L'absurde tristesse
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- Petit Matthieu
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L'absurde tristesse
«Nous avons autant besoin de raisons de vivre que de quoi vivre.»
Cette phrase de l'abbé Pierre, comme je la comprends. Et pourtant, quand je regarde autour de moi, que de gens dépourvus d'apparentes raisons de vivre. Seigneur, sans toi, la vie serait-elle supportable, serait-elle vivable ?
Trop de gens que je vois t'ignorent, tu leur es un objet d'indifférence quand tu n'en es pas un de haine. Ils vont parfois jusqu'à haïr ce Dieu dont il n'admette l'existence, poussant à l'irrationnel.
Seigneur, comment peuvent-ils donc vivre, se lever et œuvrer chaque jour sans raison, sans autre raison que leur plaisir et intérêt propre ? Sont-ils plus durs au mal, aux violences du monde que moi ? Sont-ils plus insensibles à l'absurdité de la condition humaine quand elle s'écarte de Dieu ?
Mon Dieu, ces frères là, je ne peux les comprendre.
Tout est morne et d'une tristesse affreuse sans le sens.
La vie pour elle même n'a pas de raison d'être, rien n'est assez fort sur terre pour me donner le bonheur et certainement pas moi-même.
Si il n'y a pas l'espérance d'un avenir parfait, si la vie s'arrêtait à notre mort, rien sur terre ne me retiendrait plus d'un minute ; mots terribles à dire à ses amis, à ses parents et à tous ceux qu'on connait. Quoi de plus cruel que de dire à ceux qui nous aiment que leur amour uni ne me donne même pas la force de vivre sur cette terre ne serait-ce que quelques temps !
Le bonheur, l'espérance c'est vous mon Dieu, c'est vers cet Ailleurs. Et le sens de la vie ici devient celui de rechercher cet Ailleurs, le comprendre et quand on a la chance de connaître le message clair qu' est celui de l'évangile, c'est de le pratiquer : aimer Dieu et aimer son prochain comme soi même.
Avoir l'espérance en ce dieu bon et juste au-delà des injustices, des horreurs de notre monde, garder la foi et aimer.
Quand à moi, pourquoi la tristesse me frappe-t-elle parfois ? J'ai ces raisons de vivre mon Dieu, c'est toi même qui me les as offertes ! Je te rend grâce d'avoir déposé en moi tes mystères, ta révélation par ta parole. Seigneur, brise la tristesse quand elle s'installe en moi, car elle n'a aucune raison d'y être.
Même pas une seule, tant votre fardeau n'en est pas un.
Cette phrase de l'abbé Pierre, comme je la comprends. Et pourtant, quand je regarde autour de moi, que de gens dépourvus d'apparentes raisons de vivre. Seigneur, sans toi, la vie serait-elle supportable, serait-elle vivable ?
Trop de gens que je vois t'ignorent, tu leur es un objet d'indifférence quand tu n'en es pas un de haine. Ils vont parfois jusqu'à haïr ce Dieu dont il n'admette l'existence, poussant à l'irrationnel.
Seigneur, comment peuvent-ils donc vivre, se lever et œuvrer chaque jour sans raison, sans autre raison que leur plaisir et intérêt propre ? Sont-ils plus durs au mal, aux violences du monde que moi ? Sont-ils plus insensibles à l'absurdité de la condition humaine quand elle s'écarte de Dieu ?
Mon Dieu, ces frères là, je ne peux les comprendre.
Tout est morne et d'une tristesse affreuse sans le sens.
La vie pour elle même n'a pas de raison d'être, rien n'est assez fort sur terre pour me donner le bonheur et certainement pas moi-même.
Si il n'y a pas l'espérance d'un avenir parfait, si la vie s'arrêtait à notre mort, rien sur terre ne me retiendrait plus d'un minute ; mots terribles à dire à ses amis, à ses parents et à tous ceux qu'on connait. Quoi de plus cruel que de dire à ceux qui nous aiment que leur amour uni ne me donne même pas la force de vivre sur cette terre ne serait-ce que quelques temps !
Le bonheur, l'espérance c'est vous mon Dieu, c'est vers cet Ailleurs. Et le sens de la vie ici devient celui de rechercher cet Ailleurs, le comprendre et quand on a la chance de connaître le message clair qu' est celui de l'évangile, c'est de le pratiquer : aimer Dieu et aimer son prochain comme soi même.
