Science et christianisme : la nouvelle alliance
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Forum de débats dialectiques entre personnes de bonne volonté autour de la religion chrétienne (catholicisme) et des objections formulées à son encontre
NB : L'attention des intervenants est particulièrement attirée sur la courtoisie et le respect ; les blasphèmes et provocations visant à blesser le sentiment religieux des lecteurs seront modérés ; les discussions inutilement polémiques seront verrouillées et leur initiateurs sanctionnés.
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cracboum
- Tribunus plebis

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- Inscription : mer. 03 mars 2010, 10:36
- Localisation : hein! quoi? ou suis-je?
Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
Bonsoir Amfortas, je crois qu’il faut distinguer vie mystique et les mystiques.
La vie mystique concerne tout le monde, en tous cas tous les baptisés, si l’on se limite à la mystique chrétienne.
Les « grands mystiques » peuvent peut-être se comparer à des athlètes si on dépouille l’image du côté « performance ». Mais il y a aussi tous les autres, aussi divers en degrés de perfection qu’en singularités. Sainte Thérèse de l’enfant Jésus était sans aucun doute une grande mystique et ne se serait jamais comparée à une athlète.
Sainte Thérèse nous amène à tenter une définition de la vie mystique ; aimer Dieu, à tout le moins vouloir et s’efforcer d’aimer Dieu.
Vous évoquez, à juste titre, les dérapages de la vie mystique. Or, plus la recherche de Dieu est ardente, plus fortes sont les tentations, et pas seulement les tentations charnelles. Les tentations s’exacerbent quand on leur résiste, jusqu’à l’obsession. La nuit des sens est un long et pathétique combat, avec bien des chutes qui peuvent ressembler à des déroutes. « Tiens-toi en enfer et ne désespère pas « , disait le Christ à Silouane.
La plus grande grâce que Dieu puisse faire à un homme, c’est de L’aimer, de comprendre à quel point Il est aimable, je dirais même, parce que le mot amour est tellement connoté, de le capter jusqu’au point de rendre son âme incapable d’une autre activité que de Le chercher, jusqu’à une certaine folie, simplement parce que c’est Lui, et donc de lui avoir donné quelque peu accès à la connaissance de ce qui est caché au plus grand nombre. C’est-à-dire son inaccessible et lumineuse Ténèbre. C’est pourquoi la plus grande tentation de la vie mystique, c’est l’orgueil. C’est pourquoi aussi plus cette grâce est élevée, plus grandes sont les tentations et les humiliations.
Jusqu’à ce que le mystique comprenne qu’il n’est rien, mais que Dieu veut accomplir en lui des merveilles pour peu qu’il se tienne dans cette kénose. Il n’est plus temps alors de jouer les athlètes.
La vie mystique c’est aimer Dieu. Chercher la Vérité et la comprendre est un acte d’amour, mais l’amour demande, en son temps, d’aimer sans comprendre, et cela requière l’acte de raison le plus élevé dont Dieu l’ait rendue capable.
En son temps. Rien n’est pire que de faire les choses à contretemps
La vie mystique concerne tout le monde, en tous cas tous les baptisés, si l’on se limite à la mystique chrétienne.
Les « grands mystiques » peuvent peut-être se comparer à des athlètes si on dépouille l’image du côté « performance ». Mais il y a aussi tous les autres, aussi divers en degrés de perfection qu’en singularités. Sainte Thérèse de l’enfant Jésus était sans aucun doute une grande mystique et ne se serait jamais comparée à une athlète.
Sainte Thérèse nous amène à tenter une définition de la vie mystique ; aimer Dieu, à tout le moins vouloir et s’efforcer d’aimer Dieu.
Vous évoquez, à juste titre, les dérapages de la vie mystique. Or, plus la recherche de Dieu est ardente, plus fortes sont les tentations, et pas seulement les tentations charnelles. Les tentations s’exacerbent quand on leur résiste, jusqu’à l’obsession. La nuit des sens est un long et pathétique combat, avec bien des chutes qui peuvent ressembler à des déroutes. « Tiens-toi en enfer et ne désespère pas « , disait le Christ à Silouane.
La plus grande grâce que Dieu puisse faire à un homme, c’est de L’aimer, de comprendre à quel point Il est aimable, je dirais même, parce que le mot amour est tellement connoté, de le capter jusqu’au point de rendre son âme incapable d’une autre activité que de Le chercher, jusqu’à une certaine folie, simplement parce que c’est Lui, et donc de lui avoir donné quelque peu accès à la connaissance de ce qui est caché au plus grand nombre. C’est-à-dire son inaccessible et lumineuse Ténèbre. C’est pourquoi la plus grande tentation de la vie mystique, c’est l’orgueil. C’est pourquoi aussi plus cette grâce est élevée, plus grandes sont les tentations et les humiliations.
Jusqu’à ce que le mystique comprenne qu’il n’est rien, mais que Dieu veut accomplir en lui des merveilles pour peu qu’il se tienne dans cette kénose. Il n’est plus temps alors de jouer les athlètes.
La vie mystique c’est aimer Dieu. Chercher la Vérité et la comprendre est un acte d’amour, mais l’amour demande, en son temps, d’aimer sans comprendre, et cela requière l’acte de raison le plus élevé dont Dieu l’ait rendue capable.
En son temps. Rien n’est pire que de faire les choses à contretemps
L'unité de la souffrance et de la béatitude est le secret de Dieu, comme le don de sagesse surpasse celui d'intelligence. P. Varillon
Ne méprisez pas vos pieds
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
Bonjour Cracboum,
Il semblerait que pour vous, la vie mystique soit une envolée sans retour possible sur le sol ferme de la raison.
