Les rapports glacés entre le Pape et le cardinal Vingt-Trois

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AdoramusTe
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Les rapports glacés entre le Pape et le cardinal Vingt-Trois

Message non lu par AdoramusTe »

La dernière assemblée des évêques de France, à Lourdes, le mois dernier, a mis en évidence la nervosité « gallicane » du cardinal de Paris vis-à-vis de ses confrères ratzinguériens. On peut rappeler que la visite du pape à Paris, en septembre 2008 a été, en fait, extrêmement tendue entre l’archevêché de Paris et le Saint-Siège. De véritables négociations avaient eu lieu avant, menées par l’intermédiaire de l’ambassade de France auprès du Saint-Siège, et mettant face à face les représentants du Saint-Siège et les autorités ecclésiastiques françaises (essentiellement le cardinal André Vingt-Trois, à la fois archevêque de Paris, président de la conférence des évêques de France). On a même parfois fortement haussé le ton du côté des interlocuteurs romains devant les réserves et les freins opposés par les autorités ecclésiastiques françaises.

Finalement, sur deux points en litige, on a coupé la poire en deux : André Vingt-Trois a dû accepter l’exigence du pape, qui tenait à distribuer la communion à genoux sur la bouche (c’était avant la grippe A…) ; mais le Pape a dû admettre qu’il prononcerait son grand discours sur la culture chrétienne, non pas, comme il l’aurait voulu, sous la coupole de l’Académie française (le cardinal Joseph Ratzinger avait été reçu à l’Académie des Sciences morales et politiques), mais au collège des Bernardins restauré à grands frais par l’archevêché de Paris. Malgré ce, officiellement, tout a été très cordial. Cependant, tous les téléspectateurs ont pu voir en gros plans que le cardinal de Paris était plus que tendu. Même dans les échanges les plus banals, où on aurait pu faire semblant, les petites distances défiantes que sait poser le Pape étaient fréquentes.

Le chef-d’œuvre du genre fut lors du déjeuner avec les évêques de la région d’Ile-de-France que le cardinal de Paris avait voulu, le samedi 12 septembre, après la messe aux Invalides. On dit que le Pape aurait aimé une rencontre avec les jeunes prêtres qui étaient venus en masse à la cérémonie. Il a eu droit à un club épiscopal parisien très typé. Le personnel ancillaire et autre a alors assisté médusé, dans la grande salle à manger de la nonciature, à un spectacle étonnant, dont on comprend que les convives évêques n’aient pas voulu le rapporter. Tout d’abord, les évêques étonnés ont été invités à se mettre à table seuls avant l’arrivée du pape, le nonce attisant la conversation.
Au bout d’un certain temps, le Pape est enfin arrivé. On lui a alors servi une assiette à l’allemande avec un repas complet léger, arrosé d’un jus d’orange, puis pour finir d’un fond de vin. Il a ensuite bu une tasse de café, cependant que les évêques continuaient leur repas au rythme du service. Puis il s’est levé et les a laissé achever entre eux. Pendant le moment où il était à table, il a parlé au nonce, à quelques évêques… mais n’a pas adressé un seul mot au cardinal Vingt-Trois assis en face de lui. Et toc.

Deux jours après, le 14 septembre, à Lourdes, dans l’hémicycle Sainte-Bernadette, le Pape adressait au cardinal et aux autres évêques de France un discours qui leur faisait la leçon : « La catéchèse n'est pas d'abord affaire de méthode, mais de contenu. […] J'ai été amené à préciser, dans le Motu proprio Summorum Pontificum, les conditions d'exercice de cette charge, en ce qui concerne la possibilité d'utiliser aussi bien le missel du bienheureux Jean XXIII (1962) que celui du Pape Paul VI (1970). […] Nul n'est de trop dans l'Église. Chacun, sans exception, doit pouvoir s'y sentir chez lui, et jamais rejeté. […] Une question particulièrement douloureuse est celle des divorcés remariés. L'Église, qui ne peut s'opposer à la volonté du Christ, maintient fermement le principe de l'indissolubilité du mariage, tout en entourant de la plus grande affection ceux et celles qui, pour de multiples raisons, ne parviennent pas à le respecter. On ne peut donc admettre les initiatives qui visent à bénir des unions illégitimes ». Et retoc.

