Science et christianisme : la nouvelle alliance

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roll
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance

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ti'hamo a écrit :L'hypothèse d'un univers sans début et se suffisant à lui-même n'élimine pas la question du comment de l'existence.
C'est d'ailleurs une des remarques rencontrée dans "Y a-t-il une vérité ?" de Jean Daujat, déjà cité dans cette discussion.
Je ne vois en quoi :?: Mais je ne comprend sans doute pas bien ce que vous voulez dire par: «la question du comment de l'existence».
ti'hamo a écrit :Notez d'ailleurs que, dans le cadre des sciences physiques, matérielles, l'univers se suffit forcément à lui-même puisqu'il constitue justement le cadre et la limite d'étude et d'existence de ces sciences : toute explication aux phénomènes qui s'y produisent se trouve forcément dans l'univers lui-même.
Et Dieu n'est pas un mécanisme de l'univers.
Ça dépend, car cela résout de nombreux problèmes de postuler une cause extérieure à l'univers (au sens restreint de notre espace-temps et non pas au sens de tout ce qui existe). Car les constantes et lois de l'Univers ainsi que les conditions initiales (faible entropie au moment du Big Bang) semblent étrangement «bien ajustés» et c'est pour l'instant un problème non élucidé. Même si il n'est pas sur que les théories pour le résoudre soient un jour scientifiques au sens de Popper. Si ce n'est pas le cas, on pourra dire que pour la première fois, la science aura «buté» sur un problème à la limite entre la physique et la métaphysique.
ti'hamo a écrit :Lorsque vous dites qu'il manque quelque chose à la perfection : des attributs imparfaits comme l'orgueil, la haine... ,
c'est une remarque juste mais une conclusion fausse, inverse de ce qui serait logique : à la perfection par définition il ne manque rien ; c'est aux attributs imparfaits qu'il manque quelque chose de la perfection.
En fait, je trouve que cette définition, en plus d'être assez floue, ne correspond pas vraiment à l'idée «naïve» de perfection. Dans mon idée, la perfection est plutôt le fait d'avoir toutes les qualités, sans avoir de défaut.
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ti'hamo
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@roll
. Et bien, oui, justement : or, l'égoïsme et la haine sont des défauts, non des qualités.
Et si vous regardez bien, on appelle bien cela, justement, des défauts. Donc quelque chose qui manque, comme dans les expression "un défaut de" ou "faire défaut".

. La métaphysique s'interroge non pas sur l'origine chronologique de l'univers, mais sur l'origine de l'existence. Sur la nature et l'origine de l'existence, pourrait-on dire : qu'est-ce que c'est qu'exister, et comment ça se fait qu'il existe quelque chose.
Donc, même avec un univers infini dans le temps et l'espace, la question "mais comment se fait-il que cela existe ?" est toujours possible. Une erreur répandue est de confondre cette question avec la question "mais comment cela a-t-il commencé ?".
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ti'hamo a écrit :Donc, même avec un univers infini dans le temps et l'espace, la question "mais comment se fait-il que cela existe ?" est toujours possible. Une erreur répandue est de confondre cette question avec la question "mais comment cela a-t-il commencé ?".
Exactement. Quand bien même l'Univers serait éternel, cela ne saurait expliquer le fait qu'il existe. Et il faudrait répondre à cette question : l'Univers a-t-il l'être par lui-même, ou le reçoit-il d'un autre ? Dire que l'Univers a l'être par lui-même, c'est donc confesser le panthéisme. Mais alors, il y a un problème : celui du caractère changeant, limité et contingent de l'Univers. Difficile de dire que l'Univers est parfait, immuable, simple, etc. - autant d'attributs nécessaires de l'Absolu - alors qu'on observe le contraire.

C'est pourquoi les preuves de l'existence de Dieu sont indépendantes du fait que l'Univers soit éternel ou pas.
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ti'hamo a écrit :Et bien, oui, justement : or, l'égoïsme et la haine sont des défauts, non des qualités.
Et si vous regardez bien, on appelle bien cela, justement, des défauts. Donc quelque chose qui manque, comme dans les expression "un défaut de" ou "faire défaut".
Bon. Étant donc bien tous d'accord sur ce qu'est la perfection je cite la preuve donnée précédemment:
Raistlin a écrit :Tout simplement parce qu'il ne manque rien à l'Être absolu. Or l'imperfection est toujours un manque de quelque chose qu'on n'a pas.

