Le départ du Cardinal Danneels mérite d'être salué après 30 ans d'épiscopat difficile dans une société belge très pluraliste et multiculturelle.
Certains mettent en avant sa grande douceur. Mais, pour soutenir la foi, cette douceur a pu souvent rappeler avec fermeté le coeur de la foi.
Sa dernière homélie de Pâques est particulièrement forte sur la résurrection. Je la reproduis ci-dessous.
Bruxelles – Cathédrale saints Michel et Gudule Pâques 12 avril 2009
Frères et soeurs,
Sainte et joyeuse fête de Pâques. Christ est ressuscité !
Oui, il est vraiment ressuscité ! Christ est ressuscité. Oui. Mais nous ? Est-ce que nous avons nous aussi quelque chose à attendre au-delà de la mort ? Où irons nous ? Et notre corps qu’en adviendra-t-il ?
Un jour à Athènes saint Paul prêchait sur la place publique – l’Aréopage – devant l’élite intellectuelle de cette grande ville de l’antiquité. Il annonçait le Christ. Tous l’écoutaient attentivement, jusqu’au moment où Paul commença à parler de la résurrection des corps. « Mais », disent les Actes des Apôtres : « Au mot de’ résurrection’ des morts, les uns se moquaient, d’autres déclaraient :’nous t’entendrons là-dessus une autre fois’ ». (Actes 17,31s). Pour les Grecs c’était en effet inacceptable : comment ce corps de chair, une fois passé par la mort et voué à la corruption, pourrait-il revivre ? Est-ce qu’il y a une chose plus périssable qu’un corps mort ? Tous peuvent constater comment ce corps s’en va en poussière. « Non, Paul », disent les Corinthiens, « il est insensé ton message sur la résurrection des corps. Tu perds la raison ».
Mais Paul affirme et réaffirme que si Jésus est ressuscité d’entre les morts, nous aussi nous ressusciterons en Lui et avec Lui et cela avec notre corps. Celui-ci n’est pas voué à la destruction mais à une vie éternelle. Ce qui est arrivé au Christ, Dieu le réserve aussi à nous tous.
Pourquoi ? Par le baptême, nous avons été unis au Christ dans son mystère de mort et de résurrection. En effet « Ignorez-vous donc » dit Paul aux Romains, « que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés ? Par le baptême dans sa mort, nous avons été ensevelis avec lui, afin que comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous menions aussi une vie nouvelle. Car si nous avons été totalement assimilés à sa mort, nous le serons aussi à sa résurrection » (Rm 6, 3-5).
Ce message de l’apôtre a traversé les siècles jusqu’à nous. Et l’Eglise continue à l‘annoncer au monde entier. Jamais on n’avait affirmé qu’un mort fût ressuscité. Quel courage et quelle audace ont eu les apôtres pour porter ce message ‘incroyable’ – il faut le dire !- dans tout le bassin méditerranéen, et jusqu’au coeur du palais de l’empereur à Rome ! Car les apôtres savaient comment le Christ fut condamné, flagellé et couronné d’épines et comment il était mort sur une croix entre deux brigands. Marie sa Mère et quelques femmes avec l’apôtre Jean, n’étaient-ils pas sous la croix et n’ont-ils pas vu comment il est mort après un grand cri ?
Les autres s‘étaient barricadés dans la salle haute par peur des Juifs. Et lorsque quelques femmes, le matin de Pâques avant la levée du jour, étaient venues leur annoncer que le tombeau était vide, ils n’y croyaient guère. « Aux yeux des apôtres », écrit Luc, « ces paroles leur semblaient du délire et ils ne croyaient pas les femmes » (Luc 24,11). Ce n’est que lorsque Pierre et Jean, ayant couru vers le tombeau, avaient constaté que celui-ci était vide, les bandelettes mis à part et le linceul qui avait recouvert sa tête roulé avec soin, que Jean commença à croire : oui, il était ressuscité. (cfr. Jn 20,7ss).
Etrange message sur une personnalité aussi étrange. Qui était-il ? Déjà au cours de sa vie, combien de fois Jésus n’avait-il pas surpris et étonné ses disciples et les foules par ses paroles et par ses miracles. Les autorités l’avaient déclaré fou ou accusé de blasphème. Même sa mort sur une croix posait question : le Messie pouvait-il finir sur une croix entre deux malfaiteurs ? Puis ressusciter et se montrer à ses disciples ? Vraiment cet homme n’a cessé d’être une énigme. Jusqu’ à ce jour.