Avoir l'espérance en ce dieu bon et juste au-delà des injustices, des horreurs de notre monde, garder la foi et aimer.
Quand à moi, pourquoi la tristesse me frappe-t-elle parfois ? J'ai ces raisons de vivre mon Dieu, c'est toi même qui me les as offertes ! Je te rend grâce d'avoir déposé en moi tes mystères, ta révélation par ta parole. Seigneur, brise la tristesse quand elle s'installe en moi, car elle n'a aucune raison d'y être.
Même pas une seule, tant votre fardeau n'en est pas un.
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
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etienne lorant
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Re: L'absurde tristesse
Cette tristesse, je la supporte comme vous, elle vient à l'improviste, il suffit que je laisse dériver ma pensée vers les calculs de rentabilité de mon affaire par exemple... et je suis repris par les pensées précédant ma conversion. A cette époque, je croyais de nouveau en Dieu, mais je ne comprenais pas qu'Il puisse m'aimer, moi... De ce fait, j'étais encore enchaîné à la nécessité de la "réussite par soi-même". Ce qui avait été une belle idée était devenu une forme d'esclavage: il faut gagner, à tout prix, même l'amour d'une femme ? L'amour doit-il aussi faire partie du "contrat social" ? Le travail, c'était cela ma religion.Petit Matthieu a écrit :
Quand à moi, pourquoi la tristesse me frappe-t-elle parfois ? J'ai ces raisons de vivre mon Dieu, c'est toi même qui me les as offertes ! Je te rend grâce d'avoir déposé en moi tes mystères, ta révélation par ta parole. Seigneur, brise la tristesse quand elle s'installe en moi, car elle n'a aucune raison d'y être.
Même pas une seule, tant votre fardeau n'en est pas un.
Voici où je veux en venir: cette tristesse que vous ressentez ne vient probablement pas de vous, mais de cet air empoisonné où tant de pauvres bougres laissent traîner leurs mauvaises pensées ou leur désespoir. Vous êtes triste, en dépit de la foi, parce que le Seigneur vous fait partager son fardeau. Oh, c'est une toute petite partie de son fardeau, mais tout de même... Mais si vous parvenez à supporter ces accès de tristesse sans changer de cap, je peux vous assurer que vous découvrirez la Joie. La joie avec une lettre majuscule. Elle m'est venue dans mes moments de peines morales et aussi de souffrances physiques, et cependant, vous savez quoi ? Cette Joie était si forte, si puissante que j'aimerais vraiment (par exemple) revivre le jour où j'ai cessé de fumer ! Vous irez de découverte en découverte, car le monde intérieur est beaucoup plus vaste que le monde visible ! Dîtes souvent: "Non comme je veux, Seigneur, mais comme Toi, tu veux !"
Je prierai pour vous ce soir. D'ores-et-déjà, que de profondeur dans votre méditation !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- Petit Matthieu
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Re: L'absurde tristesse
Merci pour ces mots d'encouragement, Étienne.
Maintenant, je sais me persuader, même dans les moments où tout est noir pour moi, que c'est une illusion et que la Lumière ne s'éteint jamais. Mais parfois, les ténèbres sont si denses, si lourds qu'ils m'écrasent, et j'en viens jusqu'à douter de l'existence de Dieu. Ce sont les pires moments que je connaisse. Heureusement ils sont rares. Ce sont mes soirées "Psaume 87".
Maintenant, je sais me persuader, même dans les moments où tout est noir pour moi, que c'est une illusion et que la Lumière ne s'éteint jamais. Mais parfois, les ténèbres sont si denses, si lourds qu'ils m'écrasent, et j'en viens jusqu'à douter de l'existence de Dieu. Ce sont les pires moments que je connaisse. Heureusement ils sont rares. Ce sont mes soirées "Psaume 87".
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
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- coeurderoy
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Re: L'absurde tristesse
Bonsoir Matthieu,
nous avons honte souvent d'être tristes, étant chrétiens : nous portons le poids du jour, soupirons (trop parfois) de la longueur de l'exil. Il y a la mauvaise tristesse, celle qui désespère, dégoûte, obscurcit exagérément l'avenir et la bonne tristesse : regret de nos fautes, compassion pour autrui, partage des moments de déréliction que le Seigneur a pu connaître. Au delà de notre sensibilité, des humeurs, de l'état de santé, l'âme peut trouver sa Joie en fixant les seules réalités qui subsisteront : elles sont de l'ordre de la Charité car ce qui se fait ici bas sans amour n'est rien aux yeux de Dieu.