Alors j’aimerais vous citer l’exemple que donne le Père Georges Habra dans son ouvrage « Du Discernement spirituel » :
«Ce n’est pas pour rien que chez les Grecs la mesure est souveraine, non au sens d’une quelconque tendance à la médiocrité, mais comme l’illustrent ces prêtres se retournant avec une aisance si souveraine, si harmonieuse –oh ! quelle musique en pierre !-vers la file des jeunes filles, pour rythmer la procession des Panathénées. Enlevez ce modérateur, la chute est pitoyable : « Rappelez vous comme le vieillard Héron fut précipité par la tromperie diabolique, il y a fort peu de jours, des sommets jusque dans l’abîme, après avoir vécu cinquante ans dans ce désert ; nous avons gardé en mémoire la sévérité singulière avec laquelle il observa les rigueurs de la continence, ayant recherché avec une admirable ferveur, plus que tous ceux qui demeurent ici, les retraites de la solitude. Comment après de si grand travaux, a-t-il pu se laisser prendre aux pièges du tentateur et tomber aussi gravement, frappant de douleur et de deuil tous ceux qui sont établis dans ce désert ? N’est-ce pas parce que, possédant fort peu la vertu de discernement, il a préféré se régir selon son propre jugement, plutôt que de s’inspirer des conseils ou conférences des frères et d’obéir aux règles de nos Pères
Il s’était fait du jeûne une loi si rigoureuse et absolue, et se montrait à ce point jaloux de sa solitude et du secret de sa cellule, que même l’honneur dû au jour de Pâques ne put jamais obtenir de lui qu’il partageât même ce jour-là le repas des frères. Chaque année, cette solennité les retenait tous à l’église ; lui seul manquait, de crainte qu’il ne parût, en prenant avec eux quelques légumes, se relâcher du propos qu’il avait embrassé. Cette présomption fut le piège où il tomba. Il reçut l’ange de Satan comme un ange de lumière, avec la plus grande vénération. Empressé à lui obéir, il se jeta la tête la première dans un puits d’une profondeur telle qu’elle ne pouvait être mesurée des yeux, s’assurant, sur la promesse qui lui était faite que, par le mérite de ses vertus et ses travaux, il était désormais soustrait à tout danger ; l’expérience l’allait montrer. L’évidence éclaterait, lorsqu’on le verrait sain et sauf. Donc, au milieu de la nuit, il se précipite au fond du puits, pensant prouver son rare mérite en se sortant indemne. Ayant été tiré de là par l’extraordinaire effort des frères, presque vidé de son sang, il expira le troisième jour. Le pire est qu’il s’obstina dans son illusion. L’expérience qui lui coûtait la vie ne put lui persuader qu’il avait été le jouet du démon.
Le discernement, c’est l’œil pénétrant et vigilant de la vie spirituelle, qui sait déjouer toutes les ruses du démon : « Soyez donc malins comme les serpents et candides comme les colombes (Matt 10,16) »
Vous avez aussi le cas très éloquent de Madame Bruyère, cité par le père Brune dans la catégorie des prodiges du Malin :
«Fausse Mystique
Madame Bruyère est née le 12 octobre 1845, à Paris, mais sa famille vivait le plus souvent dans une propriété, non loin de la célèbre abbaye bénédictine de Solesmes. C’est don Guéranger qui y avait réinstallé les moines en 1833 et son grand rêve était d’établir dans la région une abbaye correspondante de religieuses du même ordre. C’est encore lui qui prépara la petite Jenny Bruyère à sa première communion et l’orienta très tôt vers une vocation monastique. Il semble bien, malheureusement, que ses saintes paroles soient tombées sur un terrain dangereux. Elle se crut très vite appelée directement par le Christ à une mission exceptionnelle, confirmée déjà par des grâces spéciales et mystérieuses(…)
Don Guéranger, en harmonie avec sa communauté, représentait un courant de pensée qui, à priori, devrait avoir toute ma sympathie. Il voulait lutter contre le rationalisme qui, déjà, commençait à envahir l’Église. Il était subjugué par les mystiques et par les phénomènes physiques que l’on rapportait dans leurs biographies. Il était même peut-être encore plus attiré par ces phénomènes spectaculaires que, bien au-delà, par leur expérience mystique proprement dite. C’est ce qui semble en tout cas ressortir de sa prédilection pour les mystiques visionnaires. Malheureusement ce domaine est particulièrement délicat, d’autant plus que les forces du mal ne se privent pas d’y semer la confusion en multipliant faux miracles, fausses apparitions et faux mystiques, les faux étant le meilleur moyen de déconsidérer les vrais. Or sur ce point précisément, il semble bien que don Guéranger n’ait pas exercé le discernement nécessaire.
Cette faiblesse fut d’autant plus grave qu’elle s’accompagnait de la conviction profonde que la communauté de Solesmes était appelée par Dieu à jouer un grand rôle dans le renouveau de l’Église en France et même dans le monde. Afin de mieux remplir cette mission, le Père Abbé de Solesmes obtint rapidement de Rome le titre d’Abbesse. Dès lors les « phénomènes » mystiques commencèrent à se multiplier. Une des religieuses voyait une étoile lumineuse sur la tête de l’Abbé et une autre sur celle de l’Abbesse.