Mais ce n’est pas tout. Ce même Jésus affirme que nous, nous aussi, nous ressusciterons en lui et avec lui. Et avec notre corps. Paul dit dans sa lettre aux Corinthiens que, si le Christ ressuscite, nous aussi nous ressusciterons. Mais les Corinthiens ne tardèrent pas, évidemment, de répliquer à Paul : « Mais comment nos corps vont-ils ressusciter. Avec quel corps reviennent-ils ? » (1 Co 15,35). Bref, de quoi aurons-nous l’air avec ce corps ressuscité ?
Question incongrue, répond Paul. Et de tirer immédiatement une comparaison avec ce qui se passe dans la nature. Regardez bien Corinthiens, « Quand tu sèmes, cela ne prend vie qu’à condition de mourir » (1 Co 15,36). Ou pour le dire dans notre langage d’aujourd’hui, si vous voulez avoir des fleurs dans votre jardin, que faites-vous ? Vous allez acheter de la semence. Et de quoi a-t-elle l’air cette semence ? Elle est petite, brune, lisse. En tout cas, elle ne ressemble en rien à la fleur qui va en sortir. Heureusement que la photo se trouve sur le sachet, sinon vous ne sauriez jamais ce que vous avez semé. Et la graine que vous mettez en terre, il faut qu’elle meure pour germer. Mais la tige pousse et produit sa fleur. Oui, sa propre fleur à elle. Celle-ci ne ressemble en rien à la graine que vous avez jetée en terre. Morphologiquement il n’y aucune ressemblance. Mais il n’empêche que c’est bien la fleur de cette semence et pas d’une autre. Ainsi en va-t-il avec notre corps : il meurt et est métamorphosé à travers la mort en un corps spirituel.
Le corps que nous portons maintenant, c’est la semence : elle passe par la mort et devient la fleur qu’est notre corps spirituel, ressuscité. Celui-ci est vraiment notre corps à nous – ce corps que nous avons porté durant toute notre vie. Mais il n’y ressemble pas : il est spirituel. Nous voici au coeur du message chrétien : l’affirmation de notre résurrection corporelle. Scandale et non-sens pour ceux qui n’ont pas la foi. Pierre d’achoppement pour la raison et pour le bon sens. Mais pour ceux qui ont reçu la grâce de croire : suprême joie et bienheureuse espérance. Depuis le premier matin de Pâques, l’Eglise n’a cessé de le dire et de le redire. Et aujourd’hui, en ce jour de Pâques, je vous le redis : Christ est ressuscité et nous, en lui en avec lui, nous ressusciterons à notre tour. Nous sommes déjà ressuscités par le baptême, mais cela reste caché jusqu’au jour où le Ressuscité reviendra sur la terre. Tout est déjà donné depuis notre baptême. Cette nuit, cent cinquante catéchumènes adultes ont été baptisés en notre pays et soixante dans notre seul archidiocèse. Le nombre de baptêmes d’adultes ne cesse d’augmenter d’année en année.
Ils sont de toutes langues, races et couleurs. L’Eglise jubile de joie en ce jour de Pâques à cause de ces nouveaux frères et soeurs dans la foi, qu’elle a accueillis dans son sein.
Plus encore : En ce jour de Pâques, l’Eglise nous dit que tout ce qui porte en soi la trace de la mort, toute la négativité dans laquelle baigne notre monde en ce temps, toute la violence, les guerres, la violation des droits de l’homme et l’exploitation des plus petits, la cupidité de l’argent, la passion du pouvoir, toutes les attaques souvent orchestrées et souvent gratuites contre l’Eglise, qui la flagellent et la couronnent d’épines, tout cela un jour sera absorbé dans le triomphe du bien. Car depuis Pâques la vie et le bien ont vaincu la mort et le mal. Mais la semence doit d’abord mourir pour que la fleur apparaisse. Telle est la puissance de la croix du Christ. « Rendons grâce à Dieu », dit Paul encore aux Corinthiens « qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ » (1 Co 15,54).
Alors, toi sainte Eglise de Dieu, en perpétuel exil sur cette terre à travers les siècles, objet de tant de critiques et de vexations, comme le dit Paul « sois ferme et inébranlable : progresse sans cesse dans l’oeuvre du Seigneur : sachant que ta peine n’est pas vaine dans le Seigneur » (1 Co 15,57s.)
Et en face de tous ces germes de mort en nous et autour de nous, disons avec Paul : « La mort a été engloutie dans la victoire. Mort où est ta victoire ? Mort où est ton aiguillon ? » Et ailleurs encore « Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ? Est-ce l’affliction ? ou l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le péril ou l’épée ? De fait, il est écrit : c’est à cause de toi que nous sommes livrés à la mort tout au long du jour ; on nous regarde comme des brebis d’abattoir (psaume 43,23). Mais en tout cela nous remportons la victoire par celui qui nous a aimés. J’ai en effet la ferme conviction, que ni la mort ni la vie, ni les anges, ni les Principautés, ni le présent ni l’avenir, ni les puissances, ni les sommets ni les abîmes, ni quoi que ce soit dans la création, ne pourra nous séparer de l’amour que Dieu nous témoigne dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 8,31-39).
