Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2009-2010)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
Règles du forum
Forum de partage de méditations chrétiennes
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Re: De la chair et de l'Esprit

Message non lu par etienne lorant »

Merci surtout à vous pour vos encouragements !
Merci au Seigneur qui se tient parmi les hommes et leur dit: "Le Royaume des cieux ne vient pas de manière à frapper le regard. Le voici qu'il est au milieu de vous"
Loué soit Son nom !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Marie, mère de Jean, Jean fils de Marie

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 21,20-25.

Jésus ressuscité venait d'annoncer à Pierre par quel genre de mort il rendrait gloire à Dieu. En se retournant, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait. (C'est lui qui, pendant le repas, s'était penché sur la poitrine de Jésus pour lui dire: "Seigneur, quel est celui qui va te livrer?") Pierre, voyant ce disciple, dit à Jésus : « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? » Jésus lui répond : « Si je veux qu'il reste jusqu'à ce que je vienne, est-ce ton affaire ? Mais toi, suis-moi. » Ainsi se répandit parmi les frères l'idée que ce disciple ne mourrait pas. Or, Jésus n'avait pas dit à Pierre : « Il ne mourra pas », mais : « Si je veux qu'il reste jusqu'à ce que je vienne, est-ce ton affaire ? » C'est lui, le disciple qui rend témoignage de tout cela, et qui l'a rapporté par écrit, et nous savons que son témoignage est vrai. Il y a encore beaucoup d'autres choses que Jésus a faites ; et s'il fallait rapporter chacune d'elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l'on écrirait ainsi.

Beaucoup de commentateurs ont vu dans ces dernières lignes de l'Evangile de Jean une sorte de distinction entre la voie monastique - à l'écart du monde, d'une part, et l'engagement pastoral dans l'Eglise visible, d'autre part. Eh bien, je ne suis pas d'accord, parce que c'est trop simple et ce genre de discours introduit comme une opposition entre les chrétiens. On songe immédiatement aux soeurs de Lazare, Marthe et Marie, celle-ci ayant choisi "la meilleure part"... c'est un peu fragile comme argumentation.

En réalité, ce qui différencie Jean de Pierre, c'est surtout le fait que Marie fut confiée à Jean par Jésus, et vice versa. Cela a donné... surtout une éducation de Jean par Marie et l'origine de la dévotion mariale - que de très nombreux prêtres, y compris des Papes, ont adoptée ! Et donc il ne s'agit pas, du moins à mes yeux, de dire de façon abrupte que "la voie de Jean" c'est celle du monachisme, tandis que celle de Pierre serait celle de l'engagement dans le monde. Mais les deux attitudes sont liées et le lien, c'est certainement Marie.

Voici ce qu'en disait le pape Jean-Paul II : "Le nom du disciple était Jean. C’est précisément lui, Jean, fils de Zébédée, apôtre et évangéliste, qui entendit les paroles du Christ venant du haut de la Croix : « Voici ta mère ». Auparavant, le Christ avait dit à sa Mère : « Femme, voici ton Fils ». C’était là un testament admirable. En quittant ce monde, le Christ donna à la Mère un homme qui serait pour elle comme un fils : Jean. Il le lui confia. Et par la suite de ce don, de cette remise entre ses mains, Marie devint la mère de Jean. La mère de Dieu est devenue la mère de l’homme. A partir de cette heure-là, Jean la « prit chez lui » et il devint sur terre le gardien de la Mère de son Maître ; c’est en effet pour des enfants un droit et un devoir de prendre soin de leur mère. Mais Jean devient surtout, par la volonté du Christ, le fils de la Mère de Dieu. Et à travers Jean, tout homme devint son fils à elle. » (Jean-Paul II - Homélie de la messe du 13 mai 1982 à Fatima)

Il est évident à mes yeux que cette filiation à la mère de Dieu est non seulement tout à fait "catholique", mais effectivement demeurera jusqu'au retour du Christ dans sa gloire.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Jean Da
Civis
Civis
Messages : 6
Inscription : ven. 21 août 2009, 21:40

Re: Marie, mère de Jean, Jean fils de Marie

Message non lu par Jean Da »

Merci @etienne Lorant pour votre sujet qui donne c'est vrai la vraie place qui Lui revient à la Mère de Dieu - et des hommes, bien qu'elle soit aussi Reine, non ? (du Ciel et de la terre, des anges...). Saint Louis Marie Grignon de Montfort ne dit-il pas que vers les derniers temps, la Vierge aura toute la place et le rôle qui lui reviennent dans le Salut du monde ?

Je voudrais en outre vous poser une question qui concerne les évangiles : sachant qu'ils sont tous complémentaires, certes, les synoptiques et celui de Jean (appelé aussi évangile de l'amour, ou évangile mystique, voir le merveilleux prologue que tout chrétien connaît), tous ensemble se répondent et contiennent ce que Dieu (Père et Fils par l'Esprit Saint) a voulu qu'ils contiennent. Mais je me pose la question de savoir pourquoi Jean est-il le seul à mentionner la Vierge et Jean au pied de la Croix cependant que les autres évangélistes non, voire mentionnent d'autres personnes ?

Ma question peut paraître banale aux yeux peut-être de beaucoup de forumeurs ici qui sont sans doute plus avancés en théologie dira-t-on pour faire vite, ou peut-être difficile, mais je pense qu'en 2000 ans et plus maintenant de Christianisme, elle a déjà pu être posée et résolue.

