La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX)

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Laurent L.
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Re: La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par Laurent L. »

Il était directeur... et l'un des élèves est devenu évêque.
Bof, même s'il était, comme vous le sous-entendez, obsédé par la "promotion", il est quand même Monseigneur (prélat de Sa Sainteté, peut-être ? :incertain:) ; il n'a pas fini vicaire à Trifouillis-les-oies non plus...
D'autre part, vous ne pouvez nier qu'il y ait toujours eu plusieurs "tendances" dans ce qu'on appelle le "traditionalisme" ; certains prêtres de la FSSPX avant 1988 ont toujours été opposés au sacre d'évêques.
A la mode corse, quant on renie un camp, tous ceux du camp sont pourris jusqu'à l'os.
:rire: Je n'ai pas l'impression que ce soit l'état d'esprit des prélats que les membres de la FSSPX appellent vulgairement des "ralliés". Au contraire, ils sont souvent les premiers à se réjouir des discussions théologiques avec Rome.
Je n'ai pas l'impression que Mgr Masson "crache" sur la FSSPX.

Ce témoignage ne m'a pas l'air si étonnant que cela. L'attrait pour les révélations privées et l'eschatologie est présent dans les franges les plus radicales du "traditionalisme". Suite à la "grande apostasie" vient la fin du monde, etc. Et il me semble que Mgr Williamson n'est pas le plus "modéré" des 4 évêques de la FSSPX, n'est-ce pas ?
D'autre part, Mgr Williamson est un adepte du "révisionnisme", qui est une théorie du complot au même titre que les théories de Kassovitz & Co. sur le 11/09/01. Sans vouloir jouer à Dr. Freud, ce "profil" s'accorde parfaitement avec le témoignage de Mgr Masson et ressemble aux délires des sedevac' sur le complot maçonnique pour l'élection de Jean XXIII ou les théories de l'abbé de Nantes sur l'assassinat de Jean-Paul Ier. :s
En tout cas, ce témoignage me convainc d'avantage que votre théorie sur la mythomanie de Mgr Masson.

Bien à vous,
Laurent.
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Laurent L.
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Re: La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par Laurent L. »

@ Jean Droit,

S'il on en croit les discussions sur le FC, il semblerait que les propos de Mgr Fellay aient été ôtées de leur contexte. (Ça ne vous rappelle pas une histoire de préservatifs ?)
Mgr Fellay a cependant l'habitude de souffler le chaud et le froid...
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Griffon
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Re: La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par Griffon »

AnneT a écrit :
La Chartreuse a écrit : Est-ce bien dans l'esprit d'ouverture de Vatican VII ?
Bon, j'en ai manqué 5!!!!
Image

Hi... Hi... Hi... :clap:

Vous m'avez bien fait rire.
J'avais vu, mais,... votre remarque est pleine d'esprit.

Cordialement,

Griffon.
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Mon bonheur est de vivre,
O Jésus, pour Te suivre.
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coeurderoy
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Re: La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par coeurderoy »

Laurent L. a écrit :
Des nouvelles de Monseigneur Williamson dans cette vidéo' sur dailymotion:
D'après Mgr Masson, ancien directeur du séminaire d'Econe, cet homme serait plutôt perturbé :s :
Il y avait encore Richard Williamson, un Anglais, l'exemple typique de candidat qu'il me paraissait falloir écarter d’un séminaire, en raison de son manque d’équilibre. J’ai conservé les copies des interrogations écrites que je faisais alors régulièrement. C’était un moyen révélateur de l’état d’esprit et de l’état des connaissances de chaque sujet. Celui qui allait devenir Mgr Williamson et se faire mondialement connaître récemment, était un inconditionnel des « apparitions » de San Damiano, de Mamma Rosa. Il se rendait fréquemment en Italie et rapportait des jerrycans d’eau de San Damiano, pour les emmener en Angleterre aux vacances de Noël, afin d’assurer la protection de sa famille et de ses amis pendant les « événements à venir pour châtier le monde et l’Eglise hérétique ».
C'est tout-à-fait le climat "illuministe" et eschatologique des hébergeurs parisiens de Richard Coeur de Pierre !!! : des sédévacs purs et durs, des vrais, qu'ont fait la "guerre" de l'été 76, de ceux qui trouvent que, malgré les pertes...ils sont tout-de-même encore bien nombreux ces sales...youpins (entendu entre poire et fromage !)
Dernière modification par coeurderoy le lun. 22 mars 2010, 10:32, modifié 1 fois.
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Re: La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par jean_droit »

Laurent,
C'est fort possible.
Les médias et internet sont toujours à la recherche de scoops.
Comme dit plus haut laissons les discussions se poursuivre.
Il y aura accord s'il y a volonté réciproque d'accord.
La FSSPX sait parfaitement que le Saint Siège restera ferme sur les actes du Concile.
Mais il y a tant de nuances ....
La FSPPX devrait se contenter de ce qui a été décidé lors de la création de l'IBP. La possibilité d'un examen critique de quelques points du Concile. Et basta !
Monseigneur Fellay doit prendre en compte tous les courants de la FSSPX pour essayer d'avoir un maximum de clercs qui le suivront.
C'est, à mon avis, le sens de ses interventions actuelles.
J R
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Re: La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par J R »

Bonjour,

La porte Latine, site de la FSSPX présente un article sur un livre qui serait une "première remise en cause du Concile Vatican II" par un membre important de l'Eglise.

Voici le lien laportelatine.org/formation/crise/Gherardini1003/Previgny1003.php.

Vu que personne n'en parle, les religieux de ce site pourraient-ils dire, ce qu'ils en pensent ?

Cela permet d'avoir un avis différent que l'on ne trouvera nulle part ailleurs.

Merci d'avance.
Ainsi parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni chaud, je te vomirai de ma bouche.
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Re: La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par jeanbaptiste »

Deux choses :

1) en lisant un tel article je suis très dubitatif quand à la sincérité des lefebvristes dans le dialogue engagé avec Rome.

2) Le blabla sur ce Concile qui ne serait que pastoral est RIDICULE et montre la malhonnêteté intellectuelle profonde de ce milieu :

a) La notion de Concile pastoral est spécifique à Vatican II. Utiliser cette qualification pour l'opposer radicalement à "Concile dogmatique" est en soi problématique.

b) Si la FSSPX ne reconnaît pas le Concile Vatican II, pourquoi reconnaître la qualification de Concile Pastoral ? Et pourquoi donc utiliser cette qualification pour discréditer la catholicité du Concile ?

c) Un bon pasteur est un pasteur qui croit, qui croient aux dogmes. À supposer que ce Concile ne soit pas "dogmatique", il reste qu'il n'a de valeur que parce qu'il s'appuie sur les dogmes.

d) Si ce Concile n'est que "pastoral" (au sens de la FSSPX de "non dogmatique"), alors cela signifie qu'il n'y a pas de contenu qui touche les dogmes dans ses textes, et donc qu'il n'y a aucune raison de le craindre pour des raisons ... dogmatiques.

e) Si le Concile Vatican II pose des problèmes dogmatiques, et c'est justement ce que la FSSPX lui reproche, c'est donc que ce Concile touche aux dogmes, et est donc... dogmatique.

Les propos de la FSSPX sur les qualifications de "pastoral" et de "dogmatique" ne sont que pure rhétorique.

