Avec le Carême, période de quarante jours de pénitence et de jeûne précédant la fête chrétienne de Pâques, commence le cycle des conférences dominicales de Notre-Dame, selon un rite presque deux fois centenaire. (...)
Cette année, quitte à désarçonner les habitués et à faire froncer les sourcils de certains catholiques, l'archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, suivant l'idée de son prédécesseur, le cardinal Jean-Marie Lustiger, a décidé d'innover et de faire monter en chaire à la fois des théologiens et des personnalités agnostiques ou des croyants non pratiquants, comme Julia Kristeva, Marie de Hennezel, Axel Kahn, Michel Serres, Claude Vigée.
Il ne s'agit pas de recourir au vedettariat pour remplir la cathédrale, toujours comble, chaque dimanche de Carême, pour ces conférences retransmises par France-Culture. Les promoteurs de cette initiative entendent tenir compte des réticences du public d'aujourd'hui pour une rhétorique à l'ancienne et disent vouloir retrouver l'intuition des origines. Au XIXe siècle, les fondateurs - Mgr de Quelen, archevêque de Paris, et l'écrivain Frédéric Ozanam - voulaient déjà que "Notre-Dame soit le lieu d'une rencontre, au plan intellectuel, entre l'Eglise et la société séculière", rappelle le Père Antoine Guggenheim, responsable de la formation à l'archevêché de Paris.(...)
La symbolique de la montée en chaire a toutefois disparu. Les deux orateurs seront assis devant l'autel de Notre-Dame, qui avait déjà accueilli, en 2003, Gérard Depardieu pour lire des textes de saint Augustin. Marie de Hennezel, spécialiste des soins palliatifs et inspiratrice de la récente loi sur la fin de vie, chrétienne de sensibilité, mais peu portée sur le "dogmatisme", se réjouit de ces rencontres sur une base "humaniste et spirituelle". Au cours de son duo, le 26 mars avec un prêtre, Brice de Malherbe, elle compte redire combien la mort lui paraît "volée, escamotée" par la société moderne.
Pour la première, ce dimanche, Axel Kahn, généticien, et Jean Vanier, fondateur de l'Arche (réseau de prise en charge de handicapés mentaux), traiteront de l'accueil de la "différence". Le 19, la théologienne Anne-Marie Pelletier, auteure du Signe de la femme (Cerf, 2006), et Julia Kristeva, écrivain et psychanalyste, parleront de la souffrance, "un sujet qu'il n'est possible d'aborder qu'avec un respect infini", dit celle qui publia en 2003 un rapport sur le handicap. Souffrir, espérer, mourir : sur ces questions éternelles, "en restant au niveau de la raison, tous les dialogues sont possibles dans une église", dit un organisateur.
Des catholiques estiment que cette initiative trahit la tradition de ces conférences de Carême, dont l'objectif était de donner un enseignement explicitement chrétien. "Comment ignorer que le chrétien peut être instruit aussi par des acteurs de la culture contemporaine ? Dans les temps que nous vivons, il est capital de s'en souvenir et de donner l'exemple", répond le Père Guggenheim." (Le Monde du 01.03.06)
- Evidemment que "le chrétien peut être instruit aussi par des acteurs de la culture contemporaine", il l'est à longueur d'année, dans la presse, au cinéma, dans les médias, le théâtre, la littérature... En rajouter pendant le Carême est inutile et presque idiot. C'est un manque grave à la mission pastorale de notre évêque. Pour qui nous prend-t-il ? Pour des enfants qui doivent se contenter de lait et n'ont pas droit à une nourriture d'adulte ?
Comme si les catholiques de Paris n'en étaient même pas déjà au lait ! Comme si nous n'étions pas même déjà chrétiens !
Car le langage de la croix est folie pour ceux qui vont vers leur perte, mais pour ceux qui vont vers leur salut, pour nous, il est puissance de Dieu. L'Écriture dit en effet :
La sagesse des sages, je la mènerai à sa perte,
et je rejetterai l'intelligence des intelligents.
