par Raistlin » ven. 23 mai 2008, 22:35
Bonsoir Yves,
C'est un contresens historique que d'affirmer que l'Eglise catholique a refusé les traductions de la Bible.
En effet, il est vrai que le Concile de Trente a affirmé que la Vulgate était la traduction "authentique pour l'usage public". Cependant, il n'a jamais dit que la Vulgate devait demeurer immuable.
Ainsi les Jésuites - entre autres - ont toujours affirmé qu'il ne fallait cesser d'étudier les langues anciennes pour améliorer et corriger la Vulgate si nécessaire. La Réforme catholique a débouché sur un perfectionnement actif de la Vulgate.
Techniquement, c'est la Réforme catholique qui détient l'essentiel de la science biblique à cette époque, ne cessant de retravailler sur les textes dans les langues d'origine pour améliorer la Vulgate. C'est elle qui publie - et de loin - le plus grand nombre de textes de la Bible autres que la Vulgate.
A titre d'exemple, paraît en 1593 la Vulgate clémentine, édition corrigée de la Vulgate de Saint Jérôme intégrant tous les travaux effectués depuis le concile.
D'après l'historien Jean Dumont (dans son livre "L'Eglise au risque de l'histoire"), les protestants se contentent de suivre et de reproduire le mouvement et voici l'analyse qu'il en fait : La réforme protestante, ramenant tout à la Bible, en fait ipso facto un monument intangible, dont elle ressent instinctivement qu'il est téméraire, voire sacrilège de chercher à améliorer. La Réforme catholique, pour qui la Bible s'évalue à tavers la Tradition apostolique et ecclésiale, se sent instinctivement beaucoup plus libre. (Jean Dumont, L'Eglise au risque de l'histoire, p 93).
Et de préciser, à titre d'exemple, que pour Calvin, toutes les nouvelles traductions autres que les siennes sont des entreprises sataniques. Il le cite : "Satan a trouvé autant de translateurs qu'il y a d'esprits légers et outrecruidants qui manient les Ecritures ; et on en trouvera encore désormais de plus en plus, si Dieu n'y pourvoit par sa grâce." (Calvin, Dans un de ses nombreux délires despotiques...)
Bref, la contre-réforme catholique a débouché sur une fécondité exceptionnelle en terme d'enrichissement de la science biblique, fécondité dont se sont inspirés les protestants. Et s'il est vrai que l'Eglise catholique a préféré s'en tenir à la version en latin de la Bible, c'est pour d'autres raisons que celle d'un quelconque obscurantisme biblique. (je rejoins Paul-H sur sa thèse de la volonté de l'Eglise de préserver son unité par l'usage exclusif du latin)
Cordialement,
Bonsoir Yves,
C'est un contresens historique que d'affirmer que l'Eglise catholique a refusé les traductions de la Bible.
En effet, il est vrai que le Concile de Trente a affirmé que la Vulgate était la traduction "authentique pour l'usage public". Cependant, il n'a jamais dit que la Vulgate devait demeurer immuable.
Ainsi les Jésuites - entre autres - ont toujours affirmé qu'il ne fallait cesser d'étudier les langues anciennes pour améliorer et corriger la Vulgate si nécessaire. La Réforme catholique a débouché sur un perfectionnement actif de la Vulgate.
Techniquement, c'est la Réforme catholique qui détient l'essentiel de la science biblique à cette époque, ne cessant de retravailler sur les textes dans les langues d'origine pour améliorer la Vulgate. C'est elle qui publie - et de loin - le plus grand nombre de textes de la Bible autres que la Vulgate.
A titre d'exemple, paraît en 1593 la Vulgate clémentine, édition corrigée de la Vulgate de Saint Jérôme intégrant tous les travaux effectués depuis le concile.
D'après l'historien Jean Dumont (dans son livre "L'Eglise au risque de l'histoire"), les protestants se contentent de suivre et de reproduire le mouvement et voici l'analyse qu'il en fait : [i]La réforme protestante, ramenant tout à la Bible, en fait ipso facto un monument intangible, dont elle ressent instinctivement qu'il est téméraire, voire sacrilège de chercher à améliorer. La Réforme catholique, pour qui la Bible s'évalue à tavers la Tradition apostolique et ecclésiale, se sent instinctivement beaucoup plus libre.[/i] (Jean Dumont, [i]L'Eglise au risque de l'histoire[/i], p 93).
Et de préciser, à titre d'exemple, que pour Calvin, toutes les nouvelles traductions autres que les siennes sont des entreprises sataniques. Il le cite : [i]"Satan a trouvé autant de translateurs qu'il y a d'esprits légers et outrecruidants qui manient les Ecritures ; et on en trouvera encore désormais de plus en plus, si Dieu n'y pourvoit par sa grâce."[/i] (Calvin, Dans un de ses nombreux délires despotiques...)
Bref, la contre-réforme catholique a débouché sur une fécondité exceptionnelle en terme d'enrichissement de la science biblique, fécondité dont se sont inspirés les protestants. Et s'il est vrai que l'Eglise catholique a préféré s'en tenir à la version en latin de la Bible, c'est pour d'autres raisons que celle d'un quelconque obscurantisme biblique. (je rejoins Paul-H sur sa thèse de la volonté de l'Eglise de préserver son unité par l'usage exclusif du latin)
Cordialement,