Le Pape est-il favorable aux flux migratoires ?

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Nanimo
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Re: Le Pape est-il favorable aux flux migratoires ?

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Le texte des évêques de Suisse est ambigü au possible.
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Pneumatis
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Re: Le Pape est-il favorable aux flux migratoires ?

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Je vous invite à lire ceci : :arrow: Les pistes pastorales de la Pastorale des migrants.

Encore une fois, cela ne fait que confirmer le discours de l'Eglise, de Pacem in terris à Caritas in Veritate, en passant par le Compendium de la DSE, ou encore le discours de Benoit XVI comme celui de Mgr Vingt-Trois pour l'ouverture de la conférence épiscopale, ou de la COMECE. Le discours me semble assez unilatéral (mais je l'interprète peut-être mal) : il faut une approche positive des phénomènes migratoires.

Ca ne veut pas dire l'anarchie, mais ça veut dire qu'il faut commencer par ne plus avoir peur de l'immigration. Il y a un juste milieu entre ne plus avoir peur et favoriser une immigration massive qu'il faut trouver, je crois. D'ailleurs le premier point constitue une attitude, et le deuxième une problématique de gestion. Quoiqu'on mette en place comme politique d'immigration, elle ne doit pas reposer sur l'idée que l'immigration est un risque, ou le migrant un problème.
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polomnic
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Re: Le Pape est-il favorable aux flux migratoires ?

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Le problème c'est que vous posez le problème comme si les conséquences de l'immigration étaient encore hypothétiques et que nous étions à l'aube des vagues migratoires à venir.
De ce point de vue, il serait acceptable intellectuellement de se poser la question de savoir si l'immigration est de nature positive ou négative pour nos sociétés, et pour les leurs d'ailleurs. La question d'avoir peur ou non de ses conséquences pourraient se poser.

Seulement voilà, l'immigration nous la vivons depuis plus de 40 ans. Ses conséquences sur la société sont désastreuses en matière de sécurité, de finance publique et de cohésion nationale.
Ce n'est pas de la peur, c'est un constat.

Sans compter qu'accueillir de nouveaux migrants, cela revient encore à aggraver cette situation et par conséquent d'empêcher l'assimilation de ceux déjà là.

Et pour finir, j'ajouterais que l'immigration prive de surcroit les pays d'émigration de leurs éléments les plus dynamiques.
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Re: Le Pape est-il favorable aux flux migratoires ?

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Serge BS a écrit :Voici le communiqué exact des Evêques de Suisse, pour que chacun puisse se faire une idée exacte : http://www.sbk-ces-cvs.ch/ressourcen/do ... 091559.pdf...

Je ne sais pas ce qu'en aurait pensé Innocent III...
Merci pour ces précisions Serge. C'est moins choquant que ce que j'avais compris mais cela n'en demeure pas moins ambigu, pour reprendre l'expression de Namino.
Pneumatis a écrit :Ne croyez-vous pas qu'on peut alors faire confiance à l'Eglise, et les nombreux travaux sur lesquels elle s'appuie, même si ça nous semble a priori complètement contraire à nos positions politiques sur la question ?
Je serai toujours fidèle à l'Église sur les questions de foi et de morale mais je rejoins Geronimo sur ce point. Comme le dit si bien saint Josémaria Escriva :
Saint Josemaría Escrivá, Entretiens a écrit :Cette sphère d'autonomie nécessaire, dont le fidèle catholique a besoin pour ne pas être en situation d'infériorité vis-à-vis des autres laïcs, et pour pouvoir réaliser efficacement sa tâche apostolique particulière au milieu des réalités temporelles, cette autonomie, dis-je, doit toujours être respectée par tous ceux qui exercent, dans l'Église, le sacerdoce ministériel. S'il n'en était pas ainsi — s'il s'agissait d'instrumentaliser le laïc à des fins qui dépassent les buts du ministère hiérarchique —, on verserait dans un anachronique et lamentable cléricalisme. On limiterait énormément les possibilités apostoliques du laïcat — le condamnant ainsi à une perpétuelle immaturité —, mais surtout on mettrait en péril — plus spécialement de nos jours — le concept même d'autorité et d'unité dans l'Église. Nous ne pouvons oublier que l'existence, parmi les catholiques eux-mêmes, d'un authentique pluralisme de jugement et d'opinion dans les domaines que Dieu laisse à la libre discussion des hommes, ne s'oppose pas à l'ordonnance hiérarchique et à l'unité nécessaire du Peuple de Dieu, mais bien au contraire les fortifie et les défend contre les impuretés éventuelles.
J'ajouterai par ailleurs que si l'Église entend appuyer ses opinions sur la questions à l'aide de "travaux" et de "recherches" en sciences sociales, elle doit par définition s'attendre à voir ses conclusions critiquées. Il n'y a pas de place pour la confiance dans une démarche se voulant scientifique.
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Re: Le Pape est-il favorable aux flux migratoires ?

