La loi de Moïse et la loi du Christ (incompréhension)

« Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures. » (Lc 24.45)
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ImanouEL Dan
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La loi de Moïse et la loi du Christ (incompréhension)

Message non lu par ImanouEL Dan »

Salutations royales au nom du Roi des rois , du Seigneur des seigneurs , et du lion conquérant de la tribu de Judah :
Jésus Christ , notre Sauveur.

La Bible dit que la loi est bonne , juste , sainte , et spirituelle.
Mais elle dit que nous ne pouvons êtres justifiés par les oeuvres de cette loi.
En effet , nous sommes sauvés par la foi vivante , de qui découlent naturellement des oeuvres vivantes.
Ainsi le bon arbre se reconnaît par ses fruits.

Néanmoins , mon esprit se tourmente par des questions sans réponses.

Je ne comprends pas comment une loi qui dit : " Ne vous souciez pas de la prospérité et du bien-être de vos ennemis " , peut être bonne , juste , sainte , et spirituelle.

Comment une loi qui dit : " Oeil pour oeil , dent pour dent , blessure pour blessure ... etc " peut être bonne , juste , sainte , et spirituelle.

En effet , voici les versets de l'épître de Paul aux romains , qui l'affirme :

" La loi donc est sainte , et le commandement est saint , juste et bon. " ( Romains 7 : 12 )

" Nous savons , en effet , que la loi est spirituelle ; mais moi , je suis charnel , vendu au péché. " ( Romains 7 : 14 )

Notre Seigneur venu dans la chair reprendra ces citations de la loi de Moïse , et dira :

Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain , et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains aussi n'agissent-ils pas de même ? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens aussi n'agissent-ils pas de même ? Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait.

Vous avez appris qu'il a été dit : oeil pour oeil, et dent pour dent. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre. Si quelqu'un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Si quelqu'un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui. Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi.

La loi de Moïse a été révélé par Dieu au Sinaï , elle est censée être l'expression de la juste volonté de Dieu pour les enfants de Jacob , et Dieu demande de pratiquer ces commandements. Dieu pousserait-il au péché ? Non. Donnerait-il une loi mauvaise ? Non.

Alors donc , pourquoi ces commandements de la loi si durs ? Et Pourquoi notre Seigneur invite-il à agir différemment ?

Merci de me répondre.
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Christophe
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Re: La loi de Moïse et la loi du Christ ( incomprehension )

Message non lu par Christophe »

Cher I-manouEL, lisez la réponse que donne Jésus-Christ lorsqu'il est interrogé sur la répudiation qu'autorise la loi mosaïque.

Bien à vous
Christophe
« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)
gerardh
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Re: La loi de Moïse et la loi du Christ ( incomprehension )

Message non lu par gerardh »

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Bonjour,

En effet la loi de Moïse est juste, sainte et bonne. Mais l'expérience montre que nul, sauf Jésus, n'a pu la respecter à 100 %. Or l'épître de Jacques nous rappelle que si l'on pèche sur un des points de la Loi, on est coupables sur tous. C'est la grande leçon de la Loi : elle nous montre que le péché en nous est excessivement pécheur, et qu'il ne faut pas compter être sauvé en s'efforçant de respecter la Loi, car on n'arrivera pas à la hauteur de la plénitude d'un Dieu parfait.

C'est pourquoi il nous a fallu autre chose de bien supérieur, à savoir le sacrifice sur la croix de Jésus, Fils de Dieu, qui a porté à notre place, dans son amour, la condamnation que nous aurions méritée de la part de Dieu à cause de nos péchés. Ainsi, le chrétien, né de nouveau, voit habiter en lui le Saint Esprit, qui lui aide, non seulement à respecter la Loi, mais à éviter de nombreux autres péchés que la Loi n'envisageait pas comme tels. Bien sur le chrétien est faillible, mais il est à l'abri des bras du Bon Berger, qui est pour lui, s'il a péché, un avocat auprès de Père (1 Jean 2)



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ti'hamo
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Re: La loi de Moïse et la loi du Christ ( incomprehension )

Message non lu par ti'hamo »

> Gerardh
Vous oubliez que Jésus a dit que certains points de la Loi n'existent que comme des concessions à cause de la dureté de cœur de ceux à qui elle s'adresse,
et que cette loi autorise voire prescrit des choses que par ailleurs vous condamnez.

(à moins que la lapidation et la répudiation soient un de vos passe-temps favoris)
(ou à moins, bien sûr, qu'on n'entende par "Loi" QUE les 10 commandements donnée à Moïse sur le mont Sinaï)
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]

Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.
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Re: La loi de Moïse et la loi du Christ ( incomprehension )

Message non lu par gerardh »

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ti'hamo,

Explicitez votre pensée, car il semble y avoir un malentendu sur les choses pour lesquelles par ailleurs nous sommes d'accord.


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Invité
Barbarus
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Re: La loi de Moïse et la loi du Christ ( incomprehension )

Message non lu par Invité »

quand on parle de loi, il faut se souvenir de ce qui soutient cette loi. D'abord il y a l'alliance entre Dieu et son Peupleet pour vivre de cette alliance il y a d'abord un enseignement. Le premier sens du mot Thora veut dire enseignement. Pour mettre en application cet enseignement il y a des Paroles à écouter, et à mettre en pratique. Et Pour les mettre en pratiques il y a certaines obligations à accomplir pour être sûr de vivre de l'alliance et ses obligations varient suivant le contexte de vie du peuple. Voila pourquoi à côté de la Thora écrites, il y a une Thora orale pour voir comment vivre une application juste de la Thora écrite et être en Alliance avec Dieu
Par exemple quand Jésus dit: vous savez qu'il a été dit ................et moi je vous dis il est comme un Rabbin qui développe la Thora orale pour la situation de son temps Le Talmud est plein de cas qomme cela

Quand Paul parle de loi, c'est à cela que Paul fait allusion et non à la loi-nomos- des grecs à laquelle nous sommes habitués à penser en premier
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le bereen
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Re: La loi de Moïse et la loi du Christ ( incomprehension )

Message non lu par le bereen »