Pourquoi il ne manque rien à l'Être absolu et premier ? Parce que cet Être est principe de tout ce qui existe. Si donc, il lui manque quelque chose, c'est qu'il n'est pas la cause de ce qui lui manque. C'est donc qu'il n'est pas l'Être premier et absolu.
Par définition même de la perfection, le premier paragraphe est trivialement correct, sous l'hypothèse du deuxième. Pas de problème avec ça.

Pour le deuxième, je bloque encore. Et je comprend pas comment justifier l'implication: Si il lui manque quelque chose, alors il n'est pas la cause de ce qui lui manque. Il suffit qu'un objet du monde, dont l'existence est contingente, ait une qualité absente chez l'être nécessaire. Je ne vois où il y aurait une contradiction ou un problème.
ti'hamo a écrit :La métaphysique s'interroge non pas sur l'origine chronologique de l'univers, mais sur l'origine de l'existence. Sur la nature et l'origine de l'existence, pourrait-on dire : qu'est-ce que c'est qu'exister, et comment ça se fait qu'il existe quelque chose.
Donc, même avec un univers infini dans le temps et l'espace, la question "mais comment se fait-il que cela existe ?" est toujours possible. Une erreur répandue est de confondre cette question avec la question "mais comment cela a-t-il commencé ?".
Oui mais la même question ne se pose t-elle pas avec Dieu?
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Message non lu par Raistlin »

roll a écrit :Pour le deuxième, je bloque encore. Et je comprend pas comment justifier l'implication: Si il lui manque quelque chose, alors il n'est pas la cause de ce qui lui manque. Il suffit qu'un objet du monde, dont l'existence est contingente, ait une qualité absente chez l'être nécessaire. Je ne vois où il y aurait une contradiction ou un problème.
Comment voulez-vous qu'un objet du monde ait une perfection absente de Celui qui est la cause de tout ? Comment voulez-vous que ce qui est causé soit davantage que la cause ? C'est absurde. Et c'est bien pourquoi supposer que de la matière inerte soient issue la vie, la conscience et l'intelligence est absurde : du moins ne peut pas sortir le plus.

C'est une vérité toute simple : un être ne peut pas donner plus que ce qu'il a. Un professeur ne peut transmettre plus que ce qu'il sait à ses élèves, l'argile ne saurait se transformer spontanément en ce qui dépasse l'agilité du potier, etc.

roll a écrit :Oui mais la même question ne se pose t-elle pas avec Dieu?
Ben non puisque Dieu, par définition, est l'Être premier, qui seul possède l'aséité (l'être par soi).
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Raistlin a écrit :Comment voulez-vous qu'un objet du monde ait une perfection absente de Celui qui est la cause de tout ? Comment voulez-vous que ce qui est causé soit davantage que la cause ? C'est absurde. Et c'est bien pourquoi supposer que de la matière inerte soient issue la vie, la conscience et l'intelligence est absurde : du moins ne peut pas sortir le plus.

C'est une vérité toute simple : un être ne peut pas donner plus que ce qu'il a. Un professeur ne peut transmettre plus que ce qu'il sait à ses élèves, l'argile ne saurait se transformer spontanément en ce qui dépasse l'agilité du potier, etc.
Vous ne fait que décréter que c'est absurde. C'est facile mais ne démontre rien. Par ailleurs, je crois au fait que la vie soit apparu spontanément de la matière inerte, peut-être suis-je trop bête, mais en tout cas je ne trouve pas cela absurde.

Personne ne sait calculer cent décimales de pi en moins d'une seconde. Mais on sait pourtant fabriquer des ordinateurs capables de telles choses. Donc, les ordinateurs ont une qualité absente chez ses concepteurs.
roll a écrit :Ben non puisque Dieu, par définition, est l'Être premier, qui seul possède l'aséité (l'être par soi).
Il y a forcément un être premier, mais si celui-ci n'est pas Dieu, il possède tout de même l'aséité. Si on ne pose pas la question pour Dieu, on ne doit le faire pour un Univers.
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Message non lu par cracboum »