Les contradictions apparentes n'en sont pas, je le sais. Une fois, une personne, un prêtre je crois, parlait de cela et disait que c'est comme s'il y avait une caméra, qui pour la même scène ne filmait qu'une partie (par comparaison un évangile pour faire grosso modo pardon), et donc on ne voit qu'une certaine partie tandis que le reste est caché. Cette caméra ou une autre peut filmer la même scène mais sous un angle différent (un autre évangile, etc.).
Aussi peut-on dire que si les autres évangélistes ne mentionnent pas la présence de Jean et Marie, cela ne veut pas forcément dire qu'ils n'étaient pas là ?

Qu'en pensez-vous ? (cette question s'adresse à vous mais aussi à quiconque voudra bien m'éclairer)

Merci
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Pentecôte : l'événement de la rencontre personnelle

Message non lu par etienne lorant »

Livre des Actes des Apôtres 2,1-11.

Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d'eux les entendait parler sa propre langue. Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens ?
Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ?

Psaume 104,1.24.29-30.31.34.
Bénis le Seigneur, ô mon âme ; Seigneur mon Dieu, tu es si grand ! Revêtu de magnificence,
Quelle profusion dans tes oeuvres, Seigneur ! Tout cela, ta sagesse l'a fait ; la terre s'emplit de tes biens.
Tu caches ton visage : ils s'épouvantent ; tu reprends leur souffle, ils expirent et retournent à leur poussière.
Tu envoies ton souffle : ils sont créés ; tu renouvelles la face de la terre.
Gloire au Seigneur à tout jamais ! Que Dieu se réjouisse en ses oeuvres !
Que mon poème lui soit agréable ; moi, je me réjouis dans le Seigneur.

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 12,3-7.12-13.
C'est pourquoi je vous le rappelle : Si l'on parle sous l'action de l'Esprit de Dieu, personne ne dit : « Jésus est un maudit » ; et personne n'est capable de dire : « Jésus est le Seigneur » sans l'action de l'Esprit Saint.
Les dons de la grâce sont variés, mais c'est toujours le même Esprit.
Les fonctions dans l'Église sont variées, mais c'est toujours le même Seigneur.
Les activités sont variées, mais c'est toujours le même Dieu qui agit en tous.
Chacun reçoit le don de manifester l'Esprit en vue du bien de tous.
Prenons une comparaison : notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ.
Tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés dans l'unique Esprit pour former un seul corps. Tous nous avons été désaltérés par l'unique Esprit.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,19-23.
Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint.
Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »

J'ai songé à ce qu'il était advenu lorsque Dieu avait confondu le langage des hommes tandis qu'ils édifiaient la tour de Babel : animés du même calcul - qui était un défi à Dieu, toujours doués de raison, en dépit du châtiment, ils n'avaient pu faire autrement que de se disperser par toute la terre. Car il est pratiquement impossible, aujourd'hui encore, de construire un bâtiment en employant dix, quinze, cent ouvriers spécialisés (métreurs, maçons, vitriers, couvreur, plombiers, électriciens, ingénieurs, etc.) si aucun d'eux ne parle la même langue. On voit mal un ingénieur s'adresser à un contremaître en Swahili et ce dernier redistribuer les tâches en quarante langues différentes. Le plus savant des polyglottes au monde en aurait pour des années d'explications entre chaque phase de travail.

Mais cette prouesse ne resterait qu'une pâle image de ce qui s'est passé à la Pentecôte. Lorsque le livre des Actes déclare que chacun comprenait les apôtres dans sa langue maternelle, cela veut dire: avec toutes les nuances et toute la profondeur qui coexistent dans la même langue. Pour moi, cela signifie : une compréhension immédiate, intérieure, qui s'ancre bien au-delà des mots, mais au fond des coeurs. Or, pour cela, il n'y a que l'expression surnaturelle de l'Amour, c'est-à-dire la connaissance de Dieu.

C'est bien cela, et non une compréhension intellectuelle, qui se produit lorsque tout d'un coup, un homme qui ne croyait pas, rencontre le Christ. Il faut se souvenir de Saül : il faisait route et approchait de Damas, quand soudain une lumière venue du ciel l'enveloppa de sa clarté. Tombant à terre, il entendit une voix qui lui disait : "Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu ?" - "Qui es-tu, Seigneur ?" demanda-t-il. Et lui : "Je suis Jésus que tu persécutes." Saül demande bien "Qui es-tu ?"à Jésus, mais cet inconnu, il le nomme déjà Seigneur ! Le formidable événement qui l'a fait tomber et rendu aveugle, qui va l'empêcher de boire et manger durant trois jours, c'est la rencontre avec l'Amour vivant... Qui peut tenir tête à cela ? Je connais une femme qui n'avait plus prié durant des années. Un jour, un dimanche au cours des années 90, elle allume machinalement sa télévision et tombe sur une retransmission d'une messe du père Tardiff. A peine ce dernier a-t-il prononcé le nom de Jésus que ses jambes se dérobent sous elle et qu'elle se met à ramper pour retrouver dans son appartement le seul crucifix qui restait. Ce qu'elle a compris en un instant, il lui a fallu des années pour le mettre par écrit, pour l'expliquer et le rapporter, mais cependant, dès le lundi matin, elle avait quitté l'homme avec qui elle vivait - en n'emportant qu'une seule valise: la page était définitivement tournée.

