Malaisie : Profanation, l’Eglise demande des excuses
Deux journalistes musulmans en cause
ROME, Vendredi 5 mars 2010 (ZENIT.org) - Renonçant à agir en justice, l'Eglise catholique demande les excuses de deux journalistes musulmans, profanateurs d'une hostie consacrée, indique aujourd'hui « Eglises d'Asie » (EDA), l'agence des Missions étrangères de Paris.
Le 4 mars dernier, lors d'une conférence de presse, Mgr Murphy Pakiam, archevêque catholique de Kuala Lumpur, a publiquement annoncé que l'Eglise catholique abandonnait toute poursuite judiciaire envers le mensuel Al-Islam et les deux journalistes qui avaient profané une hostie consacrée lors d'une enquête menée dans le cadre de leur travail, mais il a ajouté qu'il attendait tant du journal que des journalistes en cause des excuses publiques.
S'exprimant au nom de l'ensemble des catholiques de Malaisie, l'archevêque de Kuala Lumpur a regretté dans les termes les plus vifs la décision du ministère public d'abandonner toute poursuite contre les journalistes et le média incriminés, mais il a ajouté que le pardon étant au cœur du message chrétien, l'affaire serait tenue pour close dès l'instant où « le directeur de la publication s'excusera ». Mgr Pakiam a précisé que cela ne serait pas la première fois que l'Eglise renoncerait à aller devant les tribunaux pour le bien de la paix et du bien commun, et il a cité la publication, il y a quelques années, par un journal tamoul d'une publicité irrespectueuse où le Christ était représenté une cannette de bière à la main (1). « Dès que le rédacteur en chef s'est excusé, je lui ai dit : ‘Très bien. J'accepte l'excuse. L'affaire est close'. »
L'affaire de la profanation d'une hostie consacrée remonte au printemps dernier (2), lorsque Al-Islam, publication grand public, avait fait paraître en Une une enquête sur les supposées conversions au christianisme d'adolescentes musulmanes. En reportage incognito dans une église catholique de Kuala Lumpur, les deux reporters du journal écrivaient qu'ils ne constataient pas l'existence de telles conversions, et dissertaient sur l'usage du mot Allah dans la liturgie catholique. Toutefois, dans leur souci de s'immiscer au cœur du service religieux catholique, ils avaient pris place dans la file des fidèles pour la communion et reçu dans la bouche l'hostie consacrée. Dans l'article publié, les journalistes présentaient la photographie d'une hostie, celle qu'un des deux journalistes avait conservée un temps dans sa bouche avant de la recracher, brisée en plusieurs morceaux, pour la photographier.
Réagissant alors ce qu'ils ressentirent comme une profanation, deux catholiques de Penang portaient plainte le 8 juillet 2009 et, après un premier refus de la police, parvenaient à faire enregistrer par les autorités leur plainte. La police a alors mené l'enquête au titre de l'article 298 A du Code pénal, qui punit d'une peine maximale de cinq ans de prison toute action néfaste à l'unité et à l'harmonie, visant à causer la division, l'animosité ou la haine pour des motifs religieux. Puis, rien ne s'est passé, avant que, le 23 février 2010, les deux catholiques reçoivent un courrier de la police les informant que le parquet avait conseillé de ne pas poursuivre plus avant l'enquête et que l'action en justice était donc éteinte.
Mgr Pakiam a dénoncé l'instruction du parquet comme « impliquant le message qu'aucun crime n'avait été commis, alors même que les journalistes ont admis qu'ils avaient profané la Sainte Communion ». Il a poursuivi en affirmant que les autorités n'avaient pas saisi l'importance du tort fait à la communauté catholique. Les deux journalistes n'ont pas seulement manqué de respect pour l'Eglise et les catholiques, ils ont montré « du mépris pour nos croyances ». L'archevêque s'est toutefois déclaré défavorable à l'initiative des deux catholiques à l'origine de la plainte et qui ont déclaré, une fois la décision du parquet connue, qu'ils appelaient à manifester pacifiquement fin mars. Manifester sur la voie publique « n'est pas une manière efficace de trouver une solution à ce problème », a fait valoir l'archevêque.