Quand à ce livre et à son auteur :

Ce livre serait révolutionnaire parce qu'il viendrait d'un éminent théologien romain qui a accepté Vatican II etc.

Pourquoi la FSSPX, qui méprise la théologie jugée "postconciliaire", donne-t-elle plus de crédit à ce théologien qu'à un autre ? Parce qu'il émet des critiques ? Combien de théologiens n'en émettent pas ? En quoi est-ce une preuve ?

Pure rhétorique, pure mauvaise foi.

La fin est extraordinaire :
La simple ouverture des colloques doctrinaux et l’acceptation de discuter le concile ont, semble-t-il, délié des langues et ragaillardi des avis occultés. La tentation face à ces paroles aussi éminentes que rares, qui ébranlent le tabou d’un concile divinisé, serait aujourd’hui de reposer la croix que nous a confiée Notre-Seigneur.
Ce Concile n'est divinisé par personne, sinon, peut-être, par quelques "progressistes" radicaux.

Et puis cette manière de dire : puisque les discussions sont ouvertes c'est bien qu'il y a malaise. Cette manière de faire passer ce malaise pour une preuve.

Vraiment, je doute de plus en plus de la sincérité de la FSSPX dans ces discussions.
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Re: La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par jeanbaptiste »

Il y a un problème de fond dans la FSSPX.

En tant que catholique, soit on considère que le Saint-Siège est bien habité par le successeur de Pierre, et dans ce cas on lui reconnaît une certaine autorité, soit on considère qu'il est vacant et l'on ne reconnaît à son occupant aucune autorité.

La FSSPX n'est pas sédévacantiste, aussi devrait-elle reconnaître une certaine autorité au pape.

Or, elle ne lui en reconnaît... sauf quand ça l'arrange !

Ainsi au sujet de Vatican II, quand Benoit XVI parle d'une herméneutique de la continuité, le minimum serait que la FSSPX se rendent à ses discussions doctrinales en partant du principe qu'elle se trompe peut-être (le respect de l'autorité ecclésiale voulant qu'il faut faire confiance par principe à cette autorité, jusqu'au point ou il devient impossible d'être en accord avec elle sur tel ou tel point). Mais la FSSPX s'y rend en partant manifestement du principe que c'est le Magistère, et le pape à sa tête, qui se trompe.

En revanche, lorsque le motu proprio qui libéralise la forme extraordinaire du rite fut promulgué, la FSSPX a encensé le pape et s'est jeté sur le document pour faire valoir ses "droits". Elle qui remet constamment en cause l'enseignement des Souverains Pontifes depuis Vatican II exige des prêtres diocésains qu'ils obéissent au pape et donnent accès à la forme extraordinaire du rite aux fidèles qui la désire...

Cherchez l'erreur.

Cela dit, avouons tout de même que les erreurs "modernistes" (Hans Kung etc.) continuent de faire infiniment plus de mal à l'Église que la FSSPX, et sont d'autant plus puissantes et insidieuses qu'elles sont mondaines.

Dans ce contexte la FSSPX, malgré ses propres erreurs, ses contradictions, et son profond orgueil, a à mon avis pu servir de "contre-pouvoir" de taille à ces erreurs. De taille parce que "spectaculaire", médiatique.
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AdoramusTe
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Re: La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par AdoramusTe »

jeanbaptiste a écrit :
Cela dit, avouons tout de même que les erreurs "modernistes" (Hans Kung etc.) continuent de faire infiniment plus de mal à l'Église que la FSSPX, et sont d'autant plus puissantes et insidieuses qu'elles sont mondaines.

Dans ce contexte la FSSPX, malgré ses propres erreurs, ses contradictions, et son profond orgueil, a à mon avis pu servir de "contre-pouvoir" de taille à ces erreurs. De taille parce que "spectaculaire", médiatique.
Attention, ne justifions pas l'un par l'autre.
Ces deux positions sont intenables et il faut les renvoyer dos à dos.
Les uns ont quitté la barque de Pierre avec lâcheté, les autres y percent des trous.

Personnellement, je ne crois pas à cette thèse de l'utilité du lefebvrisme. On n'est jamais audible quand on quitte l'Eglise. Je pense que l'ils étaient resté dans l'Eglise, Celle-ci aurait au contraire peut-être mieux résité à la crise.

La seule voie qui vaille est la fidélité sans faille à l'Eglise et son Magistère dont le Concile Vatican II fait entièrement partie.
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Re: La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par jeanbaptiste »

Oui, vous avez raison, ceci est injustifiable par cela.

Mais je cherchais moins à justifier les actions de la FSSPX, qu'à constater que tous ses effets ne furent pas mauvais.

Mais dans le fond vous avez raison.
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Laurent L.
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Re: La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par Laurent L. »

Jean-Baptiste a écrit : 2) Le blabla sur ce Concile qui ne serait que pastoral est RIDICULE et montre la malhonnêteté intellectuelle profonde de ce milieu :
Eh bien, justement, le théologien en question tient le même "blabla ridicule".
Je vous conseille de consulter le site disputationes.over-blog.com, tenu par l'IBP, institut rattaché à Rome qui partage les mêmes positions théologiques que la FSSPX. (L'abbé Laguérie est plus radical que Mgr Gherardini, il pense que le Concile Vatican II n'appartenait pas au Magistère Ordinaire et Universel).
Pour Mgr Gherardini, plus nuancé que la FSSPX mais à peine, le concile Vatican II appartient bien au "magistère suprême" de l'Eglise, mais il est pastoral et non dogmatique, on peut le critiquer allègrement et les doctrines qui ne sont pas ancrées dans la tradition de l'Eglise (œcuménisme spirituel autrefois péché de "communicatio in sacris" - lisez Mortalium Animos* de Pie XI, collégialité, liberté religieuse, soit tout ce que rejette la FSSPX) ne réclament pas l'adhésion de la foi mais juste "l'accueil attentif et respectueux" (ce ne serait donc pas le magistère ordinaire et universel mais le magistère authentique, si je ne m'abuse :incertain: ).

C'est d'ailleurs au nom de cet "pastoralité" du concile Vatican II que la FSSPX n'est pas sédévacantiste : pour elle, l'Eglise erre mais n'est pas hérétique. D'ailleurs, ce doit bien être la position romaine vis à vis de la FSSPX, puisque l'Eglise ne considère pas que la FSSPX soit schismatique (puisque reconnaissant l'autorité du Souverain Pontife, disant des messes "una cum") ni même hérétique.

Ce concile, que Paul VI qualifiait de "plus important que le concile de Nicée" (!!!), a pour particularité de ne lancer aucun anathème, ce qui est assez paradoxal : un concile considéré comme majeur dont la portée théologique serait assez minime, en somme. Vatican I, qui était un petit concile, a condamné un certain nombre d'erreurs et imposé le dogme de l'Infaillibilité Pontificale, les vieux-catholiques qui ont alors fait schisme sont donc bel et bien hérétiques.

Voici un texte de Mgr Gherardini cité sur disputationes :
[+] Texte masqué
La valeur « magistérielle » de Vatican II

par Mgr. Brunero GHERARDINI


(traduction française Matthieu Raffray)


Il m’a été demandé si le Concile Vatican II a une valeur magistérielle. La question est mal posée.