Bref, qu'il s'agisse de Saül ou de Grâce F., l'événement est semblable et la rencontre change complètement le point de vue de la personne, sa destinée et sa vie, sans avoir altéré aucune de ses autres facultés. Comprendre Jésus dans sa langue maternelle, pour moi c'est ce que cela signifie exactement. Je vous le souhaite à tous : si cela arrivait à tous et à toutes, je n'aurais plus besoin d'écrire quoi que ce soit... mais je crois que je continuerais tout de même simplement pour ma joie, pour me raconter les merveilles du Seigneur.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Seuls les pauvres s'enrichissent...

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10,17-27.
Jésus se mettait en route quand un homme accourut vers lui, se mit à genoux et lui demanda : « Bon maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
Jésus lui dit : « Pourquoi m'appelles-tu bon ? Personne n'est bon, sinon Dieu seul.
Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d'adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. »
L'homme répondit : « Maître, j'ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse. »
Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l'aimer. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. »
Mais lui, à ces mots, devint sombre et s'en alla tout triste, car il avait de grands biens.
Alors Jésus regarde tout autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! »
Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Mais Jésus reprend : « Mes enfants, comme il est difficile d'entrer dans le royaume de Dieu.
Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. »
De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? »
Jésus les regarde et répond : « Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »

Comment se fait-il que Jésus reçoive le jeune homme riche en lui rétorquant, et vivement me semble-t-il : "« Pourquoi m'appelles-tu bon ? Personne n'est bon, sinon Dieu seul." Et d'ailleurs, Jésus donne la réponse: Dieu seul est bon - ce qui implique que lui-même est bon, car le Père et le Fils sont un... Il me semble que Jésus s'adresse à cet homme comme il l'avait fait avec la Syro-Phénicienne: il cherche à modifier le point de vue de la personne qui est venue à sa rencontre. Cela peut égament être une façon d'éveiller l'attention. Il peut dire cela de la même façon qu'Il dira : "Que celui qui a des oreilles, qu'il entende !

Suit le discours que l'on connaît, sur l'obstacle majeur que constituent les biens, les richesses. Qu'elles soient matérielles ou morales, en fait : on ne ne peut recevoir et vivre du message de l'Evangile qu'après s'être dépouillé de tout le reste. Il faut s'être reconnu pauvre devant la Parole pour que la Parole puisse entrer en nous et nous donner la Vie... N'est-ce pas la première des Béatitudes ? Et Jésus insiste: l'image du chameau qui passera plus facilement dans le trou d'une aiguille qu'un riche dans le royaume de Dieu, elle est extraordinaire ! Elle est si forte que des commentateurs - sans doute sans même s'en rendre compte ! - ont cru bon d'aller rechercher l'une des portes de la ville de Jérusalem, appelée Porte de l'Aiguille, qui plus étroite et qu'un chameau ne pouvait franchir sans avoir auparavant été soulagé des marchandises dont on l'avait chargé. Mais je ne suis pas trop d'accord, car cette interprétation retire de la puissance à l'image proposée par le Christ. Voyez comme les disciples en sont retournés: "Mais alors c'est impossible !" se disent-ils.

Qu'est-ce que vous en pensez: est-ce possible ou non ? Cela veut-il dire que notre ego doit d'abord passer sous le rouleau compresseur de la solitude, de la souffrance, de l'abandon avant d'accéder au royaume ? Mais non, c'est exagérer dans l'autre sens. Jésus répond à ses disciples en les appelant "Mes enfants"... et c'est la réponse: être pauvre "pour l'esprit", c'est retrouver l'esprit d'enfance. Personne ne nous oblige à vendre notre maison, à tout redistribuer et devenir un mendiant comme saint François, saint Benoît Labre, ou les Pères du Désert ! Certes, il est possible d'aller jusque là, mais ce n'est pas exigé de tous. Par contre, il est indispensable de retrouver l'esprit d'enfance. Il faut renoncer aux idées qui nous furent chères. Il faut que nous puissions nous reconnaître pécheurs et faillibles à tous moments. Il y a une discipline à suivre pour dominer la chair: elle comprend de tenir de petites notes spirituelles chaque jour, de prier, de se battre contre les mauvais penchants.
Il est indispensable de savoir se remettre en question, d'admettre ses erreurs, de tenter d'adoucir son tempérament ou de le forger (selon les cas). Il y a donc combat, certes, mais nous ne sommes pas seuls : cette pauvreté de l'âme, si nous voulons bien la présenter telle quelle à Dieu, alors Il nous prendra en charge et tout deviendra simple.

Soyons des enfants. Pour ma part, je donnerais bien des années (perdues) de ma vie, afin de ressentir de nouveau, comme quand j'étais enfant, que je ne courais aucun risque. N'avais-je pas des parents ? Je savais qu'ils me protègeraient de tout. Je savais aussi prendre des risques que je trouverais idiots aujourd'hui, uniquement pour susciter l'intérêt d'une personne proche. Après cette fête de Pentecôte, n'ayant finalement pas pu trouver une autre messe, j'ai ressenti une peine très vive avant de décider, s'il n'y a pas d'autre solution, de fermer mon magasin en milieu de matinée pour retourner à la cathédrale. Et remarquez qu'en disant cela, je trahis une forme d'appréhension qui est bien la caractéristique de l'adulte : je ne devrais pas dire "s'il n'y pas d'autre solution", mais me réjouir d'avance de retrouver les premiers mois de ma conversion !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Il faut se quitter pour se trouver...