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Bonjour Polomnic et Franck,

Qu'il n'y ait pas de malentendu... Polomnic : les recherches et études sur lesquelles s'appuie l'Eglise n'ont pas 40 ans. Elles sont d'aujourd'hui. En revanche votre regard lui souffre peut-être d'un manque d'actualisation. C'est du moins ce que nous disent ces études : il faut changer notre regard. Le constat que vous faites a donc visiblement été fait par un certain nombre de spécialistes a priori compétents, et ils en tirent pour aujourd'hui, et surtout pour demain, des conclusions différentes des votres. Voilà ce qu'il en est.

A l'attention de Franck maintenant, je n'invoquais pas la foi dans mon propos. Par confiance j'entendais que les recherches ont l'air sérieuse, suffisamment pour que l'Eglise, dans sa grande sagesse, se décide à en tenir compte. Cela ne rend pas les recherches non critiquables, mais pour les critiquer encore faut-il pouvoir le faire sur la base d'analyses e d'études tout aussi approfondies et solides scientifiquement. Juste dire : je ne suis pas d'accord parce que ma vision à moi est différente, ça ne semble pas très sérieux. J'invoque la confiance parce que dans un cas comme le mien, qui est celui, je pense, de beaucoup de personnes, les études et les compétences me manquent et qu'il faut donc bien m'appuyer sur les travaux des personnes compétentes. C'est d'ailleurs ce que fait l'Eglise et je suis son exemple. Voilà où va ma "confiance".

Quand en plus il y a une concordance évidente entre travaux scientifiques et principe affirmé dans la doctrine sociale, parfaitement cohérente avec elle-même, c'est un gage de confiance supplémentaire il me semble.

Voilà, maintenant peut-être chacun de vous peut-il apporter au débat des études actuelles sur les phénomènes migratoires qui viennent appuyer leurs idées. Par exemple Polomnic, peut-être avez-vous des indices de corrélation entre immigration et conséquences en terme de sécurité, de finance publique et de cohésion nationale pour reprendre vos propos. Et si vous en avez, certainement avez-vous des éléments conduisant à penser que cette corrélation est inéluctable et persistante, intrinsèquement ordonnée au phénomène migratoire. Ou n'est-ce qu'une opinion personnelle... Ce n'est pas dépréciatif, mais c'est juste important de connaitre les bases du débat, je crois. Je n'ai en ma possession que les éléments que j'ai cité, si vous en avez d'autres, peut-être cela me permettra-t-il de corriger ma position.
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polomnic
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Re: Le Pape est-il favorable aux flux migratoires ?

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Pneumatis a écrit :
Voilà, maintenant peut-être chacun de vous peut-il apporter au débat des études actuelles sur les phénomènes migratoires qui viennent appuyer leurs idées. Par exemple Polomnic, peut-être avez-vous des indices de corrélation entre immigration et conséquences en terme de sécurité, de finance publique et de cohésion nationale pour reprendre vos propos. Et si vous en avez, certainement avez-vous des éléments conduisant à penser que cette corrélation est inéluctable et persistante, intrinsèquement ordonnée au phénomène migratoire. Ou n'est-ce qu'une opinion personnelle... Ce n'est pas dépréciatif, mais c'est juste important de connaitre les bases du débat, je crois. Je n'ai en ma possession que les éléments que j'ai cité, si vous en avez d'autres, peut-être cela me permettra-t-il de corriger ma position.
Concernant le cout de l'immigration, je vous renvoie aux travaux de Maurice Allais, prix Nobel d'économie, qui fait apparaître que l'immigration coute chaque année à notre pays un peu plus de 30 milliards d'euros, solde net.