Non, frères et soeurs, rien ne pourra jamais nous séparer de l’amour que Dieu nous témoigne dans le Christ Jésus notre Seigneur ressuscité. Alors bon courage, sainte Eglise de Dieu : sainte et joyeuse fête de Pâques. Christ est ressuscité ! Oui, Il est vraiment ressuscité !
+ Godfried Card. Danneels Archevêque de Malines-Bruxelles
Paroles fortes du Cardinal Danneels
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- Laurent L.
- Tribunus plebis

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- Inscription : lun. 25 mai 2009, 13:18
Re: Le Cardinal Danneels : une parole forte sur la ressurection
Merci Xavi, c'est une belle homélie!
Il y a juste une phrase que je ne comprends pas : "Le corps que nous portons maintenant, c’est la semence : elle passe par la mort et devient la fleur qu’est notre corps spirituel, ressuscité."
Que signifie "corps spirituel" ? N'est-ce pas là un oxymore ?
L'âme spirituelle séparée du corps n'est-elle pas appelée à être réunie à notre corps (charnel, donc) revenu à la vie, au jour de la colère ?
Il y a juste une phrase que je ne comprends pas : "Le corps que nous portons maintenant, c’est la semence : elle passe par la mort et devient la fleur qu’est notre corps spirituel, ressuscité."
Que signifie "corps spirituel" ? N'est-ce pas là un oxymore ?
- Christophe
- Consul

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Re: Le Cardinal Danneels : une parole forte sur la ressurection
C'est le corps glorifié dont il est question.
Catéchisme de l'Église catholique a écrit :999 Comment ? Le Christ est ressuscité avec son propre corps : " Regardez mes mains et mes pieds : c’est bien moi " (Lc 24, 39) ; mais Il n’est pas revenu à une vie terrestre. De même, en Lui, " tous ressusciteront avec leur propre corps, qu’ils ont maintenant " (Cc. Latran IV : DS 801), mais ce corps sera " transfiguré en corps de gloire " (Ph 3, 21), en " corps spirituel " (1 Co 15, 44) :
1000 Ce " comment " dépasse notre imagination et notre entendement ; il n’est accessible que dans la foi. Mais notre participation à l’Eucharistie nous donne déjà un avant-goût de la transfiguration de notre corps par le Christ :
- Mais, dira-t-on, comment les morts ressuscitent-ils ? Avec quel corps reviennent-ils ? Insensé ! Ce que tu sèmes, toi, ne reprend vie, s’il ne meurt. Et ce que tu sèmes, ce n’est pas le corps à venir, mais un grain tout nu (...). On sème de la corruption, il ressuscite de l’incorruption ; (...) les morts ressusciteront incorruptibles (...). Il faut en effet que cet être corruptible revête l’incorruptibilité, que cet être mortel revête l’immortalité (1 Co 15, 35-37. 42. 52-53).
- De même que le pain qui vient de la terre, après avoir reçu l’invocation de Dieu, n’est plus du pain ordinaire, mais eucharistie, constituée de deux choses, l’une terrestre et l’autre céleste, de même nos corps qui participent à l’eucharistie ne sont plus corruptibles, puisqu’ils ont l’espérance de la résurrection (S. Irénée, hær. 4, 18, 4-5)
« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)
- Laurent L.
- Tribunus plebis

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- Inscription : lun. 25 mai 2009, 13:18
Re: Le Cardinal Danneels : une parole forte sur la ressurection
Merci Christophe!
Je comprends mieux.
-
etienne lorant
- Pater civitatis

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L'interview du cardinal Danneels
A la veille de sa retraite, le cardinal Godfried Danneels parle sans tabou du plaisir, du pouvoir, du rituel, du pape, de l'euthanasie, de l'islam ou de Werchter. Tout en gardant, bien sûr, l'Eglise au milieu du village.
Par Philippe Cornet
Comme Napoléon, Prince, Nicolas Sarkozy et James Brown, le cardinal Danneels n'est pas très grand. Il entre dans la pièce avec une telle discrétion qu'on le dirait monté sur coussins d'air. Le grand bâtiment du XVIIIe siècle de l'archevêché, au centre de Malines, respire d'ailleurs d'épais silences confortés par la neige extérieure.
Godfried Danneels y a ses appartements depuis le 4 janvier 1980 quand il devient officiellement archevêque de Malines-Bruxelles, manager suprême du catholicisme belge. Né le 4 juin 1933 à Kanegem, village de Flandre occidentale « où même les poules sont catholiques » , le cardinal a fait un impressionnant parcours dans un style bien à lui, de « force tranquille » .
