Abus en Irlande : que faire ?

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philémon.siclone
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Re: Le scandale irlandais

Message non lu par philémon.siclone »

muirgheal a écrit :C'est là qu'il serait intéressant de savoir exactement ce qu'est le péché grave contre l'esprit saint.

J'ai entendu et lu qu'il y a trois sortes de péchés mortels : ceux fondés sur l'ignorance, qui ne sont donc pas coupables. Ceux fondés sur la faiblesse et dans ce cas il faut un grand repentir pour qu'il soit pardonné et que la réconciliation se fasse, mais aussi le péché mortel contre l'esprit saint.

Ce dernier péché serait impardonnable et il s'agit d'un péché parfaidement lucide et maîtrisé.

Voici ce que j'ai entendu de la part d'un théologien : "Si en théologie, une personne avait une parfaite lucidité, y compris de l'amour de Dieu, de
tout ce qui est contenu dans la révélation, si un homme était parfaitement maître de lui-même (et pour avoir ces deux qualités, il faut être théologien). Et bien il commettrait un péché contre l'esprit saint. Et celui là serait absolument impardonnable."


Et ce péché impardonnable, il me semble qu'il y a deux composantes : le refus de se repentir de la personne ayant commis le péché mortel, mais aussi l'impossibilité pour la victime de pouvoir pardonner tellement les faits sont graves.

Maintenant, les hommes sont-ils capables de savoir si telle personne a réellement commis un péché mortel contre l'esprit saint ? Seul Dieu peut le savoir peut-être.

Si j'ai mal compris, dites le moi.
Si vous acceptez ce que dit le Catéchisme de l'Eglise Catholique, voici le passage concerné :

CEC 1864 " Tout péché et blasphème sera remis aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas remis " (Mt 12,31 ; cf. Mc 3,29 ; Lc 12,10). Il n’y a pas de limites à la miséricorde de Dieu, mais qui refuse délibérément d’accueillir la miséricorde de Dieu par le repentir rejette le pardon de ses péchés et le salut offert par l’Esprit Saint (cf. DeV 46). Un tel endurcissement peut conduire à l’impénitence finale et à la perte éternelle.

Lien : http://viechretienne.catholique.org/cec ... -mortel-et

Donc, pour récapituler, il y a deux sortes de péchés : le péché véniel, ou involontaire, qui ne prive pas de l'état de grâce, et n'empêche pas de communier ; le péché mortel, ou grave, accompli de façon volontaire et consciente, qui prive de l'état de grâce, et empêche de communier. Celui qui est en état de péché mortel doit se confesser et faire pénitence, afin de retrouver l'état de grâce et pouvoir communier. Il vaut donc mieux ne pas mourir en état de péché mortel pour obtenir le Salut.

Voici une autre citation du CEC sur ce qui peut être pardonné et remis : "Le Christ, qui est mort pour tous les hommes, veut que dans son Eglise les portes du pardon soient toujours ouvertes à quiconque revient du péché." Et encore : "Il n'y a aucune faute, aussi grave soit-elle, que la Sainte Eglise ne puisse remettre." Donc quel péché confessé ne peut pas être remis ? Aucun. Tous les péchés, quels qu'ils soient, peuvent être remis.

On remarquera que dans tous ces sacrements, c'est l'Esprit Saint qui agit : le Baptême, la Communion, la Réconciliation (qui rétablit dans le Baptême). Il est donc assez logique que ce qui est nommé "blasphème et péché contre l'Esprit Saint" corresponde au refus, au rejet de cette action de l'Esprit Saint sur notre âme. Et le Catéchisme confirme (voir passage ci-dessus) que c'est bien le rejet de la Miséricorde de Dieu, et donc le refus de recevoir le pardon et la rémission des fautes, qui empêche ce pardon et cette rémission de s'opérer. D'où l'affirmation : "le blasphème et le péché contre l'Esprit Saint ne peuvent être remis".

Donc, pour revenir à nos prêtres pédophiles : aucun rapport. Ces personnes ont commis des péchés mortels, comme beaucoup d'autres pécheurs. Le péché contre l'Esprit Saint est un autre sujet.
Anima nostra sicut passer erepta est de laqueo venantium
Laqueus contritus est, et nos liberati sumus

Notre âme s'est échappée comme un passerau du filet de l'oiseleur,
Le filet s'est rompu, et nous avons été délivrés.
Ps. 123
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Anne
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Re: Le scandale irlandais

Message non lu par Anne »

Abus sexuels à Dublin : Indignation de Benoît XVI

Article sur Zénith:
:arrow: http://www.zenit.org/article-22950?l=french
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
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Anne
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Re: Le scandale irlandais

Message non lu par Anne »

PROXIMO

2009-12-14 apic/imedia/cp/js
Après les cas de pédophilie, réorganisation de l’Eglise en Irlande

“Nous nous dirigeons vers une réorganisation très importante de l’Eglise en Irlande“ : c’est ce que l’archevêque de Dublin, Mgr Diarmuid Martin, a confié à la presse à la sortie d’une rencontre au sommet avec les autorités vaticanes, le 11 décembre 2009. Cette réunion exceptionnelle, qui voyait en outre la participation du cardinal Sean Brady, président de la Conférence épiscopale du pays, portait sur le récent rapport du ministère de la justice irlandais concernant des cas de prêtres pédophiles couverts par plusieurs évêques irlandais de 1975 à 2004. “Je pense réellement que nous avons besoin d’un renouvellement et il faut travailler très sérieusement la question de la protection de l’enfant“, a affirmé le haut prélat selon lequel il existe en outre un trop grand nombre de diocèses en Irlande, ce qui les rend “difficiles à contrôler“. Dans cette même perspective, Mgr Martin, le véritable homme fort de la Conférence épiscopale irlandaise, recommande également une plus grande implication des laïcs dans les paroisses.
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
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Et.H
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[Irlande] Vous reprendrez bien un peu de pédophilie ?