Madame Bruyère, à la suite d’apparitions extraordinaires, commença à se prendre pour une seconde Sainte Vierge : « Notre-Dame, après m’avoir embrassée comme une sœur, me montra que, dans mon identification totale avec elle (j’expérimentais ce qu’elle-même avait fait il y a dix-huit siècles), le double rôle d’épouse et de mère de Dieu et de l’Église. Je vécus d’abord la jeunesse de la Vierge, puis les chastes noces de la Maternité. La plus suave période de ma vie merveilleuse fut celle de la grossesse, dont le début remonte à cette grandeur mystérieuse et écrasante d’amour brûlant et irrésistible Virtus Altissimi ombumbrabit tibi. Les intimes faveurs de l’Époux, que j’avais connues auparavant n’en étaient que le pâle prélude. Quels effluves d’amour maternel(…)Quelle pâmoison d’amour lorsque les lèvres de l’Époux, attireraient la substance de ma vie et que je me sentais ainsi passer dans mon bien-aimé ! Ce ne sont pas des figures ou des visions de l’âme, mais des phénomènes réels et réellement vécus par l’être physique et moral »
C’est ainsi que chaque année, à Noël, elle mettait mystiquement au monde l’Enfant Jésus(…)
On est un peu abasourdi d’apprendre que de vénérables moines, souvent par ailleurs grands intellectuels, aient pu participer à une telle mascarade ! Mais c’est aussi que la Mère Abbesse était remarquablement intelligente et qu’elle était parfaitement au courant des meilleurs ouvrages de spiritualité. Cela lui avait permis d’écrire un traité intitulé : « De l’Oraison d’après la Sainte Écriture et la Tradition Monastique ». Des théologiens fort estimés à cette époque avaient admiré son recueil, parmi lesquels l’évêque de Mayence et le cardinal Manning.(..)
Point n’est besoin d’avoir lu les vrais mystiques, les saints, pour savoir que ce désir de visions, de grâces exceptionnelles, est à l’exact opposé de ce que doivent chercher ceux qui veulent vraiment servir Dieu. Se vanter de tels privilèges est, hélas, la preuve indiscutable que l’on s’est joué par le Malin ! (…)
La mystique de Madame Bruyère est la caricature fidèle, si l’on peut dire, de la vraie mystique, la reproduisant point par point, mais sous une forme pervertie.(…)
Après la mort de don Couturier, en 1890, Madame Bruyère intrigue pour faire élire don Delatte comme nouvel Abbé. Cependant des querelles intérieures éclatent dans les deux monastères, celui des hommes comme celui des femmes. Des fuites sur les étranges relations entre les deux monastères commencent à parvenir jusqu’à Rome, qui s’en inquiète. Don Delatte est appelé à comparaître à Rome devant le Saint Office, suspendu et assigné à résidence à Subiaco. Toutes relations entre les deux monastères sont interdites. Cependant tout est fait pour que ces mesures ne soient pas connues de la presse. La Mère Abbesse fait alors intervenir aussi les liens exceptionnels de certaines de ses religieuses, les unes avec la cour d’Autriche, une autre avec la reine d’Espagne pour obtenir de Léon XIII un retour en grâce de don Delatte. Pour la dernière fois, elle réussit à imposer sa volonté. Le 18 mars 1909, elle meurt après avoir préparé soigneusement tous les documents pouvant servir éventuellement à sa canonisation.(…)
Intelligente et instruite comme elle l’était, elle aurait dû normalement s’en apercevoir elle-même. Son aveuglement venait de son orgueil, ce qui est souvent l’arme la plus subtile de Satan. La fausse sainteté déconsidère la vrai. Luttait contre l’invasion d’un rationalisme étroit comme le voulait Solesmes est une bonne chose. Ce combat est certainement aujourd’hui plus nécessaire que jamais. Faire tomber ceux qui veulent mener ce combat dans l’illuminisme est la meilleure façon de dégager la voie pour le rationalisme. »
Voilà pourquoi cette idée d’envolée ou d’immersion mystique délaissant le rivage de la raison, me paraît profondément erronée et nuisible, car comme l’a dit le Pape Jean-Paul II :
« Dans la divergence entre foi et raison s’exprime l’un des grands drames de la culture actuelle : il faut proclamer que la foi "ne craint pas la raison, mais elle la recherche et elle s’y fie." « (“Fides et Ratio” )
Il semblerait que pour vous, la vie mystique soit une envolée sans retour possible sur le sol ferme de la raison.
Alors j’aimerais vous citer l’exemple que donne le Père Georges Habra dans son ouvrage « Du Discernement spirituel » :
«Ce n’est pas pour rien que chez les Grecs la mesure est souveraine, non au sens d’une quelconque tendance à la médiocrité, mais comme l’illustrent ces prêtres se retournant avec une aisance si souveraine, si harmonieuse –oh ! quelle musique en pierre !-vers la file des jeunes filles, pour rythmer la procession des Panathénées. Enlevez ce modérateur, la chute est pitoyable : « Rappelez vous comme le vieillard Héron fut précipité par la tromperie diabolique, il y a fort peu de jours, des sommets jusque dans l’abîme, après avoir vécu cinquante ans dans ce désert ; nous avons gardé en mémoire la sévérité singulière avec laquelle il observa les rigueurs de la continence, ayant recherché avec une admirable ferveur, plus que tous ceux qui demeurent ici, les retraites de la solitude. Comment après de si grand travaux, a-t-il pu se laisser prendre aux pièges du tentateur et tomber aussi gravement, frappant de douleur et de deuil tous ceux qui sont établis dans ce désert ? N’est-ce pas parce que, possédant fort peu la vertu de discernement, il a préféré se régir selon son propre jugement, plutôt que de s’inspirer des conseils ou conférences des frères et d’obéir aux règles de nos Pères
Il s’était fait du jeûne une loi si rigoureuse et absolue, et se montrait à ce point jaloux de sa solitude et du secret de sa cellule, que même l’honneur dû au jour de Pâques ne put jamais obtenir de lui qu’il partageât même ce jour-là le repas des frères. Chaque année, cette solennité les retenait tous à l’église ; lui seul manquait, de crainte qu’il ne parût, en prenant avec eux quelques légumes, se relâcher du propos qu’il avait embrassé. Cette présomption fut le piège où il tomba. Il reçut l’ange de Satan comme un ange de lumière, avec la plus grande vénération. Empressé à lui obéir, il se jeta la tête la première dans un puits d’une profondeur telle qu’elle ne pouvait être mesurée des yeux, s’assurant, sur la promesse qui lui était faite que, par le mérite de ses vertus et ses travaux, il était désormais soustrait à tout danger ; l’expérience l’allait montrer. L’évidence éclaterait, lorsqu’on le verrait sain et sauf. Donc, au milieu de la nuit, il se précipite au fond du puits, pensant prouver son rare mérite en se sortant indemne. Ayant été tiré de là par l’extraordinaire effort des frères, presque vidé de son sang, il expira le troisième jour. Le pire est qu’il s’obstina dans son illusion. L’expérience qui lui coûtait la vie ne put lui persuader qu’il avait été le jouet du démon.