Et si nous repartions sur les raisons d’être, d’abord de la loi mosaïque, et ensuite sur celle du Christ accomplissant la loi mosaïque , et ceci dans les lignes directrices pour ne pas se perdre dans des détails ….pour l’instant, nous y verrions plus clair.
Nous serons ensuite a même a comprendre ce qu’est une loi et la différence avec un principe .
J’apprécie l’approche de Gerardh car dégagé des chemins embourbés des rhétoriques humaines qui brouillent la visibilité du salut .
La Bible a un fil conducteur qui est brisé par des prêts- a- croire comme des prêts- a- porter
Comme Gerardh l’a décrit, la loi mosaïque était parfaite , car elle maintenait l’homme en dehors de tout péché, mais parfaitement irréalisable , ce qui permettait de montrer a l’humain indépendant et de surcroît héritier (par hérédité) du défaut d’indépendance spirituelle qui nous a tous entraînés dans l’état que nous connaissons , que nous avions besoin d’une « restauration » complète physique et spirituelle qui devait nous permettre de retrouver les liens primordiaux avec le Créateur .que j’aime appeler par son tétragramme :Yhvh.
Tih’amo, vous vous étonnez qu’une loi juste puisse incorporer la lapidation en contradiction avec la Nouvelle Alliance ? et bien c’est là que la compréhension est nécessaire pour ensuite comprendre la justice Yhvh.
Un meurtre était la suppression d’une vie qui n’appartenait pas a celui qui l’avait supprimée La loi la plus juste était de demander l’équivalence au tord provoqué .
Pareil dans le domaine spirituel de la loi : celui qui violait délibérément celle-ci faisait comme les nations aux alentours d’Israël et mérité la mort , car il ne différenciait pas d’eux , alors qu’il avait prit l’engagement de ne pas pratiquer les choses détestables qui salissaient la vraie nature d’Yhvh.
Les conditions de la perfection données a Adam étaient justement de rester fidèle a ces critères qui devaient l’y maintenir .La loi permettait de rendre manifeste les désir profonds du cœur et les mobiles , ainsi que l’extériorisations par des actes de ceux-ci.
Yhvh n’avait pas voulu cela au départ , mais c’était la solution pour montrer la nécessité, les dégâts que cet esprit d’orgueil ( l’indépendance vis-à-vis de son concepteur) avaient engendrés, mais Il avait prévu une restauration après avoir permis aux hommes de faire l’expérience de leur incapacité a redevenir par eux-mêmes parfaits .
D’où la Nouvelle alliance …..
Cordialités a vous tous
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ti'hamo
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Re: La loi de Moïse et la loi du Christ ( incomprehension )

Message non lu par ti'hamo »

Le meurtre ? Mais la lapidation, c'est pour les femmes adultères.

Moi, je retiens tout de même ce que, par exemple, Jésus disait de la répudiation : ceci fut permis "à cause de la dureté de votre cœur", ce qui signifierait que la loi, en elle-même, plutôt que "parfaite", est "celle qui convient le plus parfaitement à ces hommes et à ce temps" (donc une loi "parfaite" au vu du temps et des Hommes auxquels elle s'applique, mais pas "la loi parfaite" dans l'absolu) -
ce qui ne voudrait donc pas forcément dire qu'elle est elle-même parfaite, puisqu'elle peut justement s'acheminer vers un perfectionnement qui viendra avec le Christ.

Évidemment, on parle là, dans ce cas, de la loi "pratique", des préceptes, et non de LA loi, celle des 10 commandements.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
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le bereen
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Re: La loi de Moïse et la loi du Christ ( incomprehension )

Message non lu par le bereen »

"Moi, je retiens tout de même ce que, par exemple, Jésus disait de la répudiation : ceci fut permis "à cause de la dureté de votre cœur", ce qui signifierait que la loi, en elle-même, plutôt que "parfaite", est "celle qui convient le plus parfaitement à ces hommes et à ce temps" (donc une loi "parfaite" au vu du temps et des Hommes auxquels elle s'applique, mais pas "la loi parfaite" dans l'absolu) -ce qui ne voudrait donc pas forcément dire qu'elle est elle-même parfaite, puisqu'elle peut justement s'acheminer vers un perfectionnement qui viendra avec le Christ.Évidemment, on parle là, dans ce cas, de la loi "pratique", des préceptes, et non de LA loi, celle des 10 commandements."

Tih'amo , votre réflexion , pose un problème dans ce cas :
Jésus n'a pas admis une dérogation a la loi , puisqu'il explique pourquoi Moïse a assoupli celle-ci : a fin de soulager les femmes qui étaient répudiées" par excès .Il la rappelle la règle en Matt 19:8 . Et que sauf pour motif d'adultère ,le mariage est indissoluble -V. 9.
Secondement: La loi est déclarée parfaite , mais c'est l'homme qui étant imparfait , est incapable de la suivre , ce qui comme déjà dit , nécessité un sauveur .
Contre votre idée , il vous faut relire Ps. 19(18) 7 - Trad. Jérusalem: La loi de Yhvh est parfaite
Si vous la déclarez autrement que ce déclare Dieu lui-même ...
Cordialement
Le B.
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Re: La loi de Moïse et la loi du Christ ( incomprehension )

Message non lu par Virgile »

le bereen a écrit :Secondement: La loi est déclarée parfaite , mais c'est l'homme qui étant imparfait , est incapable de la suivre , ce qui comme déjà dit , nécessité un sauveur .
Contre votre idée , il vous faut relire Ps. 19(18) 7 - Trad. Jérusalem: La loi de Yhvh est parfaite
Si vous la déclarez autrement que ce déclare Dieu lui-même ...
Cordialement
Le B.
Bonjour,

la Loi de Moïse est sainte.
Romains, 7 :
- 12 -Ainsi donc la Loi est sainte, et le commandement est saint, juste et bon.
La Loi de Moïse est spirituelle.
Romains, 7 :
- 14 - Nous savons, en effet, que la Loi est spirituelle; mais moi, je suis charnel, vendu au péché.
La loi de Moïse est bonne.
Romains, 7:
- 16 - Or, si je fais ce que je ne voudrais pas, je reconnais par là que la Loi est bonne.
Dans la tradition de l'Eglise catholique, la Loi de Moïse n'est pas parfaite. A cause du péché qu'elle ne peut enlever, elle reste une loi de servitude.
Galates, 3:
- 21 - La Loi va-t-elle donc contre les promesses de Dieu? Loin de là ! S'il eût été donné une loi capable de procurer la vie, la justice viendrait réellement de la loi. - 22 - Mais l'Ecriture a tout enfermé sous le péché, afin que, par la foi en Jésus-Christ, ce qui avait été promis fût donné à ceux qui croient. - 23 - Avant que vînt la foi, nous étions enfermés sous la garde de la Loi, en vue de la foi qui devait être révélée. - 24 - Ainsi la Loi a été notre pédagogue pour nous conduire au Christ, afin que nous fussions justifiés par la foi.
Selon l'Apôtre saint Paul, elle a pour fonction de dénoncer et de manifester le péché qui forme une "loi de concupiscence" dans le cœur de l’homme.
Romains, 7:
- 14 - Nous savons, en effet, que la Loi est spirituelle; mais moi, je suis charnel, vendu au péché. - 15 - Car je ne sais pas ce que je fais : je ne fais pas ce que je veux, et je fais ce que je hais. - 16 - Or, si je fais ce que je ne voudrais pas, je reconnais par là que la Loi est bonne. - 17 - Mais alors ce n'est plus moi qui le fais, c'est le péché qui habite en moi. - 18 - Car je sais que le bien n'habite pas en moi, c'est-à-dire dans ma chair; le vouloir est à ma portée, mais non le pouvoir de l'accomplir. - 19 - Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. - 20 - Or, si je fais ce que je ne veux pas, ce n'est plus moi qui le fais, c'est le péché qui habite en moi. - 21 - Je trouve donc cette loi en moi : quand je veux faire le bien, le mal est près de moi. - 22 - Car je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l'homme intérieur; - 23 - mais je vois dans mes membres une autre loi qui lutte contre la loi de ma raison, et qui me rend captif de la loi du péché qui est dans mes membres. - 24 - Malheureux que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de mort? - 25 - Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ Notre-Seigneur ! Ainsi donc moi-même, par l'esprit, je suis l'esclave de la loi de Dieu, et par la chair l'esclave de la loi du péché.
Amicalement.
Virgile.
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Re: La loi de Moïse et la loi du Christ ( incomprehension )

Message non lu par etienne lorant »

Je vous tire encore mon chapeau, Virgile, pour cette explication lumineuse, cohérente, accessible à tous, appuyée (sans l'avoir détournée) par une épître de saint Paul ...