Message non lu par Et.H »

Le Vatican a couvert les prêtres pédophiles irlandais PETER MORRISON/AP/SIPA
Damien Dubuc
France(Paris)

Une lettre de 1997 révélée par la télévision publique irlandaise prouve que le Vatican a ordonné aux évêques de ne pas dénoncer à la police les prêtres accusés de pédophilie.

Accusée d'avoir couvert des prêtres accusés d'abus sexuels, l'Église catholique a toujours démenti. Une lettre de 1997, révélée par la télévision nationale irlandaise (RTE), prouve pourtant que le Vatican a, bel et bien, ordonné aux évêques de ne pas signaler à la police tous les cas de pédophilie.

La lettre est d’une énorme importance internationale, parce qu’elle montre que le Vatican veut empêcher le signalement d’abus sexuels aux autorités. Et ci cet ordre s’est appliqué ici, il s’est appliqué partout, assure (à Associated Press) Colm O'Gorman, le directeur de la section Irlande d'Amnesty international.

Après plusieurs scandales retentissants, comme celui qui implique le révérend Brendan Smyth – il avait violé des dizaines d'enfants, sa hiérarchie se contentant de le transférer de paroisse en paroisse -, les évêques irlandais prennent l'initiative : en janvier 1996, ils publient un document dans lequel ils font part de leur détermination à signaler à la police tous les accusations d'abus sexuels dont ils auraient connaissance.

Laver son linge sale en famille
Un an plus tard, rappel à l'ordre. Au droit canon, plus précisément, que les religieux doivent "suivre méticuleusement". Dans une lettre, marquée "strictement confidentiel", Luciano Storero, le diplomate de Jean-Paul II pour l'Irlande, écrit que cette ligne de conduite "donne lieu à de sérieuses réserves d’ordre à la fois moral et canonique". Il demande à la hiérarchie catholique irlandaise de sanctionner elle-même les cas d’abus sexuels, plutôt que de s'en remettre aux autorités civiles. Ainsi en a décidé, à Rome, la Congrégation pour le Clergé. Pour le Vatican, mieux vaut laver le linge sale en famille.

Le quotidien Irish Times rapporte que le Vatican s'était également engagé à soutenir tous les prêtres condamnés pour abus sexuel et faisant appel de la décision de Justice.

L'arme du crime
Pour les défenseurs des enfants abusés, la missive de 1997 est la preuve de ce qu'ils avancent depuis des années. Le "smoking gun" [que l'on peut traduire par "l'arme du crime encore chaude"], selon l'expression de Joelle Casteix, la directrice d'un groupe d'avocats américains Survivors Network of Those Abused by Priests.
Nous avons maintenant la preuve que le Vatican a délibérément ordonné aux évêques de ne pas dénoncer les prêtres pédophiles aux autorités.

Une preuve qui devrait permettre d'étayer les poursuites pénales en cours. A ce jour, rappelle l'agence Associated Press, ce sont les contribuables irlandais – et non l'Église catholique – qui ont versés l'essentiel du milliard et demi d'euros aux 14 000 victimes qui se sont présentés devant la Justice.

Le Vatican toujours embarassé
Dans sa lettre, Luciano Storero précise que la Congrégation du Clergé poursuit "une enquête globale" sur les abus sexuels et devrait établir une politique de protection des enfants "au moment approprié".
En la matière, le Vatican est toujours loin du compte : sur le site de l'institution, les évêques du monde sont bien incités à raporter les crimes à la police. Par contre, "les nouvelles normes sur les délits les plus graves", édictées par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi - l'organe chargé de protéger la doctrine et les mœurs catholiques - prévoient simplement le "renvoi" des prêtres fautifs. Toujours pas de les signaler aux autorités civiles.
Il y a un truc que je ne comprends pas dans ces histoires de pédophilie. Si Rome est au courant, c'est que les victimes ont parlé. Pourquoi ne portent elles pas plainte elles mêmes? Cela me parait logique, non?
jeanbaptiste
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Re: [Irlande] Vous reprendrez bien un peu de pédophilie ?

Message non lu par jeanbaptiste »

Il y a tellement d'erreurs factuelles dans ce textes, ainsi qu'une volonté manifeste d'en découdre, que ça ne m'étonnera pas que cette lettre dit tout autre chose que ce qui est dit ici (après tout il n'y a aucune citations !), voire qu'elle est fausse.

En attendant, mieux vaut attendre plus de précisions.
Verrouillé

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