Le discernement, c’est l’œil pénétrant et vigilant de la vie spirituelle, qui sait déjouer toutes les ruses du démon : « Soyez donc malins comme les serpents et candides comme les colombes (Matt 10,16) »
Vous avez aussi le cas très éloquent de Madame Bruyère, cité par le père Brune dans la catégorie des prodiges du Malin :
«Fausse Mystique
Madame Bruyère est née le 12 octobre 1845, à Paris, mais sa famille vivait le plus souvent dans une propriété, non loin de la célèbre abbaye bénédictine de Solesmes. C’est don Guéranger qui y avait réinstallé les moines en 1833 et son grand rêve était d’établir dans la région une abbaye correspondante de religieuses du même ordre. C’est encore lui qui prépara la petite Jenny Bruyère à sa première communion et l’orienta très tôt vers une vocation monastique. Il semble bien, malheureusement, que ses saintes paroles soient tombées sur un terrain dangereux. Elle se crut très vite appelée directement par le Christ à une mission exceptionnelle, confirmée déjà par des grâces spéciales et mystérieuses(…)
Don Guéranger, en harmonie avec sa communauté, représentait un courant de pensée qui, à priori, devrait avoir toute ma sympathie. Il voulait lutter contre le rationalisme qui, déjà, commençait à envahir l’Église. Il était subjugué par les mystiques et par les phénomènes physiques que l’on rapportait dans leurs biographies. Il était même peut-être encore plus attiré par ces phénomènes spectaculaires que, bien au-delà, par leur expérience mystique proprement dite. C’est ce qui semble en tout cas ressortir de sa prédilection pour les mystiques visionnaires. Malheureusement ce domaine est particulièrement délicat, d’autant plus que les forces du mal ne se privent pas d’y semer la confusion en multipliant faux miracles, fausses apparitions et faux mystiques, les faux étant le meilleur moyen de déconsidérer les vrais. Or sur ce point précisément, il semble bien que don Guéranger n’ait pas exercé le discernement nécessaire.
Cette faiblesse fut d’autant plus grave qu’elle s’accompagnait de la conviction profonde que la communauté de Solesmes était appelée par Dieu à jouer un grand rôle dans le renouveau de l’Église en France et même dans le monde. Afin de mieux remplir cette mission, le Père Abbé de Solesmes obtint rapidement de Rome le titre d’Abbesse. Dès lors les « phénomènes » mystiques commencèrent à se multiplier. Une des religieuses voyait une étoile lumineuse sur la tête de l’Abbé et une autre sur celle de l’Abbesse.
Madame Bruyère, à la suite d’apparitions extraordinaires, commença à se prendre pour une seconde Sainte Vierge : « Notre-Dame, après m’avoir embrassée comme une sœur, me montra que, dans mon identification totale avec elle (j’expérimentais ce qu’elle-même avait fait il y a dix-huit siècles), le double rôle d’épouse et de mère de Dieu et de l’Église. Je vécus d’abord la jeunesse de la Vierge, puis les chastes noces de la Maternité. La plus suave période de ma vie merveilleuse fut celle de la grossesse, dont le début remonte à cette grandeur mystérieuse et écrasante d’amour brûlant et irrésistible Virtus Altissimi ombumbrabit tibi. Les intimes faveurs de l’Époux, que j’avais connues auparavant n’en étaient que le pâle prélude. Quels effluves d’amour maternel(…)Quelle pâmoison d’amour lorsque les lèvres de l’Époux, attireraient la substance de ma vie et que je me sentais ainsi passer dans mon bien-aimé ! Ce ne sont pas des figures ou des visions de l’âme, mais des phénomènes réels et réellement vécus par l’être physique et moral »
C’est ainsi que chaque année, à Noël, elle mettait mystiquement au monde l’Enfant Jésus(…)
On est un peu abasourdi d’apprendre que de vénérables moines, souvent par ailleurs grands intellectuels, aient pu participer à une telle mascarade ! Mais c’est aussi que la Mère Abbesse était remarquablement intelligente et qu’elle était parfaitement au courant des meilleurs ouvrages de spiritualité. Cela lui avait permis d’écrire un traité intitulé : « De l’Oraison d’après la Sainte Écriture et la Tradition Monastique ». Des théologiens fort estimés à cette époque avaient admiré son recueil, parmi lesquels l’évêque de Mayence et le cardinal Manning.(..)