La douche était si froide (essentiellement à propos du Motu Proprio, dont le Pape sait que la majorité des évêques de France, et surtout le premier d’entre eux, n’arrivent toujours pas à l’avaler) que Mgr Vingt-Trois « s’est lâché » au cours d’une conférence de presse qui a suivi immédiatement ce voyage (le 14 septembre) : « Les rapports du pape avec les évêques ne sont pas des rapports de patron à employés. Il n'est pas un PDG d'une multinationale qui vient visiter une succursale » : entre les évêques de France et le Pape il n’y a pas de « rapports de subordination servile »…

Gallicans nous sommes, gallicans nous resterons !
Source : http://www.osservatore-vaticano.org/art ... 44833.html
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philémon.siclone
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Re: Les rapports glacés entre le Pape et le cardinal Vingt-Trois

Message non lu par philémon.siclone »

André23 a écrit :
Gallicans nous sommes, gallicans nous resterons !
Oui, mais ça ne dure que le temps de la vie terrestre, ce genre d'appartenance. Il est plus prudent, pour son Salut, de faire confiance à l'Eglise universelle, plutôt qu'à cette bande d'évêques franchouillards et révoltés contre la Vérité.
Anima nostra sicut passer erepta est de laqueo venantium
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Re: Les rapports glacés entre le Pape et le cardinal Vingt-Trois

Message non lu par jean_droit »

Ce que je ne comprends pas et que je ne comprendrai jamais c'est cette opposition au Pape.
Pour quelle raison ?
Par orgueil ? Par gallicanisme ?
Alors que le bilan des évêques en France est si médiocre ... pour ne pas dire franchement mauvais !
Monseigneur de Paris ferait mieux, au lieu de jouer quelque peu au "vice prince", de s'occuper de son diocèse qui ne me semble pas aller dans le bon sens.
Pourquoi a-t-il fait une sortie contre monseigneur Rey lors de la dernière réunion du CEF ?
Pourquoi attaquer un des évêques qui, vaille que vaille, réussit ?
Il serait temps que les évêques de France se ressaisissent et "prennent le taureau par les cornes".
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antioche
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Re: Les rapports glacés entre le Pape et le cardinal Vingt-Trois

Message non lu par antioche »

AdoramusTe

Que voulez-vous nous faire passer exactement comme message ?
Merci.
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coeurderoy
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Re: Les rapports glacés entre le Pape et le cardinal Vingt-Trois

Message non lu par coeurderoy »

N'y-a-t-il pas chez les "autorités" de la fille aînée de l'Eglise cette suffisance propre à beaucoup de Français qui considèrent que la France a apporté au monde les grandes Lumières de 89, que Paris demeure le centre mondial de la vie culturelle et intellectuelle, bref qu'ils sont toujours en première ligne pour donner la leçon à ceux qui ont loupé le coche de la sempiternelle "avant-garde" ?
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"

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Virgile
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Re: Les rapports glacés entre le Pape et le cardinal Vingt-Trois

Message non lu par Virgile »

coeurderoy a écrit :N'y-a-t-il pas chez les "autorités" de la fille aînée de l'Eglise cette suffisance propre à beaucoup de Français qui considèrent que la France a apporté au monde les grandes Lumières de 89, que Paris demeure le centre mondial de la vie culturelle et intellectuelle, bref qu'ils sont toujours en première ligne pour donner la leçon à ceux qui ont loupé le coche de la sempiternelle "avant-garde" ?
Coeurderoy,

autant dire que vous tombez juste!
Résidant à l'étranger de façon permanente et depuis de nombreuses années, comme de très nombreux Français, je suis de plus en plus consterné, d'une manière générale, par l'attitude et les discours d'un certain nombre de mes compatriotes. Et il ne s'agit d'ailleurs pas seulement des élites culturelles et sociales de notre pays.
Quelques-uns des débats qui ont lieu sur ce forum apparaissent comme autant de débats purement "franco-français" que l'on jugerait absurdes, surréalistes, voire totalement déplacés dans un grand nombre d'autres pays, en particulier dans celui dans lequel je vis.
Pour l'Eglise de France et en particulier pour certains de ses évêques, il serait vraiment urgent de se mettre au diapason des nouvelles réalités environnantes. Prendre conscience que le temps des incantations oratoires éculées est définitivement passé; que les appels lancinants à la fameuse "ouverture sur le monde", jusqu'à présent surtout imprimés sur papier, doivent impérativement figurer en tête de ses priorités; qu'il est nécessaire de se mettre à regarder par dessus les frontières de l'hexagone, et de très humblement demander à apprendre et à découvrir ce que l'on ne sait plus soi-même.

Amicalement.
Virgile.
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Re: Les rapports glacés entre le Pape et le cardinal Vingt-Trois

Message non lu par zélie »

La douche était si froide (essentiellement à propos du Motu Proprio, dont le Pape sait que la majorité des évêques de France, et surtout le premier d’entre eux, n’arrivent toujours pas à l’avaler) que Mgr Vingt-Trois « s’est lâché »
Qu'est-ce qu'un motu proprio, et surtout que contenait celui-ci de si litigieux, de si gênant?