Marie Noël, poète nocturne, dans un passage des Notes Intimes (Stock) prend , contre Dante, la défense des attristés, des affligés, et en appelle à l'Homme des Douleurs terrassé à Gethsémani...
Sans se complaire dans la tristesse il nous faut bien, à certaines heures la porter avec le Seigneur et tant d'âmes affligées de par le monde.
Et puis nous avons ces fleurs de Joie que sont L'Eucharistie, la Vierge Marie, la Communion des Saints, et tant de merveilles quotidiennes, petits miracles très humbles de chaque jour : notre corps qui nous aide tant et permet d'oublier un peu l'âme trop souffrante et parfois tyrannique, le prochain, difficile mais passionnant, une feuille d'automne couverte de perles de rosée, le bon sourire d'un inconnu, la gentillesse de mon marchand de légumes, un air de musique tombé du ciel, la douceur d'une oeuvre d'art ou d'une brume matinale...Avec, en plus, le privilège de dormir au chaud, de pouvoir poursuivre des études - je deviens prosaïque je sais - cela permet de relativiser notre "malheur" parfois très sensible et perturbant !
Notre petit habitacle humain, si fragile et compliqué, résonne parfois harmonieusement des touches du Saint Esprit, nous vibrons alors à l'unisson des Joies de l'Eglise, il est normal aussi que nous portions notre part de la Croix du Seigneur, de la peine de chaque jour, de la tristesse et de la fugacité de nos petits plaisirs terrestres...
Bien cordialement et fraternellement dans le Christ ! et...sursum corda !
nous avons honte souvent d'être tristes, étant chrétiens : nous portons le poids du jour, soupirons (trop parfois) de la longueur de l'exil. Il y a la mauvaise tristesse, celle qui désespère, dégoûte, obscurcit exagérément l'avenir et la bonne tristesse : regret de nos fautes, compassion pour autrui, partage des moments de déréliction que le Seigneur a pu connaître. Au delà de notre sensibilité, des humeurs, de l'état de santé, l'âme peut trouver sa Joie en fixant les seules réalités qui subsisteront : elles sont de l'ordre de la Charité car ce qui se fait ici bas sans amour n'est rien aux yeux de Dieu.
Marie Noël, poète nocturne, dans un passage des Notes Intimes (Stock) prend , contre Dante, la défense des attristés, des affligés, et en appelle à l'Homme des Douleurs terrassé à Gethsémani...
Sans se complaire dans la tristesse il nous faut bien, à certaines heures la porter avec le Seigneur et tant d'âmes affligées de par le monde.
Et puis nous avons ces fleurs de Joie que sont L'Eucharistie, la Vierge Marie, la Communion des Saints, et tant de merveilles quotidiennes, petits miracles très humbles de chaque jour : notre corps qui nous aide tant et permet d'oublier un peu l'âme trop souffrante et parfois tyrannique, le prochain, difficile mais passionnant, une feuille d'automne couverte de perles de rosée, le bon sourire d'un inconnu, la gentillesse de mon marchand de légumes, un air de musique tombé du ciel, la douceur d'une oeuvre d'art ou d'une brume matinale...Avec, en plus, le privilège de dormir au chaud, de pouvoir poursuivre des études - je deviens prosaïque je sais - cela permet de relativiser notre "malheur" parfois très sensible et perturbant !
Notre petit habitacle humain, si fragile et compliqué, résonne parfois harmonieusement des touches du Saint Esprit, nous vibrons alors à l'unisson des Joies de l'Eglise, il est normal aussi que nous portions notre part de la Croix du Seigneur, de la peine de chaque jour, de la tristesse et de la fugacité de nos petits plaisirs terrestres...
Bien cordialement et fraternellement dans le Christ ! et...sursum corda !
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"
Saint Bernard de Clairvaux
Saint Bernard de Clairvaux
Re: L'absurde tristesse
Que de souffrance, Petit Matthieu ! Il me semble que certains plus que d'autres comprennent mieux le Christ en croix lorsqu'il dit "Mon Dieu Mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné ?"
Je vous confie de tout coeur à celui qui nous aime.
Pour autant que ce soit possible je vous envoie un peu de soleil.
