antioche a écrit :Je suis d'accord, Papillon, mais voici le problème :
si l'autre n'est pas en situation de reconnaitre le mal qu'il a fait (parce que, pour lui, c'est pas du mal, dit-il !) et si, de fait, il n'y a plus aucun échange, parce qu'un blocage enpêche tout rapprochement, ne reste-il pas qu' à """essayer""" d'oublier (la souffrance reste malgré tout) mais quoi d'autre ?
Quoi d'autre?
Ne rien oublier, parce que l'oubli c'est vraiment la mort, et que Dieu lui-même n'oublie rien... mais trouver aux fautes de son prochain, même de son pire ennemi, des circonstances atténuantes. Si une action semble inexcusable, comprendre qu'elle n'est que le fait d'une ignorance, d'une hâte excessive, d'une formation inachevée, d'un entourage malfaisant ou tout simplement du passé de celui qui la commet. Penser que les fautes des autres sont identiques aux nôtres, qu'ils sont eux-mêmes remplis de la même confusion qui nous habite, que cette faute qu'ils viennent de commettre à notre égard n'est peut-être qu'une défaite provisoire après un long combat pour se corriger de leurs travers. La charité trouve toujours quelque chose en la matière...
Penser que celui qui nous offense "ne sait pas ce qu'il fait" et se retenir de le juger ou de le condamner pour ne pas être jugé et condamné à son tour. Mais ne rien oublier, surtout.
Car ceux qui se savent si bien se soustrairent au jugement, quand bien même auraient-ils l'assurance du pardon demandé par le Christ pour les hommes qui "ne savent ce qu'il font", auront tout de même à répondre non pas de cette ignorance, mais de tous leurs refus.
Et c'est bien pour cette raison qu'il ne faut rien oublier: comment prier en effet pour la conversion, la contrition et le salut de nos ennemis, de tous ceux qui nous veulent du mal et de tous ceux qui nous ont offensé, si nous commençons par les oublier, ou par oublier ce qu'ils ont fait?
Quoi d'autre?
La prière, tout simplement.
Amicalement.
Virgile.