Concernant l'insécurité, il suffit de prendre les statistiques des prisons françaises pour voir que les populations immigrées sont sur-représentées.

Concernant, la cohésion nationale, le débat lancé sur l'identité démontre au moins une chose ; c'est que si on en vient à se poser la question, c'est bien qu'il y a un léger problème à niveau là. La France n'est plus qu'un pays où les différentes communautés se juxtaposent dans une compétition victimaire.
De plus la situation des banlieues, qui sont devenues de véritables zones de non-droits, sont en train de devenir des territoires autonomes gérés par les mafias de la vente de drogue.

Vraiment, il est, tout de même, léger d'affirmer que ces populations ne constituent pas un problème.
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Pneumatis
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Re: Le Pape est-il favorable aux flux migratoires ?

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Bonjour,

Il me semble que le problème ce sont les raccourcis.

Savoir que l'immigration ça a un cout n'implique pas que cette dépense soit une "perte". La sécurité sociale ça a un cout aussi, pour autant veut-on supprimer la sécurité sociale ? D'une manière générale, toute action solidaire a un cout, et c'est pourtant la solidarité qui doit être au coeur de l'action sociale du chrétien.

Maintenant sur les immigrés en prison ou le communautarisme, attention à ne pas confondre les causes. Peut-on dire que parce qu'il y a plus d'immigrés en prison, c'est l'immigration qui est un problème ou les immigrés qui sont un problème. Cela supposerait deux choses : soit toutes les populations autres que les français sont plus enclins à la délinquance, la violence, ... Soit quand on va dans un pays étranger, on n'est plus enclin à y mettre la zone. Cela signifie que si vous allez dans un pays étranger, vous êtes vous aussi un problème pour ce pays, pour ces mêmes raisons.

Le problème que vous pointez ici n'est pas un problème d'immigration, mais un problème d'intégration. L'immigration n'est pas un problème et, je crois suivant ce que les études nous montre et ce que l'Eglise nous enseigne, que cela peut même être un phénomène très positif. Simplement il ne faut pas le traiter par-dessus la jambe. La solidarité et la fraternité universelle ne doivent pas être des leurres, ou des pièges. On sait que l'immigration ne se freine pas sans renoncer à une certaine humanité : en gros, si vous mettez des barrières, les gens passeront outre, et vous serez obligé de les mettre dehors ou de les laisser errer dans la rue. La seule manière de réduire les flux migratoires ou de les assainir, c'est une véritable politique de solidarité internationale qui réduirait considérablement les inégalités entre les populations.

Sans cela, les flux migratoires ne sont pas un problème ni une solution. Ils sont une donnée sociale élémentaire avec laquelle nous devons composer, et à partir de laquelle il nous appartient de dégager un bien et non un mal. En dégager un bien cela suppose non seulement de ne pas s'opposer à ce qui est inhérent à l'ordre sociale (la libre mobilité dont parle l'encyclique Pacem in terris) mais aussi de mettre en oeuvre les moyens pour dégager tout le bien que permet cette mobilité. Aujourd'hui, dire que l'immigration est un problème ce serait comme de dire que l'argent est un problème parce que la plus grande majorité des crimes tourne autour de l'argent.

Bon, je dois retourner au travail, je n'ai pas le temps d'approfondir la discussion tout de suite ni de me relire, mais je pense que vous voyez où je veux en venir. A bientôt :)
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Re: Le Pape est-il favorable aux flux migratoires ?

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Bonjour.
Puis-je me permettre de donner, moi aussi, mon opinion?

Quels sont les reproches les plus courants à l'égard des immigrés?