Stephlorant et Raistlin, un principe premier quelconque la métaphysique suffit, Le Principe premier c’est le Christ, je dirai même le Christ crucifié, et bien sûr ressuscité. l’Eglise l’enseigne parce qu’elle est le corps visible du Christ, dépositaire de la foi. La raison ne peut que ratifier (ou non).
Raistlin, aussi théologale que magistérielle, c’est-à-dire que la foi est un don de Dieu et la réponse à ce don (théologale), et magistérielle, c’est-à-dire la foi enseignée par l’Eglise indépendamment de ses applications concrètes. Cela répondait au message de Ti-hamo (qu’il faut relire pour suivre).
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Message non lu par Antoine Marie »

roll a écrit :Personne ne sait calculer cent décimales de pi en moins d'une seconde. Mais on sait pourtant fabriquer des ordinateurs capables de telles choses. Donc, les ordinateurs ont une qualité absente chez ses concepteurs.
Croyez-vous vraiment que l'ordinateur est capable de calculer tout seul les décimales de pi ? L'ordinateur n'est qu'un objet, un outil qui obéit à la volonté de son utilisateur humain. Si vous pensez que les ordinateurs ont une intelligence supérieure à celle d'un homme, comme vous pensez que de l'inerte naît le vivant sans action d'un être qui "insuffle" la vie, je pense que toute discussion est inutile.

Comme le dit Pascal, il y a une échelle avec des barreaux infranchissables entre le physique, le rationnel et le spirituel. En gros si Dieu ne donne pas la matière, l'intelligence et l'esprit, l'un ne peut pas se transformer en l'autre.

En revanche par le péché, nous savons très bien faire des objets d'êtres spirituels :(
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antoinemarie a écrit :Croyez-vous vraiment que l'ordinateur est capable de calculer tout seul les décimales de pi ? L'ordinateur n'est qu'un objet, un outil qui obéit à la volonté de son utilisateur humain. Si vous pensez que les ordinateurs ont une intelligence supérieure à celle d'un homme, comme vous pensez que de l'inerte naît le vivant sans action d'un être qui "insuffle" la vie, je pense que toute discussion est inutile.
Comme il n'y a pas besoin d'être intelligent pour calculer des décimales de pi, je ne vois pas est le problème. Ils ont une capacité que nous n'avons pas, point. Rien à voir avec le fait d'avoir une intelligence supérieure. Merci de ne pas m'attribuer des propos que je n'ai pas tenu.
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Message non lu par cracboum »

Le fait est que dire de Dieu qu'il est parfait est le summum de l'anthropomorphisme, parfait par rapport à quoi ? Il est Dieu, point, et comme Tel la mesure de toute perfection. En tant qu'incompréhensible, sa perfection est incompréhensible; en tant qu'il se révèle, la perfection est relative au révélé; et en tant que Dieu crée, la création a la perfection de sa nature propre. La Révélation comme la création sont un chemin vers la perfection incompréhensible de Dieu qui se laisse contempler par ceux qui le cherche.
La religion étudie la perfection révélée et la science celle de la nature. Les deux convergent vers la même source avec des passerelles.
Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait se comprend donc des trois degrés de la nature, de la Révélation et de la contemplation ou vie mystique.
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance

Message non lu par cracboum »

Bonjour Amfortas,
j’ai bien compris votre limpide explication, peut-être grâce à la notion de causalité. Si une entité n’est pas cause de l’autre parce que chacune se réclame d’un principe différent, il peut y avoir collaboration et donc cercle vertueux.
La pétition de principe consiste à nier que chaque terme se réfère à son principe particulier, et à ce titre ne peut être cause prochaine de l’autre, par l’artifice de la transitivité frauduleuse.
Ainsi je peux donner l’illusion que la poule est cause de l’œuf, l’œuf de la poule etc…en faisant croire qu’il y a un enchaînement de causes prochaines, alors que les deux termes ne sont reliés que par des causes instrumentales, mais concourent à la même cause finale qui est la vie biologique, et son évolution.
De même pour les droits acquis : l’acquisition n’est pas cause prochaine du droit, mais peut être cause instrumentale et faire jurisprudence.
Il faut donc faire bien attention, lorsque l’on parle foi et raison, de bien mettre chacune à sa place, et que la raison, si elle peut contempler les essences, voire l’essence divine, ne le fait que d’une façon analogique à la contemplation par la foi, tant les deux réalités se réfèrent à des principes différents, l’un naturel, l’autre surnaturel, n’ayant en commun que leur cause finale, c’est-à-dire un principe premier, qui est pour nous chrétiens Le Principe premier Christ/Verbe pour qui, par qui et en qui tout a été fait.
Et donc, la rationalité n’accède aux essences, par le laborieux moyen de l’abstraction, déduction/induction, que sous leur aspect formel, pendant que la foi y accède par mode de participation.
Foi et raison sont cause instrumentale l’une pour l’autre en ce que chacune peut éclairer l’autre, mais cela ne dit rien de la lumière, dont le caractère direct de la première l’emporte infiniment sur le processus réfléchissant de la seconde. Et si l’on dit que la foi est obscure, c’est pour la raison qu’elle est obscure en l’éblouissant de sa lumière.
Il y a bien cercle vertueux quand foi et raison sont ainsi définies.
Et pétition de principe quand on les met sur le même plan : chacune est issue de l’autre comme l’œuf et la poule. Or c’est bien la foi qui a pondu la raison chrétienne et la raison qui permet à la foi de germer et de se perpétuer, par ou on voit que les principes sont différents, dont l’un transcende l’autre comme l’œuf est ordonné à la poule.
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@Roll
. Vous dites ne pas comprendre comment justifier l'implication: "s'il lui manque quelque chose, alors il n'est pas la cause de ce qui lui manque", et vous avancez qu'il suffirait qu'un objet du monde, dont l'existence est contingente, ait une qualité absente chez l'être nécessaire.

