Cela marche dans les deux sens. Le pharisien peut aussi bien être celui qui reste debout, et dit dans son coeur : "ma prière est authentique, je n'ai donc pas besoin de m'agenouiller, tandis que la prière du pauvre gars qui s'agenouille, là-bas, est certainement superficielle". Et si vous relisez la parabole du publicain et du pharisien, vous verrez que c'est le pharisien qui se tient debout, fier et à l'avant, tandis que le publicain se tient en arrière, prosterné, et pénitent. Donc a priori, j'ai plutôt l'impression que les vrais pharisiens sont ceux qui se tiennent devant Dieu avec assurance et fierté, et jugent les autres en se permettant de dévaloriser leur vie spirituelle, se plaisant si souvent d'ailleurs à les traiter de pharisiens, comme vous le faites en ce moment.Petit Matthieu a écrit :J'avoue avoir parlé un peu vite, mais j'avais lu un article sur l'agenouillement, j'essaierai de remettre la main dessus.
Philémon, Laurent L, ne me voyez pas du tout être un adversaire acharné de l'agenouillement. Chacun fait selon son coeur. Reconnaissez tout de même que l'agenouillement peut amener à ressembler au pharisien qui se montre dans le temple plutôt qu'au discret publicain. Mais ça c'est une affaire du coeur, on le sait bien.
Et il y a une chose que vous vous gardez bien de dire, c'est que la nouvelle façon de se tenir à l'église est venue avec un changement d'état d'esprit, qui n'est plus tourné vers la mortification et la pénitence, mais plutôt vers la mise en avant de soi-même, la mise en avant de l'humain, le centrage sur soi-même et sur l'humain. On retirait les croix, la confession était supprimée, le sentiment du péché était évacué. Voilà dans quel contexte l'église postconciliaire a fait disparaître les agenouillements. Vous serez d'accord avec moi que la fierté face à Dieu convient mieux au pharisien qu'au publicain. Donc traiter celui qui s'agenouille, simplement parce qu'il s'agenouille, de pharisien, c'est quand même assez osé, ne trouvez-vous pas ? En ce qui me concerne, je trouve très sain de revenir aux agenouillements, afin de retrouver l'esprit de pénitence, de mortification du péché, que l'esprit Vatican II avait dissipé. Vous êtes d'accord que le pharisien n'a pas le sentiment de son péché, contrairement au publicain. Donc votre remarque sur le pharisianisme supposé de ceux qui s'agenouillent, ça ne marche pas du tout, et s'appliquerait même plutôt à ceux qui ne s'agenouillent pas, vous ne trouvez pas ?
Mais bien sûr, nul n'est à l'abri de la prière du pharisien, où celui qui accomplit toute la religiosité prescrite se juge meilleur que celui qui la néglige extérieurement. Ceci dit, cette situation est due à l'esprit vatican II : la religiosité ayant été bannie, certains ont tendance maintenant à se la réapproprier pour un usage qui n'est pas forcément très sain, dans la mesure où ils se distinguent des autres. Il faudrait donc revenir à une religiosité naturelle et courante, que les postconciliaire ont détruite, et pour cela, réintroduire partout les agenouillements. Si tout le monde s'agenouille, plus personne ne se pose de questions.
Et à ce titre, on peut dire que l'esprit vatican II a été surtout un esprit de division.

