Hello Christophe,
J'ai suffisamment explicité ma propre vision pour ne pas risquer d'être - je pense - taxé ni de socialisme ni de libéralisme...
De même qu’entre le Mal et le Bien, et pour la même raison, il n’existe pas de 3ème voie.
Il me semble pourtant que l'IBS présente bel et bien l'avantage que vous attribuez à la détaxation de l'entreprise
Christophe, je n’habite plus la France depuis moult années et il est possible que je n’ai pas compris l’assiette de l’IBS. Distinguons deux phases : l’établissement du bénéfice fiscal de l’entreprise, puis l’affectation du bénéfice comptable par l’Assemblée des actionnaires, réinvestissement et/ou distribution.
Dans les juridictions que je connais, l’impôt sur le bénéfice est dû, quelle que soit l’affectation décidée par les actionnaires. Ces derniers paient donc 2 fois, au niveau de la société et au niveau personnel. Si le bénéfice pouvait rester dans l’entreprise sans subir l’impôt, la motivation de l’actionnaire serait plus grande de laisser son bénéfice à l’entreprise.
En particulier, s’il s’agit d’une entreprise jeune ou en voie de redressement. L’impôt sur les sociétés est une prime accordée par les hommes de l’Etat aux grosses firmes bien implantées qui n’ont plus besoin d’un maximum d’autofinancement. Leurs petites concurrentes, en revanche, doivent abandonner au fisc un tiers des bénéfices qui aiderait à accélérer leur croissance.
La diversification des sources de financement ne signifie pas per se l'augmentation du taux de prélèvements obligatoires.
[Elle] permet d'une part la division par autant du taux d'imposition.
Moi bouché et moi pas comprendre. Qu’est-ce que ‘la division par autant du taux d’imposition’ ? La ‘division’ ne s’applique pas au montant total (vous parleriez de ‘réduction’). Il s’agit donc bien de masquer ce montant total, comme font les fournisseurs indélicats qui ajoutent des frais pour toutes sortes de prestations afin de cacher au client le coût réel de leur intervention.
Vous ne m’avez pas répondu sur ce qui me paraît la vraie raison d’adopter un impôt unique sur le revenu, qui est sa vertu pédagogique. Sortons des basses questions de fric pour parler des vrais problèmes.
Et d'autre part, [la diversification des sources de financement] autorise les financements d'entités publiques autonomes : caisses de Sécurité sociale ; collectivités territoriales...
Pour financer des ‘entités publiques autonomes’, il n’est pas besoin d’impôts, mais de cotisations ou de droits d’usage, dont le montant est lié à la gestion de cette entité. Par exemple, la taxe sur les carburants routiers ira à une régie du réseau routier. S’il y a moins de routes à construire, la taxe baisse et inversement. Il en est déjà ainsi de la redevance télé. Ceux qui n’ont ni voiture ni télé, comme moi, ne paient pas. De même, ramassage des ordures, police municipale et pompiers (payée par les compagnies d’assurances), activités culturelles (financée par le mécénat et les spectateurs), etc.
Pour la Sécu, on peut imaginer deux système. Le maintien de la Sécu actuelle, coexistant avec des assurances privées. Ceux qui ne veulent pas payer la Sécu passent au privé. La Sécu a obligation de prendre en charge les 5-6% de la population qui n’auraient absolument pas les moyens de souscrire au coût réel de l’assurance et elle reçoit pour ce faire une subvention du budget général de l’Etat. La concurrence permet de contrôler que les coûts de gestion de chaque participant, privé ou public, sont optima.
Dois-je comprendre que vous me classez à gauche ?
Si tel est le cas, il devient impérieux que je communique d'avantage sur la dimension fondamentalement contre-révolutionnaire de ma pensée politique...
Ça doit faire 70 ans que ‘la gauche’, et 30 ans que ‘l’extrême gauche’, ne sont plus ‘révolutionnaires’. La première est au pouvoir sous des noms de marque différents dans tous les pays développés et la seconde est groupusculaire.
Le révolutionnaire aujourd’hui, celui qui bouleverse la société, déstabilise les hiérarchies et construit un monde nouveau, c’est l’homme d’affaires.
Le gauchiste, qui s’oppose à ce mouvement de l’Histoire, est bien le réactionnaire, ou contre-révolutionnaire, si vous préférez.
(J’ai déjà fait ce commentaire sur un autre fil : Depuis les Lumières jusqu’aux années 1960, « l’avant-garde » est composée des intellectuels et scientifiques et de la plupart des journalistes et des politiques. Elle tire la société vers l’avenir et combat la classe des « possédants », des « bourgeois », unanimement conservateurs, qui prédisent la chienlit si l’avant-garde triomphe. Etre de droite, selon la définition de l’époque, c’est avoir peur pour ce qui existe, peur de perdre son bien, son usine, sa positon de pouvoir, et être de gauche, c’est avoir peur de ce qui existe, des « cadences infernales », de la condition prolétarienne.
Aujourd’hui, « l’avant-garde », qui trace les chemins de l’avenir, est manifestement la classe capitaliste, et les réacs’, ceux qui ont peur pour leur statut, leurs prébendes, leurs « avantages acquis », et qui prédisent le chaos économique, écologique, politique, c’est bien la classe des intellos, quasiment tous de gauche. Ce renversement des fronts me paraît un trait de notre post-modernité.)
Etre de gauche et être contre-révolutionnaire, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.
Le fondamentaliste est celui qui souhaite donner une sanction légale à la transgression de tous les préceptes de la loi morale
Nous nous retrouvons entièrement d’accord sur ce point-là.
Christian