Le pape ayant accepté sa démission, le cardinal-archevêque n'attend plus que la désignation « dans quelques jours, quelques semaines tout au plus » de son successeur. Cela pourrait être l'évêque André-Mutien Léonard de Namur, l'homme qui distille volontiers du soufre conservateur dans son eau bénite. Sous prétexte d'un livre d'entretien récemment publié, Confidences d'un cardinal (1), Godfried Danneels répond à nos questions.
Le Vif/L'Express : Comment faut-il vous appeler, Monsieur , Cardinal , Monseigneur ?
Godfried Danneels : Ici, dans la maison, ils disent Monseigneur, c'est plus court. Mais, officiellement, c'est Monsieur le cardinal ou Eminence qui est une toute vieille expression qui perd du terrain.
D'autant qu' Eminence est aussi une marque de sous-vêtements !
( Il rigole. ) De fait. Une bonne marque d'ailleurs.
Dans cet ouvrage, vous gardez « l'église au milieu du village » , c'est votre nature profonde ?
Oui, je suis pour l'équilibre, je ne suis ni progressiste, ni conservateur, mais comme le disait le cardinal Suenens, « d'extrême centre »... C'est un peu mon métier. La chose importante est de chercher la vérité et, en général, celle-ci n'est pas extrémiste !
Pourrait-on vous qualifier d'être « d'un centre très légèrement à gauche » ?
Peut-être, mais soulignez « légèrement ».
Si on pense à la désaffection pour la religion catholique, la « mise en scène » de l'Eglise ne souffre-t-elle pas de la comparaison avec d'autres « liturgies » , celles des concerts rock par exemple ? Vous êtes allé à Werchter ?
Je ne dirai pas que c'est une autre liturgie, je dirais que c'est un autre rituel ! L'homme ne peut se passer de rituels, il en crée. Non, je ne suis jamais allé à Werchter : on serait très étonné de me voir là-bas ( il se marre ). Mais je pense aux liturgies monastiques qui restent un pôle d'attraction assez fort. Il y a une fascination pour la ferveur, l'intériorité.
On peut se souvenir d'une période - fin des années 1960 - où l'on voyait des groupes « rock » qui jouaient à la messe...
Cela existe encore, mais très peu : cela n'a pas tenu le coup. La véritable attraction de la liturgie ne se situe pas directement dans le genre de musique, c'est plus intérieur. Et puis des concerts à la guitare, on en trouve de bien meilleurs qu'à l'église, hein ! Le réchauffé n'attire personne. Un sentiment de jeunesse est entré dans les églises, mais les jeunes savent distinguer entre l'expérience spirituelle et celle, affective, collective d'un festival. Ils ont raison.
Dans ce livre toujours, vous expliquez qu'au sortir de la guerre votre père a été dénoncé pour « collaboration » avec les Allemands et a passé deux jours en prison à Bruges : peut-on tout pardonner, y compris la délation ?
C'est dur parce que le pardon dépasse les forces de l'homme, mais qu'est-ce qui s'est passé ? Pendant la guerre, chaque samedi, mon père faisait une grande cuve de soupe pour les pauvres dans une organisation contrôlée par les Allemands.
A la Libération, on a accusé mon père d'avoir collaboré et cela m'a terriblement choqué parce que l'homme avait fait ce geste par pure générosité, sans aucune pensée idéologique. Cette délation était une revanche de village.
Vous n'avez jamais reproché à votre père de ne pas avoir été résistant ?
Non, parce qu'avec ses six enfants et son métier d'instituteur... D'ailleurs, il n'y avait pas de résistants à Kanegem !
C'était trop plat ?
( Rires. ) Sans doute.
Vous dites que « toutes les poules de Kanegem étaient catholiques » : aucun coq socialiste ou libéral en vue ? Plus sérieusement, vous grandissez dans un milieu complètement homogène, était-ce vraiment supportable ?
Grandir là est une bonne base de départ parce que les fondements sont clairs, mais il faut savoir grandir. J'ai été au collège à Tielt, tout près, puis j'ai passé trois années à Leuven et cinq à Rome. Cela m'a rendu complètement cosmopolite !
Dans ce livre, vous ne parlez pas des femmes. Ni du désir.
Je n'ai pas choisi les questions posées. Non, mais je suis normal et je sais ce qui me manque : je n'ai ni femme, ni enfants et quand on devient plus âgé, on y pense davantage.
On se demande quand même pourquoi le mariage des religieux est autorisé chez les protestants par exemple et pas chez les catholiques ?
C'est une tradition choisie depuis le xiie siècle. Avant, certains religieux étaient mariés, mais au concile de Trente ( NDLR : qui débute en 1545 et s'achève dix-huit ans plus tard), l'Eglise catholique latine décide le célibat des prêtres. Dans l'Evangile, le Christ ne renonce pas seulement au mariage, mais aussi aux richesses, au pouvoir, à la domination.