Merci ! :clap: :clap: :clap:
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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le bereen
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Re: La loi de Moïse et la loi du Christ ( incomprehension )

Message non lu par le bereen »

Bonsoir Virgile ,
Votre commentaire1: la Loi de Moïse est sainte. Romains 7 : - 12 -Ainsi donc la Loi est sainte, et le commandement est saint, juste et bon. Nous sommes d’accord sur ces point : elle est sainte , juste et bonne
Votre commentaire 3 : La Loi de Moïse est spirituelle. Romains, 7 :-14 - Nous savons, en effet, que la Loi est spirituelle; mais moi, je suis charnel, vendu au péché. La loi de Moïse est bonne. Là aussi nous sommes d’accord : elle est spirituelle et bonne .
Votre Commentaire 2: « Dans la tradition de l'Eglise catholique, la Loi de Moïse n'est pas parfaite. A cause du péché qu'elle ne peut enlever, elle reste une loi de servitude. »
Mise au point : La loi de Moïse était parfaite , car cette loi n’était une loi faite par Moïse ( sinon elle aurait pu être qu’imparfaite car humaine), mais loi de Yhvh transmise a Moïse ,et comme le disait la référence biblique mise en réf. Psaume 19(18) 8 : La loi de Yahvé est parfaite . Dieu est saint et parfait et tout ce qu’il fait l’est , sinon…..Yhvh peut créer l’imperfection ? Servitude , certes , car toujours devant les yeux des israélites pour leur rappeler cette imperfection qui les asservissait, comme nous aussi d’ailleurs , mais nous avons la nouvelle alliance .Ce n’est donc pas la loi qui asservissait , mais l’imperfection.
Votre commentaire 4 : « Dans la tradition de l'Eglise catholique, la Loi de Moïse n'est pas parfaite. A cause du péché qu'elle ne peut enlever, elle reste une loi de servitude. », et de citer Galates 3:21
Vous citez ce passage en disant que cela est la preuve que la loi n’était pas parfaite pour l’Eglise catholique.
Cette loi en effet montre notre degré d’ imperfection a atteindre pour retrouver nos liens perdus avec Yhvh par Adam qui lui la possédait , ne la rend pas imparfaite pour autant. Par exemple : ce n’est pas parce qu’aucun élève n’atteint la note 20 que le sujet est imparfait .Il marque l’imperfection de celui qui ne l’atteint pas ,et non l’imperfection de celui qui a écrit le sujet .
En poursuivant votre raisonnement : Parce qu’elle n’a pas permis d’enlever le péché de l’homme et de le mener a la perfection , donc elle est imparfaite. Mais ce n’était pas le but ! Relisez attentivement : elle était là justement , pour rendre manifeste au travers de sa perfection ( tous les critères qui , s’ils étaient remplis par l’homme , rendraient celui-ci parfait ) et donc bien rendait inutile le sacrifice de Christ . Et de conclure que même une loi parfaite ne pouvait empêcher le péché de régner dans ses membres. Seul le sacrifice de Christ le pouvait par une base qui permettait le pardon de cette faute .
Et c’est bien ce qu’expliquait Paul : la loi révélait son imperfection . La loi était le mètre –étalon de la perfection a atteindre au travers de cette loi.
Paul a écrit en Héb. 7 :19 : Car la loi n’a rien rendu parfait… mais Paul ,ici n’a jamais dit que la loi de ce fait était imparfaite , c’est nous qui manquons le but a atteindre en n’arrivant pas a satisfaire a la loi .C’est pour cela qu’il poursuit en disant : « et introduite a une espérance meilleure, par laquelle nous nous approchons de Dieu.. »
Jacques 1 :17 ajoute : tout don excellent, toute donation parfaite vient d’en haut et descend du Père des lumières chez qui il n’existe aucun changement .
Cordialement
Le béréen
Virgile
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Re: La loi de Moïse et la loi du Christ ( incomprehension )

Message non lu par Virgile »

