par Pneumatis » mer. 01 avr. 2009, 16:27
Nig,
Pour reprendre ce que dit Raistlin, l'existence d'une altérité de Dieu ne détermine pas Dieu. C'est Dieu qui est condition de l'altérité. C'est pourquoi il est dit sur-éminent. Il est sa propre condition, et son oeuvre créatrice ne le détermine pas ni ne le conditionne. Elle est l'œuvre d'une totale liberté. C'est un acte et non un état. La relation de la création à Dieu est bien celle d'une parfaite altérité : la création n'est pas Dieu et ne manifeste pas l'être de Dieu, mais uniquement sa volonté.
Il est clair que nos avis divergent. La pensée boiteuse dont vous parlez est pourtant ce qui se donne en premier à l'intelligence de celui qui n'a reçu aucune révélation : les corps sont constitués de membres, de cellules, ... L'idée même d'organisme montre bien qu'unité est différenciable, et que la multiplicité n'est qu'un "point de vue" porté sur le tout. Vous pouvez voir l'agglomérat de cellules ou voir l'organisme. Sauf que la cellule, étant partie de l'organisme, ne peut pas voir l'organisme dans son unité et sa totalité. De même, pour l'immanentiste, le sujet ne peut pas objectiver le tout.
Je crois comprendre votre distinction de l'un et du multiple comme manifestation l'un de l'autre. Mais d'après moi la distinction des deux n'est pas propre à l'absolu lui-même, elle n'est pas aliénante. C'est justement en cela que le tout de la Nature n'est pas personnel, ni autre, ni transcendant. Ce n'est pas le tout qui se différencie de lui-même en le multiple, ou en une manifestation qu'il s'aliènerait. Cette différenciation n'est que l'oeuvre du sujet. Et ce sujet est membre du tout. C'est le sujet qui ordonne le multiple en un tout. Ou plutôt qui ne perçoit qu'une partie du tout, et donc nécessairement créé la différenciation. C'est lui qui est cause de la différenciation entre le un et le multiple. Cette différenciation n'est pas une relation aliénant le tout au multiple dans l'essence même du tout, mais uniquement dans le point de vue du sujet sur ce tout.
C'est ce qui fait de la qualité de "personne" que possède le sujet uniquement un "accident" de point de vue. Dès lors que le sujet peut rejoindre le tout, en diluant totalement sa subjectivité, alors il disparait en tant que sujet. C'est donc tout l'inverse de la relation à la transcendance. Ici la subjectivité a pour vocation à disparaitre : c'est le fameux sentiment océanique dont parlait Freud en traitant des états extatiques, le retour dans le sein maternel. Alors que dans la relation à l'être personnel et transcendant, le sujet est parfaitement intègre dans sa subjectivité, puisque l'être transcendant est lui-même personnel, donc sujet, mais uniquement sujet de lui-même. Etant sujet, Dieu justifie par là-même la différenciation du tout de la nature en parties. Ce n'est plus un "accident" ou une limite, c'est quelque chose de signifiant.
J'ajouterai que, dans la philosophie immanentiste, il y a fondamentalement une recherche de fusion avec le sein maternel, tandis qu'il y a dans le monothéisme une recherche de relation avec le Père. C'est ce qui fait d'ailleurs du baptême une véritable naissance. On se différencie de la mère pour se tourner vers le Père. Il y a une recherche de la véritable naissance à la subjectivité, modélisée par le Père, et non de sa disparition dans la fusion au tout maternel.
PS : J'ai les neurones qui chauffent ! Je pense que si je me relis dans une heure je ne comprendrai plus rien à ce que je viens d'écrire.
Nig,
Pour reprendre ce que dit Raistlin, l'existence d'une altérité de Dieu ne détermine pas Dieu. C'est Dieu qui est condition de l'altérité. C'est pourquoi il est dit sur-éminent. Il est sa propre condition, et son oeuvre créatrice ne le détermine pas ni ne le conditionne. Elle est l'œuvre d'une totale liberté. C'est un acte et non un état. La relation de la création à Dieu est bien celle d'une parfaite altérité : la création n'est pas Dieu et ne manifeste pas l'être de Dieu, mais uniquement sa volonté.
Il est clair que nos avis divergent. La pensée boiteuse dont vous parlez est pourtant ce qui se donne en premier à l'intelligence de celui qui n'a reçu aucune révélation : les corps sont constitués de membres, de cellules, ... L'idée même d'organisme montre bien qu'unité est différenciable, et que la multiplicité n'est qu'un "point de vue" porté sur le tout. Vous pouvez voir l'agglomérat de cellules ou voir l'organisme. Sauf que la cellule, étant partie de l'organisme, ne peut pas voir l'organisme dans son unité et sa totalité. De même, pour l'immanentiste, le sujet ne peut pas objectiver le tout.
Je crois comprendre votre distinction de l'un et du multiple comme manifestation l'un de l'autre. Mais d'après moi la distinction des deux n'est pas propre à l'absolu lui-même, elle n'est pas aliénante. C'est justement en cela que le tout de la Nature n'est pas personnel, ni autre, ni transcendant. Ce n'est pas le tout qui se différencie de lui-même en le multiple, ou en une manifestation qu'il s'aliènerait. Cette différenciation n'est que l'oeuvre du sujet. Et ce sujet est membre du tout. C'est le sujet qui ordonne le multiple en un tout. Ou plutôt qui ne perçoit qu'une partie du tout, et donc nécessairement créé la différenciation. C'est lui qui est cause de la différenciation entre le un et le multiple. Cette différenciation n'est pas une relation aliénant le tout au multiple dans l'essence même du tout, mais uniquement dans le point de vue du sujet sur ce tout.
C'est ce qui fait de la qualité de "personne" que possède le sujet uniquement un "accident" de point de vue. Dès lors que le sujet peut rejoindre le tout, en diluant totalement sa subjectivité, alors il disparait en tant que sujet. C'est donc tout l'inverse de la relation à la transcendance. Ici la subjectivité a pour vocation à disparaitre : c'est le fameux sentiment océanique dont parlait Freud en traitant des états extatiques, le retour dans le sein maternel. Alors que dans la relation à l'être personnel et transcendant, le sujet est parfaitement intègre dans sa subjectivité, puisque l'être transcendant est lui-même personnel, donc sujet, mais uniquement sujet de lui-même. Etant sujet, Dieu justifie par là-même la différenciation du tout de la nature en parties. Ce n'est plus un "accident" ou une limite, c'est quelque chose de signifiant.
J'ajouterai que, dans la philosophie immanentiste, il y a fondamentalement une recherche de fusion avec le sein maternel, tandis qu'il y a dans le monothéisme une recherche de relation avec le Père. C'est ce qui fait d'ailleurs du baptême une véritable naissance. On se différencie de la mère pour se tourner vers le Père. Il y a une recherche de la véritable naissance à la subjectivité, modélisée par le Père, et non de sa disparition dans la fusion au tout maternel.
PS : J'ai les neurones qui chauffent ! Je pense que si je me relis dans une heure je ne comprendrai plus rien à ce que je viens d'écrire.