Pour le reste, de ce que j'en comprends, c'est que les relations ne sont pas cordiales de part et d'autre des alpes, et que le pape n'est pas le bienvenu à Paris, ni le cardinal n'a une grande estime de la part du pape. A coté de cela, les intervenants, vous semblez dire qu'il y a des choses qui vont mal dans l'Eglise de France; il se peut que cela soit un poids sur les épaules du cardinal parisien, peut-être une épine, qui le fait se sentir fragile et à fleur de peau... Ca fait terrain miné, bien miné même, pour une visite papale... Ces choses qui ne paraissent rien, doivent quand même bénéficier d'un travail diplomatique de fond pour s'aplanir, et ça prendra du temps, comme toutes ces choses-là. Mais il n'est pas interdit d'espérer, et de prier pour eux...


ET à y être à poser des questions, le premier prélat de France, celui qui la représente au Vatican, n'est -ce pas le primat des Gaules, celui de Lyon?
jean_droit
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Re: Les rapports glacés entre le Pape et le cardinal Vingt-Trois

Message non lu par jean_droit »

C'est vrai qu'il y a un phénomène franco-français.
Dans un autre fil je parlais de l'Eglise d'Afrique.
Il me semble que la vraie application du Concile est faite en Afrique.
Sans excès et sans oukases.
Tous les prêtres africains que je connais sont naturellement fils du Concile sans se poser de questions idéologiques ni rupture par rapport au passé.
Ils doivent se dire : "Dans quel pays, dans quelle Eglise sommes nous".
Ce qui veut pas dire qu'ils n'ont pas leurs propres problèmes.
De plus en plus je passe mon temps à me demander : "Pourquoi"
On a des fois l'impression que l'on marche sur la tête.
Ma liste des pourquoi s'allonge tous les jours.
Un tout petit exemple : Dans ma paroisse on pratique l'absolution collective, ce qui est un abus.
Pourquoi utiliser cette pratique ?
Pour trouver une confession individuelle il faut faire 40 kms.
Quand on propose une solution, inspirée des reccomandations de notre évêque, on vous explique que trois "séances" de confessions sont prévues par an ou d'aller à la cathédrale. Point. Pourquoi ?
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philémon.siclone
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Re: Les rapports glacés entre le Pape et le cardinal Vingt-Trois

Message non lu par philémon.siclone »

jean_droit a écrit :C'est vrai qu'il y a un phénomène franco-français.
Dans un autre fil je parlais de l'Eglise d'Afrique.
Il me semble que la vraie application du Concile est faite en Afrique.
Sans excès et sans oukases.
Tous les prêtres africains que je connais sont naturellement fils du Concile sans se poser de questions idéologiques ni rupture par rapport au passé.
Ils doivent se dire : "Dans quel pays, dans quelle Eglise sommes nous".
Ce qui veut pas dire qu'ils n'ont pas leurs propres problèmes.
De plus en plus je passe mon temps à me demander : "Pourquoi"
On a des fois l'impression que l'on marche sur la tête.
Ma liste des pourquoi s'allonge tous les jours.
Un tout petit exemple : Dans ma paroisse on pratique l'absolution collective, ce qui est un abus.
Pourquoi utiliser cette pratique ?
Pour trouver une confession individuelle il faut faire 40 kms.
Quand on propose une solution, inspirée des reccomandations de notre évêque, on vous explique que trois "séances" de confessions sont prévues par an ou d'aller à la cathédrale. Point. Pourquoi ?
J'aimerais bien qu'on m'explique pourquoi les prêtres ne confessent pas. C'est là le pire attentat dont on puisse affliger le Peuple de Dieu, et les âmes des fidèles. Que l'on ne me dise pas que c'est dû au manque de prêtres. Des prêtres, il y en a, et certains ne confessent jamais. Pourquoi ? C'est anormal. De plus, cette mode de ne plus confesser remonte aux années 70, et ce pour des raisons idéologiques avant tout : protestantisation des esprits oblige. Ce n'est donc pas à cause d'un manque de prêtre, mais d'une volonté délibérée. Pourquoi ce refus de confesser ? Pourquoi ce refus d'organiser des confessions régulières en lieu déterminé ? J'attends toujours une explication. A ceux qui disent que rien n'a changé entre l'Eglise d'avant et l'Eglise de maintenant, rien que ce problème-là est la preuve, à lui tout seul, qu'on nous ment. Et on nous ment avec une audace inouïe, et une mauvaise foi portée à son comble.
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