par zélie » mar. 05 mai 2009, 21:04
Virgile a écrit :
la meilleure, c'est celle-là:
"Il y a là une particularité latine, qui tient à la place de la religion catholique dans l'histoire de la France et dans le développement du système pénitentiaire."
On ne peut pas vraiment nier l'influence générale de la pensée chrétienne sur la construction de la pensée sociétaire, dans aucun domaine en France, sinon ce serait renier notre héritage socio-culturel. L'influence y a été, c'est certain. Dans l'incarcération comme partout ailleurs.
Mais si elle y a été en mal, elle y a été en bien aussi. Le tout est de démêler le positif du regrettable.
Qu'une pensée chrétienne mal comprise, mal assimilée, ait amenée des personnes à fusionner souffrance/châtiment et autres confusions, c'est vrai que cela a été. Je pense à la prison de Clairvaux décrite par Victor Hugo, où Saint Bernard et Saint Benoît ont dû se retourner dans leurs tombes au vu du détournement des notions d'autarcie et d'enfermement prônées par leurs règles et qui se sont retrouvées défigurées en tortures psychiques dans la prison installée dans les murs de l'abbaye de Clairvaux.
Mais à coté de certains errements, il y a eu des personnes chrétiennes qui ont sûrement réussi à adoucir les peines des prisonniers. Je n'ai pas d'exemple connu en tête, mais si par exemple on prend la loi Bérenger, (du père Bérenger donc, si je suis Virgile dans son mot); à y regarder de près, cet homme a cherché à raccourcir les peines, en ménageant l'opinion publique, de façon à faire passer sa réforme; en effet, trop d'adoucissement aurait fait capoter son projet: il fallait bien compter avec les mentalités de l'époque pour arriver à faire aboutir quelque chose. De plus, l'isolement en cellule a cela de bien qu'il permet à l'individu d'opérer son individualisation, un recentrage salvateur où enfin soustrait à la promiscuité, il peut se poser dans un environnement sécure. Ce n'est pas rien, et même si aujourd'hui les avis sont beaucoup partagés sur la question de l'isolement -et à juste titre-, la démarche de Bérenger resituée en contexte m'apparaît comme un pas en avant, au moins dans l'intention.
Qu'un avocat non chrétien ne s'embarasse pas de finesse, et "jette le bébé avec l'eau du bain" sur la question de l'influence chrétienne dans la société française (indéniable), c'est de bonne guerre. On n'est pas plus fin ni plus gentil quand on dénonce certains aspects des autres religions et de leur influence sur leur pays d'émergence et de sécularisation, et personne ne remarque plus vraiment la pointe, tellement elle est banale...
[quote="Virgile"]
la meilleure, c'est celle-là:
"Il y a là une particularité latine, qui tient à la place de la religion catholique dans l'histoire de la France et dans le développement du système pénitentiaire."
[/quote]
On ne peut pas vraiment nier l'influence générale de la pensée chrétienne sur la construction de la pensée sociétaire, dans aucun domaine en France, sinon ce serait renier notre héritage socio-culturel. L'influence y a été, c'est certain. Dans l'incarcération comme partout ailleurs.
Mais si elle y a été en mal, elle y a été en bien aussi. Le tout est de démêler le positif du regrettable.
Qu'une pensée chrétienne mal comprise, mal assimilée, ait amenée des personnes à fusionner souffrance/châtiment et autres confusions, c'est vrai que cela a été. Je pense à la prison de Clairvaux décrite par Victor Hugo, où Saint Bernard et Saint Benoît ont dû se retourner dans leurs tombes au vu du détournement des notions d'autarcie et d'enfermement prônées par leurs règles et qui se sont retrouvées défigurées en tortures psychiques dans la prison installée dans les murs de l'abbaye de Clairvaux.
Mais à coté de certains errements, il y a eu des personnes chrétiennes qui ont sûrement réussi à adoucir les peines des prisonniers. Je n'ai pas d'exemple connu en tête, mais si par exemple on prend la loi Bérenger, (du père Bérenger donc, si je suis Virgile dans son mot); à y regarder de près, cet homme a cherché à raccourcir les peines, en ménageant l'opinion publique, de façon à faire passer sa réforme; en effet, trop d'adoucissement aurait fait capoter son projet: il fallait bien compter avec les mentalités de l'époque pour arriver à faire aboutir quelque chose. De plus, l'isolement en cellule a cela de bien qu'il permet à l'individu d'opérer son individualisation, un recentrage salvateur où enfin soustrait à la promiscuité, il peut se poser dans un environnement sécure. Ce n'est pas rien, et même si aujourd'hui les avis sont beaucoup partagés sur la question de l'isolement -et à juste titre-, la démarche de Bérenger resituée en contexte m'apparaît comme un pas en avant, au moins dans l'intention.
Qu'un avocat non chrétien ne s'embarasse pas de finesse, et "jette le bébé avec l'eau du bain" sur la question de l'influence chrétienne dans la société française (indéniable), c'est de bonne guerre. On n'est pas plus fin ni plus gentil quand on dénonce certains aspects des autres religions et de leur influence sur leur pays d'émergence et de sécularisation, et personne ne remarque plus vraiment la pointe, tellement elle est banale...