1)La délinquance.
La délinquance peut-être le fruit de:
-la pauvreté, et donc la marginalité. Le fait est que les quartiers pauvres sont souvent à forte concentration d'immigrés, mais cela ne découle ni d'une volonté, ni d'une fatalité spécifique aux immigrés. On ne peut donc pas en déduire un lien immigration-délinquance.
-le non respect du aux autres. Ce non respect est un phénomène généralisé dans notre société, et pas seulement chez les immigrés, loin s'en faut.
-la haine inter-communautaire, oui, mais il faut alors se pencher sur ses origines; ça tombe bien, j'en parle après.

2)Le refus, réel ou supposé, de s'intégrer.
Il est normal, dans un premier temps, que le nouvel arrivant cherche à vivre avec ses semblables (on fait pareil en vacance), surtout s'il ne parle pas la langue, ensuite, ses motivations pour aller vers les autres dépendra directement de ce qu'il peut espérer y gagner.

S'intégrer, c'est, sur certains points au moins, ressembler à l'autre, mais il faut en avoir envie, car ça ne peut marcher par obligation.
Et pour leur donner l'envie de nous ressembler il faut être "séduisant".

Le problème, c'est que notre société, notre civilisation, devient de moins en moins "séduisante" et qu'en plus les gens ont généralement, de prime abord, une méfiance voir une défiance vis-à-vis des immigrés.

Cette méfiance/défiance influe négativement sur les rapports que les gens ont avec les immigrés, ainsi que sur la façon dont ils analysent leurs actes.

À l'origine de ce sentiment de méfiance, voir de défiance, il y a, selon moi, le discours de certains "intellectuels" (ou considérés comme tel ;) ) et de beaucoup (trop) de politiques.

C'est la troisième chose qui est reprochée aux immigrés, ils coûteraient cher à la collectivité, et seraient responsables de plus de chômage.

C'est faux, archi faux, et je vais le montrer.

Tout d'abord, il faut garder à l'esprit que nous vivons dans un système capitaliste à tendance libérale dans lequel l'économie est soumise à la loi de l'offre et de la demande. Un système dans lequel il existera toujours un certain niveau de chômage parce que les progrès constants de la technologie et des capacités de production font qu'il est possible de produire assez pour tout le monde sans avoir besoin de tout le monde...

Que se passe-t-il lorsque, par exemple, 500 personnes (hommes, femmes et enfants) arrivent chez nous? Eh bien le population de notre pays augmente de cinq cent personnes, il y a 500 consommateurs de plus et autant de demande en plus, ce qui permet d'augmenter l'offre, donc le travail.

Pour ceux d'entre eux qui trouvent du travail, il ne faut pas dire qu'ils le prennent à des autochtones, il faut dire qu'ils assurent eux-même la production supplémentaire nécessaire pour subvenir aux besoins de tout ou partie de leur famille.

Pour ceux d'entre eux qui ne trouvent pas de travail, la demande supplémentaire générée par leur famille entraînera une augmentation de l'activité économique, donc de l'emploi. Emploi qui sera occupé par un autochtone puisque on est dans le cas où l'immigré n'en a pas trouvé.

Le discours selon lequel on pourrait combattre le chômage en renvoyant les immigrés chez eux ne tient pas. Renvoyer des immigrés signifierait simplement diminuer la population, donc diminuer la demande, donc diminuer encore le besoin de production.... donc diminuer l'emploi.

Le chômage n'est pas la conséquence d'un excès de population, sinon pourquoi ne pas tout simplement militer pour une dénatalité.

Il est tout de même curieux de constater que les partis les plus acharnés à vouloir renvoyer les étrangers, sont aussi les plus attachés à une politique stimulant une forte natalité.
Qu'il s'agisse d'un immigré ou d'un autochtone, une bouche à nourrir est une bouche à nourrir point.
En fait leur vraie motivation est le racisme, rien que le racisme.

À part cela, bien sûr, une arrivée massive de millions d'immigrés poserait un problème (essentiellement logistique), mais le risque est quasiment inexistant (sauf catastrophe majeure).

Amicalement, Alain
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Re: Le Pape est-il favorable aux flux migratoires ?