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10,28-31.
Pierre se mit à dire à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre. »

Tout quitter ? Mais nous n'avions rien au départ, nous avons été nus contre le ventre de notre mère ! Nous avons été exposés au moindre microbe qui passait par là. Le problème, quand il faut tout quitter, c'est évidemment d'avoir voulu tout acquérir entre-tems ! Ou du moins d'avoir tenté de tout acquérir, ne serait-ce qu'avoir vécu du désir de posséder. Hélas, quelle illusion ! Vanité des vanités ! Je vois la maison que j'occupe, qui commence vraiment à peser très lourd et dont se sont déjà détournés les autres héritiers. Dans les premiers mois, j'avais dit : "Je vais mettre le vieux vélo à la feraille, je ne trouve personne pour le réparer une fois de plus" et je me souviens de la réponse: "Non, non ! Il faut le garder, c'est un souvenir !" Ensuite, j'ai failli provoquer une grande dispute parce que j'avais fait un paquet de toutes les vieilles recettes de cuisine de ma grand-mère ! "N'y touche pas !"... Ensuite, je n'ai plus rien liquidé dans cette maison que mes propres affaires. Mais la table de six personnes est toujours là, les vaisseliers aussi... J'aère lorsque je rentre, car à présent, deux ans après, tout respire l'abandon et l'inutile. J'a même i enlevé la télévision, lui préférant la radio... et encore. Aucune réunion de la famille n'a plus eu lieu chez nous depuis avril 2008.

Tout quitter, cela se fait très facilement. C'est qu'il suffit de mourir à soi-même, et l'on ne meurt vraiment à soi-même qu'en se donnant. Et l'on ne peut aimer qu'en se donnant. C'est le chemin - mais le chemin particulier - que chacun des disciples a suivi. C'est aussi le chemin que suit chacun et chacune d'entre nous. Fions-nous au Seigneur, car Il sait tout de nous !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Re: Il faut se quitter pour se trouver...

Message non lu par etienne lorant »

etienne lorant a écrit : Fions-nous au Seigneur, car Il sait tout de nous !
Ce midi, j'ai bavardé avec ma vieille mère de cette nécessité de remettre sa vie au Seigneur. Et de fil en aiguille, nous nous sommes retrouvés à évoquer cette histoire fantastique - aussi bien qu'authentique.
Léa, donc, à l'âge de vingt ans, s'était engagée dans les Ordres afin de devenir une "Soeur blanche" et partir servir Dieu dans une ancienne colonie africaine. Mais au bout de deux années de noviciat, après avoir déjà choisi de s'appeler "Soeur Marie de saint Liévin", ma mère est tombée très malade et a été obligée de quitter le couvent. Cependant, c'est ici qu'on rejoint un peu ce que dit l'Evangile aujourd'hui, son engagement était sincère et elle s'est plainte à Jésus. Et finalement, qu'est-ce qui est arrivé: elle a croisé le chemin d'un jeune entomologiste catholique (mon père, qui avait quitté le Séminaire Léon XIII en dernière année, pour bifurquer vers l'étude des "biloulous" africains) : c'est ainsi que ma mère a pu voir l'Afrique et non seulement voir l'Afrique et y vivre et servir, mais aussi vérifier l'Evangile de ce jour qui dit bien: Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : personne n'aura quitté, à cause de moi et de l'Évangile, une maison, des frères, des soeurs, une mère, un père, des enfants ou une terre,
sans qu'il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, soeurs, mères, enfants et terres..."

Et c'est bien en partageant ces choses qu'un timide mais beau sourire lui est revenu aujourd'hui ! :clap: :clap: :clap:

Image
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Serons-nous de bons figuiers ?

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 11,11-26.

Jésus entra à Jérusalem, dans le Temple. Il inspecta du regard toutes choses et, comme c'était déjà le soir, il sortit avec les Douze pour aller à Béthanie.

Le lendemain, quand ils quittèrent Béthanie, il eut faim. Voyant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla voir s'il y trouverait quelque chose ; mais, en s'approchant, il ne trouva que des feuilles, car ce n'était pas la saison des figues.
Alors il dit au figuier : « Que jamais plus personne ne mange de tes fruits ! » Et ses disciples écoutaient.

Ils arrivent à Jérusalem. Alors Jésus entra dans le Temple et se mit à expulser ceux qui vendaient et ceux qui achetaient dans le Temple. Il renversa les comptoirs des changeurs et les sièges des marchands de colombes, et il ne laissait personne traverser le Temple en portant quoi que ce soit. Il enseignait, et il déclarait aux gens : « L'Écriture ne dit-elle pas : Ma maison s'appellera maison de prière pour toutes les nations ? Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. »
Les chefs des prêtres et les scribes apprirent la chose, et ils cherchaient comment le faire mourir. En effet, ils avaient peur de lui, car toute la foule était frappée par son enseignement.
Et quand le soir tombait, Jésus et ses disciples s'en allaient hors de la ville.