Mais comme il vous a été répondu, si on parle d'"être nécessaire", c'est d'une source de tout être dont il s'agit, de l"'être par soi" d'où est issue toute existence : ce qui n'existe pas par soi, existe par cet être nécessaire.
Or, si un objet, qui n'existe pas par soi, existant par cet être nécessaire, se retrouve doté d'une qualité sans rien à voir avec l'être nécessaire, une qualité ne tirant pas son existence de l'être nécessaire, c'est donc que cette qualité est un second être nécessaire, un être par soi, et on se retrouve dans une situation insoluble, pour ne pas dire absurde.

Cela est différent de ce qu'on appelle des qualités émergente, c'est-à-dire des qualités qui apparaissent à un degré d'organisation et de complexité et qui étaient absentes au degré d'organisation et de complexité précédent (ainsi certaines qualités d'un organisme qui sont plus que la simple somme des qualités de ses constituants) : ici, il ne s'agit pas d'un rapport entre un être et la source de son existence, entre un objet et ce dont il tire son existence,
mais du rapport et de la comparaison entre un être et ce qui le constitue, entre un objet et ses parties.

Or, on n'a pas dit "il n'est pas possible qu'un objet possède des qualités absentes de ses parties prises séparément", puisqu'il était question non des parties de l'être, mais de l'origine de son existence.


. Il est bien évident également que, lorsqu'on s'attend à retrouver dans l'être nécessaire une qualité présente chez un être tirant son existence de cet être nécessaire, il s'agit de qualités non limitées, de qualités se déployant à différents degrés d'être : ainsi, disons, de la beauté.
Mais, par exemple, on ne dira pas que l'être nécessaire est bleu car sinon il ne posséderait pas une qualité que possèdent certains des êtres tirant de lui son existence : le bleu est un caractère limité, ce qu'on appellerait en philosophie un accident ; la couleur d'un objet définit son interaction avec la lumière et avec le regard de l'observateur, mais ce n'est pas une qualité de l'être.


. Il faut donc bien prendre garde à ce qu'on entent par "qualité". Concernant par exemple votre exemple des ordinateurs, vous dites que les ordinateurs possèdent des qualités que ne possèdent pas leurs concepteurs.
Or, je me permets de vous contredire sur ce point : la qualité dont vous parlez est la capacité à calculer, que possèdent les concepteurs de l'ordinateur, sinon jamais ils n'auraient pu concevoir et mettre au point des programmes de calcul.
Ce qui différencie ici la machine de son concepteur, c'est la capacité de calcul - l'ordinateur calcule plus vite. C'est même pour cela qu'il est conçu, comme toute machine, faciliter le travail des humains qui l'ont conçu (oui, bon, après ça se discute, et l'intérêt et le but de l'informatique est certainement loin de se réduire à cela, de même que les mathématiques ne servent pas qu'à calculer).

Mais pour prendre d'autres exemples, on ne dira pas que la voiture, conçue par des humains, possède des qualités que ne possèdent pas ses concepteurs - comme consommer de l'essence, rouler, aller vite... : là encore, il ne s'agit pas de qualités de l'être, mais de mode de fonctionnement.
De plus, les concepteurs et les fabricants ne sont pas "ce qui donne l'existence à". Il fabriquent, mais ils ne donnent pas l'existence.