Pressé par les journalistes à propos d'un éventuel lien entre la délicate résolution de la polémique autour de l'utilisation par les catholiques du mot Allah dans leurs textes et liturgies en malais (3) et sa volonté de ne pas poursuivre en justice le journal Al-Islam, Mgr Pakiam a répondu que c'était aux autorités de prendre au sérieux leurs responsabilités. Sur le fond, il a plaidé pour « une meilleure compréhension mutuelle et un plus grand respect de chacun envers l'autre ». « Nous vivons dans une société multiculturelle et pluri-religieuse. Il est indispensable que chacun respecte les croyances de l'autre, faute de quoi nous perdons de vue notre humanité et notre dignité - des valeurs qui sont au cœur du projet ‘1Malaysia' », référence à la politique du gouvernement actuel visant à mettre en valeur et à consolider l'unité de la Malaisie.
(1) En août 2007, le Makkal Osai, journal malaisien en langue tamoule, avait voulu illustrer humoristiquement la phrase « Si quelqu'un se repent de ses fautes, le paradis l'attend ». Le journal avait été suspendu de publication pendant un mois pour avoir « heurté les sentiments religieux des catholiques ». Voir EDA 490
(2) Voir EDA 515
(3) Au sujet de la controverse sur l'utilisation par les chrétiens du mot Allah, voir EDA 521, 522
© Les dépêches d'Eglises d'Asie peuvent être reproduites, intégralement comme partiellement, à la seule condition de citer la source.
Situation de l'Église en Malaisie
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- Anne
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"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…".
2 Co 4, 8-10
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michel tal
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Re: Profanation en Malaisie
Bonjour Anne T .en ce qui concerne l'utilisation du mot Allah par les chrétiens il me semble que les chrétiens Libanais et Arabes en général disent Allah lorsqu'ils parlent de Dieu de meme qu'en France lorsque un Représentant de la communauté Musulmane parle du créateur il utilise le mot Dieu car Allah veut tout simplement dire Dieu en arabe . Je ne comprend donc pas très bien la polémique à ce sujet
- Anne
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Re: Profanation en Malaisie
Cher Michel,
En Malasie, il est maintenant interdit aux catholiques d'utiliser le nom d'Allah, mais si ce mot est antérieur à l'apparition de l'Islam et que, comme vous l'avez mentionné, plusieurs chrétiens l'utilisent pour parler de Dieu dans des pays arabes!
http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog ... lmans.html
En Malasie, il est maintenant interdit aux catholiques d'utiliser le nom d'Allah, mais si ce mot est antérieur à l'apparition de l'Islam et que, comme vous l'avez mentionné, plusieurs chrétiens l'utilisent pour parler de Dieu dans des pays arabes!
Sur le Salon Beige:28 mai 2009
Le terme "Allah" n'appartient pas aux musulmans
Un tribunal de Malaisie a interdit aujourd'hui à l'Eglise catholique d'utiliser le mot "Allah" même à titre temporaire, confirmant une interdiction faite par le gouvernement devenue le symbole des tensions religieuses dans ce pays à majorité musulmane.
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Re: Profanation en Malaisie
Je suis quand même effaré par une décision aussi injuste !AnneT a écrit :En Malasie, il est maintenant interdit aux catholiques d'utiliser le nom d'Allah, mais si ce mot est antérieur à l'apparition de l'Islam et que, comme vous l'avez mentionné, plusieurs chrétiens l'utilisent pour parler de Dieu dans des pays arabes!
Où qu'on porte le regard, cette religion se distingue essentiellement par sa profonde intolérance et les persécutions qu'elle opère chez les peuples, les "infidèles", etc.
