repentance est toujours possible, même sur le bûcher. De toute façon, même si c’était le cas, ça n’aurait pas d’importance : quand bien même ce serait arrivé, ça ne saurait engager l’infaillibilité de l’Église.
Bien à vous,