Pourquoi la communion à domicile ? Raison et histoire.

gerardh
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Re: La communion à domicile

Message non lu par gerardh »

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Anne T a demandé :
je crois que Gérardh devrait vous expliquer ce que pensent les protestants de la communion...
Je ne sais pas ce que les protestants pensent de la communion, mais je peux vous dire ce que j'en pense ... 1 Cor 11, 20-34 parle de la Cène : c'est le point de vue individuel ; tandis que 1 Cor 10, 14-22 aborde le côté collectif : la Cène doit être prise à la table du Seigneur et est une marque de communion [qui se marque concrètement par la prise en commun] : "la coupe que nous bénissons n'est-elle pas la communion du sang du christ ? le pain que nous rompons n'est-il pas la communion du corps du christ ? car nous qui sommes plusieurs, sommes un seul pain, un seul corps, car nous participons tous à un seul et même pain".

Par ailleurs que pense que la Cène est uniquement un mémorial, qui en même temps envisage l'ensemble des chrétiens, qualifiés de "corps du Christ". Mais c'est un autre sujet ...


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archi
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Re: La communion à domicile

Message non lu par archi »

etienne lorant a écrit :A vous lire, laissons-donc les malades mourir sans consolation aucune, cela fera de nous de vrais soldats (pardon: "fidèles") de l'Eglise... jusqu'au jour où ils se retrouveront invalides, bien sûr. Votre discours ne tient aucun compte de la miséricorde du Christ.
Je pense m'être bien expliqué. J'ai sans doute eu tord? :/

Je me rends compte qu'il y a 2 conceptions qui s'opposent ici, une conception qu'on peut appeler "traditionnelle" et une conception qu'on peut appeler "moderne". Ceux qui fréquentent des paroisses "modernes" ne sont certes habitués à aucune règle ou presque concernant la façon de recevoir l'Eucharistie, ou concernant la distinction entre le rôle des ministres ordonnés, ie ayant reçu le sacrement de l'Ordre, en d'autres termes ayant reçu l'Esprit pour diriger l'Eglise, prêcher en son nom, consacrer les espèces, et simples laïcs, ce qui ne veut aucunement dire - sauf dans les caricatures de certains, ça ne manque pas dans ce fil :siffle: - que les laïcs doivent se contenter d'être des assistants passifs.

A l'opposé, les chrétiens "traditionnels" appliquent un ensemble dépendant de principes qui ont été tenus en honneur depuis 2000 ans, en Orient comme en Occident. Dans la vision catholique du monde, l'Eglise est l'oeuvre de l'Esprit Saint, elle est guidée par lui, même si ça se fait par l'intermédiaire des hommes. Ce qui a été tenu pour vrai, pour essentiel, pour sacré, par les chrétiens depuis l'aube du christianisme, par les Pères, et pendant de nombreux siècles, par les deux branches principales de l'Eglise (l'occidentale et l'orientale), donc qui fait une certaine unanimité, qui a été confirmé par le Magistère du Pape et des Evêques au cours des siècles, et qu'on appelle couramment la Tradition (avec un grand T), doit pour cette raison être considéré comme l'oeuvre du Saint Esprit dans l'Eglise, à l'opposé des opinions individuelles.

Parmi ces règles universelles, il y a le respect et la vénération immense, presque pointilleux, qu'on doit avoir pour le Très Saint Sacrement, qui font que sa distribution, sa manipulation, est soumise à des règles. C'est beau, c'est sacré, c'est le Corps et le Sang du Christ, et pour cette raison on ne fait pas n'importe quoi avec, et normalement, seules les mains consacrées du prêtre peuvent le toucher. Distribuer l'Eucharistie fait donc partie du ministère propre du prêtre, et en cas de besoin du diacre (mais son rôle normal dans la Tradition occidentale est de manipuler les vases sacrés, donc notamment la distribution du Sang, à l'époque où elle était fréquente).

Au contraire, le catholique "moderne" ne trouve pas choquant qu'on se passe l'Eucharistie de main en main, sans distinction de personne, sans précaution particulière, sans jeûne préalable (à part la prescription résiduelle d'1 heure avant la Communion, dont beaucoup ne connaissent même pas l'existence, j'ai pu le constater, autant dire qu'il ne reste rien). De même il ne trouve pas choquant qu'un laïc exerce des fonctions qui, dans la Tradition de l'Eglise, sont réservées à des ministres consacrés: toutes les distinctions légales qui n'ont pas encore été abolies ne lui disent rien et lui semblent bien artificielles, rigoureuses et pointilleuses.