On ne va pas vous découvrir un enfant secret ?
Ce serait pénible ! Mais nous ne sommes pas tous des saints, vous savez !
Vous appréciez la poésie d'Hugo Claus alors que, auteur sulfureux, ses livres étaient pratiquement mis à l'index dans les années 1950 et 1960 !
Non, pas formellement ni techniquement mis à l'index. Je distingue entre son art - je trouve que c'est un grand romancier, un grand poète - et ses convictions de non-foi. Je l'admire pour son art. L'Eglise ne l'aimait pas, mais c'était assez réciproque ( sourire ).
Vous avez côtoyé le pouvoir, celui du pape, celui des hommes politiques ou du roi Baudouin que vous connaissiez bien : y a-t-il un point commun entre ces formes de pouvoir ?
Que ce soit avec le pape ou le roi Baudouin, je n'ai jamais parlé de pouvoir. Le pape n'a pas d'armée mais un pouvoir moral, c'est évident. C'est un personnage beaucoup plus simple et humain que ce qu'on en fait !
Il est victime de son costume ?
( Soupir. ) Suis-je, moi, victime de mon costume ? Il est plus sobre, mais il est moins beau. Il vient de chez C&A. Et la croix que je porte, le Christ ressuscité, a été achetée à Rome il y a une vingtaine d'années pour 26 francs belges. Ce n'est pas du métal : elle ne sonne même pas aux détecteurs dans les aéroports. Mais j'en possède une autre ( sourire ). Quant à mon habit de cardinal, il se fait à Rome, vu qu'ici personne n'achèterait ce genre de tissu vendable à un seul client : ce ne serait pas très rentable ( sourire ).
Vous avez côtoyé Jean-Paul II, de quoi parliez-vous ? De la contraception et de l'usage du préservatif pour combattre le sida ?
Jean-Paul II a remis l'Eglise catholique sur la carte mondiale. J'aurais pu avoir cette conversation mais je ne l'ai pas eue. J'ai toujours dit qu'on n'arrêterait pas le fléau par le préservatif!
Cela peut aider.
Dans certains cas ( il hésite ), cela peut aider. Quand on est marié et qu'un membre du couple a le sida, le préservatif vous prémunit contre la maladie.
L'Eglise parle de sexualité : pourquoi parle-t-elle de quelque chose qu'elle ne connaît pas ?
Ce n'est pas un argument qui me fait grande impression : il ne faut pas être une poule pour savoir ce qu'est un oeuf ! Je n'ai pas connu la mort, cela veut-il dire que je ne puisse en parler ? Je constate que, souvent, les couples viennent chez moi pour parler de sexualité.
Fondamentalement, on a l'impression que la notion de plaisir dérange l'Eglise !
Non, mais elle met le feu orange de temps à autre. On sait que la jouissance a été créée par Dieu, mais on en fait un faux dieu à adorer ! On voit les ravages organisés et provoqués par le goût du pouvoir, de la richesse et de la sexualité incontrôlée ! Pourquoi pas le mariage et la jouissance sexuelle normale ?
Mais qu'est-ce qu'une jouissance sexuelle normale ?
Vous devez mieux le savoir que moi...
N'êtes-vous pas inquiet du boom de l'islam qui, lui, ne semble pas en manque de nouvelles vocations ?
La religion musulmane est une grande religion aussi longtemps qu'elle ne se mêle pas de politique. L'Eglise faisait aussi de la politique au Moyen Age, mais elle a su faire sa Révolution française, se séparer de l'Etat. Ce n'est pas encore le cas avec la religion musulmane, même si l'islam européen a déjà entamé sa révolution !
A propos de l'euthanasie, vous dites qu'elle est une « déshumanisation de la société » : c'est choquant !
Je dis qu'une civilisation qui se met au-dessus de l'homme est une civilisation qui déshumanise. Quelqu'un m'a créé, m'a donné la vie et je vais la lui rendre. On exagère les cas d'extrême difficulté, il y a beaucoup de possibilités palliatives à la douleur. Peut-être y a-t-il l'un ou l'autre cas impossible, alors je ne juge pas. Dieu va juger.
Cela veut dire que si vous ou l'un de vos proches était dans une telle situation de souffrance terminale, vous accepteriez votre sort ?
Je demanderais la grâce à Dieu de pouvoir l'accepter.
Vous avez donc, forcément, l'absolue conviction d'un après la mort ?
Je ne l'imagine pas, je ne le matérialise pas en images, mais je crois, parce qu'il n'y a pas de preuves, que tout ce que je fais maintenant dans ma vie - aimer, comprendre, me réjouir- continuera après ma mort. Je sers Dieu depuis septante-six ans maintenant, je ne l'ai jamais vu et je voudrais une fois le voir.