Point n’est besoin d’avoir lu les vrais mystiques, les saints, pour savoir que ce désir de visions, de grâces exceptionnelles, est à l’exact opposé de ce que doivent chercher ceux qui veulent vraiment servir Dieu. Se vanter de tels privilèges est, hélas, la preuve indiscutable que l’on s’est joué par le Malin ! (…)
La mystique de Madame Bruyère est la caricature fidèle, si l’on peut dire, de la vraie mystique, la reproduisant point par point, mais sous une forme pervertie.(…)
Après la mort de don Couturier, en 1890, Madame Bruyère intrigue pour faire élire don Delatte comme nouvel Abbé. Cependant des querelles intérieures éclatent dans les deux monastères, celui des hommes comme celui des femmes. Des fuites sur les étranges relations entre les deux monastères commencent à parvenir jusqu’à Rome, qui s’en inquiète. Don Delatte est appelé à comparaître à Rome devant le Saint Office, suspendu et assigné à résidence à Subiaco. Toutes relations entre les deux monastères sont interdites. Cependant tout est fait pour que ces mesures ne soient pas connues de la presse. La Mère Abbesse fait alors intervenir aussi les liens exceptionnels de certaines de ses religieuses, les unes avec la cour d’Autriche, une autre avec la reine d’Espagne pour obtenir de Léon XIII un retour en grâce de don Delatte. Pour la dernière fois, elle réussit à imposer sa volonté. Le 18 mars 1909, elle meurt après avoir préparé soigneusement tous les documents pouvant servir éventuellement à sa canonisation.(…)
Intelligente et instruite comme elle l’était, elle aurait dû normalement s’en apercevoir elle-même. Son aveuglement venait de son orgueil, ce qui est souvent l’arme la plus subtile de Satan. La fausse sainteté déconsidère la vrai. Luttait contre l’invasion d’un rationalisme étroit comme le voulait Solesmes est une bonne chose. Ce combat est certainement aujourd’hui plus nécessaire que jamais. Faire tomber ceux qui veulent mener ce combat dans l’illuminisme est la meilleure façon de dégager la voie pour le rationalisme. »
Voilà pourquoi cette idée d’envolée ou d’immersion mystique délaissant le rivage de la raison, me paraît profondément erronée et nuisible, car comme l’a dit le Pape Jean-Paul II :
« Dans la divergence entre foi et raison s’exprime l’un des grands drames de la culture actuelle : il faut proclamer que la foi "ne craint pas la raison, mais elle la recherche et elle s’y fie." « (“Fides et Ratio” )
Un Tel verra comme feu Celui qu'il n'a pas connu comme lumière (St Grégoire Le Théologien)
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cracboum
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
Bonjour Amfortas, le discernement est chose rare et difficile. Je le sais.
Et vous, que feriez-vous en cas de grâces mystiques ? Vous ne les recherchez pas, mais c'est elles qui vous cherchent. Vous les refusez, mais elles vous surprennent avant que vous ayez pu réagir. Vous n'en tenez aucun compte, mais elles sont plus intimes (si elles sont de Dieu) que vous ne l'êtes à vous-même. Vous plannifiez une ligne de conduite, mais elles vous transforment.
Vous le dites, même des grands intellectuels se laissent prendre à la fausse mystique, comme quoi la raison ne suffit pas au discernement. Que dire alors de l'utilité de la raison pour conduire la vraie vie mystique ?
Le discernement des esprits est un don que peu possèdent.
La raison est donc nécessaire et suffisante partout sauf dans la vie mystique, ou elle révèle sont incompétence.
La foi ne craint pas la raison car elle la subordonne, et elle s'y fie aussi longtemps qu'elle (la raison) reste dans son domaine de compétence. La raison voudrait bien sûr contenir la foi dans ses propres limites.
La foi peut déplacer les montagnes, ce que ne peut faire la raison. C'est d'ailleurs elle qui fait éventuellement figure de montagne.
Les gens de raison n'aiment pas les mystiques qu'ils ne comprennent pas, mais ils ont raison de s'en méfier tant les déviances sont chose courante, comme vous vous plaisez à le souligner.
En revanche, la vie mystique n'est pas un voyage sans retour, aprés un printemps d'éveil éblouissant et un été ardent peuvent succéder un automne ou s'éteignent les derniers feux, suivi d'un long hiver âpre ou guette la lassitude d'attendre. Ce n'est qu'un schéma parmi d'autres. La vie mystique est vivante, elle va, elle vient, et l'Esprit souffle ou il veut. La raison poinçonne les tickets.
Et vous, que feriez-vous en cas de grâces mystiques ? Vous ne les recherchez pas, mais c'est elles qui vous cherchent. Vous les refusez, mais elles vous surprennent avant que vous ayez pu réagir. Vous n'en tenez aucun compte, mais elles sont plus intimes (si elles sont de Dieu) que vous ne l'êtes à vous-même. Vous plannifiez une ligne de conduite, mais elles vous transforment.
Vous le dites, même des grands intellectuels se laissent prendre à la fausse mystique, comme quoi la raison ne suffit pas au discernement. Que dire alors de l'utilité de la raison pour conduire la vraie vie mystique ?
Le discernement des esprits est un don que peu possèdent.
La raison est donc nécessaire et suffisante partout sauf dans la vie mystique, ou elle révèle sont incompétence.
La foi ne craint pas la raison car elle la subordonne, et elle s'y fie aussi longtemps qu'elle (la raison) reste dans son domaine de compétence. La raison voudrait bien sûr contenir la foi dans ses propres limites.
La foi peut déplacer les montagnes, ce que ne peut faire la raison. C'est d'ailleurs elle qui fait éventuellement figure de montagne.
Les gens de raison n'aiment pas les mystiques qu'ils ne comprennent pas, mais ils ont raison de s'en méfier tant les déviances sont chose courante, comme vous vous plaisez à le souligner.
En revanche, la vie mystique n'est pas un voyage sans retour, aprés un printemps d'éveil éblouissant et un été ardent peuvent succéder un automne ou s'éteignent les derniers feux, suivi d'un long hiver âpre ou guette la lassitude d'attendre. Ce n'est qu'un schéma parmi d'autres. La vie mystique est vivante, elle va, elle vient, et l'Esprit souffle ou il veut. La raison poinçonne les tickets.
L'unité de la souffrance et de la béatitude est le secret de Dieu, comme le don de sagesse surpasse celui d'intelligence. P. Varillon
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
Les plus grands saints et mystiques de l'Église se sont laissés conduire par leur directeur spirituel qui, justement, passait leurs expériences au crible de la raison et de la foi. Je lisais récemment la vie de sainte Thérèse d'Avila - une des plus grandes mystiques de l'Église - et elle se montre d'une extrême prudence, allant jusqu'à rejeter ses propres expériences tant qu'elle n'a pas discerné d'où elles provenaient.cracboum a écrit :Vous le dites, même des grands intellectuels se laissent prendre à la fausse mystique, comme quoi la raison ne suffit pas au discernement. Que dire alors de l'utilité de la raison pour conduire la vraie vie mystique ?