Il y a des nuances, bien sûr, mais ces 2 points de vue apparaissent clairement ici.

Le catholique moderne communie aussi fréquemment, en partie grâce à des règles plus souples concernant le jeûne, (mais avaient-elles besoin d'être autant assouplies qu'elles l'ont été depuis les années 60?), dûes au départ à un Pape pas du tout moderniste (Saint Pie X).
Et certes, la communion a toujours été considéré, entre autres aspects, comme une nourriture spirituelle, dont il n'est pas bon d'être totalement privé. Pour autant, est-il absolument nécessaire de la recevoir régulièrement, est-ce vraiment un obstacle au développement spirituel?

Là encore, le chrétien traditionnel se tourne vers la Tradition de l'Eglise, vers "ce que l'Esprit dit aux Eglises". Il y voit des ermites que leur mode de vie conduisait à ne recevoir que rarement la communion. Etait-ce un obstacle à leur spiritualité? L'un d'eux, qui se trouve être représenté sur mon avatar (dans mon idée, celui qui me représente c'est l'ours, pas le Saint ermite, ça serait trop prétentieux, mais puisqu'il est visible à côté de ce message j'en profite pour le mentionner), n'en a pas moins fini par être un grand Saint, connu pour avoir eu l'expérience de la Transfiguration. D'autres chrétiens ont dû être privés pendant longtemps, pour diverses raisons, du Corps du Christ. En sont-ils morts?

Il paraît donc clairement excessif, du point de vue de la Tradition, de faire du point de vue de la nourriture spirituelle nécessaire, et de la communion fréquente, une chose absolument indispensable plutôt que seulement utile (ce qui est autre chose que les caricatures que certains intervenants, qui ne s'honorent guère, ont fait de ce point de vue). En particulier, les chrétiens traditionnels n'ont jamais permis à ce point de vue de supplanter la nécessité du respect rituel, des ministres ordonnés, et de tout ce qui tourne autour.

Alors, entre, le chrétien traditionnel, et le chrétien moderniste, qui ne voit là-dedans qu'un relent de pharisianisme et de manque de charité (y a qu'à voir ce qui s'est dit dans ce fil, bonjour les caricatures, vachement charitables soit dit en passant), qui a raison?

Pourtant, l'Eglise du premier a duré 2000 ans, pendant laquelle les chrétiens ont pu recevoir la grâce des sacrements, même si ce n'est pas aussi souvent que le second l'a rêvé; elle dure encore, et pourrait bien renaître de ses cendres là où elle a été battue en brèche, en Occident, par l'Eglise du second. Celle-ci, au contraire, avec seulement 40 ans d'existence, est en train de s'étioler à vitesse accélérée, n'a plus assez de prêtres pour porter la communion aux malades, elle n'aura bientôt plus de prêtres pour consacrer les hosties, et finalement elle n'aura bientôt plus de laïcs non plus pour aider les vieux et leur porter la communion étant donné l'âge moyen des paroissiens. Finalement, que vaut la "charité" si facile et si confortable du chrétien moderne, rendu souvent si imbu de lui-même par le seul fait qu'il soit "engagé"? [edit: avant de tomber moi-même dans la caricature, je ne mets certainement pas tous les laïcs qui rendent service à l'Eglise dans le même panier, mais j'en vois trop, y compris dans ce fil, pour qui c'est trop manifestement une occasion d'orgueuil, un moyen de se sentir supérieurs] Ce cercle vicieux est-il réellement une façon d'aider les malades - et les autres - à recevoir le secours des sacrements, au-delà des discours à très courte vue? Clairement non.

J'ose espérer donc que ceux qui n'ont connu la seconde conception de l'Eglise, sachent s'ouvrir un peu à la vraie ecclésialité, à la Tradition de l'Eglise universelle - et à ce qu'elle contient d'enseignement de l'Esprit. Ils ont reçu Son onction pour les y aider.

Mais à contrario, si ils persistent, comme on peut le voir tout au long de ce fil, à laisser dominer leur sentimentalité facile et superficielle, à penser que leur opinion est parfaitement informée et les dispense de rechercher que ce qu'a enseigné l'Esprit (ou peut-être croient-ils que l'Esprit leur est donné sans effort et dirige la moindre de leurs pensées?), ou à se laisser aller à des mesquineries et des caricatures grossières, ils ne feront que s'éloigner de l'Eglise. A partir de quel moment l'Eucharistie qu'ils mangent avec autant de désinvolture deviendra-t-elle leur propre condamnation, comme l'enseigne Saint Paul (autorité qui ne semble pas suffisante pour coeurderoy, ce qui ne plaide guère en faveur de sa juste conception de l'Eglise)?