Le lendemain matin, en passant, ils virent le figuier qui était desséché jusqu'aux racines.
Pierre, se rappelant ce qui s'était passé, dit à Jésus : « Rabbi, regarde : le figuier que tu as maudit est desséché. »

Alors Jésus leur déclare : « Ayez foi en Dieu. Amen, je vous le dis : tout homme qui dira à cette montagne : 'Enlève-toi de là, et va te jeter dans la mer', s'il ne doute pas dans son coeur, mais croit que ce qu'il dit va arriver, cela lui sera accordé !
C'est pourquoi, je vous le dis : tout ce que vous demandez dans la prière, croyez que vous l'avez déjà reçu, cela vous sera accordé. Et quand vous êtes là, en train de prier, si vous avez quelque chose contre quelqu'un, pardonnez-lui, pour que votre Père qui est aux cieux vous pardonne aussi vos fautes. »

L'Evangéliste Marc nous présente encore un texte si concis et si riche en même temps qu'il résiste à l'analyse. Ce texte me paraît indigeste, cette fois. En d'autre temps, je trouve saint Marc fascinant car sa concision frappe et réveille la conscience. Mais aujourd'hui, j'ai dû me résigner à découper le récit en paragraphes, afin de mieux discerner leurs rapports entre eux.

Il me semble que le figuier désigne l'Israël de l'Ancien Testament. Le peuplé élu s'est endurci le coeur comme les vignerons homicides qui maltraitaient tous les envoyés du propriétaire de la vigne et qui finirent par tuer son fils en se disant: "Tout sera à nous". Et Jésus, le fils unique de Dieu, est venu, il a visité son peuple. Or, la veille de sa passion - l'épisode se déroule après le dimanche des Rameaux, le Christ descend à Jérusalem, et il "inspecte du regard toutes choses"... Ce regard sévère, qui sera suivi du renvoi des marchands du temple, m'explique que nous n'avons plus à faire ici au "gentil-petit-Jésus", mais au Juge souverain ! ... (Mais pourquoi donc le figuier est-il condamné à périr ? Ce n'était pas la saison des figues ! J'ai souvent entendu cette réprobation : "le figuier n'y pouvait rien, pourquoi l'avoir fait mourir ?" C'est simplement que le figuier ne désigne pas seulement la nation d'Israël, mais aussi tout homme qui entend la Parole de Dieu et qui ne la met pas en pratique. Et ici, oui, je retrouve tout à fait l'écriture de Marc. N'appelle-t-on pas l'image du figuier une "antanaclase" ?)

Le Seigneur n'exige donc pas d'un arbre fruitier qu'il donne du fruit en plein hiver. Mais, si le figuier peut être identifié à l'homme, c'est autre chose. « Tenez-vous prêts, dit Jésus aux fidèles, parce que le Fils de l'homme viendra à l'heure que vous ne pensez pas » (Luc 12, 40) Nous avons été prévenus ! Quant au dernier paragraphe, il s'agit d'un encouragement, ni plus ni moins: "Gardez donc bien vivante votre foi en Dieu, ne doutez pas dans votre coeur, car rien n'est impossible à Dieu". Certains événements dans nos vies nous paraîtront infranchissables comme ces chaînes de montagnes qu'on aperçoit de loin et, d'emblée, nous causent un très grand souci. Cette image est demeurée dans le langage courant. "Ne vous en faîtes pas une montagne à l'avance !", tel est le conseil. Il s'achève - évidemment, allais-je dire - par le rappel du Notre Père: "Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés"...

Comme j'arrivais à cette conclusion, je me suis souvenu du Cantique des Cantiques, par le biais de ces mots qui me repassaient en tête: "Je dors mais mon coeur veille". J'ai cherché le texte complet de ce passage, et il me confirme dans l'interprétation de cet Evangile: il s'agit bien de l'attente de l'Epoux que vit l'Eglise:

Je dors mais mon coeur veille.
C'est la,voix de mon bien-aimé ! Il frappe :
" Ouvre-moi, ma soeur, mon amie,
ma colombe, mon immaculée ;
car ma tête est couverte de rosée;
les boucles de mes cheveux sont trempées des gouttes de la nuit. "
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Re: Serons-nous de bons figuiers ?

Message non lu par etienne lorant »

«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Avatar de l’utilisateur
boisvert
Quæstor
Quæstor
Messages : 211
Inscription : lun. 20 juil. 2009, 9:56

Re: Serons-nous de bons figuiers ?

Message non lu par boisvert »

Le texte du figuier est un des plus difficile à commenter je crois. Mais n'est-ce pas trop simple d'identifier le figuier à la vigne et de dire que le figuier désigne Israël - et puis tout homme en général ?
Avatar de l’utilisateur
boisvert
Quæstor
Quæstor
Messages : 211
Inscription : lun. 20 juil. 2009, 9:56

Méditations d'évangiles

Message non lu par boisvert »

Petit mot d'Etienne qui passe chaque jour voir sa mère dans une maison de retraite, dont il dit que le service devient absolument pitoyable (au moment des repas, trois personnes servent plus de deux-cent cinquante résidents).

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 2,8-15.
Souviens-toi de Jésus Christ, le descendant de David : il est ressuscité d'entre les morts, voilà mon Évangile.

J'ai lu cette seule première phrase de la première lecture de jeudi, et quelle irruption de force et de joie dans mon coeur ! Oui, pour saint Paul, l'Evangile est condensé en cette seule déclaration: "Jésus-Christ, le fils de David, est ressuscité d'entre les morts".

Mais j'ai bien écrit que tout son Evangile est ici condensé, c'est-à-dire que Paul, en faisant référence à Jésus-Christ "fils de David", Lui associe également tout l'Ancien Testament !