Bonjour,

oui, tout cela est fort intéressant. Mais la Loi de Moïse n'est qu'une préparation à l'Evangile. Elle est imparfaite/
Lorsque je parle de la tradition de l'Eglise – sur un site catholique, c'est pour des raisons que vous voudrez bien comprendre, à défaut de les admettre...
La tradition de l'Eglise, s'il faut être plus précis, c'est en particulier ce nous explique Saint Irénée de Lyon au sujet de la Loi ancienne.
Vous pourrez lire ses réflexions, fort intéressantes, ici :
http://livres-mystiques.com/partieTEXTE ... ivre4.html
Un cours extrait :
[+] Texte masqué
«Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir»
Les préceptes naturels de la Loi — c'est-à-dire ceux par lesquels l'homme est justifié et qu'observaient, même avant le don de la Loi, ceux qui par leur foi étaient justifiés et plaisaient à Dieu —, ces préceptes-là, le Seigneur ne les a pas abolis, mais étendus et accomplis. C'est ce que prouvent ces paroles : « Il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas d'adultère. Mais moi, je vous dis : Quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis l'adultère avec elle dans son cœur. » Et encore : « Il a été dit : Tu ne tueras pas. Mais moi, je vous dis : Quiconque se met en colère contre son frère sans motif sera justiciable du jugement. » Et : « Il a été dit : Tu ne feras pas de faux serments. Mais moi, je vous dis de ne faire aucune sorte de serments. Que votre oui soit oui, et votre non, non ! » Et ainsi de suite. Tous ces préceptes n'impliquent ni la contradiction ni l'abolition des précédents, comme le vocifèrent les disciples de Marcion, mais leur accomplissement et leur extension. Comme le Seigneur le dit lui-même : « Si votre justice ne dépasse celle des scribes et des Pharisiens, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. » En quoi consistait-il, ce dépassement ? D'abord, à croire non plus seulement au Père, mais aussi à son Fils dorénavant manifesté, car c'est lui qui mène l'homme à la communion et à l'union avec Dieu. Ensuite, à ne pas dire seulement, mais à faire — car ils disaient et ne faisaient pas —, et à se garder non seulement des actes mauvais, mais même de leur désir. En enseignant cela, il ne contredisait pas la Loi, mais il accomplissait la Loi et enracinait en nous les prescriptions de la Loi. Contredire la Loi, c'eût été d'ordonner à ses disciples de faire quoi que ce fût que défendait la Loi. En revanche, leur prescrire l'abstention non seulement des actes défendus par la Loi, mais même de leur désir, ce n'était pas le fait de quelqu'un qui contredisait et abolissait la Loi, ainsi que nous l'avons déjà dit, mais de quelqu'un qui l'accomplissait et l'étendait.
Car la Loi, parce qu'établie pour des esclaves, éduquait l'âme par les choses extérieures et corporelles, en l'amenant comme par une chaîne à la docilité aux commandements, afin que l'homme apprît à obéir à Dieu. Mais le Verbe, après avoir libéré l'âme, enseigna à purifier aussi par elle le corps d'une manière volontaire. Cela étant, il fallut que fussent enlevées les chaînes de la servitude, auxquelles l'homme était désormais accoutumé, et qu'il suivît Dieu sans chaînes, mais qu'en même temps fussent étendus les préceptes de la liberté et que fût accrue la soumission à l'égard du Roi, afin que nul, en revenant en arrière, ne se montrât indigne de son Libérateur : car, si la piété et l'obéissance à l'égard du Maître de maison sont les mêmes chez les esclaves et chez les hommes libres, ces derniers n'en ont pas moins une assurance plus pleine, parce que le service de la liberté est plus considérable et plus glorieux que la docilité de la servitude.
C'est pourquoi le Seigneur nous a donné pour mot d'ordre, au lieu de ne pas commettre d'adultère, de ne pas même convoiter; au lieu de ne pas tuer, de ne pas même nous mettre en colère ; au lieu de payer simplement la dîme, de distribuer tous nos biens aux pauvres ; d'aimer non seulement nos proches, mais aussi nos ennemis ; de ne pas seulement être «généreux et prompts à partager », mais encore de donner gracieusement nos biens à ceux qui nous les prennent : « A qui prend ta tunique, dit-il, abandonne aussi ton manteau ; à qui prend ton bien, ne réclame pas ; et ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux» : de la sorte, nous ne nous attristerons pas comme des gens qu'on aurait dépossédés contre leur gré, mais nous nous réjouirons au contraire comme des gens qui auraient donné de bon cœur, puisque nous ferons un don gratuit au prochain plus que nous ne céderons à la nécessité. « Et si quelqu'un, dit-il, te contraint à faire un mille, fais-en avec lui deux autres », afin de ne pas le suivre comme un esclave, mais de le précéder comme un homme libre, te rendant en toutes choses utile à ton prochain, ne considérant pas sa méchanceté, mais mettant le comble à ta bonté et te configurant au Père « qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons et pleuvoir sur les justes et sur les injustes». Tout cela, nous l'avons dit plus haut, n'était pas le fait de quelqu'un qui abolissait la Loi, mais de quelqu'un qui l'accomplissait et l'étendait chez nous. Autant dire qu'est plus considérable le service de la liberté et qu'une soumission et une piété plus profondes ont été implantées en nous à l'égard de notre Libérateur. Car celui-ci ne nous a pas libérés pour que nous nous détachions de lui — nul ne peut, placé hors des biens du Seigneur, se procurer la nourriture du salut —, mais pour que, ayant reçu plus abondamment sa grâce, nous l'en aimions davantage et que, l'ayant aimé davantage, nous recevions de lui une gloire d'autant plus grande quand nous serons pour toujours en présence du Père.
«Je ne vous appelle plus esclaves, mais je vous ai appelés amis » Ainsi donc, tous les préceptes naturels sont communs à nous et à eux, ayant eu chez eux leur commencement et leur origine et ayant reçu chez nous leur accroissement et leur extension : car obéir à Dieu, suivre son Verbe, l'aimer par-dessus tout et aimer son prochain comme soi-même — et c'est l'homme qui est le prochain de l'homme —, s'abstenir de tout acte mauvais, et ainsi de suite, tout cela est commun aux uns et aux autres. Par là, ces préceptes naturels manifestent un seul et même Seigneur. Et celui-ci n'est autre que notre Seigneur, le Verbe de Dieu, qui a d'abord engagé les hommes dans une servitude à l'égard de Dieu et qui a ensuite libéré ceux qui lui étaient soumis. Comme il le dit lui-même à ses disciples : «Je ne vous appelle plus esclaves, car l'esclave ne sait pas ce que fait son Seigneur ; mais je vous ai appelés amis, parce que tout ce que j'ai appris du Père, je vous l'ai fait connaître. » En disant : «Je ne vous appelle plus esclaves », il indique très clairement que c'est lui qui a d'abord imposé aux hommes, par la Loi, une servitude à l'égard de Dieu, et qui leur a ensuite donné la liberté. En disant : « Car l'esclave ne sait pas ce que fait son Seigneur », il souligne l'ignorance du peuple esclave relativement à sa venue. Enfin, en faisant de ses disciples les amis de Dieu, il montre clairement qu'il est le Verbe : car c'est pour l'avoir suivi spontanément et sans chaînes, dans la générosité de sa foi, qu'Abraham était devenu l'« ami de Dieu ».
Autant aller lire le texte entier. Pour Saint Irénée, la Loi est prophétie et pédagogie des réalités à venir. Elle prophétise l'oeuvre de la libération du péché qui s'accomplira avec le Christ.
La tradition catholique, c'est aussi saint Thomas d’Aquin, lorsqu'il décrit, dans la Somme de Théologie, Prima-Secundae, à la question 107, le rapport de Loi ancienne avec la Loi nouvelle. Je donne ici le texte entier, disponible aussi en français sur le site suivant: http://docteurangelique.free.fr/
[+] Texte masqué
QUESTION 107: LES RAPPORTS DE LA LOI NOUVELLE AVEC LA LOI ANCIENNE
1. La loi nouvelle diffère-t-elle de la loi ancienne?- 2. En réalise-t-elle l'accomplissement? - 3. Y est-elle contenue? - 4. Laquelle est la plus pesante: la loi nouvelle ou la loi ancienne?

ARTICLE 1: La loi nouvelle diffère-t-elle de la loi ancienne?