Fin du fil en ce qui me concerne, à moins que ce ne soit pour éclaircir honnêtement et calmement un point donné; que ceux qui ont des oreilles entendent.
Dernière modification par archi le mer. 18 nov. 2009, 22:38, modifié 1 fois.
Nous qui dans ce mystère, représentons les chérubins,
Et chantons l'hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité.
Déposons maintenant tous les soucis de ce monde.

Pour recevoir le Roi de toutes choses, Invisiblement escorté des choeurs angéliques.
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Re: La communion à domicile

Message non lu par coeurderoy »

Mon Dieu vous avez une conception fixiste et archéologisante de la vie de l'Eglise !!! Que Thérèse de l'Enfant Jésus puisse vous apprendre que ce n'est pas forcément la lecture de la vie d'un ermite du Vème siècle qui vous mènera à la sainteté : l'Eglise est vivante, le Pape parle aujourd'hui à des chrétiens d'aujourd'hui...

Fin du fil en ce qui me concerne (et attention aux profanations que Jésus reste bien enfermé surtout !)
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"

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Re: La communion à domicile

Message non lu par Anne »

philémon.siclone a écrit : L'enfant par rapport à l'adulte.

Si vous ne comprenez pas, ce n'est pas grave...
Doit-on rappeler ici ce que Jésus disait des petits enfants?
philémon.siclone a écrit : Le pharisien, c'est celui qui montre au doigt celui qui lui déplaît, et qui selon lui sort des convenances publiques.
Ça ressemble beaucoup au contenu de votre "sortie".
Cependant, il est vrai que les pharisiens devaient donner, tout au moins, l'apparence de faire quelque chose et d'adhérer aux préceptes de leur religion...
Quant à mes actions personnelles, puisque vous me cuisinez, hé bien j'avoue : elles sont plus que médiocres...
Celui qui ne fait rien ne se trompe jamais.
I rest my case.
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
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Anne
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Re: La communion à domicile

Message non lu par Anne »

etienne lorant a écrit : En 1944, dans un camp de concentration, des prêtres ont communié entre eux à l'aide de bouts de pain qu'ils avaient placé sur l'autel (constitué d'une boîte d'allumette vide) - Quel scandale !
Aucun scandale!
Ce sont des prêtres, ils peuvent le faire!
C'est nous, les laïcs qui, avec nos grosses pattes impures, ne devons pas toucher!
Et dire que les apôtres ont reçu le pain donné par Jésus, à la Dernière Cène, sur la langue!

Finalement, j'ai bien compris que le fait de toucher à une hostie, et pire, la porter à un autre catholique, est l'équivalent de la jeter par terre et de la piétiner!
<:
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
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Re: La communion à domicile

Message non lu par ti'hamo »

> Archi
Pour votre gouverne, j'assiste plutôt à la Messe de rit extraordinaire, j'estime ne pouvoir communier que sur la langue, et je réprouve totalement l'abus liturgique manifeste que constitue la distribution systématique de la sainte communion par des laïcs durant la Messe (et merci les stratégies de positionnement dans la nef et le gym-kana pour la recevoir des mains d'un prêtre, hm).

Votre découpage en 2 "camps" sur cette discussion me semble donc un brin abusive ou simpliste.


Entendons nous bien, donc :
. concernant la distribution en temps normal et en circonstances normales, je trouve effectivement plus respectueux et parlant de recevoir l'hostie, et "se donner la communion soi-même" me gênerait beaucoup.
. ceci d'ailleurs expose l'hostie consacrée à des abus et profanations : comme le rappelait récemment un prêtre lors d'une Messe, donc, même lorsque l'on reçoit l'hostie dans la main, il faut la consommer là, devant le prêtre, et non en commençant à retourner vers sa place.

Mais porter la communion à des malades, c'est différent.
Ceci étant, le souci de ne pas exposer l'hostie consacrée à des abus et profanations est légitime. Aussi, effectivement, en toute logique, cette mission doit être confiée à des laïcs connus, voire même une petite équipe de quelques laïcs spécialement formés pour cela, connus du prêtre, et même se retrouvant régulièrement lors, disons, d'adorations, et de séances de catéchèse spécifiquement tournées vers le mystère de l'Eucharistie. ça me semble logique.

Le problème, à mon sens, lorsque problème il y a, viendrait donc plutôt du choix des laïcs et de la formation des laïcs.
Un peu de la même façon que les lectures devraient être confiées à des laïcs formés pour cela, et non à celui qui entre par hasard le premier dans la nef ("bonjour, vous voudrez faire la première lecture ?" "heuuuu..."). Mais dans le cas de la distribution de la communion aux malades, évidemment, l'importance de cette formation et de cette confiance est encore plus grave.
Il faut, en fait, que la manière dont cela est fait insiste sur l'aspect "mission" et prenne bien garde à ne pas présenter cela comme un simple "service".