Message non lu par FMD »

Bonjour Pneumatis,

Vous avez raison sur le fait qu'il est impossible de vous objecter des études pertinentes (quelques indicateurs partiels existent cependant : composition religieuse des prisons françaises, taux de mariages mixtes, nationalité des personnes coupables de viol, criminalité par département, etc.) et ce pour une raison bien simple : la législation française interdit les statistiques ethniques. Dans le cas contraire, il suffirait de collecter des données sur la composition actuelle de la société française, de les confier à une équipe de démographes à des fins d'extrapolation et d’en présenter les résultats aux Français. Cela ne risque pas d’arriver du fait des risques politiques induits.

On ne peut néanmoins réduire ce débat à une simple question d'études et de statistiques. Ne nous leurrons, les convictions jouent un rôle primordial. Est-ce que je veux d'une société pluraliste sur le plan religieux ? Non, je n'en veux pas, quand bien même faudrait-il renoncer à 20 points de croissance et à notre modèle social. Est-ce que je veux d'une société vantant les vertus du métissage, du syncrétisme et de la tolérance ? Non, je n'en veux pas, quand bien même faudrait-il renoncer à accueillir le futur prix Nobel de physique ou le découvreur du vaccin contre le VIH. Est-ce que je veux d'une société abaissant le travailleur au rang de simple variable d'ajustement de la production ? Non, je n'en veux pas, quand bien même faudrait-il supporter un peuple un peu râleur.

Est-ce de l'idéologie ? Je ne crois pas, cela répond à un sentiment bien plus grégaire. J'aime mon peuple et je ne souhaite donc pas le voir se diluer et encore moins disparaître. Pis, je me sens responsable de la société que je vais léguer à mes enfants et, allez savoir pourquoi, l'histoire et l'expérience me poussent à croire que les sociétés exclusivement chrétiennes et européennes sont davantage susceptibles de concourir à leur bien-être que les sociétés à la brésilienne, à la libanaise ou à la yougoslave. Je ne souhaite en définitive rien imposer à personne : que ceux qui croient aux vertus du brassage des peuples se regroupent mais, de grâce, laissons en paix ceux qui refusent cette solidarité forcée. À ignorer ainsi la réalité de la nature humaine au nom de bons sentiments, on prend tout le risque de semer les germes de la guerre civile, le "pire des maux".

En Christ,
Franck
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Re: Le Pape est-il favorable aux flux migratoires ?

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Avé

La question ne sera pas réglée tant qu'on n'aura pas pris à bras-le-corps le problème de fond : l'origine culturelle musulmane d'un grand nombre de gens concernés. Cela ne signifie pas qu'il faille les rejeter d'emblée, ou je ne sais quoi. Comme le disaient les Pères blancs, "beaucoup de musulmans sont meilleurs que leur religion". Je suis désolé : ce n'est pas une question de pauvreté, de "faute à la société", de HLM miteux, etc. : quand on déplace une famille musulmane d'un ghetto à un quartier normal, pensant lui arranger sa situation, elle exporte la violence.

Le problème est que cette culture musulmane crée des manières de penser qui sont radicalement différentes de la civilisation dans laquelle nous vivons :
- propension à la victimisation permanente
- agressivité latente (même chez les musulmans les plus fins, il suffit souvent d'un rien pour la déclencher, et je ne parle pas des quelques-uns qui flirtent avec l'extrémisme)
- incapacité extrême à sortir de soi-même pour se mettre à dialoguer, pour se remettre en question, orgueil personnel démesuré (que voulez-vous, d'ailleurs ? quand dès l'âge de 3 ans on leur explique qu'ils iront en enfer s'ils ne se lavent pas les mains comme il faut, ou s'ils touchent du jambon...).
J'ai l'impression que chez beaucoup de musulmans, il y a une hypersensibilité exacerbée, qui leur fait tout prendre pour une agression ; comme s'ils étaient en recherche de haine.