Bref cracboum, il est profondément mensonger et contraire à la vie des saints, de se draper dans ses expériences mystiques et de refuser qu'elles soient passer au crible de la raison. Certes la raison peut se tromper et être abusée mais que dire alors de la mystique livrée à elle-même ? Si l'homme peut être abusé par sa raison, il peut l'être d'autant plus par de fausses expériences mystiques.
Dire que la raison est incompétente pour discerner de la vie mystique est une grave erreur démentie par les saints mystiques eux-mêmes. Êtes-vous sûr que votre jugement est plus fiable que celui des saints, cracboum ?
C’est toujours facile de brandir notre expérience personnelle comme mesure de la vérité : c’est accessible au premier venu. En revanche, prendre du recul, objectiver ce que l’on vit et surtout se soumettre à l’autorité de la foi et de la raison, voilà qui échappe souvent aux pseudo mystiques qui s’abusent eux-mêmes. N'est pas un vrai mystique qui veut...
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
cracboum a écrit :
Bonjour Amfortas, le discernement est chose rare et difficile. Je le sais.
Et vous, que feriez-vous en cas de grâces mystiques ?
Vous commettez une pétition de principe : vous ne pouvez savoir que ce sont des grâces qu’après avoir exercé votre discernement.
Et le discernement passe par l’humble soumission aux jugements de l’Église via ses ministres, ses directeurs spirituels et son Magistère.
cracboum a écrit :
Vous ne les recherchez pas, mais c'est elles qui vous cherchent. Vous les refusez, mais elles vous surprennent avant que vous ayez pu réagir.
Tout comme les infestations diaboliques.
cracboum a écrit :
Vous n'en tenez aucun compte, mais elles sont plus intimes (si elles sont de Dieu) que vous ne l'êtes à vous-même. Vous planifiez une ligne de conduite, mais elles vous transforment.
Certains hommes ont même reçu des dons de guérisseurs, mais ces dons sont d’origine satanique, il est parfois difficile de discerner le bien du mal, surtout lorsque le mal se met à singer le bien, mais difficile n’est pas impossible.
cracboum a écrit :
Vous le dites, même des grands intellectuels se laissent prendre à la fausse mystique, comme quoi la raison ne suffit pas au discernement.
Mauvaise déduction, il ne s’agit pas ici de l’insuffisance de la raison, mais de la suffisance, donc de l’orgueil de celui qui croit tout savoir et qui s’offre momentanément le luxe de ne pas exercer son discernement, vous en avez d’ailleurs de beaux exemples en théologie : vous pouvez leur démontrer par A + B, avec preuves magistérielles à l’appui, qu’ils sont complètement à côté de la plaque, ils persistent dans leurs erreurs, pourquoi me direz-vous ? parce qu’ils ne veulent pas admettre qu’ils ont tort. Pascal disait « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas » eh bien l’orgueil a aussi ses raisons que la raison ne connaît pas.
D’ailleurs vous connaissez l’adage des « grands » intellectuels de gauche : « Il vaut mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Raymond Aron ».
Sartre qui posait comme question à Aron : « Mon petit camarade, pourquoi as-tu si peur de déconner ? »
Et l’on sait, via les témoignages d’exorcisme, que le diable aime bien déconner, sauf qu’après la rigolade, ce sont les grincements de dents.
On devrait d’ailleurs s’interroger sur la place prépondérante du rire bête dans nos sociétés et son évidente fonction de cache-misère.
cracboum a écrit :
La raison est donc nécessaire et suffisante partout sauf dans la vie mystique, ou elle révèle sont incompétence.
Ce que vous affirmez est formellement contredit par le Magistère de l’Église :
« Et non-seulement la foi et la raison ne peuvent jamais être en désaccord, mais elles se prêtent aussi un mutuel secours ; la droite raison démontre les fondements de la foi, et, éclairée par sa lumière, elle cultive la science des choses divines ; la foi délivre et prémunit la raison des erreurs, et l'enrichit d'amples connaissances. Bien loin donc que l'Église soit opposée à l'étude des arts et sciences humaines, elle la favorise et la propage de mille manières. Car elle n'ignore ni ne méprise les avantages qui en résultent pour la vie des hommes ; bien plus, elle reconnaît que les sciences et les arts venus de Dieu, le Maître des sciences, s'ils sont dirigés convenablement, conduisent à Dieu, avec l'aide de sa grâce » (Constitution Dogmatique Filius Dei)
Entre parenthèses je vous ferais remarquer (car c’est un travers que l’on constate souvent) : la parole d’un Saint n’est pas nécessairement conforme au Magistère de l’Église.
Donc vous pouvez fort bien trouver des déclarations mystiques de Saints minorant, voire même dénigrant la raison, pour autant le Magistère de l’ Église les invalide. La raison tout comme la foi est nécessaire au salut. (condamnation du fidéisme)
L’amour de la vérité n’est pas aveugle, mais scrute et discerne.cracboum a écrit :
Les gens de raison n'aiment pas les mystiques qu'ils ne comprennent pas, mais ils ont raison de s'en méfier tant les déviances sont chose courante, comme vous vous plaisez à le souligner.
Un Tel verra comme feu Celui qu'il n'a pas connu comme lumière (St Grégoire Le Théologien)
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cracboum
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
@ Raistlin.
Je prends bien soin de ne pas parler de moi, pouvez-vous citer une phrase de moi qui montre le contraire ? En revanche je m’intéresse à la vie mystique.
Sainte Thérèse de Lisieux, cette grande mystique, préférait pas de directeur spirituel qu’un mauvais, ce qui relativise vos propos. D’ailleurs la grande Thérèse aussi.