Un Concile – quel que soit son caractère et quelle que soit la finalité ou la nécessité contingente à laquelle il veuille répondre – est toujours Magistère Suprême de l’Eglise. Le plus solennel, au plus haut niveau. De ce point de vue et abstraction faite de la matière examinée, chacune de ses déclarations est toujours magistérielle. Et elle est magistérielle dans le sens le plus propre et le plus noble du terme.

Néanmoins, cela ne signifie pas qu’un Concile oblige absolument (« vincolante in assoluto »), c’est-à-dire dogmatiquement et sur le plan des comportements éthiques. « Magistériel », en effet, ne fait pas nécessairement allusion au dogme ou au domaine de la doctrine morale, vu que ce terme se limite à qualifier une assertion, ou un document, ou une série de documents provenant du Magistère, qu’il soit suprême ou non. J’ai exclu qu’il oblige absolument, parce que non-absolument (« vincolante non in assoluto »), il oblige toujours. Le fait même qu’une simple exhortation provienne d’une chaire d’une si grande autorité engendre un lien de façon certaine. Non pas cependant le lien qui exige l’assentiment inconditionné de tous (évêques, prêtres, peuple de Dieu) et qui en engage la foi ; mais le lien qui demande à tous un hommage religieux, interne et externe.

Pour que naisse l’exigence d’un assentiment inconditionné et donc sa traduction dans des comportements cohérents, il faut qu’entrent en jeu certaines circonstances, en l’absence desquelles une déclaration conciliaire, qui est sans aucun doute magistérielle, reste cependant dépourvue de la capacité juridique et morale de lier la liberté de l’Eglise et de chacun de ses membres. Dans un tel cas, il est clair que la requête de l’attention, de l’hommage, et du respect non seulement public mais aussi privé, concerne la responsabilité de chaque chrétien-catholique.

Quelles doivent être les circonstances dont il est question, cela est connu de tous, y compris, j’imagine, de ceux qui n’en tiennent pas compte.

Ne voulant pas qu’on puisse considérer ces propos comme mes idées personnelles, je vais utiliser les termes d’une personnalité qui ne peut pas être contestée, tant à cause des mérites qui lui sont universellement reconnus, que par son rôle dans l’Eglise, et par la charge qui était la sienne au moment où il les a manifestés publiquement et officiellement : le 16 novembre 1964, en plein déroulement de Vatican II, pour en clarifier la valeur conciliaire. En réponse à des questions réitérées, le Secrétaire du Concile, S.E.Rev. Mgr Pericle Felici affirma que « le texte devra toujours être interprété à la lumière des règles générales, connues de tous ». Selon ces règles, toute l’Eglise sans exception « est tenue de professer les choses concernant la foi et les mœurs que le Concile aura ouvertement déclarées ». Puisqu’il s’agissait toutefois d’un Concile pastoral – sans exclure qu’il pouvait assumer quelques énoncés dogmatiques parmi ceux qui avaient été définis par d’autres conciles et en d’autres circonstances – S.E. Mgr Felici précisa que même les directives pastorales étaient proposées par le concile Vatican II « comme doctrine du Magistère Suprême de l’Eglise » et qu’en tant que telles, « il fallait les accepter et les embrasser en conformité à l’esprit de ce Saint Synode ; cet esprit, selon les normes de l’herméneutique théologique, étant manifesté tant par la doctrine traitée, que par la teneur de l’expression utilisée »[1].



Comme on peut le voir, afin d’indiquer de quelle nature était la valeur contraignante de Vatican II, le Secrétaire du Concile fit appel à différents facteurs. En évoquant sa "pastoralité" il mentionna:

· Les limites imposées au Concile par Jean XXIII, dans l’ouverture de celui-ci : non pas la condamnation d’erreurs ni la formulation de nouveaux dogmes, mais l’adéquation de la vérité révélée « au monde contemporain, à sa mentalité et sa culture »[2] ;

· L’herméneutique théologique, c'est-à-dire l’analyse des problèmes qui se présentaient, à la lumière du donné révélé et de la Tradition ecclésiastique ;

· La teneur des expressions utilisées.


Les deux premières expressions ne nécessitent pas de longues explications ; la troisième se réfère à des notions techniques dans lesquelles se manifeste soit l’intention de dogmatiser soit, plus simplement, celle d’exhorter. Il est à noter qu’un dogme ne naît pas parce qu’un Concile (comme même Vatican II l’a fait) fait recours à des notions comme celles-ci : « Haec Sancta Synodus docet….Nos docemus et declaramus….definimus », ou autres expressions semblables, mais parce que le contenu doctrinal d’un chapitre entier ou de ses articles est synthétisé dans un « canon » qui affirme le dogme et condamne l’erreur contraire. La teneur des expressions verbales est donc formellement décisive. On peut aisément affirmer qu’un Concile est ou n’est pas dogmatique en vertu principalement de sa « voluntas definiendi », clairement manifestée par la teneur des expressions.

Vatican II n’a jamais manifesté une telle « voluntas », comme on le relève facilement par la teneur des notions employées et de ses formulations : jamais un « canon », jamais une condamnation, jamais une nouvelle définition, mais au maximum le renvoi à quelque définition du passé. La conclusion qu’on peut en tirer est évidente : il s’agit d’un Concile qui, par principe, a exclu la formulation de nouvelles doctrines dogmatiques ; celles-ci, tout en n’étant pas dogmatiques par elles-mêmes, n’auraient pu parvenir au rang de dogme que si la matière en avait été définie par d’autres Conciles et qu’elles étaient maintenant proposées de nouveau. En tout autre cas, les éventuelles nouveautés ne sont rien d’autre que des tentatives pour répondre aux problèmes du moment, et il serait théologiquement incorrect, ou plus précisément il serait sans effet de les élever à une valeur dogmatique sans le fondement de la « voluntas definiendi » mentionnée. Il s’ensuit qu’une telle surévaluation reviendrait à forcer Vatican II, dont l’enseignement ne peut être dit infaillible et irréformable que là où se trouve un enseignement défini précédemment.

Sur la base des principes herméneutiques de S.E. Mgr Felici, cela ne comporte pour personne – ni pour un évêque, ni pour un prêtre ou un théologien, ni pour le peuple de Dieu – la liberté de « snober » les enseignements de Vatican II. En tant qu’ils proviennent du Magistère Suprême, ils jouissent en effet tous d’une dignité et d’une autorité hors du commun. Personne ne pourra empêcher au savant d’en vérifier le fondement – au contraire, l’herméneutique théologique mentionnée l’exige – mais personne ne devrait non plus oser leur refuser une considération religieuse interne et externe.



Il y a toutefois un « mais » et un « si ». Faisons l’hypothèse que dans l’un des seize documents de Vatican II, ou même dans tous, on relève des erreurs. Dans l’abstrait, cela est envisageable : on a toujours discuté s’il était possible qu’un Concile n’atteigne pas ses intentions déclarées et ses finalités, ou si à la limite il pouvait tomber dans l’hérésie. Mon humble avis est que cela n’est pas à exclure, étant donnée la fragilité et la malice du cœur humain. Je pense cependant, que, dans le cas où cela se vérifierait, un Concile cesserait d’être tel. Quant à Vatican II, depuis cinquante ans l’attention critique s’est comme assoupie devant lui, étouffée par l’hosanna continuel qui l’a entouré. Et pourtant les problèmes ne manquent pas, et ils sont extrêmement sérieux. Je ne parle pas, c’est évident, d’hérésie, mais de suggestions doctrinales qui ne sont pas dans la ligne de la Tradition de toujours et qu’on ne peut donc pas aisément ramener au « quod semper, quod ubique, quod ab omnibus » du Père de Lérins, puisqu’il leur manque la continuité de l’« eodem sensu eademque sententia » de son Commonitorium.