Comment l'Eglise peut-elle rétablir le contact avec quelqu'un comme Richard Williamson, évêque anglais ouvertement négationniste, excommunié par Jean-Paul II et récemment réintégré par Benoît XVI ?
Ce négationnisme est inacceptable ! Si le pape avait su...
Il est difficile de croire que tout le monde le sache, sauf le pape !
Il s'agit d'un défaut de communication intérieure : s'il l'avait su, il ne l'aurait pas fait. Il a levé l'excommunication, ce qui veut dire enlevé l'obstacle juridique, canonique, et non pas réintégré Williamson qui devra d'abord accepter Vatican II, ce qui est loin d'être fait !
Mauvaise communication ou pas, ce genre d'affaire décrédibilise terriblement l'Eglise et, plus généralement, la religion, non ?
Ce n'est pas très bon pour la juste perception de l'Eglise.
Auriez-vous aimé être pape ?
Non... Il faut être fou pour vouloir être pape et se trouver à la tête d'un milliard de catholiques, de gens si différents.
D'un point de vue financier, une retraite de cardinal vaut-elle une retraite de ministre ?
Je crois que c'est 75 % du dernier salaire perçu.
Qui est de ?
Je ne sais pas, c'est au Moniteur ( sourire ), mais je ne reçois jamais cet argent : il est directement versé sur les comptes de l'évêché qui me paie tout ce dont j'ai besoin. Je n'ai encore jamais eu de soucis financiers. Heureusement. Si je m'étais occupé des finances du diocèse, on serait certainement en faillite depuis un demi-siècle...
On parle beaucoup de votre successeur !
Oui, mais moi je n'en parlerai pas...
Par Philippe Cornet
Comme Napoléon, Prince, Nicolas Sarkozy et James Brown, le cardinal Danneels n'est pas très grand. Il entre dans la pièce avec une telle discrétion qu'on le dirait monté sur coussins d'air. Le grand bâtiment du XVIIIe siècle de l'archevêché, au centre de Malines, respire d'ailleurs d'épais silences confortés par la neige extérieure.
Godfried Danneels y a ses appartements depuis le 4 janvier 1980 quand il devient officiellement archevêque de Malines-Bruxelles, manager suprême du catholicisme belge. Né le 4 juin 1933 à Kanegem, village de Flandre occidentale « où même les poules sont catholiques » , le cardinal a fait un impressionnant parcours dans un style bien à lui, de « force tranquille » .
Le pape ayant accepté sa démission, le cardinal-archevêque n'attend plus que la désignation « dans quelques jours, quelques semaines tout au plus » de son successeur. Cela pourrait être l'évêque André-Mutien Léonard de Namur, l'homme qui distille volontiers du soufre conservateur dans son eau bénite. Sous prétexte d'un livre d'entretien récemment publié, Confidences d'un cardinal (1), Godfried Danneels répond à nos questions.
Le Vif/L'Express : Comment faut-il vous appeler, Monsieur , Cardinal , Monseigneur ?
Godfried Danneels : Ici, dans la maison, ils disent Monseigneur, c'est plus court. Mais, officiellement, c'est Monsieur le cardinal ou Eminence qui est une toute vieille expression qui perd du terrain.
D'autant qu' Eminence est aussi une marque de sous-vêtements !
( Il rigole. ) De fait. Une bonne marque d'ailleurs.
Dans cet ouvrage, vous gardez « l'église au milieu du village » , c'est votre nature profonde ?
Oui, je suis pour l'équilibre, je ne suis ni progressiste, ni conservateur, mais comme le disait le cardinal Suenens, « d'extrême centre »... C'est un peu mon métier. La chose importante est de chercher la vérité et, en général, celle-ci n'est pas extrémiste !
Pourrait-on vous qualifier d'être « d'un centre très légèrement à gauche » ?
Peut-être, mais soulignez « légèrement ».
Si on pense à la désaffection pour la religion catholique, la « mise en scène » de l'Eglise ne souffre-t-elle pas de la comparaison avec d'autres « liturgies » , celles des concerts rock par exemple ? Vous êtes allé à Werchter ?
Je ne dirai pas que c'est une autre liturgie, je dirais que c'est un autre rituel ! L'homme ne peut se passer de rituels, il en crée. Non, je ne suis jamais allé à Werchter : on serait très étonné de me voir là-bas ( il se marre ). Mais je pense aux liturgies monastiques qui restent un pôle d'attraction assez fort. Il y a une fascination pour la ferveur, l'intériorité.
On peut se souvenir d'une période - fin des années 1960 - où l'on voyait des groupes « rock » qui jouaient à la messe...