D'ailleurs, le fait que la communion ne soit, durant la Messe, distribuée QUE par un prêtre ou un diacre, et que seulement dans le cas de la communion portée aux malades des laïcs puissent être missionnés, permettrait de bien mettre en valeur l'aspect de mission de cet acte, et de rehausser l'aspect sacré de cette mission.


La question est surtout, donc, je trouve, celle de la formation des laïcs, de l'information des laïcs, du fait de connaître les laïcs à qui l'ont confie la sainte hostie et d'avoir pleine confiance en eux ("connaître", donc, pas seulement comme des personnes que l'on croise à la sortie de la messe, mais comme une petite équipe de laïcs justement formés par le prêtre).

Anne nous dira peut-être que c'est justement comme cela que cela se passe, et bien tant mieux.



"Il paraît donc clairement excessif, du point de vue de la Tradition, de faire du point de vue de la nourriture spirituelle nécessaire, et de la communion fréquente, une chose absolument indispensable plutôt que seulement utile (ce qui est autre chose que les caricatures que certains intervenants, qui ne s'honorent guère, ont fait de ce point de vue)."
On dirait un médecin qui, disposant d'un stock immense d'un remède universel contre tous les pires maux du corps humain, fait la fine bouche et tergiverse pour les distribuer à d'autres, arguant que ce n'est pas parce qu'on en a beaucoup qu'il faut le distribuer aux 4 vents.
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Re: La communion à domicile

Message non lu par ti'hamo »

>Gerardh
"Je pense que la communion à domicile n'a pas de sens. Le mot "communion" lui-même n'implique-t-il ps une prise en commun ?"
Un prêtre qui dit sa messe seule peut communier seul, et cela s'appelle une communion.

Au fait, n'est-ce pas un peu incohérent de dénigrer, dans une autre discussion, tout ce qui peut être signe visible et concret de prière et d'adoration, et de souhaiter qu'il n'y ait que la seule et réelle prière et adoration en esprit,
et de dire ici tout au contraire que la communion en esprit cela n'a pas de sens, et qu'il faut absolument être ensembles physiquement dans le même espace matériel concret, la communion étant donc dans ce cas uniquement un signe physique extérieur ?
("communion" ici dans le sens de "en communion avec les autres chrétiens")
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Re: La communion à domicile

Message non lu par philémon.siclone »

AnneT a écrit :
philémon.siclone a écrit : L'enfant par rapport à l'adulte.

Si vous ne comprenez pas, ce n'est pas grave...
Doit-on rappeler ici ce que Jésus disait des petits enfants?
Être "comme un enfant" ne veut pas dire que l'on doit échanger de rôle entre l'adulte et l'enfant. Le Christ nous appelle surtout à grandir. De plus l'adulte est responsable de l'enfant, et non l'inverse. Allez faire comprendre ça en pleine idéologie de l'enfant-roi. Mais bon, je ne juge pas cette dame, je ne connais ni sa vie, ni les circonstances qui ont conduit à cette situation. Je parle dans l'absolu. D'ailleurs tout ce que nous disons est dans l'absolu. Nous ne connaissons rien les uns des autres.
philémon.siclone a écrit : Le pharisien, c'est celui qui montre au doigt celui qui lui déplaît, et qui selon lui sort des convenances publiques.
Ça ressemble beaucoup au contenu de votre "sortie".
Oui peut-être. Je m'inquiète surtout de l'avenir : de moins en moins de prêtres. De moins en moins de pères responsables, aussi. Je suis sûr que la raison en est commune. Lorsqu'on aura complètement évincé les prêtres et les pères, vous verrez ce qui restera... A vouloir tout féminiser et infantiliser à tout prix, ça devrait finir, j'imagine, par conduire à un certain déséquilibre. A moins, bien sûr, que les hommes ne servent décidément à rien de bon dans ce bas-monde. C'est bien ce que vous pensez, non ?
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Merci pour la leçon...
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Re: La communion à domicile

Message non lu par Pneumatis »

Bonjour à tous,

Discussion fort animée qui montre exactement l'ivraie qui pousse aux côtés du bon grain, dans le coeur de chacun, et depuis des temps immémoriaux. Cet ivraie, qu'ici je désignerait bien comme d'autres par le terme de pharisaïsme, c'est celui qui consiste à se tromper sur les finalités de ce qu'on a reçu. C'est le sens du terme qu'on a traduit par "hypocrites" dans les évangiles. Se tromper de finalité. C'est ce que faisaient les pharisiens lors qu'ayant reçu la Torah, parole sacrée de Dieu, la prenait au pied de la lettre, mais selon une approche qui lui faisait perdre son sens. Cela les conduisait notamment à juger leur prochain, alors que cela aurait du les conduire à se juger eux-même en premier lieu.