Je vous confie de tout coeur à celui qui nous aime.
Pour autant que ce soit possible je vous envoie un peu de soleil.
- Petit Matthieu
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Re: L'absurde tristesse
Merci pour vos belles réponses...
En effet, cette distinction entre saine et malsaine tristesse est frappante quand vous l'expliquez, je confonds parfois les deux, certainement. Et cet exil, vraiment je le ressens : quand bien même le royaume est parmi nous, l'impatience du royaume de Dieu installé sur terre comme au ciel est si forte qu'elle nous empêche d'apprécier notre condition, ici bas.
Mais je ne suis pas à plaindre, et si parfois je suis accablé, au fond de moi, cette foi, avec toutes ses faiblesses, a le mérite d'exister, et de perdurer sans interruption depuis qu'elle est née il y a de cela environ 8 ans. Que j'aimerai avoir la foi de Job ! Mais c'est un travail, un long chemin...
Mais, au fond de moi, je suis heureux. Car je sais que jamais je n'aurai le droit de me sentir sans espoir, seul. Et la seule chose qui me tuerait serait ce sentiment là. Alors, je remercie le Seigneur de m'avoir offert sa parole, et c'est même en la connaissant que m'est apparu ce sentiment d'horreur insupportable de la vie sans ce sens. Je me suis un peu rendu compte de ce qu'est la mort, le jour où j'en suis sorti.
D'où mon refus de cette tristesse qui parfois est bien présente, alors qu'elle devrait se faire noyer par la Lumière. Merci à vous en tout cas !
En effet, cette distinction entre saine et malsaine tristesse est frappante quand vous l'expliquez, je confonds parfois les deux, certainement. Et cet exil, vraiment je le ressens : quand bien même le royaume est parmi nous, l'impatience du royaume de Dieu installé sur terre comme au ciel est si forte qu'elle nous empêche d'apprécier notre condition, ici bas.
Mais je ne suis pas à plaindre, et si parfois je suis accablé, au fond de moi, cette foi, avec toutes ses faiblesses, a le mérite d'exister, et de perdurer sans interruption depuis qu'elle est née il y a de cela environ 8 ans. Que j'aimerai avoir la foi de Job ! Mais c'est un travail, un long chemin...
Mais, au fond de moi, je suis heureux. Car je sais que jamais je n'aurai le droit de me sentir sans espoir, seul. Et la seule chose qui me tuerait serait ce sentiment là. Alors, je remercie le Seigneur de m'avoir offert sa parole, et c'est même en la connaissant que m'est apparu ce sentiment d'horreur insupportable de la vie sans ce sens. Je me suis un peu rendu compte de ce qu'est la mort, le jour où j'en suis sorti.
D'où mon refus de cette tristesse qui parfois est bien présente, alors qu'elle devrait se faire noyer par la Lumière. Merci à vous en tout cas !
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
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- coeurderoy
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Re: L'absurde tristesse
Vous savez Matthieu, cette tristesse, abandon, accablement, dites vous que des êtres aussi donnés et rayonnants que Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face, Marcel Van, l'un de ses "petits frères", Mère Térèsa et bien d'autres les ont éprouvés, à des degrés souvent intenses...
Le soc passe et le terre gémit, mais nous devons faire confiance à Celui qui guide la charrue. Ne pas souffrir dans un monde pareil serait un comble pour un disciple de Jésus, et pourtant notre Joie est bien réelle même si elle est si peu sensible parfois...
Vous qui aimez les pierres anciennes, rappelez-vous que les chapiteaux ou les statues que nous admirons le plus sont ceux qui ont aussi reçu le plus de ...coups de ciseau du sculpteur !
Nos âmes sont ainsi je pense, et pour faire un chef-d'oeuvre, le Maitre a besoin d'un matériau qui se prête à son travail et...encaisse les coups.
Essayez - c'est parfois dur ! - d'offrir cela (et surtout ne refusez surtout pas la Joie lorsqu'elle se présente !).
Bien cordialement !
Le soc passe et le terre gémit, mais nous devons faire confiance à Celui qui guide la charrue. Ne pas souffrir dans un monde pareil serait un comble pour un disciple de Jésus, et pourtant notre Joie est bien réelle même si elle est si peu sensible parfois...