Cela existe encore, mais très peu : cela n'a pas tenu le coup. La véritable attraction de la liturgie ne se situe pas directement dans le genre de musique, c'est plus intérieur. Et puis des concerts à la guitare, on en trouve de bien meilleurs qu'à l'église, hein ! Le réchauffé n'attire personne. Un sentiment de jeunesse est entré dans les églises, mais les jeunes savent distinguer entre l'expérience spirituelle et celle, affective, collective d'un festival. Ils ont raison.
Dans ce livre toujours, vous expliquez qu'au sortir de la guerre votre père a été dénoncé pour « collaboration » avec les Allemands et a passé deux jours en prison à Bruges : peut-on tout pardonner, y compris la délation ?
C'est dur parce que le pardon dépasse les forces de l'homme, mais qu'est-ce qui s'est passé ? Pendant la guerre, chaque samedi, mon père faisait une grande cuve de soupe pour les pauvres dans une organisation contrôlée par les Allemands.
A la Libération, on a accusé mon père d'avoir collaboré et cela m'a terriblement choqué parce que l'homme avait fait ce geste par pure générosité, sans aucune pensée idéologique. Cette délation était une revanche de village.
Vous n'avez jamais reproché à votre père de ne pas avoir été résistant ?
Non, parce qu'avec ses six enfants et son métier d'instituteur... D'ailleurs, il n'y avait pas de résistants à Kanegem !
C'était trop plat ?
( Rires. ) Sans doute.
Vous dites que « toutes les poules de Kanegem étaient catholiques » : aucun coq socialiste ou libéral en vue ? Plus sérieusement, vous grandissez dans un milieu complètement homogène, était-ce vraiment supportable ?
Grandir là est une bonne base de départ parce que les fondements sont clairs, mais il faut savoir grandir. J'ai été au collège à Tielt, tout près, puis j'ai passé trois années à Leuven et cinq à Rome. Cela m'a rendu complètement cosmopolite !
Dans ce livre, vous ne parlez pas des femmes. Ni du désir.
Je n'ai pas choisi les questions posées. Non, mais je suis normal et je sais ce qui me manque : je n'ai ni femme, ni enfants et quand on devient plus âgé, on y pense davantage.
On se demande quand même pourquoi le mariage des religieux est autorisé chez les protestants par exemple et pas chez les catholiques ?
C'est une tradition choisie depuis le xiie siècle. Avant, certains religieux étaient mariés, mais au concile de Trente ( NDLR : qui débute en 1545 et s'achève dix-huit ans plus tard), l'Eglise catholique latine décide le célibat des prêtres. Dans l'Evangile, le Christ ne renonce pas seulement au mariage, mais aussi aux richesses, au pouvoir, à la domination.
On ne va pas vous découvrir un enfant secret ?
Ce serait pénible ! Mais nous ne sommes pas tous des saints, vous savez !
Vous appréciez la poésie d'Hugo Claus alors que, auteur sulfureux, ses livres étaient pratiquement mis à l'index dans les années 1950 et 1960 !
Non, pas formellement ni techniquement mis à l'index. Je distingue entre son art - je trouve que c'est un grand romancier, un grand poète - et ses convictions de non-foi. Je l'admire pour son art. L'Eglise ne l'aimait pas, mais c'était assez réciproque ( sourire ).
Vous avez côtoyé le pouvoir, celui du pape, celui des hommes politiques ou du roi Baudouin que vous connaissiez bien : y a-t-il un point commun entre ces formes de pouvoir ?
Que ce soit avec le pape ou le roi Baudouin, je n'ai jamais parlé de pouvoir. Le pape n'a pas d'armée mais un pouvoir moral, c'est évident. C'est un personnage beaucoup plus simple et humain que ce qu'on en fait !
Il est victime de son costume ?
( Soupir. ) Suis-je, moi, victime de mon costume ? Il est plus sobre, mais il est moins beau. Il vient de chez C&A. Et la croix que je porte, le Christ ressuscité, a été achetée à Rome il y a une vingtaine d'années pour 26 francs belges. Ce n'est pas du métal : elle ne sonne même pas aux détecteurs dans les aéroports. Mais j'en possède une autre ( sourire ). Quant à mon habit de cardinal, il se fait à Rome, vu qu'ici personne n'achèterait ce genre de tissu vendable à un seul client : ce ne serait pas très rentable ( sourire ).
Vous avez côtoyé Jean-Paul II, de quoi parliez-vous ? De la contraception et de l'usage du préservatif pour combattre le sida ?
Jean-Paul II a remis l'Eglise catholique sur la carte mondiale. J'aurais pu avoir cette conversation mais je ne l'ai pas eue. J'ai toujours dit qu'on n'arrêterait pas le fléau par le préservatif!
Cela peut aider.
