Si j'étais brûlée comme Jacqueline Saburido, j'espère juste que je trouverais la force de ne pas me suicider, puisque je considère que c'est très grave et que ça pourrait me perdre dans l'éternité. D'autre part je considèrerais que je peux apporter mon témoignage à la sécurité routière, et également que j'aurais enfin tout le temps pour écrire et peindre.
En tant que croyante, je demanderais le courage, et je suppose que je le recevrai puisque je l'ai toujours reçu jusqu'à présent. Ou si ça se trouve je me suiciderais un jour ou l'autre. Mais je suis sûre d'une chose, c'est pourquoi je demanderais le courage de continuer à vivre.
Tandis qu'un athée, aussi spirituel et charitable soit-il, pour se convaincre de vivre n'aura que l'idée de ce qu'il peut faire pour les autres. Il lui suffit d'imaginer qu'il n'aura peut-être pas la reconnaissance, pour flancher et ne pas prendre le risque de souffrir pour rien.
Donc, selon moi, un athée même spirituel (qui ne pourrait toutefois pas être un moine boudhiste qui aurait sacrifié son confort matériel pour s'occuper exclusivement de son esprit) n'attribuerait a priori pas suffisamment de valeur aux êtres humains et à sa propre vie pour rester en vie parmi eux malgré un corps abîmé et des souffrances psychiques et physiques au quotidien (soins/piquûres, regard des autres, rejet des hommes, projet d'enfantement anéanti).
Un jour, j'ai reçu un diaporama de Jacqueline Saburido et je l'ai montré à mes collègues. Ils m'ont tous dit qu'à sa place, ils se flingueraient, et ils sont athées. J'en ai donc déduis qu'ils étaient matérialistes. Et même égocentriques, puisqu'à partir du moment où ils n'auraient pas droit au même traitement et à la même considération qu'a tout être normalement constitué, ils préfèreraient disparaître. Je ne juge pas leur point de vue, c'est un point de vue somme toute logique pour des athées. Mais il montre bien que pour eux, 1) l'esprit passe après le corps (parce que ce qui se voit est plus important que ce qui ne se voit pas) et 2) ce qu'ils reçoivent est plus important que ce qu'ils donnent.
J'ai lu que Jacqueline Saburido était croyante. A vérifier de sa propre parole.
Vous avez dit quelque chose de très vrai et d'assez grave selon moi :
Ca me fait penser à Coluche qui ne parlait que de ceux qui n'ont pas à bouffer. Il y a toujours des gens qui pensent que la pire misère qui soit est de ne pas manger.Notez un intéressant paradoxe : c'est que beaucoup de gens se "préoccupent" du sort des haïtiens, des péruviens, etc. en donnant par exemple de l'argent. Mais que bien peu vont donner quelque chose qui ne coûte pourtant pas cher (bien qu'inestimable) : l'Amour, à leur voisin de pallier.
Je ne crois donc pas en l'homme, mais je crois en certains hommes.
Or la pire, et qui existe bel et bien en France, est celle de ceux qui sont mal aimés ou pas aimés. Il y a un paquet d'enfants mal aimés, qui deviendront des adultes qui auront du mal à aimer (sauf s'ils se convertissent
Pour ce qui est de bouffer, tout le monde bouffe en France. Même si on bouffe mal, on bouffe tous. Cela dit je ne critique pas les restau du coeur parce qu'ils se sont développés au point de distribuer de la literie, des couches, des meubles etc. Mais de son vivant, Coluche ne parlait que de manger. Peut-être parce qu'il était athée ?