Vous qui aimez les pierres anciennes, rappelez-vous que les chapiteaux ou les statues que nous admirons le plus sont ceux qui ont aussi reçu le plus de ...coups de ciseau du sculpteur !
Nos âmes sont ainsi je pense, et pour faire un chef-d'oeuvre, le Maitre a besoin d'un matériau qui se prête à son travail et...encaisse les coups.
Bien cordialement !
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"
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Re: L'absurde tristesse
Merci Coeurderoy pour vos réponses toujours éclairantes.
Je retiens l'image du chapiteau, elle est excellente !
Comme vous le dîtes, nous devons porter notre croix, nous le savons. Et nous devons aussi savoir que ce joug est léger.
Je retiens l'image du chapiteau, elle est excellente !
Comme vous le dîtes, nous devons porter notre croix, nous le savons. Et nous devons aussi savoir que ce joug est léger.
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
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etienne lorant
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Re: L'absurde tristesse
Je vous donne cette "recette" - que j'avais moi-même trouvé dans le Petit Journal de sainte Faustine: communiez souvent !
Depuis 1995, j'ai communié chaque matin avant d'aller travailler. A 6h30, j'arrivais au petit monastère, je m'asseyais dans les stalles laissées vides (il n'y avait plus que quatre soeurs Clarisses). J'avais le temps de me recueillir jusqu'à 7hOO, heure à laquelle commençait l'Office de Laudes. Ensuite, temps de contemplation et à 8 heures, le prêtre arrivait pour la messe.
Au bout de six mois, je me suis dit: "Je ne vais quand-même pas aller communier chaque jour de ma vie"... J'ai renoncé trois jours, puis je suis revenu. L'Eucharistie, croyez-moi, donne parfois la Joie, mais elle donne toujours la force pour vivre sa journée... J'ai communié ce matin aussi !
Depuis 1995, j'ai communié chaque matin avant d'aller travailler. A 6h30, j'arrivais au petit monastère, je m'asseyais dans les stalles laissées vides (il n'y avait plus que quatre soeurs Clarisses). J'avais le temps de me recueillir jusqu'à 7hOO, heure à laquelle commençait l'Office de Laudes. Ensuite, temps de contemplation et à 8 heures, le prêtre arrivait pour la messe.
Au bout de six mois, je me suis dit: "Je ne vais quand-même pas aller communier chaque jour de ma vie"... J'ai renoncé trois jours, puis je suis revenu. L'Eucharistie, croyez-moi, donne parfois la Joie, mais elle donne toujours la force pour vivre sa journée... J'ai communié ce matin aussi !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Re: L'absurde tristesse
Bonjour MatthieuMaintenant, je sais me persuader, même dans les moments où tout est noir pour moi, que c'est une illusion et que la Lumière ne s'éteint jamais. Mais parfois, les ténèbres sont si denses, si lourds qu'ils m'écrasent, et j'en viens jusqu'à douter de l'existence de Dieu. Ce sont les pires moments que je connaisse
Bien que cela soit vraiment difficile à porter, ces moments de ténèbres intenses, Dieu les permet pour votre âme parce qu'Il veut faire briller plus encore Sa lumière en vous. C'est lorsqu'Il souhaite une communion encore plus intime avec l'âme qui Lui dit "oui" et qu'Il aime tant. Alors, il est vrai que pendant ses moments là, lorsque l'on ne reçoit pas de Dieu de consolations sensibles, il faut "s'accrocher" comme vous le faîtes à la lecture des psaumes ou de livres saints ou de livres parlant de la vie des saints, chez qui l'on retrouve les mêmes passages concernant l'obscurité de l'âme et, si les consolations ne sont pas perceptibles en l'âme elle-même, elles se trouvent sur le chemin par de petites délicatesses que vous savez ne venir que de Dieu seul, car le Seigneur ne nous abandonne jamais. Si cela peut vous apporter un quelconque réconfort, sachez que vous êtes très aimé et que le Seigneur vous rapproche plus encore de Son Coeur.
Amicalement.
-
etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: L'absurde tristesse
N'ayez crainte, laissez faire Dieu... le temps de Dieu n'est pas le nôtre. Je vous ai retrouvé ce texte de Bernanos sur la prière, pour partager...