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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michel tal
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Re: Profanation en Malaisie
Bonjour Raistlin;il est vrai que la religion Musulmane est intolérante à notre époque mais il faut avoir conscience qu'elle traverse une grave crise en ce moment
en effet on peut presque parler de guerre de religions entre les Sunnites ,les Chittes et les Waabites et les évenements au moyen orient ou les occidentaux ont une part de responsabilité ne sont pas fait pour arranger les choses.
Mais n'oublions pas que d'après certaines prophéties ils doivent un jour se convertir .
Alors en attendant prion pour nos frères chrétiens en espérant que leur vie ne sera pas trop dure .
Amicalement
en effet on peut presque parler de guerre de religions entre les Sunnites ,les Chittes et les Waabites et les évenements au moyen orient ou les occidentaux ont une part de responsabilité ne sont pas fait pour arranger les choses.
Mais n'oublions pas que d'après certaines prophéties ils doivent un jour se convertir .
Alors en attendant prion pour nos frères chrétiens en espérant que leur vie ne sera pas trop dure .
Amicalement
- Anne
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Re: Profanation en Malaisie
Malaisie : Profanation, excuses du journal Al-Islam
Et la raison des excuses…
(2) Voir EDA 521, 522
© Les dépêches d'Eglises d'Asie peuvent être reproduites, intégralement comme partiellement, à la seule condition de citer la source
Et la raison des excuses…
(1) Voir dépêche diffusée le 5 mars 2010ROME, Mardi 9 mars 2010 (ZENIT.org) - Le journal Al-Islam présente des excuses aux catholiques pour avoir publié un reportage dans lequel deux de ses journalistes avaient profané une hostie consacrée, « Eglises d'Asie » (EDA), l'agence des Missions étrangères de Paris (cf. EDA dans Zenit du 5 mars 2010).
Le 4 mars 2010, Mgr Murphy Pakiam, archevêque catholique de Kuala Lumpur, avait publiquement déclaré qu'il renoncerait à saisir la justice pour peu que le journal Al-Islam s'excuse d'avoir publié un article où l'on pouvait lire comment deux de ses journalistes avaient profané une hostie consacrée (1). Deux jours plus tard, le 6 mars, le directeur de la publication de ce mensuel grand public obtempérait en publiant des excuses en ce sens, expliquant que l'intention de ses journalistes n'était pas de heurter à dessein les sentiments religieux des catholiques et que l'incident ne se reproduirait plus.
Dans un court texte de trois paragraphes, le directeur de la publication d'Al-Islam a expliqué que les deux journalistes incriminés menaient une enquête à propos de rumeurs faisant état de conversions de jeunes femmes musulmanes dans l'enceinte des églises chrétiennes, et que leurs faits et gestes dans le cadre de cette enquête n'avaient jamais eu pour but de tourner en dérision la foi chrétienne, et encore moins de profaner le lieu de culte des chrétiens. Il a poursuivi en précisant que les deux journalistes présentaient leurs excuses pour avoir, sans intention de le faire, heurté les sentiments religieux des chrétiens. Enfin, il a précisé que ces excuses paraîtraient dans le numéro daté d'avril 2010 du magazine, disponible à la vente à la mi-mars.
L'article d'Al-Islam en question avait été publié en mai 2009. Pour les besoins de leur enquête, les deux journalistes s'étaient rendus dans une église catholique de Kuala Lumpur où, incognito, ils avaient reçu la communion. L'un des deux journalistes avait ensuite conservé l'hostie consacrée dans la bouche, pour la recracher peu après et la photographier, photographie qui avait été publiée dans le journal. Après avoir lu le journal, deux laïcs de Penang avaient décidé de porter plainte et, longueur des procédures judiciaires oblige, ce n'est que le 23 février dernier que la police les a informés de l'abandon des poursuites. C'est alors que l'archevêque catholique de Kuala Lumpur avait fait savoir que des excuses suffiraient.