Or, c'est ce que fait également le scribe dans l'Évangile d'aujourd'hui lorsqu'il déclare: "« Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui. L'aimer de tout son coeur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices."

En somme, ce que Jésus a révélé à ce scribe inconnu, Il l'a fait aussi pour saint Paul. Tout simplement en liant fermement le premier et le second commandement : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même."
Dans ce nouvel énoncé de la Loi, la Loi n'est pas abolie, mais elle est complètement restaurée selon la vision de Dieu à l'origine du temps.

Et je constate autre chose qui élève encore ma joie: c'est que Jésus, dans cet Evangile de Marc, associe si étroitement le premier et le second commandement qu'ils n'en font plus qu'un. "Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Quelle subtilité de langage !
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

L'obole de la veuve et l'Economie divine

Message non lu par etienne lorant »

http://donnemoiaboirejn47.expressforum. ... i-t808.htm

J'aime beaucoup ton partage d'aujourd'hui. D'autant plus que les évocations que les textes t'ont inspiré, m'inspirent à mon tour ! Par exemple, la finale : "Tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a tout donné, tout ce qu'elle avait pour vivre. » me rappelle la pièce de monnaie de César. Jésus avait dit: "Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu". En accomplissant ce geste, la veuve a été jusqu'au bout de la formule employée par Jésus. Puisqu'elle a conscience d'appartenir totalement à Dieu, elle Lui rend le plus bel hommage qu'elle pouvait." Oh, tu as vraiment bien compris aussi cette présence du Père "qui est là dans le secret !"... et cette fantastique promesse : "... Il te le revaudra !". Que notre Dieu le Tout-Puissant soit aussi celui qui semble mendier notre attention, c'est si bon de Le découvrir tel ! "Merci, tu m'a rendu service, je te le revaudrai !" Enfin, tu as parfaitement dit : "Il considère toute choses, jusqu'à notre état." Ce qui m'a rappelé ces ouvriers de la dernière heure contre lesquels tous ont rouspété car ils ont obtenu le même salaire que les autres. Cela veut dire que Dieu considère qu'un homme sans travail est un homme qui souffre, car tous les hommes ont besoin de dépenser de l'énergie à l'extérieur d'eux-mêmes et au service d'une communauté. L'aspect financier n'est qu'un petit élément de la question. Les hommes et les femmes aspirent à être reconnus par le groupe social; les psychologues ont depuis longtemps remarqué que l'énergie qu'un être humain, privé de pouvoir se dépenser de cette manière, finissent par retourner leur énergie contre eux-mêmes: ils se détruisent plus ou moins rapidement (tous les buveurs de canettes de bière dans mon passage de galerie ne font que cela: ils se tuent à petit-feu). J'ai même envie de poursuivre jusqu'à dire: à l'ouvrier de la dernière heure, le bon Dieu ("Vas-tu me regarder mauvais parce ce que moi, je suis bon !") veut accorder la même pension de retraite pour tous.

Quant à la petite phrase que tu as retrouvée, c'est une vraie perle que tu devrais placer dans ton recueil spécial !

http://donnemoiaboirejn47.expressforum. ... artage-f5/
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Etre ou ne pas être, c'est la question

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,13-16.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Vous êtes le sel de la terre. Si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ? Il n'est plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent.
Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l'on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux.

Cet Evangile, aujourd'hui, m'est un encouragement. Etre le sel de la terre, c'est gardez vivant en moi l'amour de Jésus, l'amour de mon Seigneur, de telle sorte que je serai signe pour Lui devant les hommes. Je ne serai qu'un pauvre petit signe, certes, mais les petits signes montrent tout de même une direction à suivre pour celui qui ne sait plus ni où se rendre, ni comment. Ce n'est vraiment pas grand chose d'être présent à son travail chaque jour, été comme hiver, et quatre hivers sans chauffage. Au quotidien, je n'ai souvent vu que ce que j'avais à supporter. Mais après vingt ans, un client m'a révélé que "à telle période de ma vie, je m'en suis sorti en voulant imiter ta patience"... Mais il ne s'agissait pas de ma patience, bien entendu. Cette patience, je l'avais moi-même calquée sur celle d'un "ancien prêtre", qui n'a jamais manqué une messe et qui à désormais 84 ans ! Et il en va de la patience comme d'autres valeurs que le Seigneur fait paraître à notre insu aux regards des hommes. Ceux qui ont le sourire aux lèvres en vous écoutant parler, comme si votre voix était un violon; ou ceux qui posent les bonnes questions - qui donnent envie de répondre. Et il y a les artisants du bonjour, des salutations qui encouragent, le courage des personnes âgées, et le jeune âge de ceux qui leur portent secours, etc.