Par exemple, un « subsistit in » ne peut pas être accueilli à la légère, si on ne démontre pas, à travers la recherche et la discussion critique – je veux dire à haut niveau scientifique – que tout compte fait il peut être interprété de façon orthodoxe. Ce qui, à mon avis, devrait exclure l’élargissement tant vanté de la « catholicité » et de la capacité salvifique aux dénominations chrétiennes non catholiques. Si, ensuite, on considère « Dignitatis humanae » comme l’anti-Syllabus, en référence au fameux document du bienheureux Pie IX (1864), la continuité avec la Tradition est enfreinte avant même d’en poser le problème. Enfin, si on déclare traditionnelle la doctrine des deux titulaires du pouvoir suprême, plénier et universel du gouvernement de l’Eglise – le Pape et le Collège des évêques, avec le Pape et sous le Pape, jamais sans lui ni au-dessus de lui – en la justifiant par « la relation réelle et inadéquate », on affirme un non-sens plus encore qu’une erreur historique et théologique.



Il faut ensuite tenir compte d’une autre circonstance, sur la base de laquelle la valeur des documents, même s’ils sont tous conciliaires et donc magistériels, n’est pas toujours la même : autre chose est une Constitution, autre chose un Décret et autre chose encore une Déclaration. Il y a une validité décroissante d’un document à l’autre. Et même s’il résultait avec une évidence certaine une éventuelle erreur de Vatican II, sa gravité varierait sur la base de sa situation dans l’un des trois types de documents.

En résumé, donc, je dirais que :

· Le Concile Œcuménique Vatican II est sans aucun doute magistériel ;

· Sans aucun doute non plus, il n’est pas dogmatique, mais pastoral, puisqu’il s’est toujours présenté comme tel ;

· Ses doctrines sont infaillibles et irréformables là seulement où elles sont tirées de déclarations dogmatiques ;

· Celles qui ne jouissent pas de fondements traditionnels constituent, prises ensemble, un enseignement authentiquement conciliaire et donc magistériel, bien que non dogmatique, qui engendre donc l’obligation non pas de la foi, mais d’un accueil attentif et respectueux, dans la ligne d’une adhésion loyale et déférente ;

· Celles, finalement, dont la nouveauté apparaît soit inconciliable avec la Tradition, soit opposée à elle, pourront et devront être sérieusement soumises à un examen critique sur la base de la plus rigoureuse herméneutique théologique.



Tout ceci, cela va sans dire, « Salvo meliore iudicio ».


Brunero Gherardini

[1] Sacrosanctum Oecumenicum Concilium Vaticanum II, Constitutiones, Decreta, Declarationes, Poliglotta Vaticana 1966, p. 214-215

[2] Ibid. p. 865, 866
Bref, l'ambiguïté (ou la subtilité ;) ) du propos de Mgr Gherardini est encore plus forte que chez la FSSPX : le concile de Vatican II est un sacrosaint concile qui doit être vénéré et respecté mais il raconte n'importe quoi, si j'ai bien compris. :s Mgr Gherardini a aussi écrit un opuscule sur le dialogue inter-religieux intitulé : "Quel accord entre le Christ et Bélial ?" :-D : pas très "œcuménique", comme propos, alors que Vatican II met en avant les "parcelles de vérité", le prélat romain reprend l'expression de Grégoire XVI, qui considérait que les hérétiques étaient les fils du démon Bélial, la honte et l'opprobre du genre humain**.

Je suis d'accord avec vous quant à l'ambiguïté de la FSSPX : elle reconnait le Pape mais à sa manière, elle est dans l'Eglise mais canoniquement en dehors, Mgr Fellay souffle le chaud et le froid par intermittence, comme pour garder les brebis et conserver le fragile équilibre de la Fraternité, entre les crypto-sédévacantistes et les papistes. Cela dit, un certain nombre de prêtres "progressistes" critiquent allègrement Benoît XVI. C'est d'ailleurs assez étrange de voir que des curés de paroisses prêchent l'hérésie (affirment leur incroyance en les anges, en l'assomption, etc.) sans en être inquiétés.

*
[+] Texte masqué
MORTALIUM ANIMOS

LETTRE ENCYCLIQUE
DE SA SAINTETÉ LE PAPE PIE XI
SUR L'UNITÉ DE LA VÉRITABLE ÉGLISE.

Aux Patriarches, Primats, Archevêques, et autres ordinaires des lieux en paix et communion avec le Siège Apostolique
Vénérables Frères, Salut et Bénédiction Apostolique

Jamais peut-être dans le passé, les esprits des hommes n'ont été saisis aussi fort que nous le voyons de nos jours, du désir de renforcer et d'étendre pour le bien commun de la société humaine, les relations fraternelles qui nous lient à cause de notre communauté d'origine et de nature.

Les peuples, en effet, ne jouissent pas encore pleinement des bienfaits de la paix; et même, çà et là, de vieilles et de nouvelles discordes provoquent l'éruption de séditions et de guerres civiles. Par ailleurs, la plupart, assurément, des controverses qui touchent à la tranquillité et à la prospérité des peuples ne peuvent d'aucune manière recevoir de solution sans l'action concertée et les efforts des chefs des Etats et de ceux qui en gèrent et poursuivent les intérêts. On comprend donc aisément, et cela d'autant mieux que plus personne ne refuse d'admettre l'unité du genre humain, pourquoi la plupart des hommes désirent voir, au nom de cette fraternité universelle, les divers peuples s'unir entre eux par des liens chaque jour plus étroits.

C'est un résultat semblable que d'aucuns s'efforcent d'obtenir dans les choses qui regardent l'ordre de la Loi nouvelle, apportée par le Christ Notre Seigneur. Convaincus qu'il est très rare de rencontrer des hommes dépourvus de tout sens religieux, on les voit nourrir l'espoir qu'il serait possible d'amener sans difficulté les peuples, malgré leurs divergences, religieuses, à une entente fraternelle sur la profession de certaines doctrines considérées comme un fondement commun de vie spirituelle. C'est pourquoi, ils se mettent à tenir des congrès, des réunions, des conférences, fréquentés par un nombre appréciable d'auditeurs, et, à leurs discussions, ils invitent tous les hommes indistinctement, les infidèles de tout genre comme les fidèles du Christ, et même ceux qui, par malheur, se sont séparés du Christ ou qui, avec âpreté et obstination, nient la divinité de sa nature et de sa mission.

De telles entreprises ne peuvent, en aucune manière, être approuvées par les catholiques, puisqu'elles s'appuient sur la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables, en ce sens que toutes également, bien que de manières différentes, manifestent et signifient le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance. En vérité, les partisans de cette théorie s'égarent en pleine erreur, mais de plus, en pervertissant la notion de la vraie religion ils la répudient, et ils versent par étapes dans le naturalisme et l'athéisme. La conclusion est claire: se solidariser des partisans et des propagateurs de pareilles doctrines, c'est s'éloigner complètement de la religion divinement révélée.