Selon les médias de Malaisie, Mgr Murphy Pakiam a, comme il l'avait annoncé, accepté les excuses présentées par Al-Islam et l'ensemble des milieux proches de l'Eglise se sont réjoui de l'issue de cette affaire. Dans un pays où l'expression publique est plus libre sur Internet que dans les médias imprimés, la blogosphère a elle aussi majoritairement souligné que l'affaire était close, précisant que la plupart des Malaisiens étaient conscients que les deux journalistes en question avaient mal agi. Sudhagaram Stanley, l'un des deux catholiques qui ont porté plainte, s'est déclaré heureux de la tournure prise par les événements et prêt à pardonner. Il a toutefois ajouté que c'était le ministère de la Justice qui avait ordonné l'arrêt de l'enquête, éteignant ainsi toute possibilité de jugement sur le fond de l'affaire, et que cette décision avait été prise pour des motifs politiques.
Certains observateurs en Malaisie ont fait remarquer qu'Al-Islam appartient à une filiale d'Utusan Malaysia, groupe de presse qui est lui-même propriété de l'UMNO, le parti au pouvoir. La rapidité avec laquelle le directeur de la publication d'Al-Islam a répondu à la demande d'excuses de Mgr Murphy Pakiam serait donc proportionnelle avec la volonté du pouvoir de ne pas voir cette affaire s'envenimer, à un moment où les relations entre le pouvoir et l'Eglise catholique sont mises à l'épreuve par la controverse liée à l'usage du mot Allah par les catholiques de langue malaise (2).
(2) Voir EDA 521, 522
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- Laurent L.
- Tribunus plebis

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Re: Profanation en Malaisie
Je crois que c'est d'ailleurs la même racine sémitique que "Elohim" ou le "Eloi" de Jésus sur la croix (Eloi, Eloi, lama sabachtani). En araméen liturgique, on dit "Alaha" (enfin, la prononciation est variableAnneT a écrit :En Malasie, il est maintenant interdit aux catholiques d'utiliser le nom d'Allah, mais si ce mot est antérieur à l'apparition de l'Islam et que, comme vous l'avez mentionné, plusieurs chrétiens l'utilisent pour parler de Dieu dans des pays arabes!
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michel tal
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Re: Profanation en Malaisie
Bonjour Laurent ; je ne connais pas le terme "dhimmis" qu'est ce que ça veut dire exactement? <: merci pour la réponse 
- Laurent L.
- Tribunus plebis

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Re: Profanation en Malaisie
Bonjour Michel !
Wikipedia - Dhimmi a écrit : Un dhimmi[1] est, selon le droit musulman, un non-musulman ayant conclu, avec les musulmans, un traité de reddition (dhimma[2]) déterminant ses droits et devoirs[3].
Le terme dhimmi s'applique essentiellement aux « gens du livre » (Ahl al-kitâb), qui, dans le champ de la gouvernance islamique, moyennant l'acquittement d'un impôt de capitation (jizya)[4], d'un impôt foncier (kharâj)[4], d'une certaine incapacité juridique et du respect de certaines règles édictées dans un "pacte" conclu avec les autorités, se voient accorder une liberté de culte restreinte, une dispense de certaines obligations que les musulmans sont tenus de faire (comme l'aumône obligatoire zakât ou servir dans l'armée) ainsi que la garantie de sécurité pour leur personne et pour leurs biens. En échange, certaines contraintes sont imposées, comme l'interdiction de construire de nouveaux lieux de culte ou l'interdiction du prosélytisme. L'ensemble de ces règles théoriques sera mis en œuvre de façon plus ou moins stricte selon les périodes et les lieux.
L'expression Ahl adh-dhimma[5] désigne la communauté des dhimmis.
Re: Profanation en Malaisie
Non, je ne crois pas.Laurent L. a écrit :Est-ce que les dhimmis chrétiens en "terre d'Islam" devaient (doivent) s'abstenir de dire "Allah" ??
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
- Anne
- Prætor

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- Inscription : jeu. 21 févr. 2008, 1:05
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Re: Profanation en Malaisie
Reste à voir si cette originale loi en Malaisie va faire des petits dans d'autres pays musulmans...

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