Nig' a écrit :Mais du coup on retombe au premier problème : l'idée d'un Dieu transcendant est indissociable de celle d'un Dieu personnel. Du coup soit on admet qu'à l'origine la plupart des polythéismes admettaient un Dieu transcendant (et donc forcément personnel) quoique impossible à connaître directement puisqu'ils n'y avait pas eu de révélation (d'où un objet d'étude plus modeste, comme vous dites, à travers un panthéon dont les dieux sont des supports à la méditation), soit on considère cette idée comme une opinion parfaitement spécifique aux grands monothéismes, et je sombre à nouveau dans le pyrrhonisme.
Et pourtant je penche pour la deuxième option. Attention nous parlons des doctrines et non pas des hommes qui y adhèrent. Une doctrine se défini au moins en partie par son objet. Et l'objet des polythéismes ne peut pas être le Dieu personnel et transcendant si la même doctrine n'inclue pas sa révélation.
D'ailleurs, je persiste à dire que l'hypothèse du Dieu personnel et transcendant, même si il est possible à la raison, n'a strictement aucun intérêt si on ne connait pas de révélation. Imaginez-vous deux secondes :
- vous voyez la nature comme l'absolu. Votre expérience et vos méditations corroborent plutôt bien cette vision des choses. En tant qu'infinie, mathématiquement sans début ni fin, totalité parfaite à la fois un et différencié dans ses parties, quel est le besoin d'aller coller un être sur-essentiel à cet infini ??? Mon infini se suffit à lui-même. Il semble, dans une logique du tout dépassant la somme de ses parties, que la finalité de cet absolu soi lui-même et incompréhensible par la partie. Le tout n'a pas besoin d'un autre chose que le tout. Il est sa propre origine et sa propre fin. Après le rôle de la partie étant de rechercher l'harmonie avec ce tout. On est donc là dans un immanentisme (panthéisme ou naturalisme). Et ça se tient parfaitement car vous ne connaissez alors pas autre chose.
- Maintenant, pour le plaisir de philosopher, vous envisagez quand même que cet infini soit lui-même l'objet d'un
Autre, sa création pourquoi pas. Quelque chose qui le dépasse. Déjà c'est difficile à concevoir sans simplement réajuster la définition du tout en incluant cet Autre dedans. Bon. Mais faisons cet effort, d'imaginer un sur-être qui ne rentre même pas dans le cadre de cette définition du Tout, tant il est autre. OK. Oui mais, si il ne se manifeste pas, je ne peux pas en faire le moindre début du commencement d'une expérience. On voit bien ici que mon hypothèse conduit à un cul-de-sac. Elle est parfaitement stérile. A quoi bon la poser ? Ainsi, un hindou pourrait dire "Pourquoi pas" mais il ajouterait immédiatement "à quoi bon".
Ainsi sans révélation, sans incarnation, l'hypothèse n'est qu'un jeu de l'esprit, peut-être une intuition mais qui nous inviterait alors à connaitre la révélation. Sans quoi, c'est parfaitement absurde. Enfin, il me semble.