Ce que dit Archi concernant l'eucharistie est très juste dans une certaine mesure. Tout comme ce que l'on dit sur le fait de ne pas communier indignement. Mais c'est une parole qu'on doit recevoir pour soi, pas qui doit nous servir à juger l'autre.

C'est facilement démontrable : qui peut se permettre de juger qui est digne ou pas de distribuer ou recevoir la communion ? Quelle hérésie peut pousser à penser qu'une pratique en Eglise pourrait dénaturer le corps du Seigneur ? Et surtout, qui n'accuserait pas, en jugeant celui qui a un désir sincère de communion et celui qui répond à ce désir, une vraie perte de sens de l'eucharistie et donc de la liturgie ?

Oui au sacré de la liturgie qu'il nous faut respecter au mieux. Mais c'est quoi l'eucharistie ? c'est le Seigneur qui s'incarne en nous. C'est quoi la liturgie ? c'est encore cette relation de l'Homme et de Dieu rendu visible, incarné. Ne nous trompons pas de but, et ça vaut pour les extrêmes de chaque bord. L'eucharistie c'est une communion à Dieu qui le rend visible à travers notre témoignage. C'est la consécration de notre témoignage

Pour reprendre l'argument cité systématiquement et à répétition dans ce genre de débat, avec les propos de Saint Paul, sur le fait d'être digne de communier sous peine de manger et boire sa propre condamnation : les personnes qui l'invoquent se sont-elles interrogé sur ce que voulait dire "être digne" ? Tiens, bizarrement on a eu récemment un petit rappel, qui dérange d'ailleurs pas mal semble-t-il les tenants d'une certaine chapelle : Dignitatis Humanae. La dignité humaine, c'est d'être à l'image de Dieu, c'est d'être un Homme Libre. Ici il s'agit d'être libre ou non d'accueillir le Seigneur et de communier avec Lui. Ce n'est pas d'être un pharisien en parfaite conformité avec la loi. Du moins pas autant que son voisin de banc serait tenté d'en juger.

Notre vocation de chrétien, et c'est pourquoi nous communions, c'est de rendre visible le Seigneur, d'incarner sa parole dans nos vie. Quand nous mangeons le pain consacré, nous devenons par la grâce du Seigneur, les tabernacles du Dieu vivant, à l'image de la Sainte Vierge qui l'a accueilli dans son sein. Nous devenons le temple du Seigneur, et comme la nourriture est digérée pour être entièrement associée à notre corps, la divinité du corps du Seigneur nous sanctifie et divinise en quelque sorte notre humanité, afin que nous tendions toujours plus à ressembler au Seigneur Jésus, et devenir Vrai Homme et Vrai Dieu. Nous ne devenons pas Dieu en nature, mais nous le devenons par participation, par la sanctification de notre corps qui se mêle au corps du Seigneur, en l'assimilant.

Il n'existe pas une main, si impure soit-elle, qui puisse dénaturer le pain consacré. Comme nos péchés, des mains impures peuvent offenser le Seigneur. Des mains impures peuvent même perpétuer sa passion et torturer son saint corps. Mais cela vaut je dirais pour toutes les mains, et de cette impureté, les prêtres ne sont éventuellement pas exemptés.

La différence, elle a été dit : elle est dans le service consacré pour ce ministère. Les prêtres sont consacrés pour cela, cela veut dire qu'en distribuant la communion ils sont signe d'un acte divin, là encore. Cet acte divin de distribuer la communion est parfois profané, certes. Mais pour un bien mille fois plus grand qui est celui de communier, qui peut même en venir à justifier l'extension de la distribution à des ministres extraordinaires.

Je n'en reviens pas des remarques qui ont été faites à cette maman et sa fille, dont le témoignage est pourtant éloquent ! L'Eglise ne cesse de nous enseigner de la dimension ecclésiale de la famille. Comment pouvez-vous dire qu'une communion à la maison, particulièrement dans ce cas, entre la mère et sa fille, ce n'est pas une communion en Eglise ??? Vous confondez le corps du Christ et le batiment fait de pierres, ou quoi ? Vous avez l'impression que pour communier à Dieu, avec d'autres fidèles, il faut être dans les mêmes murs qu'eux ? Ben mince, ça rend tous les discours de l'Eglise sur la communion universelle, de toutes les églises du monde, un peu à côté de la plaque alors.