... et de façon générale, tout un tas de choses qui font qu'il existe une dimension spécifiquement musulmane du déracinement. Cette dimension n'apparaît pas que dans le 9-3 ou dans les banlieues de Marseille. C'est comme ça partout, dans tous les pays occidentaux qui ont accueilli des musulmans, sans exception ; même pour des gens "bien intégrés", l'intégration des générations suivantes ne sera pas évidente.
Je me souviens d'avoir lu un article évoquant les plaintes des Pakistanais et des Indiens musulmans d'Angleterre, qui criaient au racisme parce qu'ils étaient sur-représentés dans les prisons de ce pays. Oui, mais dans le même temps, ceux d'entre eux qui n'étaient pas musulmans, sikhs, hindouistes, chrétiens, y étaient très nettement sous-représentés... Pourquoi donc ?

Amicalement
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Re: Le Pape est-il favorable aux flux migratoires ?

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Bonsoir Pneumatis,

Rappelant que l’islam a été et reste européen dans ses racines, le Métropolite Emmanuel estime que « nous n’avons pas besoin d’européaniser l’islam » mais plutôt d’une perception révisée des valeurs et traditions existantes dans leur diversité. La crainte de l’islam est un défi que les institutions européennes, les Eglises et les média doivent relever.

Savez-vous ce que la COMECE entend par "perception révisée des valeurs et traditions existantes dans leur diversité" ?

Cordialement,
FMD
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Re: Le Pape est-il favorable aux flux migratoires ?

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Bonsoir Sofia,

Merci pour cette citation illustrant assez bien le sérieux de la démarche du COMECE sur ces questions :
Sofia citant le COMECE a écrit :Rappelant que l’islam a été et reste européen dans ses racines, le Métropolite Emmanuel...
Je n'accablerai certainement pas ce pauvre homme, contraint de tenir des discours de ce type pour assurer la pérennité de son église locale, mais il est tout de même assez vicieux d'avoir retenu cette phrase. C'en est presque indécent d'exploiter à des fins idéologiques la vulnérabilité d'un homme, qui sait ses moindres mots épiés.
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Re: Le Pape est-il favorable aux flux migratoires ?

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Je ne vois pas de quel type d'autorité canonique pourrait se prévaloir la COMECE ou le SNPMPI. Ni l'un ni l'autre ne représente l'autorité de Rome.
Il me semble que la Doctrine Sociale de l'Eglise est exclusivement tirée des encycliques.
:s
"Tant la concurrence au sens du LIBERALISME économique que la lutte des classes dans le sens marxiste sont contre nature et opposées à la conception chrétienne de la vie." Bienheureux Jean XXIII, encyclique Mater et Magistra n. 24

"Si les élections changeaient vraiment les choses, le vote serait interdit" Coluche
vive les sacrifices humains !
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Re: Le Pape est-il favorable aux flux migratoires ?

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Sofia a écrit : Rappelant que l’islam a été et reste européen dans ses racines,
Hunh?!
:sonne: :sonne: :sonne:
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
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Re: Le Pape est-il favorable aux flux migratoires ?

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Bonjour à tous,
Franck a écrit :Vous avez raison sur le fait qu'il est impossible de vous objecter des études pertinentes (quelques indicateurs partiels existent cependant : composition religieuse des prisons françaises, taux de mariages mixtes, nationalité des personnes coupables de viol, criminalité par département, etc.) et ce pour une raison bien simple : la législation française interdit les statistiques ethniques. Dans le cas contraire, il suffirait de collecter des données sur la composition actuelle de la société française, de les confier à une équipe de démographes à des fins d'extrapolation et d’en présenter les résultats aux Français. Cela ne risque pas d’arriver du fait des risques politiques induits.
Si malheureusement on doit considérer que les études actuelles manquent de données pertinentes, OK. Il faut le reconnaitre, il y a un vrai tabou autour des statistiques ethniques. Mais alors pourquoi les études actuelles, comme celle du PNUD, peuvent-elles prétendre dégager les conclusions qu'elles dégagent de leurs données ? On peut éventuellement accuser le biais de confirmation idéologique d'un tel organisme, mais on ne peut pas accuser l'Eglise du même fait.

Et quelles données nous faudrait-il de plus pour être plus précis ou plus juste ? Parce que de quoi parlons-nous ici : d'immigration ou de pluralisme éthnique ? Il y a une petite nuance quand on y regarde bien.

