j'aimerais connaître vos avis pour poursuivre ma réflexion ,ouvrages,notes de lecture..Merci
Extrait de mon article
Une autre manière d’aborder l’innovation dans la communauté de foi que nous avons choisis d’étudier est de situer la manière dont ce groupe a pris forme et sur quelle base.
Si certains groupes s’empressent de donner des cadres plus au moins contraignants au projet de départ, on peut remarquer qu’il ne semble pas que ce soit le cas pour la communauté en question que nous avons appelé famille franciscaine . Un avis à peu près unanime en effet précise que le projet franciscain est né plus d’une intuition que d’un ensemble d’idées. Cela signifie-t-il que le projet n’est pas à proprement parler un concept systématique? Pour préciser un peu plus cette notion , est-ce que le projet initial échappe à la notion de système dont voici la définition:
Un système est un ensemble d’éléments interagissant entre eux en accord avec certains principes ou règles. Un système est déterminé par le choix des interactions qui le caractérisent et par sa frontière, c’est-à-dire le critère d’appartenance au système (déterminant si une entité appartient au système ou fait partie au contraire de son environnement).
Pour être plus concret est-ce que les principes que François d’Assise a mis en forme, reposent-ils sur des éléments précis qui, dans la méthode proposée ici s’appellerait système ?
La question vaut la peine d’être posée pour une raison simple ,c’est qu’on peut y répondre par oui et par non :
En effet François d’Assise affirme qu’il devait vivre » forma sancti evangelii » . Cette expression latine à la base de la création du projet évangélique est souligné par André Vauchez, Théophile Desbonnets et de bien d’autres spécialistes , il semble que si elle est prise comme il convient,pourrait ressembler à un système formel , à une forme qui dessine les contours d’une proposition de vie. Je renvoie le lecteur à l’excellent ouvrage « de l’intuition à l’institution » de T. Desbonnets Editions franciscaines
De l'intuition à l'institution: les franciscains
Théophile Desbonnets; Editions franciscaines 1983
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Les deux positions « extrèmes »
Si on se positionne comme observateur extérieur ,François d’Assise propose un cadre expérimental de vie, même si la structuration de son intuition n’était pas objectivement sa préoccupation première.
Si on se positionne comme participant croyant de cette aventure , il semble que le projet dépasse la notion de cadre ,en se référent d’abord à l’ Evangile ,qui pour le croyant ne peut s’enfermer dans un quelconque cadre.
Allons plus loin , l’exemple de la position d’André Vauchez est symptomatique , loin de remettre en cause la valeur des recherches de Vauchez , je voudrais souligner ,ici , la justesse de son positionnement , quand il précise que François voulait d’abord proposer un modèle de vie évangélique, il se définit ainsi comme un historien regardant le projet franciscain du « dehors ».
Tout autre est la position du croyant qui entend la proposition de François comme un modèle qui n’en a pas. Pour un croyant,en effet, faire référence à l’ Evangile, n’est pas seulement se conformer à un modèle , tant est si vrai que l’Evangile le précède et le dépasse.
Particularité de cette réflexion
La valeur de cet article tiens au fait d’entrevoir ces 2 positions ,du « dedans » et du « dehors », d’un cadre aux contours parfois flous.
Pour reprendre le cours du sujet en résumant à grand trait: il existe un cadre compte tenu de la position des sciences humaines. Nous n’avons pas perdu le sujet du changement, car il s’agit de sortir de ce cadre de référence (le modèle de vie évangélique) du point de vue scientifique pour engager une innovation.
Mais pour le franciscain ,il s’agira et l’histoire en est témoin de rentrer encore plus intensément dans ce modèle illimité pour faire jaillir de l’intuition une innovation.
Difficulté de se positionner
La difficulté est donc grande ,au niveau personnel tout d’abord ,si on ne sait où notre réflexion débute comme croyant ou comme observateur . Au niveau collectif, si les initiatives naissent d’une motion croyante ou d’une motion d’observation de cette communauté.Le problème est de faire une erreur de positionnement , en adoptant un cadre comme croyant ou en l’oubliant comme observateur exterieur.
Il est significatif d’ailleurs de constater que dans cette communauté des difficultés se font jour dans la fonction éventuellement contraignante d’un cadre lorsqu’on se place comme croyant ou lorsque on utilise plutôt la raison, au moment d’étape importante dans le cheminement personnel (comme lors de l’entrée en fraternité ou lors de l’engagement dans la fraternité,etc).
Ne s’agit-t-il pas ici d’une difficulté à se positionner? ou ce que l’on appelle en philosophie un erreur de catégorie?
Rappelons que l’erreur de catégorie consiste à placer sur le même plan d’existence deux types de choses que l’on ne comprend jamais ainsi( Ryle ) n’est-ce pas le cas lorsque l’on confond les deux approches foi et raison?
La position rédhibitoire :La Foi, on l’a ou l’a pas
On comprend mieux ainsi le titre « de l’intuition à l’institution ». Force est de constater que les deux positions sont présentes dans cette communauté de foi et l’ont été tout au long de l’histoire. Le problème réside plutôt selon nous dans le fait de ne pas être conscient de ces motions car ces deux positions ne sont pas incompatibles et peuvent cohabiter ,sauf si on considère que la personne humaine est habité d’une foi constante,ce que semble contredire l’expression » homme de peu de Foi »…
Donc seule cette injonction ( considérer seulement que l’homme a ou n’a pas la foi) pourrait invalider la démarche que je propose.
Voilà pourquoi le croyant insensible aux sciences humaines et qui ne peut concevoir la notion de doute, pourra objecter que la méthode suivie ici n’est pas valide selon son expérience.
Par contre ,s’il valide la démarche des sciences humaines, il autorise ce regard de l’extérieur que l’on demande aux étudiants en sciences et théologie des religions par exemple, aux historiens, aux sociologues etc.
Vous l’aurez compris faire du nouveau, nécessite soit de recourir aux méthodes des sciences humaines ,soit de se laisser mouvoir par l’ E(e)vangile, les deux positions peuvent d’ailleurs se croiser, et peuvent être partagées par une même personne et peuvent avoir des positions intermédiaires.
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En vous remerciant par avance
Thierry
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Cordialement à chacun
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Dernière modification par t1hierry le jeu. 10 févr. 2011, 20:55, modifié 1 fois.
Dernière remontée par t1hierry le jeu. 10 févr. 2011, 20:56.
François d'Assise:une soudaine actualité?
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