par Libremax » ven. 03 avr. 2026, 10:50
Bonjour, et bon vendredi saint
vous soulevez un point bien frustrant pour nous, femmes et hommes du XXIe siècle :
En français, la Bible entière (et pas seulement le Nouveau Testament) ne contient le mot "maman".
A vrai dire, je ne suis même pas sûr qu'il y ait un épisode où quelqu'un s'adresse directement à sa mère en disant "mère".
A n'en pas douter, les hébreux avaient des tournures affectives pour appeler leur mère,
mais nous n'en avons pas la trace dans nos bibles françaises.
Il y a peut-être des raisons linguistiques à ça : en araméen, les tournures affectives sont assez discrètes.
Pourtant, on les retrouve ici ou là : "rabbouni" pour rabbi, et je crois qu'il y a d'autres exemples.
Mais il est fort probable que nos textes grecs (et a fortiori français) aient gommé ces nuances.
Cela dit, l'appellation "femme" dans les deux passages que vous citez, plutôt que "mère" ou "maman",
ne doit pas, je pense, être vu comme de la froideur ou du mépris.
Bien au contraire : c'est, pour l'époque, une marque de respect et d'estime exprimé par la prise de distance :
L'idée (je crois) serait "Toi, ma mère, je te reconnais comme femme avec ta dignité" plutôt que "tu n'es qu'une femme".
Par ailleurs, l'épisode de Cana, où Jésus dit carrément à sa mère "Qu'y a-t-il entre toi et moi"
n'est pas du tout une marque de mépris.
C'est en fait une allusion prophétique à un passage du Livre des Rois, dans l'ancien Testament,
où le prophète Elie rend visite à une veuve miséreuse durant une sécheresse.
il lui demande à manger et à boire. Après lui avoir répondu "Qu'y a-t-il entre toi et moi", elle accepte,
mais son fils meurt quelques temps plus tard. Pour elle, c'est Elie le responsable.
Mais Elie revient. Le fils ressuscite, la sécheresse disparait, et la veuve n'est plus dans la misère.
Jésus, par cette réponse dont sa mère avait bien la reférence, fait le parallèle
entre la sécheresse du temps d'Elie le besoin en vin de la fête, et la sécheresse spirituelle d'Israël.
Marie est veuve,
Jésus va mourir d'ici deux ans ou trois... et ressusciter.
Bonjour, et bon vendredi saint
vous soulevez un point bien frustrant pour nous, femmes et hommes du XXIe siècle :
En français, la Bible entière (et pas seulement le Nouveau Testament) ne contient le mot "maman".
A vrai dire, je ne suis même pas sûr qu'il y ait un épisode où quelqu'un s'adresse directement à sa mère en disant "mère".
A n'en pas douter, les hébreux avaient des tournures affectives pour appeler leur mère,
mais nous n'en avons pas la trace dans nos bibles françaises.
Il y a peut-être des raisons linguistiques à ça : en araméen, les tournures affectives sont assez discrètes.
Pourtant, on les retrouve ici ou là : "rabbouni" pour rabbi, et je crois qu'il y a d'autres exemples.
Mais il est fort probable que nos textes grecs (et a fortiori français) aient gommé ces nuances.
Cela dit, l'appellation "femme" dans les deux passages que vous citez, plutôt que "mère" ou "maman",
ne doit pas, je pense, être vu comme de la froideur ou du mépris.
Bien au contraire : c'est, pour l'époque, une marque de respect et d'estime exprimé par la prise de distance :
L'idée (je crois) serait "Toi, ma mère, je te reconnais comme femme avec ta dignité" plutôt que "tu n'es qu'une femme".
Par ailleurs, l'épisode de Cana, où Jésus dit carrément à sa mère "Qu'y a-t-il entre toi et moi"
n'est pas du tout une marque de mépris.
C'est en fait une allusion prophétique à un passage du Livre des Rois, dans l'ancien Testament,
où le prophète Elie rend visite à une veuve miséreuse durant une sécheresse.
il lui demande à manger et à boire. Après lui avoir répondu "Qu'y a-t-il entre toi et moi", elle accepte,
mais son fils meurt quelques temps plus tard. Pour elle, c'est Elie le responsable.
Mais Elie revient. Le fils ressuscite, la sécheresse disparait, et la veuve n'est plus dans la misère.
Jésus, par cette réponse dont sa mère avait bien la reférence, fait le parallèle
entre la sécheresse du temps d'Elie le besoin en vin de la fête, et la sécheresse spirituelle d'Israël.
Marie est veuve,
Jésus va mourir d'ici deux ans ou trois... et ressusciter.