Il est vrai, quand il s'agit de favoriser l'unité entre tous les chrétiens, certains esprits sont trop facilement séduits par une apparence de bien. N'est-il pas juste, répète-t-on, n'est-ce pas même un devoir pour tous ceux qui invoquent le nom du Christ, de s'abstenir d'accusations réciproques et de s'unir enfin un jour par les liens de la charité des uns envers les autres ? Qui donc oserait affirmer qu'il aime le Christ s'il ne cherche de toutes ses forces à réaliser le voeu du Christ lui-même demandant à son Père que ses disciples soient "un" (Joan. XVII, 21) ? Et de plus le Christ n'a-t-il pas voulu que ses disciples fussent marqués et distingués des autres hommes par ce signe qu'ils s'aimeraient entre eux: " C'est à ce signe que tous connaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l'amour les uns pour les autres " (Joan. XIII, 35) ?

Plaise à Dieu, ajoute-t-on, que tous les chrétiens soient "un" ! Car par l'unité, ils seraient beaucoup plus forts pour repousser la peste de l'impiété qui, s'infiltrant et se répandant chaque jour davantage, s'apprête à ruiner l'Evangile.

Tels sont, parmi d'autres du même genre, les arguments que répandent et développent ceux qu'on appelle panchrétiens. Et il s'en faut que ces panchrétiens soient peu nombreux et disséminés; ils se sont, au contraire, multipliés en organisations complètes et ils ont fondé des associations largement répandues, que dirigent, le plus souvent, des non catholiques, quelles que soient leurs divergences en matières de foi. Leur entreprise est, d'ailleurs, poursuivie si activement qu'elle obtient en beaucoup d'endroits l'accueil de personnes de tout ordre et qu'elle séduit même de nombreux catholiques par l'espoir de former une union conforme, apparemment, aux voeux de notre Mère la Sainte Eglise, laquelle, certes, n'a rien plus à coeur que de rappeler et de ramener à son giron ses enfants égarés.

Mais en fait, sous les séductions et le charme de ces discours, se cache une erreur assurément fort grave, qui disloque de fond en comble les fondements de la foi catholique.

Avertis par la conscience de notre charge apostolique de ne pas laisser circonvenir par des erreurs pernicieuses le troupeau du Seigneur, nous faisons appel, vénérables frères, à votre zèle pour prendre garde à un tel malheur. Nous avons, en effet, la confiance que, par l'écrit et par la parole, chacun de vous pourra plus facilement atteindre son peuple et lui faire comprendre les principes et les raisons que nous allons exposer et que les catholiques pourront y trouver une règle de pensée et de conduite pour les entreprises visant à réunir, de quelque manière que ce soit, en un seul corps, tous ceux qui se réclament du nom chrétien.

Dieu, Auteur de toutes choses, nous a créés pour le connaître et le servir; étant notre Créateur, il a donc un droit absolu à notre sujétion. Certes, Dieu aurait pu n'imposer à l'homme, comme règle, que la loi naturelle qu'il a, en le créant, gravée dans son coeur, et dans la suite en diriger les développements par sa providence ordinaire; mais en fait il préféra promulguer des préceptes à observer, et, au cours des âges, c'est-à-dire depuis les débuts de l'humanité jusqu'à la venue du Christ Jésus et sa prédication, il enseigna lui-même aux hommes les obligations dues à lui, Créateur, par tout être doué de raison : " Dieu, qui, à diverses reprises et en plusieurs manières, parla jadis à nos pères par les prophètes, nous a, une dernière fois, parlé en ces jours-ci par son Fils " (Hebr. I, 1-2).

Il en résulte qu'il ne peut y avoir de vraie religion en dehors de celle qui s'appuie sur la parole de Dieu révélée: cette révélation, commencée à l'origine et continuée sous la Loi Ancienne, le Christ Jésus lui-même l'a parachevée sous la Loi Nouvelle. Mais, si Dieu a parlé - et l'histoire porte témoignage qu'il a de fait parlé -, il n'est personne qui ne voie que le devoir de l'homme, c'est de croire sans réserve à Dieu qui parle et d'obéir totalement à Dieu qui commande.

Pour que nous remplissions convenablement ce double devoir en vue de la gloire de Dieu et de notre salut, le Fils unique de Dieu a établi sur terre son Eglise. Or, ceux qui se déclarent chrétiens ne peuvent pas, pensons-nous, refuser de croire que le Christ a fondé une Eglise, et une Eglise unique; mais si, en outre, on leur demande de quelle nature doit être, suivant la volonté de son Fondateur, cette Eglise, alors tous ne s'entendent plus. Par exemple, un bon nombre d'entre eux nient que l'Eglise doive être visible et décelable extérieurement, en ce sens, du moins, qu'elle doive se présenter comme un seul corps de fidèles unanimes à professer une seule et même doctrine sous un seul magistère et un seul gouvernement; pour eux, au contraire, l'Eglise visible n'est rien d'autre qu'une fédération réalisée entre les diverses communautés de chrétiens malgré leurs adhésions à des doctrines différentes et même contradictoires.

Or, en vérité, son Eglise, le Christ Notre Seigneur l'a établie en société parfaite, extérieure par nature et perceptible aux sens, avec la mission de continuer dans l'avenir l'oeuvre de salut du genre humain, sous la conduite d'un seul chef (Matth. XVI, 18; Luc. XXII, 32; Joan. XXI, 15-17), par l'enseignement de vive voix (Marc. XVI, 15) et par l'administration des sacrements, sources de la grâce céleste (Joan. III, 5; VI, 48-59; XX, 22; cf. Matth. XVIII, 18; etc.); c'est pourquoi, dans les paraboles, il l'a déclarée semblable à un royaume (Matth. XIII), à une maison (cf. Matth. XVI, 18), à un bercail (Joan. X, 16) et à un troupeau (Joan. XXI, 15-17). Sans aucun doute, cette Eglise, si admirablement établie, ne pouvait finir ni s'éteindre à la mort de son Fondateur et des Apôtres qui furent les premiers chargés de la propager, car elle avait reçu l'ordre de conduire, sans distinction de temps et de lieux, tous les hommes au salut éternel: " Allez donc et enseignez toutes les nations " (Matth. XXVIII, 19). Dans l'accomplissement ininterrompu de cette mission, l'Eglise pourra-t-elle manquer de force et d'efficacité, quand le Christ lui-même lui prête son assistance continuelle: " Voici que je suis avec vous, tous les jours, jusqu'à la consommation des siècles " (Matth. XXVIII, 20) ?

Il est, par conséquent, impossible, non seulement que l'Eglise ne subsiste aujourd'hui et toujours, mais aussi qu'elle ne subsiste pas absolument la même qu'aux temps apostoliques; - à moins que nous ne voulions dire - à Dieu ne plaise ! - ou bien que le Christ Notre Seigneur a failli à son dessein ou bien qu'il s'est trompé quand il affirma que les portes de l'enfer ne prévaudraient jamais contre elle (Matth. XVI, 18).

C'est ici l'occasion d'exposer et de réfuter la fausse théorie dont visiblement dépend toute cette question et d'où partent les multiples activités concertées des non-catholiques en vue de confédérer, comme nous l'avons dit, les églises chrétiennes.