Par ailleurs, les baptisés sont consacrées prêtres, prophètes et rois. Ils ne reçoivent pas le sacrement de l'ordre, mais peuvent, par délégation, collaborer à l'action du prêtre. Si cette notion de collaboration n'existait pas, nous n'aurions même pas de prêtre, collaborateurs des évêques, mais devrions nous contenter des évêques. Les laïcs peuvent collaborer avec les prêtres, dès lors qu'il y a bien une subordination, dès lors que les laïcs deviennent le prolongement du prêtre. Et je rejoins ceux qui d'ailleurs soulignent l'importance que ce ministère extraordinaire soit bien visible. Car tout ce dont nous parlons ici, c'est toujours de visibilité, d'incarnation.

Voilà, OK, il y a beaucoup trop d'abus. Mais sérieusement, vous voulez empêcher le corps du Seigneur de rejoindre le corps de ces personnes isolées ? Mais quand bien même il revivrait ainsi un peu de sa passion, en passant par des mains impures, rappelez-vous ce qu'il a répondu à Pierre qui a voulu l'empêcher de vivre cette passion, pour le protéger ? "Passe derrière-moi Satan, tes pensées sont celles des hommes". Pour que nous puissions ressusciter avec lui. Par pitié, occupons-nous d'être digne en chacun de nous et de servir au mieux le Seigneur, et n'allons pas faire la loi, le juge et le tribunal sur d'autres fidèles, surtout quand à leur façon ils servent du mieux qu'ils peuvent ceux qui ont un désir véritable du Seigneur.

Un dernier mot sur l'évangélisation. Nous, tous les baptisés, devons porter la parole de Dieu. C'est ce que nous faisons dans la messe, sous la forme de la lecture de la Parole, et sous la forme de la communion au verbe fait chair. C'est cela l'idéal d'évangélisation. Il faut porter la parole de Dieu, et cette parole de Dieu a deux formes : la révélation ET le Christ lui-même, verbe fait chair. Si on prend toute la mesure de ce que signifie la mission d'évangélisation, on comprendra justement l'importance de ne pas isoler le Seigneur des coeurs qui le désirent.
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Re: La communion à domicile

Message non lu par philémon.siclone »

Cher Pneumatis, vous me pardonnerez de ne pas avoir lu intégralement votre message. Je me suis arrêté là où vous mêliez dans le même discours les mots : pharisaïsme et dignité. Je pense que cela était suffisant, en ce qui me concerne.

La question n'est pas : qui est digne ou n'est pas digne ?

La question est : qui accomplit le sacrifice ? Réponse : le Christ, qui est le bon pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. Le prêtre est à l'image du Christ et du bon pasteur : il renonce au monde, il quitte le monde, il donne sa vie, lui aussi, pour ses brebis. Il se sacrifie pour que ses brebis vivent. Et lorsque Jésus donne la communion à ses disciples, c'est lui-même qui se donne. Car "je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir". Il leur lave les pieds, aussi. Il ne dit pas à l'un des disciples : toi, tu n'as rien à faire, alors tu peux bien laver les pieds, parce que moi je suis trop occupé. Non. Lui, le Christ, il prend le temps de laver et d'essuyer chacun des pieds des disciples, même de Pierre. A ce moment, aucun des disciples n'est particulièrement "utile". C'est Jésus en personne qui les sert. Et il leur sert son propre Corps et son propre Sang. Il se sacrifie pour eux. Il donne sa vie pour qu'ils aient la vie.

Un prêtre, qu'est-ce que c'est, au juste ? C'est quelqu'un qui reproduit cet acte de Jésus. Il n'est pas question de dignité ni d'indignité. Pourquoi caricaturez-vous toujours ce genre de débat, en vous précipitant sur le concept de dignité ? Personne ne prétend une telle chose. Le prêtre est un serviteur. Il est au service de ses brebis, à l'image du Christ. Il se sacrifie, lui aussi, en quittant le monde, en se donnant tout entier à l'Église.

Alors, personne, pas même le laïc le plus digne du monde, ne pourra JAMAIS se mettre à la place du prêtre, même du plus indigne des prêtres.

Un laïc est un laïc. Un prêtre est un prêtre. Est-ce si compliqué à comprendre ? Pourquoi ne comprenez-vous pas des choses aussi simples que cela ? Et il n'est nullement question de dignité là-dedans. Simplement, laïcs et prêtres ne sont pas occupés aux mêmes choses dans ce monde. Laissons donc aux seuls prêtres ce qui est de leur ressort.