Que reste-t-il donc des sages ? Que reste-t-il des scribes ou des raisonneurs d'ici-bas ? La sagesse du monde, Dieu ne l'a-t-il pas rendue folle ? Puisque le monde, avec toute sa sagesse, n'a pas su reconnaître Dieu à travers les oeuvres de la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par cette folie qu'est la proclamation de l'Évangile. Alors que les Juifs réclament les signes du Messie, et que le monde grec recherche une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les peuples païens. Mais pour ceux que Dieu appelle, qu'ils soient Juifs ou Grecs, ce Messie est puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car la folie de Dieu est plus sage que l'homme, et la faiblesse de Dieu est plus forte que l'homme.
Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n'y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion les sages ; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d'origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n'est rien, voilà ce que Dieu a choisi pour détruire ce qui est quelque chose, afin que personne ne puisse s'enorgueillir devant Dieu. C'est grâce à Dieu, en effet, que vous êtes, dans le Christ Jésus, qui a été envoyé par lui pour être notre sagesse, pour être notre justice, notre sanctification, notre rédemption. Ainsi, comme il est écrit :
Celui qui veut s'enorgueillir,
qu'il mette son orgueil dans le Seigneur.
Frères, quand je suis venu chez vous, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage humain ou de la sagesse. Parmi vous, je n'ai rien voulu connaître d'autre que Jésus Christ, ce Messie crucifié. Et c'est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant, que je suis arrivé chez vous. Mon langage, ma proclamation de l'Évangile, n'avaient rien à voir avec le langage d'une sagesse qui veut convaincre ; mais c'est l'Esprit et sa puissance qui se manifestaient, pour que votre foi ne repose pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu.
Pourtant, c'est bien une sagesse que nous proclamons devant ceux qui sont adultes dans la foi, mais ce n'est pas la sagesse de ce monde, la sagesse de ceux qui dominent le monde et qui déjà se détruisent. Au contraire, nous proclamons la sagesse du mystère de Dieu, sagesse tenue cachée, prévue par lui dès avant les siècles, pour nous donner la gloire. Aucun de ceux qui dominent ce monde ne l'a connue, car, s'ils l'avaient connue, ils n'auraient jamais crucifié le Seigneur de gloire. Mais ce que nous proclamons, c'est, comme dit l'Écriture :
ce que personne n'avait vu de ses yeux ni entendu de ses oreilles,
ce que le coeur de l'homme n'avait pas imaginé,
ce qui avait été préparé pour ceux qui aiment Dieu.
Et c'est à nous que Dieu, par l'Esprit, a révélé cette sagesse. Car l'Esprit voit le fond de toutes choses, et même les profondeurs de Dieu. Qui donc, parmi les hommes, sait ce qu'il y a dans l'homme ? Seul l'esprit de l'homme le sait, lui qui est dans l'homme. De même, personne ne connaît ce qu'il y a en Dieu, sinon l'Esprit de Dieu. Et nous, l'esprit que nous avons reçu, ce n'est pas celui du monde, c'est celui qui vient de Dieu, et ainsi nous avons conscience des dons que Dieu nous a faits. Et nous proclamons cela avec un langage que nous n'apprenons pas de la sagesse humaine, mais de l'Esprit, et nous interprétons de manière spirituelle ce qui vient de l'Esprit. L'homme qui n'a que ses forces d'homme ne peut pas saisir ce qui vient de l'Esprit de Dieu ; pour lui ce n'est que folie, et il ne peut pas comprendre, car c'est par l'Esprit qu'on en juge. Mais l'homme qui est animé par l'Esprit juge de tout, et lui ne peut être jugé par personne. L'Écriture demandait :
Qui a connu la pensée du Seigneur ?
Qui lui donnera des conseils ?
Eh bien ! la pensée du Christ, c'est nous qui l'avons !" (1 Co 1, 10 - 2, 16)
- Qu'est ce que le "en restant au niveau de la raison" a à voir avec la crucifixion du Christ dont le temps pascal est la remémoration ? Vraiment, je tombe des nues à cette triste nouvelle...