Enfin, les indicateurs que vous évoquez, encore une fois, comme je l'ai dit et comme Alain l'a dit, ne sont pas des indicateurs de problèmes liés à l'immigration, mais tout au plus des indicateurs liés à la gestion de l'immigration que nous avons. Cela fait toute la différence.

Après croyez-moi, je vais tout à fait dans le sens de MB, je crois que l'Islam est une source au moins latente de violence, elle l'est au moins dans ses racines, et cela est une évidence pour tout chrétien qui considère mahomet pour ce qu'il a été : un faux prophète qui a détourné une partie du message évangélique pour constituer sa secte et étendre son pouvoir sur les populations par la force.

Maintenant, comme le disait le cardinal Tauran, on ne peut pas réduire les personnes à leur religion ou leur idéologie. Si ici on parle d'immigration, on parle de la rencontre avec des personnes, et on ne peut qu'abonder à ce que dit le pape, puisqu'une personne est toujours une richesse. Après, je ne veux pas jouer les bisounours, j'alerte juste sur le fait de ne pas être trop réducteur. Et visiblement, sur la seule question de l'immigration musulmane en Europe, c'est aussi le message qui se dégage du dialogue interreligieux et des études migratoires : l'Islam n'est plus monolithique, ou est en l'état une minuscule minorité parmi les migrants. L'Islam monolithique, borné et figé à tout jamais n'est pas celui qui émigre vers l'Europe, semble-t-il. L'Islam qui arrive en Europe semble offrir la possibilité d'une rencontre, d'un dialogue.
Franck a écrit :On ne peut néanmoins réduire ce débat à une simple question d'études et de statistiques. Ne nous leurrons, les convictions jouent un rôle primordial. Est-ce que je veux d'une société pluraliste sur le plan religieux ? Non, je n'en veux pas, quand bien même faudrait-il renoncer à 20 points de croissance et à notre modèle social. Est-ce que je veux d'une société vantant les vertus du métissage, du syncrétisme et de la tolérance ? Non, je n'en veux pas, quand bien même faudrait-il renoncer à accueillir le futur prix Nobel de physique ou le découvreur du vaccin contre le VIH. Est-ce que je veux d'une société abaissant le travailleur au rang de simple variable d'ajustement de la production ? Non, je n'en veux pas, quand bien même faudrait-il supporter un peuple un peu râleur.
Pour le travailleur je vous rejoints, comme pour le syncrétisme d'ailleurs. Mais le pluralisme religieux est la conséquence directe de l'application de la liberté de conscience. Le pluralisme culturel aujourd'hui vous ne pouvez plus non plus y échapper, ne serait-ce que si ce n'est pas par la rencontre de l'autre, sa culture viendra à vous par d'autres moyens.