Objections:
1. L'une et l'autre loi est accordée à ceux qui ont foi en Dieu, car "sans la foi il est impossible de plaire à Dieu" (He 11, 6). Or, nous lisons dans la Glose (sur Mt 21, 9) que la foi d'aujourd'hui est identique à celle d'autrefois. Il y a donc aussi identité de loi.
2. S. Augustin a résume "en deux mots la différence entre la loi et l'Évangile: crainte et amour". Or il n'y a pas là de quoi distinguer loi nouvelle et loi ancienne, parce que celle-ci comportait également des préceptes de charité: "Tu aimeras ton prochain" (Lv 19, 18) et: "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu" (Dt 6, 5); - On ne peut davantage retenir cette autre différence signalée par S. Augustin: "L'ancienne alliance comportait des promesses temporelles, et la nouvelle contient des promesses spirituelles et éternelles." En réalité, même dans le Nouveau Testament, il y a des promesses temporelles, par exemple: "Vous recevrez le centuple en ce monde, maisons, frères, etc." (Mc 10, 30); et l'Ancien Testament faisait espérer des promesses spirituelles et éternelles, puisque l'épître aux Hébreux (11, 16) dit des Pères de l'ancien temps: "C'est à une patrie meilleure qu'ils aspirent, à la patrie céleste." Ainsi, la loi nouvelle ne paraît pas différente de la loi ancienne.
3. L'Apôtre a l'air de suggérer une différence entre ces deux lois lorsqu'il appelle l'ancienne la loi des oeuvres, et la nouvelle la loi de la foi (Rm 3, 27). Mais la première aussi fut une loi de la foi: "Leur foi à tous fut louée", dit l'épître aux Hébreux (11, 39), évoquant les Pères de l'ancienne loi. Et à son tour la loi nouvelle est aussi une loi des oeuvres: "Faites du bien à ceux qui vous haïssent" (Mt 5, 44) et: "Faites cela en mémoire de moi" (Lc 22, 19). Ainsi la loi nouvelle n'est pas différente de l'ancienne.
Cependant:
l'Apôtre écrit aux Hébreux (7, 12): "Un changement de sacerdoce entraîne nécessairement un changement de loi." Comme il démontre au même endroit qu'entre l'Ancien et le Nouveau Testament il y a eu changement de sacerdoce, il s'ensuit que la loi aussi a changé.
Conclusion:
Toute loi, avons-nous dit précédemment, ordonne la conduite humaine en vue d'une fin déterminée. Or, ce qui est ordonné à une fin peut, du point de vue de la fin, se diversifier de deux manières. Ou bien cela se réfère à des fins différentes: il s'agit alors d'une diversité spécifique, surtout s'il s'agit d'une fin prochaine. Ou bien certains actes se réfèrent de près, les autres de loin, à une fin donnée. Il saute aux yeux par exemple que des mouvements ordonnés à des termes différents diffèrent spécifiquement, tandis que deux phases d'un même mouvement, dont l'une est plus proche du terme que l'autre, mettent dans ce mouvement une différence qui tient à un degré imparfait de perfection.
De là vient qu'entre deux lois une double distinction est concevable. Ou bien elles sont absolument différentes, comme relevant de fins différentes; ainsi dans la cité il y aurait une différence spécifique entre le système législatif assurant la souveraineté du peuple, et celui qui donnerait la prépondérance à l'aristocratie urbaine. - Ou bien deux législations peuvent différer en ce que les dispositions de l'une sont en relation plus étroite avec la fin, celles de l'autre en rapport plus lointain. On admet par exemple que, sous un seul et même régime politique, autre est la législation imposée aux hommes faits, dès maintenant capables de satisfaire aux exigences du bien public, autre la législation qui règle l'éducation des enfants, ceux-ci devant être préparés à l'accomplissement de leurs tâches viriles.
Donc, du premier point de vue, la loi nouvelle ne diffère pas de la loi ancienne, car toutes deux n'ont qu'une fin, la soumission des hommes à Dieu, et ce Dieu est unique, celui de la nouvelle et de l'ancienne alliance: "Unique est le Dieu qui justifie le circoncis à raison de sa foi, et l'incirconcis par le moyen de sa foi" (Rm 3, 30). - Du second point de vue, la loi nouvelle diffère de l'ancienne, car celle-ci est comparable au pédagogue, selon l'expression de S. Paul (Ga 3, 24) tandis que la loi nouvelle est une loi de perfection, étant celle de la charité, que l'Apôtre appelle le "lien de la perfection" (Col 3, 14).
Solutions:
1. Si la foi des deux alliances est identique, c'est que leur fin est unique; car nous avons vu que l'objet des vertus théologales, au nombre desquelles se trouve la foi, est la fin ultime. N'empêche que la foi n'avait pas sous la loi ancienne le même régime que sous la loi nouvelle: ce qui était à venir pour la foi d'alors est chose faite pour la nôtre.
2. Toutes les différences qu'on signale entre la loi nouvelle et l'ancienne se ramènent à une inégalité de perfection. Les préceptes légaux, en effet, portent toujours sur des actes vertueux. Or l'inclination à exercer ces actes n'est pas la même chez les imparfaits, qui ne sont pas encore en possession de la vertu, et chez ceux que la possession de la vertu rend parfaits. Ce qui pousse les premiers aux oeuvres de vertu, c'est un certain motif extrinsèque, comme la menace du châtiment ou la promesse de quelque récompense extérieure, de caractère honorifique, pécuniaire, etc. Aussi la loi ancienne, s'adressant à des hommes qui n'avaient pas encore reçu la grâce spirituelle, méritait le nom de "loi de crainte" en tant qu'elle incitait à l'observation des préceptes par la menace de peines déterminées. Et elle comportait des promesses que l'on qualifie de temporelles.
Au contraire, ceux qui possèdent la vertu, c'est par amour de la vertu qu'ils inclinent à en faire les actes, et non à cause d'une pénalité ou récompense extrinsèque. C'est pourquoi, à propos de la loi nouvelle qui pour l'essentiel consiste justement dans la grâce spirituelle imprimée dans les coeurs, on parle de "loi d'amour". Elle comporte, dit-on encore, des promesses spirituelles et éternelles: ce sont les objets de la vertu, et d'abord de la charité; en sorte que les vertueux y vont par une inclination intérieure, comme vers des biens qui ne leur sont pas étrangers et qui leur reviennent en propre. - Pour la même raison, la loi ancienne est appelée un frein pour la main, non pour le coeur: en effet, s'abstenir du péché par crainte du châtiment, ce n'est pas en détourner absolument son vouloir, comme lorsqu'on s'abstient du péché par amour de la justice; tandis que la loi nouvelle, étant une loi d'amour, est bien un frein pour le coeur.
Il y eut toutefois, sous le régime de l'ancienne alliance, des gens qui possédaient la charité et la grâce de l'Esprit Saint et aspiraient avant tout aux promesses spirituelles et éternelles, en quoi ils se rattachaient à la loi nouvelle. Inversement, il existe sous la nouvelle alliance des hommes charnels, encore éloignés de la perfection de la loi nouvelle: pour les inciter aux oeuvres vertueuses, la crainte du châtiment et certaines promesses temporelles ont été nécessaires, jusque sous la nouvelle alliance. En tout cas, même si la loi ancienne prescrivait la charité, elle ne donnait pas l'Esprit Saint, par qui "la charité est répandue dans nos coeurs" (Rm 5, 5).
3. Nous l'avons dit, la loi de la grâce est la loi de la foi, en tant que pour l'essentiel elle consiste précisément dans le don intérieur de la grâce accordé à ceux qui croient; de là vient qu'on l'appelle "grâce de la foi". Secondairement elle comporte aussi certaines réalisations dans l'ordre des moeurs et des sacrements, mais ce n'est pas en cela que consiste principalement la loi nouvelle, à la différence de l'ancienne. Du reste, sous l'ancienne alliance, ceux qui furent agréables à Dieu à cause de leur foi appartenaient par le fait même à la nouvelle: seule en effet la foi au Christ, fondateur de la nouvelle alliance, les rendait justes. C'est pourquoi ü est écrit de Moïse que "l'approche du Christ lui parut être une richesse plus précieuse que les trésors de l'Égypte" (He 11, 26).

ARTICLE 2: La loi nouvelle réalise-t-elle l'accomplissement de l'ancienne loi?