Et il me faut être aussi la lampe qui brille dans ma maison. Je me crois beaucoup plus engagé dans ce labeur que dans l'autre. Si je suis un grain de sel pour mon frère, c'est Dieu qui l'a permis, ce sont des grâces dont je ne peux certes m'attribuer aucun mérite. Mais la lutte contre mon péché, j'y peux consciemment quelque chose, c'est un travail auquel je suis attendu chaque matin. Je peux dire que cela commence par une lutte contre la paresse, bien sûr. L'image me vient du silex frappé contre du silex, qui produit des étincelles. Mais je songe aussi que la lumière, au départ, est chaleur aussi. Si je ne réveille pas mon coeur, si je ne l'expose pas au rayonnement du Christ, à l'Eucharistie ou dans la prière, d'où viendra la lumière. Pour une grande part, je crois donc que je suis responsable de la lumière qui brille dans ma maison. Et une fois de plus, l'Evangile répond à l'Evangile. Les autres doivent voir ce que je fais de bien... et ils en rendront gloire à Dieu ! En finale, on juge un arbre à ses fruits, un chrétien qui ne brille pas par ses bonnes oeuvres ressemble à l'un de ses arbres dont les fruits paraissent bons à manger mais qui sont remplis de venin. Si un homme ne brille pas par ses bonnes oeuvres, c'est que sa lumière n'est que ténèbres et malheureux celui-là ! Ce n'est pas seulement ce qu'il a dit de mal dans le secret qui sera crié sur les toits, mais aussi ses pensées mauvais, son odeur de moisi, sa morale rongée des vers, sa putréfaction latente. Bref, il faut être du pur métal dont on fait les meilleures lames !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Ne jugez pas, vous ne serez pas jugés !

Message non lu par etienne lorant »

--------------------------------------------------------------------------------

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,20-26.

Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Je vous le déclare : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu'un commet un meurtre, il en répondra au tribunal. Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu'un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu'un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.
Accorde-toi vite avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou.

Si l'on veut demeurer à la suite du Christ, il faut s'abstenir de tout jugement. Au point même d'accepter ce qui nous paraîtra foncièrement injuste ? Oui, certainement. Oui, car il n'y a pas en ce monde un seul homme qui soit pur et qui n'ait commis aucune injustice. Le Psaume m'est revenu en tête, car je l'avais lu au cours de la nuit précédente :

01 Dans son coeur le fou déclare : « Pas de Dieu ! » * Tout est corrompu, abominable, pas un homme de bien !
02 Des cieux, le Seigneur se penche vers les fils d'Adam * pour voir s'il en est un de sensé,un qui cherche Dieu.
03 Tous, ils sont dévoyés ; tous ensemble, pervertis : * pas un homme de bien, pas même un seul !
04 N'ont-ils donc pas compris, ces gens qui font le mal ? + Quand ils mangent leur pain, ils mangent mon peuple. * Jamais ils n'invoquent le Seigneur.
05 Et voilà qu'ils se sont mis à trembler, car Dieu accompagne les justes.
06 Vous riez des projets du malheureux, mais le Seigneur est son refuge.
07 Qui fera venir de Sion la délivrance d'Israël ? Quand le Seigneur ramènera les déportés de son peuple, quelle fête en Jacob, en Israël, quelle joie !

C'est ainsi que, dans cet Evangile, Jésus semble bousculer chez les hommes toute prétention à la justice. Aux yeux de Dieu, celui dit du mal de son frère est aussi coupable que celui qui le tue ! L'homme ne peut donc prétendre offrir une offrande au Seigneur sans s'être d'abord réconcilié avec son frère. "Mais, Seigneur, et si mon frère ne veut pas se réconcilier avec moi ?" Peu importe, la seule bonne offrande est celle du Christ sur la croix et tout ce que nous pouvons faire, c'est Lui apporter les fruits "de la terre et du travail des hommes". Nous ne pouvons que nous offrir nous-mêmes à la justice divine, en comptant que la miséricorde de Dieu est encore plus élevée que Sa justice.

Cet après-midi, Dieu soit béni !, j'ai songé à l'offrande de Maximilien Kolbe dans le camp d'Auschwitz et j'ai retrouvé ce récit que je peux citer avec raison aujourd'hui:

Le père Maximilien Kolbe meurt dans le bunker de la faim, ayant pris la place d’un père de famille, le 14 aout 1941 à Auschwitz.

" Le père Maximilien Kolbe, lui-même prisonnier du camp de concentration, défendit dans ce lieu de mort le droit d’un homme innocent à la vie. Le père Kolbe défendit son droit à la vie, déclarant qu’il était prêt à aller à la mort à la place de cet homme qui était père de famille et parce que sa vie étaient nécéssaires pour les siens. En cela, le père Maximilien-Marie Kolbe réaffirma le droit exclusif du Créateur sur toute vie humaine innocente. Il a porté témoignage au Christ et à l’Amour. Car l’Apôtre Jean écrit : " Nous reconnaissons l’amour à cela, qu’il est mort pour nous. Et nous devrions donner nos vies pour nos frères" ( I Jean 3 : 16) [3]

Avec neuf autres, il fut conduit au bunker de la mort. La Providence permit qu’un prisonnier polonais y fut employé par les geôliers. Grâce à lui, nous savons ce que fut la mort de Maximilien Kolbe. Voici son récit :

« Je faisais alors office de secrétaire et d’interprète dans ce souterrain. En repensant à l’attitude sublime que cet homme héroïque a eue en face de la mort, à l’étonnement des gardes de la Gestapo eux-mêmes, je me souviens encore avec précision des derniers jours de sa vie. (…)

« Les dix prisonniers du bloc 14, furent contraints de se déshabiller entièrement, devant le bloc où se trouvaient déjà environ vingt autres victimes d’un précédent “ procès ”. Les nouveaux arrivants furent emmenés dans une cellule séparée. En refermant, les gardes ricanèrent : “ vous vous dessécherez comme des tulipes ! ”

« Depuis ce jour-là, ils n’eurent plus aucune nourriture. Chaque jour, les gardes faisaient les visites de contrôle et ordonnaient d’emporter les cadavres de ceux qui étaient morts dans la nuit.