Quant à la tolérance, voyez encore ce qu'en dit l'Eglise (j'ai lu ça récemment, donc j'en profite pour vous le remettre ici). Ca concerne en particulier les protestants il y a un peu plus d'un siècle, avec une réflexion qu'on pourrait bien transposer à l'Islam d'Europe aujourd'hui :
Dans l'Encyclique Libertas praestantissimum, Léon XIII a écrit :Dieu lui-même, dans sa providence, quoique infiniment bon et tout-puissant, permet néanmoins l’existence de certains maux dans le monde, tantôt pour ne point empêcher des biens plus grands, tantôt pour empêcher de plus grands maux. Il convient, dans le gouvernement des Etats, d’imiter celui qui gouverne le monde. Bien plus, se trouvant impuissante à empêcher tous les maux particuliers, l’autorité des hommes doit « permettre et laisser impunies bien des choses qu’atteint pourtant et à juste titre la vindicte de la Providence divine » (S. August., De libero arbitrio, livre I, chapitre. 6, numéro 14). Néanmoins, dans ces conjectures, si, en vue du bien commun et pour ce seul motif, la loi des hommes peut et même doit tolérer le mal, jamais pourtant elle ne peut ni ne doit l’approuver, ni le vouloir en lui-même, car, étant de soi la privation du bien, le mal est opposé au bien commun que le législateur doit vouloir et doit défendre du mieux qu’il peut. Et en cela aussi la loi humaine doit se proposer d’imiter Dieu, qui, en laissant le mal exister dans le monde, « ne veut ni que le mal arrive, ni que le mal n’arrive pas, mais veut permettre que le mal arrive. Et cela est bon ». Cette sentence du Docteur angélique (S. Thomas d’Aquin) contient, en une brève formule, toute la doctrine sur la tolérance du mal.
Ne nous arrêtons cependant pas trop sur la question de la tolérance qui viserait déjà à réduire l'immigration à un mal à tolérer. Le mal à tolérer dont il serait question, ce serait plutôt l'Islam. Parce que il faut dire ce qui est : si la rencontre entre les peuples n'était pas positive, nous ne serions pas là aujourd'hui. Principe de réciprocité et règle d'or : il est important pour nous de faire connaitre l'évangile, de l'annoncer dans le monde. Il faut pour cela que le monde nous accueille. Si nous attendons du monde qu'il nous accueille pour répandre l'évangile, le principe de réciprocité nous contraint d'accepter que nous devons accueillir l'étranger qui vient nous rencontrer. Et c'est même l'occasion de l'évangéliser. Si nous voulons pouvoir bâtir des églises en Arabie Saoudite, et Dieu sait que c'est important, c'est à la racine de notre vocation de chrétien, il faut pouvoir accepter qu'on vienne construire des mosquées chez nous. C'est finalement assez simple.
Sofia a écrit :Rappelant que l’islam a été et reste européen dans ses racines, le Métropolite Emmanuel estime que « nous n’avons pas besoin d’européaniser l’islam » mais plutôt d’une perception révisée des valeurs et traditions existantes dans leur diversité. La crainte de l’islam est un défi que les institutions européennes, les Eglises et les média doivent relever.

Savez-vous ce que la COMECE entend par "perception révisée des valeurs et traditions existantes dans leur diversité" ?
Pour aller dans le sens de ce que dit Franck, je crois que ces propos sont très mal formulés. L'Islam n'est pas européen dans ses racines, pour ce que j'en juge personnellement à l'aune de l'Histoire. Mais, désolé de jeter un pavé dans la marre, dans le même sens, le christianisme non plus. Les premiers chrétiens n'étaient pas plus européens que les premiers musulmans. Les deux ont un peu le même parcours d'expansion, il y en a juste un qui a l'antériorité sur l'autre et les "méthodes" d'expansion qui diffèrent radicalement (l'Islam s'étant propagé par la violence).

Ce qu'entend la COMECE, je pense, c'est que il faut essayer de sortir d'une vision très caricaturale de l'Islam, comme une religion-culture attachée au moyen-orient. Ce que fais d'ailleurs très justement MB en distinguant l'appartenance à l'Islam et l'appartenance ethnique. Mais, comme le souligne MB, ce n'est pas forcément pour servir l'Islam que de faire cette distinction.

Maintenant si on fixe notre attention sur l'Islam en particulier, c'est la mission de l'Eglise dans le dialogue interreligieux qui rentre dans l'arène. Et là, l'Eglise préfère, à juste titre, entamer le dialogue sur ce qui rassemble plutôt que sur ce qui divise. Je crois opportun de lui emboiter le pas.
Geronimo a écrit :Je ne vois pas de quel type d'autorité canonique pourrait se prévaloir la COMECE ou le SNPMPI. Ni l'un ni l'autre ne représente l'autorité de Rome.
Il me semble que la Doctrine Sociale de l'Eglise est exclusivement tirée des encycliques.
Tout à fait, et la COMECE ne se prévaut d'aucune autorité particulière sinon de venir éclairer, ici par des travaux et des échanges, le message contenu dans la DSE. Mais je vous rejoins : le message de la DSE pourrait suffire (il me suffit pour le chrétien que je suis), et il invite à considérer l'immigration comme quelque chose de positif.

Bon désolé d'avoir été si long. Bonne journée à tous.
Site : http://www.pneumatis.net/
Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013
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