"« Nous nous faisons généralement de la prière une si absurde idée! Comment ceux qui ne la connaissent guère – peu ou pas – osent-ils en parler avec tant de légèreté? Un trappiste, un chartreux, travaillera des années pour devenir un homme de prière, et le premier étourdi venu prétendra juger de l’effort de toute une vie! Si la prière était réellement ce qu’ils pensent, une sorte de bavardage, le dialogue d’un maniaque avec son ombre, ou moins encore – une vaine et superstitieuse requête en vue d’obtenir les biens de ce monde, - serait-il croyable que des milliers d’êtres y trouvassent jusqu’à leur dernier jour, je ne dis pas même tant de douceurs – ils se méfient des consolations sensibles – mais une dure, forte et plénière joie! Oh! sans doute, les savants parlent de suggestion. C’est qu’ils n’ont sûrement jamais vu de ces vieux moines, si réfléchis, si sages, au jugement inflexible, et pourtant tout rayonnants d’entendement et de compassion d’une humanité si tendre. Par quel miracle ces demi-fous, prisonniers d’un rêve, ces dormeurs éveillés semblent-ils entrer plus avant chaque jour dans l’intelligence des misères d’autrui? Etrange rêve, singulier opium qui, loin de replier l’individu sur lui-même, de l’isoler de ses semblables, le fait solidaire de tous, dans l’esprit de l’universelle charité!
J’ose à peine risquer cette comparaison, je prie qu’on l’excuse, mais peut-être satisfera-t-elle un grand nombre de gens dont on ne peut attendre aucune réflexion personnelle s’ils n’y sont d’abord encouragés par quelque image inattendue qui le déconcerte. Pour avoir quelque fois frappé au hasard, du bout des doigts, les touches d’un piano, un homme sensé se croirait-il autorisé à juger de haut la musique? Et si telle symphonie ed Beethoven, telle fugue de Bach le laisse froid, s’il doit se contenter d’observer sur le visage d’autrui le reflet des hautes délices inaccessibles, n’en accusera-t-il pas que lui-même?
Hélas! on en croit sur parole des psychiatres, et l’unanime témoignage des Saints sera tenu pour peu ou rien. Ils auront beau soutenir que cette sorte d’approfondissement intérieur ne ressemble à aucun autre, qu’au lieu de nous découvrir à mesure notre propre complexité il about it à une soudaine et totale illumination, qu’il débouche dans l’azur, on se contentra de hausser les épaules. Quel homme de prière a-t-il pourtant jamais avoué que la prière l’ait déçu? "
"« Nous nous faisons généralement de la prière une si absurde idée! Comment ceux qui ne la connaissent guère – peu ou pas – osent-ils en parler avec tant de légèreté? Un trappiste, un chartreux, travaillera des années pour devenir un homme de prière, et le premier étourdi venu prétendra juger de l’effort de toute une vie! Si la prière était réellement ce qu’ils pensent, une sorte de bavardage, le dialogue d’un maniaque avec son ombre, ou moins encore – une vaine et superstitieuse requête en vue d’obtenir les biens de ce monde, - serait-il croyable que des milliers d’êtres y trouvassent jusqu’à leur dernier jour, je ne dis pas même tant de douceurs – ils se méfient des consolations sensibles – mais une dure, forte et plénière joie! Oh! sans doute, les savants parlent de suggestion. C’est qu’ils n’ont sûrement jamais vu de ces vieux moines, si réfléchis, si sages, au jugement inflexible, et pourtant tout rayonnants d’entendement et de compassion d’une humanité si tendre. Par quel miracle ces demi-fous, prisonniers d’un rêve, ces dormeurs éveillés semblent-ils entrer plus avant chaque jour dans l’intelligence des misères d’autrui? Etrange rêve, singulier opium qui, loin de replier l’individu sur lui-même, de l’isoler de ses semblables, le fait solidaire de tous, dans l’esprit de l’universelle charité!
J’ose à peine risquer cette comparaison, je prie qu’on l’excuse, mais peut-être satisfera-t-elle un grand nombre de gens dont on ne peut attendre aucune réflexion personnelle s’ils n’y sont d’abord encouragés par quelque image inattendue qui le déconcerte. Pour avoir quelque fois frappé au hasard, du bout des doigts, les touches d’un piano, un homme sensé se croirait-il autorisé à juger de haut la musique? Et si telle symphonie ed Beethoven, telle fugue de Bach le laisse froid, s’il doit se contenter d’observer sur le visage d’autrui le reflet des hautes délices inaccessibles, n’en accusera-t-il pas que lui-même?