Les auteurs de ce projet ont pris l'habitude d'alléguer, presque à l'infini, les paroles du Christ : " Qu'ils soient un... Il n'y aura qu'un bercail et qu'un pasteur " (Joan. XVII, 21; X, 15), mais en voulant que, par ces mots, soient signifiés un voeu et une prière du Christ Jésus qui, jusqu'à ce jour, auraient été privés de résultat. Ils soutiennent, en effet, que l'unité de foi et de gouvernement, caractéristique de la véritable et unique Eglise du Christ, n'a presque jamais existé jusqu'à présent et n'existe pas aujourd'hui; que cette unité peut, certes, être souhaitée et qu'elle sera peut-être un jour établie par une entente commune des volontés, mais qu'il faut entre-temps la tenir pour une sorte de rêve. Ils ajoutent que l'Eglise, en elle-même, de sa nature, est divisée en parties, c'est-à-dire constituée de très nombreuses églises ou communautés particulières, encore séparées, qui, malgré quelques principes communs de doctrine, diffèrent pour tout le reste; que chaque église jouit de droits parfaitement identiques; que l'Eglise ne fut une et unique que tout au plus depuis l'âge apostolique jusqu'aux premiers conciles oecuméniques.

Il faut donc, disent-ils, négliger et écarter les controverses même les plus anciennes et les divergences de doctrine qui déchirent encore aujourd'hui le nom chrétien, et, au moyen des autres vérités doctrinales, constituer et proposer une certaine règle de foi commune: dans la profession de cette foi, tous sentiront qu'ils sont frères plus qu'ils ne le sauront; seulement, une fois réunies en une fédération universelle, les multiples églises ou communautés pourront s'opposer avec force et succès aux progrès de l'impiété.

C'est là, vénérables frères, leur opinion commune. Il en est, toutefois, qui affirment et concèdent que le protestantisme a rejeté trop inconsidérément certains dogmes de foi et plusieurs pratiques du culte extérieur, agréables et utiles sans aucun doute, que l'Eglise Romaine, au contraire, conserve encore. Ils se hâtent, d'ailleurs, d'ajouter que cette Eglise Romaine, elle aussi, s'est égarée, qu'elle a corrompu la religion primitive en lui ajoutant certaines doctrines moins étrangères que contraires à l'Evangile et en obligeant à y croire; parmi ces doctrines, ils citent en premier lieu celle de la primauté de juridiction attribuée à Pierre et à ses successeurs sur le siège romain. Dans ce nombre, il en est, assez peu, il est vrai, qui concèdent au Pontife romain soit une primauté honorifique, soit une certaine juridiction ou pouvoir, qui, estiment-ils toutefois, découle non du droit divin mais, d'une certaine façon, du consentement des fidèles; d'autres vont jusqu'à désirer que leurs fameux congrès, qu'on pourrait qualifier de bariolés, soient présidés par le Pontife lui-même. Pourtant, si on peut trouver des non-catholiques, d'ailleurs nombreux, qui prêchent à pleine voix une communion fraternelle dans le Christ Jésus, on n'en trouverait pas à qui vienne la pensée de se soumettre et d'obéir au Vicaire de Jésus-Christ quand il enseigne et quand il commande. Entre-temps, ils affirment qu'ils traiteront volontiers avec l'Eglise Romaine, mais à droits égaux, c'est-à-dire en égaux avec un égal; mais s'ils pouvaient traiter, il ne semble pas douteux qu'ils le feraient avec la pensée de ne pas être tenus, par le pacte éventuellement conclu, à renoncer aux opinions en raison desquelles, encore maintenant, ils restent dans leurs errements et dans leurs erreurs hors de l'unique bercail du Christ.

Dans ces conditions, il va de soi que le Siège Apostolique ne peut, d'aucune manière, participer à leurs congrès et que, d'aucune manière, les catholiques ne peuvent apporter leurs suffrages à de telles entreprises ou y collaborer; s'ils le faisaient, ils accorderaient une autorité à une fausse religion chrétienne, entièrement étrangère à l'unique Eglise du Christ.


Pouvons-nous souffrir - ce serait le comble de l'iniquité - que soit mise en accommodements la vérité, et la vérité divinement révélée? Car, en la circonstance, il s'agit de respecter la vérité révélée. Puisque c'est pour instruire de la foi évangélique tous les peuples que le Christ Jésus envoya ses Apôtres dans le monde entier et que, pour les garder de toute erreur, il voulut qu'ils fussent auparavant instruits de toute vérité par l'Esprit-Saint (Joan. XVI, 13), est-il vrai que, dans l'Eglise que Dieu lui-même assiste comme chef et gardien, cette doctrine des Apôtres a complètement disparu ou a été jamais falsifiée? Si notre Rédempteur a déclaré explicitement que son Evangile est destiné non seulement aux temps apostoliques, mais aussi aux âges futurs, l'objet de la foi a-t-il pu, avec le temps, devenir si obscur et si incertain qu'il faille aujourd'hui tolérer même les opinions contradictoires?

Si cela était vrai, il faudrait également dire que tant la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres que la présence perpétuelle de ce même Esprit dans l'Eglise et la prédication elle-même de Jésus-Christ ont perdu, depuis plusieurs siècles, toute leur efficacité et tout leur utilité: affirmation évidemment blasphématoire.

De plus, quand le Fils unique de Dieu a commandé à ses envoyés d'enseigner toutes les nations, il a en même temps imposé à tous les hommes le devoir d'ajouter foi à ce qui leur serait annoncé par les " témoins préordonnés par Dieu " (Act. X, 41), et il a sanctionné cet ordre par ces mots : " Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera condamné " (Marc. XVI, 16). Or, l'un et l'autre de ces deux commandements, qui ne peuvent pas ne pas être observés, celui d'enseigner et celui de croire pour obtenir la vie éternelle, ces deux commandements ne peuvent même pas se comprendre si l'Eglise n'expose pas intégralement et visiblement la doctrine évangélique et si, dans cet exposé, elle n'est à l'abri de tout danger d'erreur. Aussi, ils s'égarent également, ceux qui pensent que le dépôt de la vérité existe quelque part sur terre, mais que sa recherche exige de si durs labeurs, des études et des discussions si prolongées que, pour le découvrir et entrer en sa possession, à peine la vie de l'homme y suffirait; comme si le Dieu très bon avait parlé par les prophètes et par son Fils unique à cette fin que seulement un petit nombre d'hommes enfin mûris par l'âge pût apprendre les vérités révélées par eux, et nullement pour donner une doctrine de foi et de morale qui dirigerait l'homme pendant tout le cours de sa vie mortelle.

Il est vrai, ces panchrétiens qui cherchent à fédérer les églises, semblent poursuivre le très noble dessein de promouvoir la charité entre tous les chrétiens; mais comment la charité pourrait-elle tourner au détriment de la foi? Personne sans doute n'ignore que saint Jean lui-même, l'Apôtre de la charité, que l'on a vu dans son Evangile, dévoiler les secrets du Coeur Sacré de Jésus et qui ne cessait d'inculquer dans l'esprit de ses fidèles le précepte nouveau: " Aimez-vous les uns les autres ", interdisait de façon absolue tout rapport avec ceux qui ne professaient pas la doctrine du Christ, entière et pure: " Si quelqu'un vient à vous et n'apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison et ne le saluez même pas " (Joan. II, 10). C'est pourquoi, puisque la charité a pour fondement une foi intègre et sincère, c'est l'unité de foi qui doit être le lien principal unissant les disciples du Christ.