« De la cellule où se trouvaient les malheureux, on entendait chaque jour des prières récitées à haute voix, le chapelet et des chants religieux, auxquels les prisonniers des autres cellules se joignaient. Quand les gardes étaient absents, je descendais dans le souterrain pour parler avec eux et les réconforter. Les prières ferventes et les hymnes à la Vierge se diffusaient dans tout le souterrain. J’avais l’impression d’être à l’église. Le P. Maximilien commençait, et tous les autres répondaient. Quelquefois ils étaient si plongés dans leurs prières qu’ils ne s’apercevaient pas que les gardes arrivaient pour la visite habituelle ; finalement, ce sont les cris de ceux-ci qui les faisaient taire.

« Quand on ouvrait les cellules, les pauvres malheureux sanglotaient et imploraient un morceau de pain et un peu d’eau, ce qu’on leur refusait. Si l’un des plus forts s’approchait de la porte, il recevait aussitôt des coups de pied au ventre, et en retombant en arrière sur le ciment il se tuait, ou bien on l’abattait. (…)

« Le P. Maximilien Kolbe se comportait héroïquement, il ne demandait rien et ne se plaignait de rien ; il encourageait les autres, persuadait les prisonniers que le fugitif serait retrouvé et eux-mêmes libérés.

« Comme ils étaient déjà très affaiblis, ils récitaient les prières à voix basse. À chaque visite, tandis qu’ils étaient presque tous déjà étendus sur le sol, on voyait le P. Maximilien debout, ou à genoux au milieu, et son regard serein se posait sur les arrivants. Les gardes savaient qu’il s’était proposé lui-même, ils savaient aussi que tous ceux qui mouraient avec lui étaient innocents, c’est pourquoi ils avaient du respect pour le P. Kolbe et se disaient entre eux : “ Ce prêtre est tout à fait un homme d’honneur. Jusqu’à présent nous n’en avons pas eu un comme lui ”. » (…)

« À la fin de la troisième semaine il en resta seulement quatre, parmi lesquels le P. Kolbe. Les autorités trouvaient que cela se prolongeait trop, on avait besoin de la cellule pour d’autres victimes.

« C’est pourquoi un jour (le 14 août), on fit à chacun une piqûre intraveineuse de poison au bras gauche. Le P. Kolbe priait, et de lui-même il tendit son bras au bourreau. Ne pouvant supporter ce spectacle, je prétendis que j’avais du travail au bureau, et je sortis.

« Le garde et le bourreau partis, je revins à la cellule, et j’y trouvai le P. Kolbe assis, appuyé au mur, les yeux ouverts, la tête inclinée sur le côté gauche (c’était son attitude habituelle). Son visage était calme, beau, et rayonnant. (…) »

Ricciardi conclut : « Le P. Maximilien mourut le 14 août 1941, veille de la solennité de l’Assomption, cette entrée dans la gloire de celle qu’il appelait “ Petite Mère ”. « Son pauvre corps lui-même, martyrisé, consumé, nu, parut ce jour-là comme transfiguré et lumineux. (…) “ Quand j’ouvris la porte de fer, il avait cessé de vivre ; mais il me paraissait vivant. Le visage était radieux, d’une manière insolite, les yeux grands ouverts et fixés sur un point. Tout le visage était comme en extase. Ce spectacle, je ne l’oublierai jamais. ” » (…)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Ces anges dans la joie à notre sujet !

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 15,3-7.

Jésus disait cette parabole : « Si l'un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ? Quand il l'a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules,
et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue ! '

Je vous le dis : C'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion. »

Je le raconte à chaque fois que j'ai ce texte en main: au matin de ma conversion, en août 1985, j'ai "entendu" (mais avec quelles oreilles ?) un choeur d'anges qui répétaient ce "Je vous le dis" du Christ dans cet extrait de l'Evangile. J'ai toujours cette drôle d'image dans la tête, comme si les murs de ma chambre s'en étaient d'un coup retrouvés tapissés... Non pas de papier-peint, mais d'un fond sonore d'anges proclamant la joie des anges au sujet de ma conversion....

Or, j'étais à la messe, ce matin. Il y avait une ambiance très particulière aujourd'hui. D'abord, nous étions quinze - ce qui est devenu très rare. Ensuite, une dame m'a proposé de monter un peu plus haut (car je me place toujurs tout au fond de la chapelle, pour repartir d'autant plus vite à mon travail après la messe). Elle a dit ces mots: "Après tout, nous sommes de la même famille !"... et çà m'a remué. Et à partir de là, ce ne sont plus seulement les textes d'aujourd'hui qui m'ont tenu en haleine, mais aussi tous les mots de la Liturgie. Et finalement, souriez si çà vous fait sourire, j'ai eu le sentiment que Jésus, parmi nous, avait Lui-même beson de notre réconfort. A la fin de l'office, je me suis rassis car j'étais bien et je me disais : quoi, ce serait aussi bien de rester ici. Qu'ai-je à faire d'une nouvelle journée de travail ! Dans l'état où est le monde d'aujourd'hui - avec ces élections ce dimanche, et tout ce que racontent les radios ? J'ai dû repartir tout de même, évidemment, mais je garde le coeur dans une sorte de nostalgie d'enfance...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 3 invités