Hélas! on en croit sur parole des psychiatres, et l’unanime témoignage des Saints sera tenu pour peu ou rien. Ils auront beau soutenir que cette sorte d’approfondissement intérieur ne ressemble à aucun autre, qu’au lieu de nous découvrir à mesure notre propre complexité il about it à une soudaine et totale illumination, qu’il débouche dans l’azur, on se contentra de hausser les épaules. Quel homme de prière a-t-il pourtant jamais avoué que la prière l’ait déçu? "
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: L'absurde tristesse
Très beau texte, tout rempli de finesse !
La prière est justement l'un de mes objectifs prioritaires, je ne suis pas vraiment homme de prière, et pourtant je m'y sens attiré. Je m'y essaye, mais c'est repoussant, bien souvent. Mais je persévère et de nombreux témoignages m'aident à comprendre ce que c'est que prier.
C'est un long chemin, mais comment ne pourrai-je pas progresser avec tout ces bons conseils ? Il faudrait que je sois vraiment de mauvaise volonté.
La prière est justement l'un de mes objectifs prioritaires, je ne suis pas vraiment homme de prière, et pourtant je m'y sens attiré. Je m'y essaye, mais c'est repoussant, bien souvent. Mais je persévère et de nombreux témoignages m'aident à comprendre ce que c'est que prier.
C'est un long chemin, mais comment ne pourrai-je pas progresser avec tout ces bons conseils ? Il faudrait que je sois vraiment de mauvaise volonté.
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Re: L'absurde tristesse
J'ai fait pour Noël la demande d'un livre sur Padre Pio à mes parents. C'est un recueil de ses lettres présentée par le père capucin Guanluigi Pasquale.
C'est saisissant, et un passage précis m'a fait penser au sentiment que j'avais quand j'ai écrit ces mots sur cette tristesse, je vous en fais part :
"Vivre ici-bas, mon père, m'ennuie. Vivre cette vie d'exil est pour moi d'un tourment si amer que je n'en peux presque plus. A la pensée qu'à chaque instant je pourrais perdre Jésus, je suis pris d'une angoisse impossible à expliquer. Seule l'âme qui aime sincèrement Jésus peut le savoir."
N'allez pas croire que je vis la même chose que le saint padre pio, ou encore que je possède sa foi. Encore moins que je suis une âme qui "aime sincèrement Jésus". Je suis à mille lieux de Padre Pio, hélas. Et pourtant j'arrive à comprendre cette angoisse, sa tristesse d'être sur la terre, ses gémissements de devoir parfois simplement vivre. Voyez je pense qu'on ne peut pas être hermétique à son environnement, et si j'ai souvent cette lassitude de vivre, ce découragement devant l'écart entre mes faiblesses et ce que je dois accomplir, c'est parce que ceux qui m'environnent sont joyeux de vivre.
Mais hélas égoïstement joyeux, d'une joie superficielle et qui vient d'eux-même, faite uniquement de plaisirs et sans aucun idéal. Un pragmatisme froid, un refus de s'interroger ne serait-ce que sur le sens de l'existence....quand je leur parle de cela, ils me disent qu'il s'agit là de questions de collégien rêveur et qu'il faut passer à autre chose, mûrir. Si je leur disais qu'en plus des questions j'ai les réponses.
Et je vois pourtant clair en eux, il suffirait de poursuivre dans ces questions pour qu'ils se rendent compte clairement de l'absurdité de leur façon de vivre, de l'odeur de désert qu'ils portent sur eux. Ces questions, ils les balayent car ils savent qu'elles les perturbent et ils ne veulent pas de réponses.
Aussi, à ma mesure, quand je vois tout en noir, je me dis même dans ces moments là, que je suis béni, et que malgré le poids de la solitude, connaître Jésus et son message, être porté en partie par l'Esprit Saint, c'est être le plus heureux de tous. Mes amis je ne pourrais jamais me résoudre à les laisser se tuer, je m'en remets au Seigneur, le priant de m'indiquer si un jour j'ai une action à accomplir pour les amener à la rencontre du Christ.
C'est donc à ma mesure de tout petit pécheur que je comprends ces lignes du Padre Pio, qui s'angoisse, qui gémit de la pesanteur de la vie.......et qui quelques lignes plus loin se réjouis, est heureux et pleure de joie dans son quotidien.