On nous demande : "à quoi es-tu utile dans ta paroisse ?" Mais un chrétien n'a pas à être "utile". Un chrétien est là pour être servi par le Christ, via le prêtre et nul autre. Et c'est cela, ressembler à un enfant : accepter d'être mis sur les genoux du Christ, accepter d'être servi. Et c'est cela, l'Église : la communauté de ceux qui sont servis par le Christ.

Mais les gens ne veulent pas se contenter d'être servis. Ils veulent faire plein de trucs. Ils veulent être "utiles". On s'étonne ensuite qu'il n'y ait plus de vocations...

Et attention quand vous employez le mot "pharisien"...

Parce que... c'est celui qui l'a dit qui l'est !
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Re: La communion à domicile

Message non lu par Pneumatis »

Bonjour Philémon,

Je suis désolé si vous vous êtes senti visé ou blessé par mes propos.

Les concepts de pharisaïsme et de dignité, je n'ai fait que les reprendre des échanges qui avaient eu lieu, échanges que j'ai pris le temps de lire en entier. Peut-être devriez-vous faire de même avec mon message, vous verriez alors que je ne confonds pas le laïc et le prêtre, et que j'accorde bien plus d'importance aux fonctions que vous ne le laissez croire dans votre réponse. Je n'ai pas dit qu'il fallait confondre la fonction de prêtre avec celle de laïc... ce serait un comble, j'ai passé suffisamment de temps ces derniers temps à expliquer à une dame peu disposée à comprendre, sur mon blog, la spécificité des fonctions, de femme, d'homme, de prêtre et de grand prêtre. Mais c'est un autre problème. Non, dans mon précédent message que peut-être vous lirez entièrement à tête reposée, j'ai dit que le laïc pouvait collaborer à l'oeuvre du prêtre, en lui étant subordonné et sur sa délégation. Il ne prend pas sa place. Il s'inscrit dans son prolongement, de manière extraordinaire. En outre, il me semble que l'Eglise le permet et donc que votre jugement personnel sur ce point ne puisse prétendre à être une vérité de foi. Ce qui m'autorise de facto à avoir le droit de ne pas être d'accord avec vous, vous en conviendrez.

J'ai parlé de dignité pour répondre à Archi qui a mis cet argument dans le débat. Je suis tout à fait d'accord avec vous, si vous lisez bien mon message : la distribution de la communion n'est pas une question de dignité, et c'est ce que je réponds en substance à Archi.

J'ai parlé de pharisaïsme pour prolonger les termes des échanges qui ont eu lieu jusqu'ici.

Cela étant dit, je crois que vous faites quelques raccourcis sur les fonctions. Le laïc n'est pas là que pour être servi, mais aussi pour servir. Et ce n'est pas le ministre ordonné seul qui a vocation à ressembler au Christ, mais tout baptisé. Car nous sommes tous consacrés prêtres, prophètes et roi par le baptême. Le ministre ordonné agit, dans la sainte messe, en la personne du Christ chef de l'Eglise. Il ne fait pas que "suivre un exemple", il incarne la fonction du Christ pendant la cène. Par ailleurs, tout baptisé reçoit la vocation de se conformer à l'exemple du Christ, et là on peut parler de "suivre un exemple". On peut même aller plus loin en remarquant que par la communion au corps et au sang du Christ, nous ne faisons plus seulement que suivre un exemple, nous nous associons pleinement au sacrifice du Christ et nous devenons un prolongement du verbe fait chair. C'est ce qui fait de nous des témoins, et nos vies des paroles de Dieu.

PS : j'aimerai savoir en quoi je caricature toujours (comme vous l'avez souligné) ce "genre de débat" (de quel genre parlez-vous ?). Il me semble y avoir là une accusation quelque peu injustifiée. A moins que vous ayez des éléments précis à l'appui bien sur. Auriez-vous quelques griefs contre moi, ou était-ce juste une remarque en l'air ? (je préfère juste que les choses soient claires).
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Re: La communion à domicile

Message non lu par Pneumatis »

Rectification : ce n'est pas Archi qui a parlé en premier lieu de dignité. Cela dit, il a repris (et malencontreusement déformé) une expression de Saint Paul, en disant :
Archi a écrit :à partir de quel moment l'Eucharistie qu'ils mangent avec autant de désinvolture deviendra-t-elle leur propre condamnation, comme l'enseigne Saint Paul (autorité qui ne semble pas suffisante pour coeurderoy, ce qui ne plaide guère en faveur de sa juste conception de l'Eglise)?
Or les mots exactes de Saint Paul ne parle pas de désinvolture mais d'indignité. J'ai voulu rebondir là-dessus comme vous avez pu le lire, en repartant justement de l'expression de Saint Paul. Désolé si mon propos n'a pas été assez précis.
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Re: La communion à domicile