Dans certains cas ( il hésite ), cela peut aider. Quand on est marié et qu'un membre du couple a le sida, le préservatif vous prémunit contre la maladie.
L'Eglise parle de sexualité : pourquoi parle-t-elle de quelque chose qu'elle ne connaît pas ?
Ce n'est pas un argument qui me fait grande impression : il ne faut pas être une poule pour savoir ce qu'est un oeuf ! Je n'ai pas connu la mort, cela veut-il dire que je ne puisse en parler ? Je constate que, souvent, les couples viennent chez moi pour parler de sexualité.
Fondamentalement, on a l'impression que la notion de plaisir dérange l'Eglise !
Non, mais elle met le feu orange de temps à autre. On sait que la jouissance a été créée par Dieu, mais on en fait un faux dieu à adorer ! On voit les ravages organisés et provoqués par le goût du pouvoir, de la richesse et de la sexualité incontrôlée ! Pourquoi pas le mariage et la jouissance sexuelle normale ?
Mais qu'est-ce qu'une jouissance sexuelle normale ?
Vous devez mieux le savoir que moi...
N'êtes-vous pas inquiet du boom de l'islam qui, lui, ne semble pas en manque de nouvelles vocations ?
La religion musulmane est une grande religion aussi longtemps qu'elle ne se mêle pas de politique. L'Eglise faisait aussi de la politique au Moyen Age, mais elle a su faire sa Révolution française, se séparer de l'Etat. Ce n'est pas encore le cas avec la religion musulmane, même si l'islam européen a déjà entamé sa révolution !
A propos de l'euthanasie, vous dites qu'elle est une « déshumanisation de la société » : c'est choquant !
Je dis qu'une civilisation qui se met au-dessus de l'homme est une civilisation qui déshumanise. Quelqu'un m'a créé, m'a donné la vie et je vais la lui rendre. On exagère les cas d'extrême difficulté, il y a beaucoup de possibilités palliatives à la douleur. Peut-être y a-t-il l'un ou l'autre cas impossible, alors je ne juge pas. Dieu va juger.
Cela veut dire que si vous ou l'un de vos proches était dans une telle situation de souffrance terminale, vous accepteriez votre sort ?
Je demanderais la grâce à Dieu de pouvoir l'accepter.
Vous avez donc, forcément, l'absolue conviction d'un après la mort ?
Je ne l'imagine pas, je ne le matérialise pas en images, mais je crois, parce qu'il n'y a pas de preuves, que tout ce que je fais maintenant dans ma vie - aimer, comprendre, me réjouir- continuera après ma mort. Je sers Dieu depuis septante-six ans maintenant, je ne l'ai jamais vu et je voudrais une fois le voir.
Comment l'Eglise peut-elle rétablir le contact avec quelqu'un comme Richard Williamson, évêque anglais ouvertement négationniste, excommunié par Jean-Paul II et récemment réintégré par Benoît XVI ?
Ce négationnisme est inacceptable ! Si le pape avait su...
Il est difficile de croire que tout le monde le sache, sauf le pape !
Il s'agit d'un défaut de communication intérieure : s'il l'avait su, il ne l'aurait pas fait. Il a levé l'excommunication, ce qui veut dire enlevé l'obstacle juridique, canonique, et non pas réintégré Williamson qui devra d'abord accepter Vatican II, ce qui est loin d'être fait !
Mauvaise communication ou pas, ce genre d'affaire décrédibilise terriblement l'Eglise et, plus généralement, la religion, non ?
Ce n'est pas très bon pour la juste perception de l'Eglise.
Auriez-vous aimé être pape ?
Non... Il faut être fou pour vouloir être pape et se trouver à la tête d'un milliard de catholiques, de gens si différents.
D'un point de vue financier, une retraite de cardinal vaut-elle une retraite de ministre ?
Je crois que c'est 75 % du dernier salaire perçu.
Qui est de ?
Je ne sais pas, c'est au Moniteur ( sourire ), mais je ne reçois jamais cet argent : il est directement versé sur les comptes de l'évêché qui me paie tout ce dont j'ai besoin. Je n'ai encore jamais eu de soucis financiers. Heureusement. Si je m'étais occupé des finances du diocèse, on serait certainement en faillite depuis un demi-siècle...
On parle beaucoup de votre successeur !
Oui, mais moi je n'en parlerai pas...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: L'interview du cardinal Danneels
Ses réponses sont excellentes, surtout avec les questions débiles qu'on lui pose. Décidément il est sympathique, cet homme !
Re: L'interview du cardinal Danneels
Vous avez donc, forcément, l'absolue conviction d'un après la mort ?
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Re: Le Cardinal Danneels : une parole forte sur la ressurect
Joyeuse fête de Pâques à tous les lecteurs du forum en union avec notre bien-aimé Jésus ressuscité !
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