Dans un cas nous sommes dans la perspective du fonctionnement, comme lorsqu'on considère l'organisme et ses parties, dans l'autre nous nous plaçons dans la perspective de l'être.
On pourrait essayer de représenter cela de la façon suivante :
. une perspective horizontale, un enchaînement horizontal, linéaire : l'ordre chronologique (qu'est-ce qui est à l'origine de quoi, qu'est-ce qui vient avant et après, qu'est-ce qui donne quoi).
. une perspective verticale, un enchaînement vertical, tridimensionnel : l'ordre de complexité (qu'est-ce qui constitue quoi, qu'est-ce qui produit quoi)
. une perspective intérieure, en profondeur, mais d'une profondeur infinie (un peu comme l'infiniment petit qui semble ouvrir des dimensions infinies dans un espace qui à notre échelle nous apparaît fini), ouvrant sur d'autres dimensions : l'ordre de l'être (qu'est-ce qui reçoit son existence de quoi ).



. Vous demandez ensuite si la question de l'existence ne se pose pas avec Dieu.
Mais nous parlions d'un être nécessaire, de quoi toute chose existante reçoit son existence. C'est à dire que, se demandant comment il se fait qu'existe toutes les choses dont nous constatons l'existence, sans voir comment elles pourraient exister par elles-mêmes, nous pensons à un être, tout autre, qui existerait de toute façon, qui serait la source même de l'existence (on ne pourrait même pas vraiment dire qu'il existe, sans doute faudrait-il un autre verbe pour cela). Un être pour lequel, donc, la question de l'existence ne se poserait pas.
Reste ensuite à savoir ce que cela implique (s'il est une telle source de l'existence, qu'est-elle, que peut-on en conclure à son sujet, etc...) .
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@Rasitlin
"Du moins ne peut pas sortir le plus" :
cela dépend de l'ordre dans lequel on se place.

Dans l'ordre de la chronologie et des mécanismes de fonctionnement, il se trouve que la nature (autant physique que biologique) fonctionne bien par propriétés émergentes, c'est-à-dire qu'un être (un organisme, un cristal, une étoile, peu importe) possède bien des qualités, caractéristiques, et capacités, qui sont bien plus que la simple somme des qualités, caractéristiques et capacités de ses constituants et parties.

Il existe d'ailleurs des théories plausibles et sérieuses dans lesquelles la vie et l'évolution émergent forcément de la matière par la contrainte et l'enchaînement des lois physiques.
Remarquez que ce sont des théories peu appréciées des darwinistes purs et durs, car cela implique en quelque sorte que l'apparition de la vie et son évolution soient déjà inscrites, potentielles, dans les lois physiques et les conditions initiales.


Mais dans l'ordre de l'être, dont il était question ici, en effet, "ce qui donne l'existence à" ne donne pas lieu à des propriétés émergentes, puisqu'au contraire les qualités qui apparaissent par organisation croissante d'après les lois de la nature tendraient à exprimer et retrouver des qualités de l'être nécessaire (non, je ne suis pas panthéiste :) )
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Re: Science et christianisme : la nouvelle alliance

Message non lu par Raistlin »

ti'hamo a écrit :Dans l'ordre de la chronologie et des mécanismes de fonctionnement, il se trouve que la nature (autant physique que biologique) fonctionne bien par propriétés émergentes, c'est-à-dire qu'un être (un organisme, un cristal, une étoile, peu importe) possède bien des qualités, caractéristiques, et capacités, qui sont bien plus que la simple somme des qualités, caractéristiques et capacités de ses constituants et parties.
Oui mais une propriété émergente signifie que cette propriété existait au préalable, au moins en puissance. Seulement, quand on parle de vie, de conscience et d'intelligence, nous ne parlons plus de simples propriétés physiques - comme par exemple la propriété qu'ont les molécules d'eau de s'organiser en jolis cristaux lorsque l'eau passe à l'état solide - mais de vrais attributs qualitativement différents : une plante ne s’éveillera jamais à la conscience, même en imaginant qu’elle puisse vivre des millions d’années. Il y a de réels sauts qualitatifs qu’il ne faut pas confondre avec de simples changements physico-chimiques.

Dire que la conscience est issue de la matière, c'est dire que le gaz d'hydrogène primordial (pour simplifier) possédait en lui-même la vie, l'intelligence et la conscience au moins en puissance... C’est donc donner des attributs divins à ce gaz primordial.

