@Cinci
. Je ne vois pas où j'ai prévu pour bientôt la résurrection de la société d'"ancien régime" ? Vous seriez aimable de me citer.
Si vous comptiez vous adresser à moi lorsque vous parlez de "critique royaliste", ou lorsque vous voulez m'expliquez les plus qu'imperfections du système politique monarchique de 1789, c'est donc que vous ne m'avez pas bien lu, il me semble...
Sinon, oui, quand je parlais de basses manœuvres, de calomnies ordurières, grossières, pornographiques et sadiques, à 1000 lieues de toute réflexion rationnelle,
c'est effectivement des personnes comme Hébert et Marat que j'avais en tête.
Quant à l'émotion d'une "élite" intellectuelle européenne devant les embrasements de la révolution, pour ce que cela correspondait à leurs rêveries idéalistes, on a eu à peu près le même cas plus tard lorsque d'autres peuples, en Russie ou en Asie, se "libérèrent" eux aussi des chaînes de l'esclavage et de l'obscurantisme dans un joyeux élan généreux et exaltant de, heu, liberté et d'amour entre les peuples.
On en vint par exemple à chanter les louanges de la "libération" de Pnom-Penh.
Le parallèle n'est pas artificiel : c'est justement parce que nourris de cette imagerie révolutionnaire idéalisée que ces dits intellectuels en viennent à rêver sur tout ce qui peut ressembler à la "libération" d'un peuple contre le méchant pouvoir qui l'asservit - cela jusqu'à l'aveuglement.
L'avis des "intellectuels" du XVIIIe siècle ne me semble donc pas forcément une caution morale très solide. (d'autant plus qu'en fait d'élite ils commettaient déjà de grosseus erreurs philosophiques, qui ne sont peut-être pas sans lien avec ces événements)
D'ailleurs, vous citez vous-même des auteurs qui s'émerveillent de ce que la révolution française fut le modèle et l'inspiration de celles qui suivirent partout dans le monde : certes, et de la bolchevique également, de la maoïste, de la khmère.
Vivant au XXIe siècle et non au XIXe, je ne peux me payer le luxe du romantisme.
"Plus il est fou, plus il est cru. C'est le fou en titre du peuple : la foule en rit, l'écoute et l'aime, et ne croit plus que son fou."
Le problème, c'est que c'est cela, une révolution. En tant que mouvement de masse irrationnel, violent, agité de rumeurs, d'envies, de préjugés, et la vénalité de la foule aidant, c'est fatalement la grande gueule rigolarde et sanguinaire qui se trouve portée aux nues.
Glorifier cela, c'est encourager le penchant naturel de tous et surtout de nos contemporains à aduler et idolâtrer le changement brusque, brutal, violent, idéaliste, irrationnel, à n'aimer et ne voir que cela,
contre les efforts progressifs, continus, persévérants, réalistes,
à ne croire qu'au coup de foudre, au coup de folie, au pouvoir de l'émotion, à la romance,
contre l'amour vrai, la recherche patiente de la vérité, la simplicité des efforts quotidiens.
L'idolâtrie d'une "Justice" expéditive, visible, idéalisée, irréaliste,
contre la plus humble, plus réelle, plus concrète équité.
Et toutes les emphases romantiques des littéraires de l'époque que vous citerez à la rescousse, ne feront, forcément, que renforcer encore plus ce reproche, puisqu'ils l'illustrent.
Et si vous cautionnez la lecture-saucisson de Philémon, je ne peux que, de même rejeter de tels propos. Vous m'excuserez, j'espère, de préférer l'humanisme au romantisme.