Chris Prols a écrit :Mais c'est faire vraiment peu cas du sensus fidei, et encore moins, sinon aucun, de Saint Paul:
Il ne m'a jamais semblé que le
sensus fidei pouvait s'opposer au Magistère. Vous faites un bien étrange usage des concepts issus de la foi. Et surtout contre les promesses explicites du Seigneur.
Au demeurant, votre argument se retourne contre vous-même : que dire de ces millions de catholiques qui voient toujours dans la foi de l'Église contemporraine la foi issue des apôtres ? Leur
sensus fidei serait donc moins fiable que celui de quelques illuminés sédévacantistes ? Sur quels critères le dire ?
Quant aux paroles de l'Écriture que vous cherchez à retourner contre l'Église, ça me rappelle quelque chose : les tentations de Jésus au désert où l'on voit Satan se servir de la Parole de Dieu contre le Seigneur. Heureusement, le Christ fut fidèle, lui.
Quant à ce que vous citez de saint Vincent de Lérins, et selon l’interprétation que vous en faites (sur laquelle j’émets de grosses réserves), je ne vois de toute façon pas au nom de quoi toute parole de ce saint serait frappé du sceau de l’infaillibilité. Voyez-vous-même : il semble nier l’infaillibilité du pape, pourtant proclamée par le concile Vatican I. C’est donc le serpent qui se mord la queue.
Au demeurant, ce n'est pas surprenant qu'un saint puisse se tromper : saint Thomas d’Aquin a bien rejeté l’immaculée conception, comme quoi... Hé oui, il faut plus que l’avis d’un saint isolé pour définir une doctrine hors de la Sainte Écriture ou du Magistère (pour votre culture générale, il faut alors la convergence de l'ensemble des Pères, docteurs et théologiens sérieux de l'Église).
Pour revenir à nos moutons, je ne nie nullement qu’un pape ou un évêque puisse errer. D’ailleurs, au moins un pape dans l’Histoire a déjà formulé à titre privé des théories hérétiques. Mais justement, l’Infaillibilité s’exprime dans un contexte bien précis et nous croyons, selon les promesses du Christ, que l’Église ne peut errer lorsqu’elle se prononce sur la foi ou les mœurs dans ce contexte (définition ex cathedra du Saint-Père, concile œcuménique, etc.). L’Infaillibilité n’est pas une notion simple et je suis bien loin de la connaître parfaitement. Et j’ose avancer qu’il en va de même pour les sédévacantistes. Voilà pourquoi l’humilité est si importante…
Tiens, un autre « fruit » du sédévancatisme à rajouter à la liste : les calomnies contre l’Épouse du Christ et l’acharnement à faire chuter des fidèles. Un peu comme une certaine forme de protestantisme d'ailleurs...