Comment croire que lorsque Léonard de Vinci peignait la Joconde, c’étaient en fait les molécules le constituant qui se "mettaient d’accord" pour créer un chef-d’œuvre ? Au nom de quelle loi physico-chimique ? Absurdité sans nom. Il y a bien un saut qualitatif dont il faut rendre compte.

ti'hamo a écrit :Il existe d'ailleurs des théories plausibles et sérieuses dans lesquelles la vie et l'évolution émergent forcément de la matière par la contrainte et l'enchaînement des lois physiques.
Honnêtement, je n'y crois pas un seul instant. Que la physique puisse rendre compte de l'agencement des molécules, des interactions entre les éléments, pas de souci. Mais un corps vivant est bien autre chose qu'un simple agencement de molécules, j'en veux pour preuve que malgré ces « théories », personne n’est arrivé à produire de la vie à partir de corps simples. L'émergence de la vie ne sont pas seulement l’application de lois existantes, elles comportent des lois nouvelles, des lois qui n’existaient pas auparavant et qui sont propres au vivant. De même, la conscience humaine obéit à des aspirations qui ne peuvent s’expliquer avec l’enchaînement des lois physico-chimiques connues (reprenez mon exemple avec Léonard de Vinci).

Pour moi, la matière qui s’organise spontanément pour former la vie, et puis la vie qui évolue petit à petit, pour toujours aller vers plus de complexité relève de la fable matérialiste (et dire que certains athées osent se moquer des miracles…).
En outre, en bonne science, une théorie sans expérience pour la valider, ça ne vaut pas tripette.
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Oui et non. Fut un temps, j'aurais répondu de même, mais si on y réfléchit bien :
si on dit que la matière ne peut pas spontanément évoluer vers plus de complexité, et qu'on entend par là qu'il faut l'intervention d'un architecte divin pour diriger son évolution, c'est donc comme si on pensait la matière sans Dieu, comme si on postulait les règles et les propriétés de la matière sans Dieu, indépendamment de Dieu, et que constatant ce qu'est la réalité, on en conclue à la nécessité de Dieu.

Mais "la matière sans Dieu", cela a-t-il un sens, puisque de fait la matière n'est que par Dieu et ne tire que de Lui à la fois son existence, ses propriétés et son fonctionnement ?
La matière, créée par Dieu, interagit et évolue selon des lois qui lui sont intégrées, elles aussi créées par Dieu. Et ce depuis l'origine même de la matière, dès même la moindre "fluctuation du vide quantique".


Si par exemple il apparaît plausible qu'une évolution de la vie ait lieu selon des lois internes et des contraintes extérieures, et bien, soit. C'est une idée, d'ailleurs, que les darwinistes purs et durs comme Dawkins rejettent farouchement puisqu'elle laisse la porte ouverte à une évolution dirigée de la matière et de la vie, qu'elle suppose l'évolution et la vie présentes en puissance dès l'existence de l'univers.

Au passage, d'ailleurs, la fable matérialiste des darwinistes fanatiques, ce n'est pas que la matière s’organise spontanément pour former la vie puis évolue petit à petit pour toujours aller vers plus de complexité,
leur explication qui tient de la fable c'est que tout cela se fasse par hasard, sans qu'il y ait rien eu dans les lois de la nature pour forcer cette évolution, sans que la vie ait jamais été inscrite en puissance dans les lois de la nature, sans que rien de tout cela n'ait jamais été nulle part en puissance dans l'univers.
Or, comme vous le soulignez, cela implique au contraire que la vie et son évolution soient inscrites comme potentialités dans les lois de la nature et son état initial.

(ceci implique également une logique interne : non, une plante ne développera pas une conscience sensible... mais ceci s'explique tout autant en disant que ce n'est pas dans sa nature d'en développer une, alors qu'il a été dans la nature de tel et tel être, selon leur potentiel, d'en développer une à un moment donné de l'évolution - si par "conscience" on entend bien là conscience sensible, de la même sorte qu'en ont développé disons le dauphin ou le cheval, à des degrés très divers).


En un sens, penser un univers inerte, ne portant pas en lui la vie, même en puissance, et nécessitant l'action directe de Dieu pour l'y développer en son sein, n'est-il pas proche encore d'un certain dualisme (ou au moins n'en court-il pas le risque), d'un certain reste de manichéisme, laissant entrevoir un univers de pure matière que Dieu vient transformer pour y créer la vie ?

Alors qu'un univers qui porte en lui, en puissance puis en acte, dès l'origine, la vie et son développement, n'est-ce pas là plus proche d'un univers tout entier et dès l'origine créé et voulu par Dieu, entièrement ?


(On remarquera que tout cela concerne bien la vie en tant que réalité biologique, physique, et son développement, sa diversification, son évolution, mais pas la conscience et l'intelligence au sens métaphysique, qui ouvrent sur une réalité au-delà de la matière et de ses lois et ne peut dont y être incluse, même en puissance).
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]

Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
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