Ste Thérèse d’Avila, que vous citez, comme St Jean de la Croix expliquent fort bien qu’arrive un moment ou il faut laisser tomber toute activité intellectuelle dans la relation à Dieu, que celle-ci est non seulement inutile mais nuisible.
Vous voulez voir en moi un illuminé ennemi de la raison. Je suppose que j’ai prêté le flan . C’est sans importance. Il m’indiffère également d’être mystique ou non, à vos yeux comme aux miens, Dieu le sait et me suffit.
Je prends bien soin de ne pas parler de moi, pouvez-vous citer une phrase de moi qui montre le contraire ? En revanche je m’intéresse à la vie mystique.
Sainte Thérèse de Lisieux, cette grande mystique, préférait pas de directeur spirituel qu’un mauvais, ce qui relativise vos propos. D’ailleurs la grande Thérèse aussi.
Ste Thérèse d’Avila, que vous citez, comme St Jean de la Croix expliquent fort bien qu’arrive un moment ou il faut laisser tomber toute activité intellectuelle dans la relation à Dieu, que celle-ci est non seulement inutile mais nuisible.
Vous voulez voir en moi un illuminé ennemi de la raison. Je suppose que j’ai prêté le flan . C’est sans importance. Il m’indiffère également d’être mystique ou non, à vos yeux comme aux miens, Dieu le sait et me suffit.
L'unité de la souffrance et de la béatitude est le secret de Dieu, comme le don de sagesse surpasse celui d'intelligence. P. Varillon
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cracboum
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
Bonsoir Amfortas, vous admirez beaucoup la pensée grecque, et la pensée grecque considérait la Croix et la Résurecttion comme une folie. La Révélation aurait dû être un éblouissement pour leur raison puisqu'il ne peux pas y avoir de désaccord entre foi et raison.
Pour le Magistère la foi et la raison ne peuvent jamais être en désaccord parce que la raison s’est toujours soumises à la foi depuis 2000 ans. Ça aussi c’est une pétition de principe : la droite raison démontre les fondements de la foi parce que la foi a formaté la raison à son contenu révélé. Mais il restera toujours un sens caché, un mystère, que peut atteindre la foi, bien qu’obscurément, tandis que la raison n’en saisit que l’expression. La foi n’est pas en désaccord avec la raison, elle la transcende.
Sinon, qu'est-ce qui distingue la foi de la raison ?
Ceux qui n’adhèrent pas au dogme catholique ont-ils une droite raison ? Si c'est non ils sont incapables d’embrasser la foi puisque raison et foi ne peuvent être en désaccord sauf guérison miraculeuse de leur raison dévoyée.
Si c'est oui faut-il admettre que raison et foi puisse être en désaccord en contradiction avec le Magistère ? Impossible.
Donc sept milliards d'êtres humains ont une raison dévoyée.
Pour le Magistère la foi et la raison ne peuvent jamais être en désaccord parce que la raison s’est toujours soumises à la foi depuis 2000 ans. Ça aussi c’est une pétition de principe : la droite raison démontre les fondements de la foi parce que la foi a formaté la raison à son contenu révélé. Mais il restera toujours un sens caché, un mystère, que peut atteindre la foi, bien qu’obscurément, tandis que la raison n’en saisit que l’expression. La foi n’est pas en désaccord avec la raison, elle la transcende.
Sinon, qu'est-ce qui distingue la foi de la raison ?
Ceux qui n’adhèrent pas au dogme catholique ont-ils une droite raison ? Si c'est non ils sont incapables d’embrasser la foi puisque raison et foi ne peuvent être en désaccord sauf guérison miraculeuse de leur raison dévoyée.
Si c'est oui faut-il admettre que raison et foi puisse être en désaccord en contradiction avec le Magistère ? Impossible.
Donc sept milliards d'êtres humains ont une raison dévoyée.
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
@Cracboum
"Je prends bien soin de ne pas parler de moi". Et bien, de fait, vous ne faites à peu près que ça.
Et voilà qu'à nouveau vous essayez de porter des jugements sur ce que peut ou ne peut pas la raison, sur ce qu'il convient ou non d'en faire... tout en démontrant à chaque propos que vous ne vous êtes même pas penché sérieusement sur la question - chaque fois des confusions, contre-sens, sophismes, comme viennent de le souligner sur plusieurs points de vos propos Raistlin et Amfortas.
On remarquera d'ailleurs avec intérêt que dans ce dernier message vous faites plus que sous-entendre que le Magistère catholique raconterait n'importe quoi à propos de l'articulation entre foi et raison... alors même que vous nous affirmez régulièrement être directement inspiré par le Saint Esprit qui souffle où il veut.
"Je prends bien soin de ne pas parler de moi". Et bien, de fait, vous ne faites à peu près que ça.
Et voilà qu'à nouveau vous essayez de porter des jugements sur ce que peut ou ne peut pas la raison, sur ce qu'il convient ou non d'en faire... tout en démontrant à chaque propos que vous ne vous êtes même pas penché sérieusement sur la question - chaque fois des confusions, contre-sens, sophismes, comme viennent de le souligner sur plusieurs points de vos propos Raistlin et Amfortas.
On remarquera d'ailleurs avec intérêt que dans ce dernier message vous faites plus que sous-entendre que le Magistère catholique raconterait n'importe quoi à propos de l'articulation entre foi et raison... alors même que vous nous affirmez régulièrement être directement inspiré par le Saint Esprit qui souffle où il veut.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
@ Ti-hamo. Si, quand je parle de la vie mystique et des grands mystiques, vous estimez que je parle de moi, c’est que vous me mettez très haut dans votre estime. Je ne vous en demande pas tant.
Le reste est si confus que je m’inquiéterais pour vous si je ne savais qu’on veille sur vous. Ceci expliquant peut-être cela.
Pourquoi vous abritez-vous derrière Amfortas et Raistlin ?
