Je ne vais pas tout commenter dans votre longue prose car je crois qu'un seul passage résume à lui seul toute la substance de notre désaccord :
Si je vous comprends bien : vous vous dites que puisque la probabilité que l'une ou l'autre parmi toutes les hypothèses scientifiques envisageables soit la cause du témoignage est extrêmement faible, alors la probabilité que ce soit un miracle est extrêmement forte. Peu importe, selon vous, qu'on ne puisse pas calculer la probabilité a priori de l'hypothèse "miracle". Sauf que :Raistlin a écrit :Votre raisonnement est faux car si on ne peut calculer la probabilité d’un miracle, on peut calculer la probabilité qu’aucune autre explication ne fonctionne. On peut aussi calculer la probabilité qu’un évènement se soit produit, compte tenu des témoignages que l’on a.Un gentil athée a écrit : J'essaye de vous expliquer pourquoi, si on tient la Résurrection pour surnaturelle, il est alors impossible de déterminer de manière objective sa probabilité a priori car on n'a pas de cadre ou de contexte à prendre en compte sur lequel s'appuyer pour calculer cette probabilité (pour prendre une image évocatrice, c'est comme si on cherchait à s'orienter avec une boussole en se trouvant au pôle Nord magnétique...).
1°) En dehors de la catégorie "hypothèses scientifiques envisageables", il y a une autre catégorie que "miracle". Il y a aussi l'ensemble des lois et phénomènes scientifiquement accessibles mais pour l'heure inconnus. Ensemble dont on ignore l'étendue et la nature, par définition.
2°) Admettons même que le premier point soit réglé, à partir de quel degré d'improbabilité des hypothèses scientifiques envisageables doit-on préférer la thèse du miracle ? 0,1 ? 0,01 ? 0,001 ? etc. N'oublions pas que des choses extrêmement improbables non seulement se produisent, mais encore ne peuvent que se produire, sans qu'il y ait rien de surnaturel derrière. Exemple : nous sommes 6 milliards d'humains sur Terre (grosso modo). Admettons qu'on organise une gigantesque loterie à l'échelle planétaire à laquelle tout le monde participe. Chacun va donc posséder un billet numéroté de 1 à 6 000 000 000. Admettons, Raistlin, que vous possédiez le billet n° 546 222 123. Vous n'avez qu'une chance sur 6 000 000 000 pour qu'il soit tiré au sort par des processus purement matériels. C'est extrêmement faible. Donc, suivant votre raisonnement, autant dire que c'est impossible, et que si ça arrive c'est un miracle, n'est-ce pas ? Si l'hypothèse : "ce sont des processus matériels qui ont fait choisir le billet" a une probabilité de 1/6 000 0000 000, alors l'hypothèse : "ce sont des processus spirituels (= immatériels) qui ont fait choisir le billet" aurait une probabilité de 5 999 999 999/6 000 000 000 ?... Erreur : il n'y a pas de raison de croire qu'autre chose que des processus matériels contingents sera intervenu, puisqu'il est nécessaire qu'un billet soit tiré au sort, et que chaque billet a aussi peu de chance de sortir que le vôtre... Nous avons donc là un parfait exemple de phénomène qui est extrêmement improbable, et qui pourtant est de toute évidence purement matériel dans ses causes.
3°) Dans l'exemple de la loterie, l'espace des possibles est limité et on peut définir cette limite. Dans la réalité de l'univers, on ignore si l'espace des possibles a une limite, et le cas échéant, où elle se situe. Cela amplifie à l'infini le problème pointé en 2°).
Bien cordialement,
Mikaël