Comment, dès lors, concevoir la légitimité d'une sorte de pacte chrétien, dont les adhérents, même dans les questions de foi, garderaient chacun leur manière particulière de penser et de juger, alors même qu'elle serait en contradiction avec celles des autres? Et par quelle formule, Nous le demandons, pourraient-ils constituer une seule et même société de fidèles, des hommes qui divergent en opinions contradictoires? Par exemple, au sujet de la sainte Tradition, ceux qui affirment qu'elle est une source authentique de la Révélation et ceux qui le nient? De même, pour la hiérarchie ecclésiastique, composée d'évêques, de prêtres et de ministres, ceux qui pensent qu'elle est d'institution divine et ceux qui déclarent qu'elle a été introduite peu à peu selon les temps et les circonstances? Egalement au sujet de la très sainte Eucharistie, ceux qui adorent le Christ véritablement présent en elle grâce à cette merveilleuse transformation du pain et du vin appelée transsubstantiation, et ceux qui affirment que le corps du Christ ne s'y trouve présent que par la foi ou par un signe et la vertu du Sacrement; ceux qui reconnaissent à la même Eucharistie à la fois la nature de sacrifice et celle de sacrement, et ceux qui n'y voient rien d'autre que le souvenir et la commémoraison de la Cène du Seigneur? Et aussi, quant aux Saints régnant avec le Christ et spécialement Marie Mère de Dieu, ceux qui croient qu'il est bon et utile de les invoquer par des supplications et de vénérer leurs images, et ceux qui prétendent que ce culte ne peut être rendu, parce qu'opposé à l'honneur de Jésus-Christ " seul médiateur entre Dieu et les hommes " (I Tim. II, 5)?

En vérité, nous ne savons pas comment, à travers une si grande divergence d'opinions, la voie vers l'unité de l'Eglise pourrait être ouverte, quand cette unité ne peut naître que d'un magistère unique, d'une règle unique de foi et d'une même croyance des chrétiens. En revanche, nous savons très bien que, par là, une étape est facilement franchie vers la négligence de la religion ou indifférentisme et vers ce qu'on nomme le modernisme, dont les malheureuses victimes soutiennent que la vérité des dogmes n'est pas absolue, mais relative, c'est-à-dire qu'elle s'adapte aux besoins changeants des époques et des lieux et aux diverses tendances des esprits, puisqu'elle n'est pas contenue dans une révélation immuable, mais qu'elle est de nature à s'accommoder à la vie des hommes.


De plus, quant aux vérités à croire, il est absolument illicite d'user de la distinction qu'il leur plaît d'introduire dans les dogmes de foi, entre ceux qui seraient fondamentaux et ceux qui seraient non fondamentaux, comme si les premiers devaient être reçus par tous tandis que les seconds pourraient être laissés comme matières libres à l'assentiment des fidèles: la vertu surnaturelle de foi a en effet, pour objet formel l'autorité de Dieu révélant, autorité qui ne souffre aucune distinction de ce genre. C'est pourquoi tous les vrais disciples du Christ accordent au dogme de l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu la même foi que, par exemple, au mystère de l'Auguste Trinité, et de même ils ne croient pas à l'Incarnation de Notre Seigneur autrement qu'au magistère infaillible du Pontife Romain dans le sens, bien entendu, qu'il a été défini par le Concile oecuménique du Vatican. Car, de la diversité et même du caractère récent des époques où, par un décret solennel, l'Eglise a sanctionné et défini ces vérités, il ne s'ensuit pas qu'elles n'ont pas la même certitude, qu'elles ne sont pas avec la même force imposées à notre foi: n'est-ce pas Dieu qui les a toutes révélées?

En effet, le magistère de l'Eglise - lequel, suivant le plan divin, a été établi ici-bas pour que les vérités révélées subsistent perpétuellement intactes et qu'elles soient transmises facilement et sûrement à la connaissance des hommes - s'exerce chaque jour par le Pontife Romain et par les évêques en communion avec lui; mais en outre, toutes les fois qu'il s'impose de résister plus efficacement aux erreurs et aux attaques des hérétiques ou d'imprimer dans l'esprit des fidèles des vérités expliquées avec plus de clarté et de précision, ce magistère comporte le devoir de procéder opportunément à des définitions en formes et termes solennels.

Certes, cet usage extraordinaire du magistère n'introduit aucune nouveauté à la somme des vérités qui sont contenues, au moins implicitement, dans le dépôt de la Révélation confié par Dieu à l'Eglise; mais ou bien il rend manifeste ce qui jusque là pouvait peut-être paraître obscur à plusieurs, ou bien il prescrit de regarder comme de foi ce que, auparavant, certains mettaient en discussion.

On comprend donc, Vénérables Frères, pourquoi ce Siège Apostolique n'a jamais autorisé ses fidèles à prendre part aux congrès des non-catholiques: il n'est pas permis, en effet, de procurer la réunion des chrétiens autrement qu'en poussant au retour des dissidents à la seule véritable Église du Christ, puisqu'ils ont eu jadis le malheur de s'en séparer.


Le retour à l'unique véritable Eglise, disons-Nous, bien visible à tous les regards, et qui, par la volonté de son Fondateur, doit rester perpétuellement telle qu'il l'a instituée lui-même pour le salut de tous. Car jamais au cours des siècles, l'Epouse mystique du Christ n'a été souillée, et elle ne pourra jamais l'être, au témoignage de saint Cyprien: " L'Epouse du Christ ne peut commettre un adultère: elle est intacte et pure. Elle ne connaît qu'une seule demeure; par sa chaste pudeur, elle garde l'inviolabilité d'un seul foyer " (De cath. Ecclesiae unitate, VI). Et le saint martyr s'étonnait vivement, et à bon droit, qu'on pût croire " que cette unité provenant de la stabilité divine, consolidée par les sacrements célestes, pouvait être déchirée dans l'Église et brisée par le heurt des volontés discordantes " (ibid.). Le corps mystique du Christ, c'est-à-dire l'Eglise, étant un (I Cor., XII, 12), formé de parties liées et coordonnées (Eph. IV, 16) à l'instar d'un corps physique, il est absurde et ridicule de dire qu'il peut se composer de membres épars et disjoints; par suite, quiconque ne lui est pas uni n'est pas un de ses membres et n'est pas attaché à sa tête qui est le Christ (Eph.V, 30; 1,22).

Or, dans cette unique Eglise du Christ, personne ne se trouve, personne ne demeure, si, par son obéissance, il ne reconnaît et n'accepte l'autorité et le pouvoir de Pierre et de ses légitimes successeurs. N'ont-ils pas obéi à l'Evêque de Rome, Pasteur suprême des âmes, les ancêtres de ceux qui, aujourd'hui, sont enfoncés dans les erreurs de Photius et des novateurs? Des fils ont, hélas ! déserté la maison paternelle, laquelle ne s'est point pour cela effondrée et n'a pas péri, soutenue qu'elle était par l'assistance perpétuelle de Dieu. Qu'ils reviennent donc au Père commun, qui oubliera les insultes proférées jadis contre le Siège Apostolique et les recevra avec la plus grande affection. Si, comme ils le répètent, ils désirent se joindre à nous et aux nôtres, pourquoi ne se hâteraient-ils pas d'aller vers l'Eglise, " mère et maîtresse de tous les fidèles du Christ " (Conc. Latran IV, c. 5).