Le reste est si confus que je m’inquiéterais pour vous si je ne savais qu’on veille sur vous. Ceci expliquant peut-être cela.
Pourquoi vous abritez-vous derrière Amfortas et Raistlin ?
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
@cracboum
Il est des façons plus adroites d'éviter les questions.
On remarque toujours avec intérêt que dans votre avant-dernier message, vous faites plus que sous-entendre que le Magistère catholique raconterait n'importe quoi à propos de l'articulation entre foi et raison.
Or vous nous affirmez régulièrement être directement inspiré par le Saint Esprit qui souffle où il veut.
Devons-nous en conclure que l'Esprit Saint vous inspire directement sur ce point des vérités sûre et révélées en totale contradiction avec l'enseignement de l'Église catholique ?
Il est des façons plus adroites d'éviter les questions.
On remarque toujours avec intérêt que dans votre avant-dernier message, vous faites plus que sous-entendre que le Magistère catholique raconterait n'importe quoi à propos de l'articulation entre foi et raison.
Or vous nous affirmez régulièrement être directement inspiré par le Saint Esprit qui souffle où il veut.
Devons-nous en conclure que l'Esprit Saint vous inspire directement sur ce point des vérités sûre et révélées en totale contradiction avec l'enseignement de l'Église catholique ?
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
J'ai vécu une expérience de conversion en août 1985 (vision de Jésus crucifié donnant sa vie pour moi, afin que je cesse de me désespérer à cause de mon péché : telle est la compréhension immédiate que j'en ai reçue). Depuis lors, rien de mystique dans mon existence, sauf à certains moments, totalement inattendus, mais dont je ne me suis certes pas empressé de parler ! Une seule exception à l'absence de 'phénomènes' étranges: les larmes qui montent en moi du plus profond et me font souvenir de ma conversion, chaque fois que le prêtre me donne une absolution. A cet instant, comme racontait brièvement son expérience: 'Jésus descend'. Mais même ainsi, la joie que j'éprouve, si forte qu'elle me fait verser des larmes, a un lien très direct avec le récit de l'enfant prodigue, quand le père embrasse son fils retrouvé et commande à ses serviteurs de s'occuper de lui, sans même attendre que ce fils dévoyé ait été jusqu'au bout de l'aveu qu'il avait voulu faire..
Je ne me considère pas du tout comme mystique, et je dirais facilement: il ne faut pas rechercher le surnaturel, car il y en a déjà beaucoup trop... je songe à ces dizaines d'apparitions pseudo mariales qui alimentent nombre de débats, car les chrétiens qui animent ces débats ont déjà pris position (plutôt que de prendre patience et de se contenter de lire les mystiques déjà reconnus, et il y en a beaucoup !)
La vie de foi ne devrait.elle pas consister en un acte d'abandon de foi recommencé en chaque occasion, jusqu'à notre dernier jour ?
Je ne me considère pas du tout comme mystique, et je dirais facilement: il ne faut pas rechercher le surnaturel, car il y en a déjà beaucoup trop... je songe à ces dizaines d'apparitions pseudo mariales qui alimentent nombre de débats, car les chrétiens qui animent ces débats ont déjà pris position (plutôt que de prendre patience et de se contenter de lire les mystiques déjà reconnus, et il y en a beaucoup !)
La vie de foi ne devrait.elle pas consister en un acte d'abandon de foi recommencé en chaque occasion, jusqu'à notre dernier jour ?
In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum
http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
Bonjour Ti-hamo, si ma façon de m’exprimer ne vous convient pas, je vous engage à lire les mystiques carmélitains qui sont l’essentiel de mon inspiration. Mais vous avez aussi un bon résumé de ma pensée dans le fil : Aperçu sur la mystique chrétienne , le dernier message de Imx publié le 23 Mars 2011 à 22h36. Ça ne vous prendra que quelques instants et oubliez-moi puisque je ne vous inspire que des sentiments négatifs, ce n’est pas bon pour vous.
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
Cher Stephlorant, la vie mystique représente une part essentielle de la tradition chrétienne, il n’est donc pas anormal de s’y intéresser et d’en parler. En revanche il faudrait éviter la moindre expression qui laisse entendre, à tord ou à raison, que l’on se considère soi-même comme un mystique, car cela peut susciter hostilité et jalousie. Le sujet me passionnant, j’ai peut-être commis cette erreur, ce qui, je dois le dire, me fait plutôt rire.
Vous avez donc la bonne attitude, et je fais mienne votre conclusion concernant l’abandon dans la vie de foi. 
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
Pour ma part, je considère comme douteux de chercher la vie mystique. Entendons-nous bien : il faut désirer ardemment la sainteté et vivre de l'Esprit-Saint. Mais je crois sincèrement qu'il ne faut pas rechercher les grâces mystiques, ni même les charismes. De ce que je peux voir de la vie des saints mystiques, ça leur est "tombé" dessus sans qu'ils s'y attendent vraiment.
Vouloir être mystique me semble donc en soi suspect. La seule chose que nous devrions désirer, c'est Dieu. Et si Dieu veut se donner à nous dans la sécheresse, cela doit nous réjouir de la même façon que s'il se donnait à nous dans les grâces sensibles.
Vouloir être mystique me semble donc en soi suspect. La seule chose que nous devrions désirer, c'est Dieu. Et si Dieu veut se donner à nous dans la sécheresse, cela doit nous réjouir de la même façon que s'il se donnait à nous dans les grâces sensibles.
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance
La sécheresse fait partie de la vie mystique.
Sauf à se faire une idée grossière des grâces mystiques, chercher Dieu et les grâces mystiques c'est exactement la même chose, car Dieu se donne à ceux qui le cherchent = qui se donnent à lui.
Sauf à se faire une idée grossière des grâces mystiques, chercher Dieu et les grâces mystiques c'est exactement la même chose, car Dieu se donne à ceux qui le cherchent = qui se donnent à lui.
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