Objections:
1. Parfaire une chose n'est pas la défaire. Or la loi nouvelle défait, ou exclut les observances de la loi ancienne: "Si vous vous faites circoncire, dit l'Apôtre, le Christ ne vous sera d'aucune utilité" (Ga 1, 2). La loi nouvelle n'est donc pas l'accomplissement de l'ancienne.
2. Rien n'est accompli par son contraire. Or le Seigneur a introduit dans la loi nouvelle des préceptes contraires à ceux de la loi ancienne "Vous avez entendu qu'il a été dit aux anciens "Quiconque renvoie sa femme, qu'il lui donne un acte de répudiation", mais moi je vous dis: "Quiconque renvoie sa femme l'expose à l'adultère"" (Mt 31, 32). La suite du passage révèle la même opposition touchant la prohibition du serment, la prohibition du talion et la haine des ennemis. De même il ressort de Mt (15, 11) que le Seigneur a rejeté les prescriptions de la loi ancienne sur la distinction des aliments: "Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui rend l’homme impur." Donc la loi nouvelle ne porte pas l'ancienne à sa perfection.
3. Enfreindre la loi, comme l'a fait le Christ sur certains points, ce n'est pas l'accomplir. Il a touché le lépreux, au mépris de la loi (Mt 8, 3). Il semble avoir plusieurs fois violé le sabbat, au point que les juifs disaient de lui; "Cet homme n'est pas de Dieu, lui qui n'observe pas le sabbat" (Jn 9, 16). Le Christ n'a donc pas accompli la loi, et la loi nouvelle, qu'il a instaurée, n'est pas venue accomplir l'ancienne.
4. On sait que la loi ancienne comportait des préceptes moraux, des préceptes cérémoniels et des préceptes judiciaires. S'il ressort de Mt (5) que le Seigneur a sur certains points accompli la loi, on n'y trouve d'allusion ni aux préceptes judiciaires ni aux préceptes cérémoniels. Il s'ensuit que la loi nouvelle ne réalise pas intégralement l'accomplissement de l'ancienne.
Cependant:
on se heurte à l'affirmation du Seigneur: "Je ne suis pas venu abolir la loi mais l'accomplir... Pas un iota, pas un trait de la loi ne passera que tout ne soit arrivé" (Mt 5, 17-18).
Conclusion:
On vient de voir que loi nouvelle et loi ancienne sont dans le rapport du parfait à l'imparfait; or ce qui est parfait réalise en plénitude ce qui manque à l'imparfait; c'est ainsi que la loi nouvelle accomplit la loi ancienne en tant qu'elle supplée à ce qui manquait à celle-ci.
On peut d'ailleurs, dans la loi ancienne, considérer deux points: la fin qu'elle poursuivait, et les préceptes qu'elle contenait. Toute loi, avons-nous dit, a pour fin de rendre les hommes justes et vertueux; aussi la fin de la loi ancienne était-elle la justification de l’homme. Or cette fin, la loi ne pouvait la réaliser, mais elle la figurait par certains actes cérémoniels, et elle la promettait par ses paroles. Sous ce rapport, la loi nouvelle accomplit la loi ancienne en justifiant l’homme par la vertu de la passion du Christ: "Ce que la loi ne pouvait faire, écrit S. Paul, Dieu l'a fait: en envoyant son Fils dans une chair semblable à la chair du péché, il a condamné le péché dans la chair, pour que fût complète en nous la justice de la loi" (Rm 8, 3-4).
A ce titre, la loi nouvelle procure ce que la loi ancienne promettait: "Toutes les promesses de Dieu ont trouvé leur oui en lui" (2 Co 1, 20); en lui, c'est-à-dire dans le Christ. - Et à ce titre encore, elle réalise ce que la loi ancienne figurait. Ainsi, selon l'Apôtre, les cérémonies étaient "l'ombre des choses à venir, mais le corps (entendez la réalité) appartient au Christ" (Col 2, 17). C'est pourquoi on désigne la loi nouvelle comme étant celle de la réalité, tandis que la loi ancienne est celle de l'ombre ou de la figure.
Mais le Christ a porté aussi à leur plein accomplissement les préceptes de la loi ancienne, tant par ses actes que par ses enseignements. Par ses actes, en acceptant de se faire circoncire et d'observer toutes les prescriptions légales qui s'imposaient alors, car il était "né sous la loi" (Ga 4, 4). - Par ses enseignements il a apporté un triple perfectionnement aux pr ère le vrai sens de la loi, comme on le constate à propos de la prohibition de l'homicide et de l'adultère, où les scribes et les pharisiens ne voyaient que l'interdiction des actes extérieurs; mais le Seigneur, menant la loi à sa perfection, a déclaré que ses prohibitions s'étendaient jusqu'aux péchés intérieurs. - En second lieu, le Seigneur a perfectionné les préceptes légaux par des dispositions propres à mieux assurer l'observation des anciennes prescriptions légales. Ainsi la loi ancienne avait établi l'interdiction du parjure, ce qu'on est plus sûr d'observer si l'on s'abstient généralement de jurer, sauf le cas de nécessité (Mt 5, 33). - Enfin le Seigneur a perfectionné les préceptes de la loi en leur adjoignant certains conseils de perfection, comme il ressort de cet épisode où, entendant quelqu'un déclarer qu'il avait pratiqué les commandements de la loi ancienne, le Seigneur lui dit: "Tu n'as plus qu'une chose à faire. Si tu veux être parfait, va et vends tout ce que tu possèdes, etc." (Mt 19, 21).
Solutions:
1. Si la loi nouvelle exclut l'observation de la loi ancienne, c'est seulement, nous l'avons dit, en matière de cérémonies. Mais celles-ci se présentaient comme des figures de l'avenir. Aussi, une fois accomplis les préceptes cérémonials par la réalisation de ce qu'ils figuraient, il n'y a plus lieu de les observer; ou bien quelque chose serait signifié encore comme futur et non advenu. Ainsi la promesse d'un don à faire ne tient plus une fois qu'elle a trouvé son accomplissement dans la réalisation du don. Il en va de même pour les cérémonies de la loi qui sont abolies du moment qu'elles sont réalisées.
2. Selon S. Augustin, il n'y a aucune contradiction entre ces préceptes du Seigneur et ceux de la loi ancienne: "Quand le Seigneur interdit le renvoi de la femme, il ne s'oppose pas aux dispositions de la loi. Car celle-ci ne dit pas que l'on peut à son gré renvoyer sa femme, et c'est à cela que s'opposerait l'interdiction du renvoi. Évidemment le législateur ne tenait pas à ce que le mari renvoyât sa femme, puisqu'il visait à retarder, à briser son élan précipité par l'exigence d'un acte écrit, et à le faire revenir sur son intention de divorce." "Et ainsi, dit ailleurs S. Augustin, pour confirmer cette règle de ne pas renvoyer sa femme à la légère, seule l'exception de fornication a été admise par le Seigneur." Touchant la prohibition du serment, nous venons d'exposer une solution analogue. - Et il en va de même pour la prohibition du talion: cette loi fixait une borne à la vengeance afin qu'on ne s'y livrât pas avec excès; inconvénient que le Seigneur a encore plus parfaitement exclu par son avertissement de renoncer absolument à la vengeance. - Quant à la haine des ennemis, il a écarté l'interprétation erronée des pharisiens en nous avertissant de haïr non la personne, mais le péché. - Reste la distinction des aliments: le Seigneur, sans abroger dès lors cette observance cérémonielle, montra que nul aliment n'était impur par sa nature, mais seulement à cause de ce qu'il figurait, nous l'avons dit plus haut.
3. Le contact des lépreux était légalement prohibé parce que, comme le contact des cadavres, il faisait encourir une souillure par manière d'irrégularité, nous l'avons dit. Mais le Seigneur, qui purifiait le lépreux ne pouvait encourir cette impureté. - Il n'a pas non plus réellement violé le sabbat par les actes qu'il a accomplis ce jour-là, et il en fournit lui-même dans l'Évangile plusieurs raisons: d'abord, s'il opérait des miracles, c'était par la vertu divine qui est toujours à l’oeuvre (Jn 5, 17); et puis, il agissait pour sauver les hommes, alors que les pharisiens, eux, le jour du sabbat, faisaient le nécessaire pour sauver même les bêtes (Mt 12, 11); enfin, quand les disciples arrachèrent des épis le jour du sabbat, il a invoqué à leur excuse la nécessité (v. 3). Mais on pouvait parler de violation, selon l'interprétation abusive des pharisiens, qui estimaient qu'on devait, le jour du sabbat, s'abstenir même des activités de sauvetage, contrairement à l'intention de la loi.
4. Le texte de Mt (5) omet les préceptes cérémoniels de la loi, parce que leur réalisation (au sens qu'on vient d'expliquer, sol. 1) implique qu'on cesse absolument de les observer. - Parmi les préceptes judiciaires, le Seigneur a fait mention du talion, ce qu'il en dit devant s'appliquer à tous les autres. Or il enseigne à ce propos que l'intention de la loi n'est pas qu'on requière l'application de cette peine pour assouvir un désir de vengeance. En effet, lui-même exclut pareil désir lorsqu'il avertit que l'on doit être disposé à subir encore un surcroît d'injustice, mais uniquement par amour pour la justice; or cela subsiste toujours dans la loi nouvelle.