Qu'ils écoutent Lactance s'écriant: " Seule... l'Eglise catholique est celle qui garde le vrai culte. Elle est la source de vérité, la demeure de la foi, le temple de Dieu; qui n'y entre pas ou qui en sort, se prive de tout espoir de vie et de salut. Que personne ne se flatte d'une lutte obstinée. Car c'est une question de vie et de salut; si l'on n'y veille avec précaution et diligence, c'est la perte et la mort " (Divin. Instit., IV. 30, 11-12).

Que les fils dissidents reviennent donc au Siège Apostolique, établi en cette ville que les princes des Apôtres, Pierre et Paul, ont consacrée de leur sang, au Siège " racine et mère de l'Eglise catholique " (S. Cypr., Ep. 48 ad Cornelium, 3).

Qu'ils y reviennent, non certes avec l'idée et l'espoir que " l'Eglise du Dieu vivant, colonne et fondement de la vérité " (I Tim. II, 15) renoncera à l'intégrité de la foi et tolérera leurs erreurs, mais, au contraire, pour se confier à son magistère et à son gouvernement. Plaise à Dieu que cet heureux événement, que tant de nos prédécesseurs n'ont pas connu, Nous ayons le bonheur de le voir, que nous puissions embrasser avec un coeur de père les fils dont nous déplorons la funeste séparation; plaise à Dieu notre Sauveur, " qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité " (I Tim. II,4), d'entendre Notre ardente supplication pour qu'il daigne appeler tous les égarés à l'unité de l'Eglise. En cette affaire certainement très importante, Nous faisons appel et Nous voulons que l'on recoure à l'intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de la divine grâce, victorieuse de toutes les hérésies et Secours des chrétiens, afin qu'elle Nous obtienne au plus tôt la venue de ce jour tant désiré où tous les hommes écouteront la voix de son divin Fils " en gardant l'unité de l'Esprit dans le lien de la paix " (Eph. IV, 3).

Vous comprenez, Vénérables Frères, combien nous souhaitons cette union. Nous désirons que Nos fils le sachent aussi, non seulement ceux qui appartiennent à l'univers catholique, mais aussi tous ceux qui sont séparés de nous. Si, par une humble prière, ces derniers implorent les lumières célestes, il n'est pas douteux qu'ils ne reconnaissent la seule vraie Église de Jésus-Christ et qu'ils n'y entrent enfin, unis à Nous par une charité parfaite. Dans cette attente, comme gage des bienfaits divins et en témoignage de Notre bienveillance paternelle, Nous vous accordons de tout coeur, Vénérables Frères, ainsi qu'à votre clergé et à votre peuple, la bénédiction apostolique.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 6 janvier, en la fête de l'Epiphanie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, l'an 1928, le sixième de Notre Pontificat.
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Mirari Vos - Grégoire XVI a écrit :C'était vers le même but, aussi, que tendaient de concert les extravagances coupables et les désirs criminels des Vaudois, des Béguards, des Wicléfistes et d'autres semblables enfants de Bélial, la honte et l'opprobre du genre humain, et pour ce motif il furent, tant de fois et avec raison, frappés d'anathème par le Siège Apostolique. Si ces fourbes achevés réunissent toutes leurs forces, c'est sûrement et uniquement afin de pouvoir dans leur triomphe se féliciter, avec Luther, d'être libres de tout ; et c'est pour l'atteindre plus facilement et plus promptement qu'ils commettent avec la plus grande audace les plus noirs attentats.
[Je me suis permis de "spoiler" vos très longues citations, c'est la règle ici ;) JBB]
Dernière modification par Laurent L. le lun. 22 mars 2010, 13:07, modifié 1 fois.
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Laurent L.
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Re: La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par Laurent L. »

AdoramusTe a écrit : Personnellement, je ne crois pas à cette thèse de l'utilité du lefebvrisme. On n'est jamais audible quand on quitte l'Eglise. Je pense que l'ils étaient resté dans l'Eglise, Celle-ci aurait au contraire peut-être mieux résité à la crise.
Oui, vous avez sans doute raison. D'ailleurs, Mgr Lefebvre s'est radicalisé au fil du temps : "laissez-nous tenter l'expérience de la Tradition", disait-il.
Cela dit, je suis sûr que de nombreux prélats et théologiens se frottent les mains et attendent avec impatience le résultat des discussions théologiques avec la FSSPX.
La seule voie qui vaille est la fidélité sans faille à l'Eglise et son Magistère dont le Concile Vatican II fait entièrement partie.
Oui, bien d'accord avec vous. Cela dit, l'attitude des "ralliés" vis-à-vis du concile est plus ou moins détachée. Lisez les propos du Père de Blignières sur le FC. Quel sont les degrés du magistère concernant certains points ?

D'ailleurs, il me semble que la Curie a déjà procédé à un éclaircissement de certains points ambigus du concile, concernant le "subsistit in", par exemple.

Prions pour que les discussions se passent au mieux, et qu'un accord soit enfin trouvé entre la FSSPX et Rome. Peut-être un truc sur mesure, comme pour les anglicans ? :incertain: La FSSPX ne dépendrait donc pas de l'évêque "local", mais des évêques de la FSSPX, comme les uniates dépendent de leurs évêques...

Voici un article intéressant sur les théologiens "romains" qui débattent avec la FSSPX : http://disputationes.over-blog.com/arti ... 95536.html.
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coeurderoy
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Re: La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par coeurderoy »

Laurent L. a écrit : Prions pour que les discussions se passent au mieux, et qu'un accord soit enfin trouvé entre la FSSPX et Rome. Peut-être un truc sur mesure, comme pour les anglicans ? :incertain: La FSSPX ne dépendrait donc pas de l'évêque "local", mais des évêques de la FSSPX, comme les uniates dépendent de leurs évêques...
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Communion ? Catholicité ? Coopération avec l'Eglise diocésaine ? Habitués à vivre "en parallèle" et à pratiquer un libre examen du Concile Vatican II et des actes du Magistère, les évêques lefebvristes continueront à se prendre pour les nouveaux Hilaire et Athanase de ce temps à mon humble avis...
Dernière modification par coeurderoy le lun. 22 mars 2010, 15:43, modifié 1 fois.
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"

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jeanbaptiste
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Re: La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par jeanbaptiste »

Merci pour tous ces approfondissements ! Et merci pour le lien vers DISPUTATIONES THEOLOGICAE que j'avais perdu ;)
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Laurent L.
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Re: La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par Laurent L. »

Cœurderoy a écrit : Communion ? Catholicité ? Coopération avec l'Eglise diocésaine ? Habitués à vivre "en parallèle" et à pratiquer un libre examen du Concile Vatican et des actes du Magistère, les évêques lefebvristes continueront à se prendre pour les nouveaux Hilaire et Athanase de ce temps à mon humble avis...
C'est à craindre, en effet, qu'ils continuent à se prendre pour l'élite immaculée de l'Eglise. On peut seulement espérer qu'ils se calmeront avec le temps. :/ Cela dit, ce n'est pas atroce que la fsspx ne dépende pas de l'évêque diocésain, puisque elle a déjà des évêques et que les uniates parisiens ne sont pas sous l'autorité de Mgr Vingt-Trois, il me semble... D'ailleurs, les anglicans revenus au bercail ne seront-ils pas également indépendants des ordinaires romains ?
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