Message non lu par etienne lorant »

archi a écrit :
Le catholique moderne communie aussi fréquemment, en partie grâce à des règles plus souples concernant le jeûne, (mais avaient-elles besoin d'être autant assouplies qu'elles l'ont été depuis les années 60?), dûes au départ à un Pape pas du tout moderniste (Saint Pie X).
Et certes, la communion a toujours été considéré, entre autres aspects, comme une nourriture spirituelle, dont il n'est pas bon d'être totalement privé. Pour autant, est-il absolument nécessaire de la recevoir régulièrement, est-ce vraiment un obstacle au développement spirituel?
Sur la communion fréquente, l'Imitation de Jésus-Christ (que l'on ne peut suspecter de dater d'hier) ne semble pas sur la même longueur d'onde:

Hélas ! qu'ils ont peu de piété, peu d'amour, ceux qui se privent si aisément de la sainte communion !Qu'il est heureux, au contraire, et agréable à Dieu, celui qui vit de telle sorte et qui conserve sa conscience si pure, qu'il serait préparé à communier tous les jours et communierait en effet, s'il lui était permis et qu'il pût le faire sans singularité !
Si quelqu'un s'en abstient quelquefois par humilité ou pour une cause légitime, on doit louer son respect. Mais si sa ferveur s'est refroidie, il doit se ranimer et faire tout ce qu'il peut: et Dieu secondera ses désirs, à cause de la droiture de sa volonté qu'il considère principalement. Que si des motifs légitimes l'empêchent d'approcher de la sainte Table, il conservera toujours l'intention et le saint désir de communier, et ainsi il ne sera pas entièrement privé du fruit du Sacrement.

Quoique tout fidèle doive, à certains jours et au temps fixé, recevoir avec un tendre respect le Corps du Sauveur dans son Sacrement, et rechercher en cela plutôt la gloire de Dieu que sa propre consolation, cependant il peut aussi communier en esprit tous les jours, à toute heure, avec beaucoup de fruit. Car il communie de cette manière et se nourrit invisiblement de Jésus-Christ toutes les fois qu'il médite avec piété les mystères de son Incarnation et de sa Passion, et qu'il s'enflamme de son amour.

L'Imitation, Livre 4, chapitre 10
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: La communion à domicile

Message non lu par Pierre-Antoine »

philémon.siclone a écrit :Cher Pneumatis, vous me pardonnerez de ne pas avoir lu intégralement votre message.
Vous auriez pourtant du aller jusqu'au bout... En effet le message de Pneumatis est une très bonne synthèse et mise en perspectives des éléments de ce fil.

Par ailleurs il me semble que vous faites des confusions entre prêtre et religieux. Le prêtre est mis à part par le sacrement de l'ordre, pour autant, il ne donne pas tout à l'Eglise et au Christ.

Le religieux, par les trois voeux de pauvreté, d'obéissance et de chasteté, donne effectivement tout. Dans la mesure où il se séare de tout, le point le plus fort étant sans doute l'obéissance.

Les religieux ne sont pas tous prêtres et tous les prêtres ne sont pas religieux.

Remplir une charge dans l'Eglise, qu'elle soit ordinaire ou extraordinaire, ne se fait pas de son propre chef, mais à l'image du Christ qui appelle les apôtres, c'est l'Eglise qui appelle à une charge par l'intermédiaire de l'ordinaire du lieu ou de son délégataire (le curé notamment).
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Re: La communion à domicile

Message non lu par Anne »

philémon.siclone a écrit : Oui peut-être. Je m'inquiète surtout de l'avenir : de moins en moins de prêtres.
Vous croyez sincèrement que d'empêcher les prêtres surchargés de travail de déléguer certaines tâches va contribuer au regain des vocations?
A moins, bien sûr, que les hommes ne servent décidément à rien de bon dans ce bas-monde. C'est bien ce que vous pensez, non ?
Ma foi!

Vous ne lisez absolument pas dans mes pensées!
C'est incroyable, ces "coq à l'âne"!!!!

Quoique Freud aurait peut-être quelque chose à dire sur ce genre d'affirmations gratuites... :/
Merci pour la leçon...
Mais je vous en prie! Comme on dit ici: "Si le chapeau te fait, mets-le!"
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
2 Co 4, 8-10
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