Je le remercie ici, car il est une main qui amène au Christ et il n'y en a jamais assez.
C'est saisissant, et un passage précis m'a fait penser au sentiment que j'avais quand j'ai écrit ces mots sur cette tristesse, je vous en fais part :
"Vivre ici-bas, mon père, m'ennuie. Vivre cette vie d'exil est pour moi d'un tourment si amer que je n'en peux presque plus. A la pensée qu'à chaque instant je pourrais perdre Jésus, je suis pris d'une angoisse impossible à expliquer. Seule l'âme qui aime sincèrement Jésus peut le savoir."
N'allez pas croire que je vis la même chose que le saint padre pio, ou encore que je possède sa foi. Encore moins que je suis une âme qui "aime sincèrement Jésus". Je suis à mille lieux de Padre Pio, hélas. Et pourtant j'arrive à comprendre cette angoisse, sa tristesse d'être sur la terre, ses gémissements de devoir parfois simplement vivre. Voyez je pense qu'on ne peut pas être hermétique à son environnement, et si j'ai souvent cette lassitude de vivre, ce découragement devant l'écart entre mes faiblesses et ce que je dois accomplir, c'est parce que ceux qui m'environnent sont joyeux de vivre.
Mais hélas égoïstement joyeux, d'une joie superficielle et qui vient d'eux-même, faite uniquement de plaisirs et sans aucun idéal. Un pragmatisme froid, un refus de s'interroger ne serait-ce que sur le sens de l'existence....quand je leur parle de cela, ils me disent qu'il s'agit là de questions de collégien rêveur et qu'il faut passer à autre chose, mûrir. Si je leur disais qu'en plus des questions j'ai les réponses.
Et je vois pourtant clair en eux, il suffirait de poursuivre dans ces questions pour qu'ils se rendent compte clairement de l'absurdité de leur façon de vivre, de l'odeur de désert qu'ils portent sur eux. Ces questions, ils les balayent car ils savent qu'elles les perturbent et ils ne veulent pas de réponses.
Aussi, à ma mesure, quand je vois tout en noir, je me dis même dans ces moments là, que je suis béni, et que malgré le poids de la solitude, connaître Jésus et son message, être porté en partie par l'Esprit Saint, c'est être le plus heureux de tous. Mes amis je ne pourrais jamais me résoudre à les laisser se tuer, je m'en remets au Seigneur, le priant de m'indiquer si un jour j'ai une action à accomplir pour les amener à la rencontre du Christ.
C'est donc à ma mesure de tout petit pécheur que je comprends ces lignes du Padre Pio, qui s'angoisse, qui gémit de la pesanteur de la vie.......et qui quelques lignes plus loin se réjouis, est heureux et pleure de joie dans son quotidien.
Je le remercie ici, car il est une main qui amène au Christ et il n'y en a jamais assez.
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
- Petit Matthieu
- Pater civitatis

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Re: L'absurde tristesse
Je crois que je n'ai tout simplement pas encore accepté d'être sauvé.
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
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- coeurderoy
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Re: L'absurde tristesse
Oui, peut-être...en tout cas je me reconnais pas mal dans votre méditation précédente (cette solitude et ennui qui nous envahissent au milieu de tant d'êtres absolument en phase avec une vie sans au-delà...). Cela a été très dur pour moi - pendant des décennies... Il y avait beaucoup de peurs, pas mal de mépris d'autrui aussi et surtout la tristesse de ne pas "me sentir" sauvé (et donc joyeux...). Et puis, à travers rencontres, tribulations, retraites, une certaine qualité de Joie a fini par sourdre (très discrètement, sans bruit...). Peut-être lorsque je me suis mis à faire confiance aussi aux autres, à essayer de moins les juger, de les comprendre, en découvrant combien j'étais aimé du Père surtout : peut-être ne vous estimez-vous pas digne de cet amour Matthieu ? je vous souhaite (à l'occasion d'une retraite peut-être) de réussir à vous voir et vous aimer tel que Dieu vous aime : votre sensibilité n'empêchera pas les souffrances, les moments de solitude mais vous saurez alors que vous avez du prix pour Celui qui s'est donné pour votre salut...Petit Matthieu a écrit :Je crois que je n'ai tout simplement pas encore accepté d'être sauvé.
Sursum corda !
Bien amicalement,
Gilles
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"
Saint Bernard de Clairvaux
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