Il y a un passage très intéressant :
Le texte est passionnant et semble montrer que la Néovulgate pêche par littéralité et par une lecture du grec "savante" inadaptée au grec de l'époque de Jérôme (et de celles de la rédaction des Évangiles), ce qui conduit à des erreurs.et cognosco meas
et cognoscunt me meae
sicut novit me Pater et ego agnosco Patrem
Dans ce verset de la Vulgate, le choix de trois termes latins différents pour rendre un
même verbe grec ne tient nullement au simple souci de variatio stylistique : chaque mot, au
contraire, semble avoir été pesé. La connaissance réciproque liant Jésus à ses brebis appelle
un verbe latin évoquant le processus cognitif (cognosco). La connaissance éternelle et parfaite
que le Père a du Fils suscite en revanche la forme novit, qui dénote cette intellection comme
un état. Enfin, la connaissance que le Fils a du Père, marquée en latin par agnosco79
(‘reconnaître’), évoque l’exemple du Christ entraînant les hommes vers le Père.
De façon paradoxale, c’est la version de la Néovulgate qui, en raison de sa littéralité,
perd finalement certaines nuances importantes du parallélisme originel :
et cognosco meas, et cognoscunt me meae, sicut cognoscit me Pater et ego cognosco Patrem.
Une idée puissante de cet article est celle-ci : les traductions françaises de la Vulgate sont souvent plus proche du sens originel des manuscrits hébreux et grecs que les traductions modernes directement faites sur ces manuscrits.



