Les étant ne sont pas en Dieu. Le possible qui est actualisé par un esse, et qui se trouve dans la réalité n'est plus en Dieu. Il existe (ex -sistere) , il se tient hors de sa Cause. Honnêtement, je ne pourrais pas faire plus simple.Je suis bien d'accord que les possibles (les archétypes, idées, etc. : bref les essences, sommes-nous d'accord sur le terme ?) sont en Dieu. Je suis d'accord également que l'être est en Dieu (puisque l'être est Dieu, d'après vos propos, si je les ai bien compris : "Hormis le cas de Dieu qui est l'Etre"). Les étants étant (oups !) formés de l'union de l'être et d'une essence, ne sont-ils pas entièrement en Dieu également (puisque leur essence est en Dieu, ainsi que leur existence) ?
Si vous voulez dire que toute chose préexiste en Dieu sous forme d'idée et donc sous un mode d'être intelligible : oui. Et comme il est simple et sans composition , il est même l'Idée que toute chose imite. Il est virtuellement toutes choses[/i] (ST II 15) dit St Thomas et en tant que Cause Exemplaire il connait toute chose en se connaissant lui même.
Le monde n'est pas une partie de Dieu. Le monde a eu un début , il aura une fin. Il est crée avec son mode d'être à lui, et se distingue donc en cela de l'incrée avec son Etre infini. Ajouter de l'infini a du fini, même une "toute petite quantité" d'être infini (ce qui n'a pas de sens), reviendrait à rendre cette nature infinie. Je crois que c'est assez logique.J'ai l'impression qu'on n'entend peut-être pas la même chose par substance. Quand je dis que le monde est un mode de la substance divine, je ne veux certainement pas dire que, mettons, une chaise contient autant d'être et d'essence que Dieu. "Le monde est un mode de la substance divine" est à comparer à une phrase comme : "Médor est un mode de la substance canine". Ou en première approximation, pour être moins abstrait : "le pied fait partie du corps". Mais Médor n'est pas davantage les canidés dans leur ensemble que le pied n'est tout le corps.
Bien que Dieu soit le modèle de toute chose et donc que les choses participent de ce modèle selon leur ordre, la théorie de la participation exprime un certain degré d'imitation, non pas identité de substance.
Dieu objective ses idées et crée en se servant de rien de préexistant, comment je n'en sait rien.
Vouloir enfermer Dieu dans l'ordre du scientifique (déjà que la science ne sait pas tout et qu'elle continue de découvrir) me semble pour le coup totalement absurde et illogique car ce serait le borner dans les limites de l'entendement humain, donc dans l'espace limité du sensible et de l'intelligible. Si on croit en Dieu, il faut logiquement accepter qu'il existe une autre mode d'être, et que ce qui existe en Dieu, existe sous un mode d'être différent que ce qui existe dans la réalité, et c'est seulement à partir de là qu'on peut déployer les notions d'analogie et de participation, avec ces êtres crées qui imitent tous l'Etre à leur manière. Autrement , je crois qu'on est obliger de croire que Dieu a pris de la matière préexistante pour créer , ou en panthéiste, de croire que l'univers est un mode de sa substance.