ARTICLE 3: La loi nouvelle est-elle contenue dans l'ancienne?

Objections:
1. La loi nouvelle consiste avant tout dans la foi, si bien que S. Paul l'appelle "la loi de la foi" (Rm 3, 27), et elle nous invite à croire bien des choses qui ne figurent pas dans la loi ancienne. C'est donc qu'elle n'est pas contenue dans celle-ci.
2. Il existe sur ce passage: "Celui qui aura enfreint l'un de ces plus petits commandements" (Mt 5, 19) une glose de S. Augustin qualifiant de plus petits, les préceptes de la loi, et de plus grands ceux de l’Évangile. Le plus grand ne pouvant être contenu dans le plus petit, la loi nouvelle ne peut être contenue dans l'ancienne.
3. Qui possède le contenant possède le contenu. Si la loi nouvelle était contenue dans l'ancienne, le don de celle-ci impliquerait le don de celle-là et par conséquent, une fois reçue la loi ancienne, il eût été inutile de recevoir encore la loi nouvelle. Donc celle-ci n'est pas contenue dans celle-là.
Cependant:
S. Grégoire interprétant le verset d'Ézéchiel (1, 16): "La roue était dans la roue", en donne cette explication: "Le Nouveau Testament était dans l'Ancien."
Conclusion:
Une chose peut être contenue dans une autre de façon actuelle, comme un objet dans le lieu où il est placé; ou de façon virtuelle, comme l'effet est contenu dans la cause ou l’oeuvre achevée dans son ébauche; en ce dernier sens, le genre contient en puissance les espèces, et l'arbre tout entier est contenu dans la graine. Et c'est ainsi que la loi nouvelle est contenue dans l'ancienne, puisque nous avons dit qu'elle est, par rapport à celle-ci, comme le parfait est à l'imparfait. On attribue à S. jean Chrysostome, à propos de ce verset évangélique: "De son propre mouvement la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, puis du grain plein l'épi" (Mc 4, 28), une glose ainsi conçue: "L'herbe est produite d'abord, dans la loi naturelle . puis vient l'épi, dans la loi de Moïse; et enfin le grain solide dans l'évangile." Ainsi donc, la loi nouvelle est dans l'ancienne comme le grain est dans l'épi.
Solutions:
1. Tout ce que le Nouveau Testament propose à notre croyance d'une manière explicite et manifeste se trouve dans l'Ancien sous l'enveloppe de figures. Ainsi, de même que pour les vérités à croire, la loi nouvelle est contenue dans l'ancienne.
2. Nous disons que les préceptes de la loi nouvelle sont plus grands que ceux de la loi ancienne, du fait qu'ils sont clairement explicités. Mais les préceptes du Nouveau Testament sont tous présents en substance dans l'Ancien. S. Augustin en fait la remarque: "A peu près tous les avertissements ou commandements que fit le Seigneur sous cette clause: "Et mois je vous dis" se retrouvent dans les livres anciens." "Mais, puisqu'on ne considérait comme homicide que la destruction d'un corps humain, le Seigneur fit voir que toute injustice tendant à léser un frère se ramène à une sorte d'homicide." Compte tenu de ces développements, on admet que les préceptes de la loi nouvelle dépassent ceux de la loi ancienne. D'ailleurs rien n'empêche que le plus grand soit contenu virtuellement dans le plus petit, comme l'arbre dans la graine.
3. Ce qui a été reçu implicitement demande à être explicité. C'est pourquoi, après l'institution de la loi ancienne, il fallut encore donner la loi nouvelle.

ARTICLE 4: Laquelle est la plus pesante: la loi nouvelle ou la loi ancienne?

