Cracboum a écrit :
Autrement dit, oui, « il faut déjà croire pour raisonner et pour croire »
Autrement dit, la foi n’a pas à être justifiée par la raison, c’est elle qui justifie la raison et lui donne ses lettres de noblesse, son vrai statut. Cercle vertueux par la vertu de la foi. Pétition de principe selon les seules lois de la raison.
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Il y a pétition de principe lorsque le même principe se retrouve à la fois dans les prémisses et dans les conséquences d’une même déduction.
Exemple : l’œuf de Colomb. Vous avez deux principes : le principe de l’œuf et le principe de la poule.
Prenons le raisonnement suivant :
La poule sortant de l’œuf, du principe de l’œuf nous déduisons le principe de la poule. Donc le principe de la poule est une conséquence du principe de l’œuf. Œuf => Poule
Mais pour pouvoir poser le principe de l’œuf, puisque l’œuf sort de la poule, il nous faut poser en premier le principe de la poule. Donc le principe de l’œuf est une conséquence du principe de la poule. Poule => Œuf.
Par transitivité nous avons donc : Poule => Œuf => Poule. C'est-à-dire que nous avons du poser la poule pour déduire la poule !
Ce raisonnement est bien une pétition de principe, puisqu’en expliquant la poule par la poule, nous n’avons rien expliqué du tout.
Autre exemple, un classique du genre : un droit acquis est un droit. (rhétorique bien évidemment frauduleuse, puisqu’elle postule d’emblée le droit alors qu’elle doit au contraire le démontrer).
Or l’erreur que vous commettez c’est de croire qu’un cercle vertueux est identique à une pétition de principe.
La pétition de principe est une absurdité alors que des cercles vertueux nous en avons des exemples bien concrets tous les jours (tout comme les cercles vicieux d’ailleurs), il serait étonnant qu’une absurdité existe…
Ainsi l’assolement triennal est un cercle vertueux, la terre nourrit les bêtes et le fumier des bêtes l’enrichit, mais n’allez pas dire que les bêtes sortent de la terre ou que la terre sort des bêtes…
Or la position magistérielle sur la foi et la raison n’est pas une pétition de principe, puisque ni la foi n’est déduite de la raison, ni la raison n’est déduite de la foi, mais la raison favorise la foi et la foi favorise la raison.
Vous avez donc grossièrement confondu le cercle vertueux où 2 principes se favorisent mutuellement et la pétition de principe où partant du même l’on déduit le même, tombant ainsi dans l’absurde…
Donc oui la raison favorise la fidélité et la fidélité favorise la raison, et inversement la fornication avec les idoles pour reprendre la terminologie de l’Ancien Testament est une marque d’infidélité défavorisant la raison. Les fornicateurs sont rarement raisonnables, et les gens raisonnables rarement des fornicateurs.
Mais ni la raison ne produit la foi, ni la foi ne produit la raison, favoriser n’est pas produire, c’est une distinction élémentaire, mais essentiel pour la bonne compréhension du cercle vertueux foi-raison.
Du reste il n’y a guère que la philosophie hégélienne qui fonde sa dialectique sur la pétition de principe ou automouvement du concept, et dans ce cas-là on ne parle pas de cercle vertueux ou vicieux, mais de cercle dialectique, et cela n’a rien de catholique.