Objections:
1. S. Jean Chrysostome dit, à propos des "moindres commandements" mentionnés par S. Matthieu (5, 19): "Les commandements de Moïse sont d'exécution facile: "Tu ne tueras point, tu ne commettras pas d'adultère." Mais les commandements du Christ: "Ne te mets pas en colère, ne convoite pas", sont difficiles à observer." Le fardeau de la loi nouvelle est donc plus lourd que celui de la loi ancienne.
2. Il est plus facile de jouir des prospérités terrestres que de supporter le malheur. Or sous l'ancienne alliance l'observation de la loi avait pour conséquence la prospérité temporelle (Dt 28, 1-14). Au contraire, ceux qui observent la loi nouvelle subissent mille adversités, selon S. Paul (2 Co 6, 4): "Nous nous présentons comme serviteurs de Dieu, dans une grande patience, dans les épreuves, les nécessités, les angoisses, etc." La loi nouvelle est donc plus pénible que l'ancienne.
3. Quand on ajoute à un fardeau, il est évidemment plus lourd. Or la loi nouvelle ajoute à l'ancienne: à l'interdiction du parjure, elle ajoute celle du serment; la loi ancienne prohibait la répudiation de la femme à moins d'un acte écrit, la loi nouvelle dans tous les cas. C'est du moins ainsi que S. Augustin comprend le texte de Matthieu (5, 31). La loi nouvelle est donc plus pesante que l'ancienne.
Cependant:
il y a cette parole de Jésus "Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et qui peinez sous le fardeau" (Mt 11, 23), commentée en ces termes par S. Hilaire: "Le Christ appelle à lui ceux qui sont fatigués par la difficulté de la loi et qui portent le fardeau des péchés du monde." Et la suite concerne le joug de l'Évangile: "Car mon joug est doux et mon fardeau léger" (Mt 11, 30). La loi nouvelle est donc plus légère que l'ancienne.
Conclusion:
Dans les oeuvres vertueuses qui font l'objet des préceptes de la loi, on peut rencontrer une double difficulté. Il y a la difficulté inhérente aux actes extérieurs qui par eux-mêmes ont quelque chose d'ardu et de pénible. A cet égard la loi ancienne est bien plus pesante que la nouvelle, car dans la multiplicité de ses rites elle obligeait à beaucoup plus d'actes extérieurs que la loi nouvelle. Celle-ci, telle que le Christ et les Apôtres l'ont enseignée, n'a presque rien ajouté, en fait de préceptes, à ceux de la loi naturelle. Il est vrai qu'ultérieurement survinrent quelques préceptes d'institution ecclésiastique; mais pour ceux-ci S. Augustin recommande également la modération, de peur que la vie des fidèles en devienne pénible. A l'une des questions de Januarius, il répond ainsi: "Alors que la miséricorde de Dieu a voulu que notre religion fût libre, se contentant de célébrer un petit nombre de mystères qu'il est tout à fait impossible d'ignorer, il y a des gens qui l'accablent de fardeaux asservissants, au point qu'on jugera la condition des Juifs plus supportables, vu qu'ils se soumettent, eux, aux rites de la loi, et non aux surenchères des hommes."
Mais les actes intérieurs, quand il s'agit d'activité vertueuse, offrent une autre sorte de difficulté: par exemple, celle de réaliser l’oeuvre vertueuse avec promptitude et plaisir. En cela réside la difficulté de la vertu: ce qui est très difficile à qui ne possède pas la vertu, devient cependant facile grâce à elle. Or, à cet égard, la loi nouvelle, qui condamne les désordres intérieurs de l'âme, est plus exigeante en ses préceptes que la loi ancienne; celle-ci ne les interdisait pas expressément en tous les cas; et si parfois elle le faisait, l'interdiction n'était pas assortie d'une sanction pénale. Mais cette difficulté extrême concerne celui qui ne possède pas la vertu: "Faire les actes que fait le juste, pour Aristote, est chose aisée; mais les faire de la même manière que le juste, c'est-à-dire avec plaisir et promptitude, c'est difficile pour qui ne possède pas la justice." Il est écrit encore: "Ses commandements ne sont pas difficiles" (1 Jn 5, 3), sur quoi S. Augustin remarque: "Pas difficiles si l'on aime, mais difficiles si l'on n'aime pas."
Solutions:
1. Le texte allégué montre clairement où réside la difficulté de la loi nouvelle: c'est qu'elle réprime sans équivoque les dérèglements intérieurs.
2. Les adversités dont pâtissent ceux qui observent la loi nouvelle ne sont pas infligées par la loi elle-même. Au surplus elles sont légères à porter, grâce à l'amour en quoi précisément cette loi consiste; S. Augustin le dit: "Il n'est rien de dur et de rigoureux que l'amour ne rende aisé et comme négligeable."
3. Dans l'esprit de S. Augustin, ces additions faites aux préceptes de la loi ancienne étaient destinées à rendre les prescriptions de cette loi plus faciles à observer. Elles ne prouvent donc pas que la loi nouvelle serait plus pesante, mais plutôt qu'elle est plus facile.
Toutes les différences qu'on signale entre la loi nouvelle et l'ancienne se ramènent à une inégalité de perfection.
La Loi ancienne, en effet, est imparfaite.

Amicalement.
Virgile.
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le bereen
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Re: La loi de Moïse et la loi du Christ ( incomprehension )

Message non lu par le bereen »

Cher Vigile ,
je crois qu'il est bien inutile de poursuivre , car en réponse vous me donner un commentaire d'un homme qui n'était pas un spectateur directe et participant au moment du passage de l'Anciene Alliance a la Nouvelle comme nous le sommes nous aussi aujourd'hui .Alors que les Ecritures comme nous l'avons vu , sont claires sur ce sujet en elle même.
Dieu est parfait , ses lois sont parfaites . La loi mosaïque aussi .

J'insiste en conclusion:
la loi n'était pas faite pour libérer du péché .
La nouvelle alliance elle a cette fonction.On ne peut donc les opposer et en déduire que l'une est plus parfaite .
Maintenant j'aimerai que vous me disiez , et sur quels passages des Ecritures, vous pensez que Dieu a fait une loi imparfaite .Comment Dieu peut-il faire une loi imparfaite ?
Si vous me disiez incomplète , se serait déjà plus proche et n'offenserait pas la capacité de Dieu, mais ce n'est pas le cas non plus : Deux lois avec chacune un but différent , parfaite chacune .
Dans l'attente de vous lire
Le béréen
Virgile
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Re: La loi de Moïse et la loi du Christ ( incomprehension )

Message non lu par Virgile »

le bereen a écrit :Dieu est parfait , ses lois sont parfaites . La loi mosaïque aussi .
Si vous me disiez incomplète , se serait déjà plus proche et n'offenserait pas la capacité de Dieu, mais ce n'est pas le cas non plus : Deux lois avec chacune un but différent , parfaite chacune .
Dans l'attente de vous lire
Le béréen
Cher Le Béréen,

il se trouve que je ne vais pas disposer du temps qu'il faudrait pour répondre longuement aujourd'hui. Je ne disposais pas de beaucoup de temps hier, et je conçois que mes "collages" de textes sont un peu secs.
Dans la tradition - et je signale à propos de cette référence à la tradition de l'Eglise, que nous sommes bien sur un forum catholique, nous trouvons aussi chez saint Jean Chrysostome (Homélie XIII, 5), au sujet de la loi:
Et ce qu'il fait toujours, en passant du Fils à l'Esprit, de l'Esprit au Fils et au Père, et en attribuant tout ce que nous avons à la Trinité, il le fait encore ici. Car, après avoir dit : « Qui me délivrera de ce corps de mort ? » il a montré que c'est le Père, par le Fils, puis l'Esprit-Saint avec le Fils: « Car », dit-il, «la loi de l'Esprit de vie qui est dans le Christ Jésus, m'a affranchi »; puis le Père et le Fils: « Car », dit-il encore, « ce qui était impossible à la loi, parce qu'elle était affaiblie par la chair, Dieu, envoyant son Fils dans une chair semblable à celle du péché, a condamné le péché dans la chair à cause du péché même (Rm 8,3) ». Une fois encore, il semble accuser la loi ; mais, si on y fait attention, il en fait un grand éloge, en montrant qu'elle est d'accord avec le Christ et impose les mêmes commandements. Il ne dit pas : Ce qui était mauvais dans la loi, mais : « Ce qui était impossible sous la loi » ; et encore : «Parce qu'elle était affaiblie », mais non : Parce qu'elle faisait le mal, ni: Parce qu'elle tendait des pièges. Encore ce n'est pas même à elle qu'il impute sa faiblesse, mais à la chair, disant : « Parce qu'elle était affaiblie par la chair » ; et par chair ici il n'entend point la substance même et le sujet, mais le sens trop charnel; ainsi il justifie de toute accusation et le corps et la loi ; non-seulement par ce qu'il vient de dire, mais encore par ce qui suit.
La perfection dont il est question au psaume 19, que vous citez, signifie simplement que la Loi était parfaite relativement à sa fin, et n'indique pas une perfection en soi. Ce qui est vraiment très différent.
Pour le reste, ni moi ni vous n'avons été témoins des choses du passé. J'en conviens. D'autre part, il faudrait pouvoir démontrer logiquement (ou scripturairement) que la création d'une chose imparfait offenserait la capacité de Dieu... ce qui pourrait-être le sujet d'un autre fil.

Amicalement.
Virgile.
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