Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2010-2011)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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stephlorant
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Re: L'apparent et le réel

Message non lu par stephlorant »

Oui, vous m'avez bien compris ! Ce qui me fait plaisir !

Etienne
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Luis
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Re: L'apparent et le réel

Message non lu par Luis »

Je trouve un peu bizarre aussi ce verbe "se manifester". Comme si, contrairement à la situation avant la Croix où Jésus accompagnait et vivait avec les disciples, il se trouvait ici un peu à distance, et se faisait voir seulement de temps en temps. Comme s'il était là et pas là en même temps.
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Antoine Marie
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Re: L'apparent et le réel

Message non lu par Antoine Marie »

Luis a écrit :Je trouve un peu bizarre aussi ce verbe "se manifester". Comme si, contrairement à la situation avant la Croix où Jésus accompagnait et vivait avec les disciples, il se trouvait ici un peu à distance, et se faisait voir seulement de temps en temps. Comme s'il était là et pas là en même temps.
C'est justement l'état de Jésus après la Résurrection : il est là, vraiment, et pourtant il n'est plus là comme un corps périssable...
En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Jn 1, 4
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Re: L'apparent et le réel

Message non lu par Fée Violine »

Mac a écrit :Faut-il lire : "Aucun des disciples n'osait lui demander : « Qui es-tu ? » sachant que c'était le Seigneur." comme je le vois dans certaines traductions?
Oui, c'est ce que dit le texte grec.
"Oudeis étolma tôn mathètôn exétasai auton 'su tis ei' eidotes hoti ho kurios estin".
En français, on met plutôt le participe présent (qui ici indique une cause) en tête de phrase : "Sachant que c'est le Seigneur, aucun des disciples n'osait lui demander "qui es-tu?"

Ils le savent mais ils ne sont pas sûrs. La nouvelle présence de Jésus est si déconcertante que les repères habituels ne fonctionnent plus.
etienne lorant
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Le jugement de la Lumière

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

Et le Jugement, le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne lui soient reprochées ;mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient reconnues comme des œuvres de Dieu.

(c) AELF 2011
http://www.aelf.org, le site officiel de la traduction française de la liturgie catholique

Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones - 2008


La lumière est venue dans le monde. Elle est apparue un moment sous la chair dans la personne de Jésus, et Jésus l'a bien manifestée lors de sa vie publique, notamment quand il reproche aux Pharisiens leur incrédulité. Souvenez-vous de ce qui s'est passé lors de la guérison d'un aveugle dans le temple. L'homme était dans cet état depuis sa naissance : il lui donne donc la vue plus qu'il le guérit, mais ce geste intervenant une fois de plus un jour de sabbat, les autorités du temple se précipitent pour accuser Jésus. En effet, ils interprètent le fait de soigner les malades comme un travail interdit le jour du sabbat. Jésus leur répond avec force et fougue en évoquant ce Jugement :

39 Jésus dit alors : « Je suis venu en ce monde pour une remise en question : pour que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. »
40 Des pharisiens qui se trouvaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : « Serions-nous des aveugles, nous aussi ? »
41 Jésus leur répondit : « Si vous étiez des aveugles, vous n'auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : 'Nous voyons !' votre péché demeure.
(Jn, 9)

Je voudrais ajouter quelque chose qui me tient à cœur. C'est de savoir que de tout temps, avant même l'ère chrétienne, mais aussi quelle que soit la civilisation :
01 Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu,et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.
02 Il était au commencement auprès de Dieu.
03 Par lui, tout s'est fait, et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui.
04 En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ;
05 la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée.

De sorte que de tout temps, même ceux les hommes qui n'ont pas été évangélisés avaient cependant accès à la Lumière. Il y a ceux qui ont choisi les ténèbres, parce qu'ils savaient que leurs œuvres étaient mauvaise, et il y a ceux qui sont venus à la Lumière car leurs œuvres venaient de Dieu - qu'ils identifiaient peut-être à leur conscience (?)

Je n'ai pas cru cela immédiatement, mais lorsque j'étudiais au collège, durant cette période au cours de laquelle je m'étais éloigné de l'Église, le personnage d'Antigone, de Sophocle (vers 400 avant Jésus-Christ), lorsqu'elle dit cette parole pour seule justification devant le tribunal: "Ce n'est pas pour haïr que je suis née, mais pour aimer !" C'est qu'elle a enterré le corps de son frère, tué dans une révolte contre le pouvoir en place, afin que son âme puisse rejoindre le Hadès, séjour des morts selon les Grecs. Cette brève parole m'a atteint sur mon banc d'étudiant et je l'ai tout de suite notée, avec un grand étonnement. Je ne comprenais pas, en effet, comment tant d'années avant la venue du Christ, un tragédien de l'antiquité ait pu inventé un personnage qui, au mépris de sa propre vie (Antigone sera mise à mort), proclame pratiquement que : "il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime".
La Lumière dont parle Jean dès les premières lignes de son Évangile, était donc bien présente dans le monde et éclairait les hommes - mais ils ne savaient pas dire que cette Lumière était issue de Dieu.

De même, nombre d'hommes et de femmes de nos jours trouvent un chemin de fraternité et de service sans comprendre clairement que ce chemin les conduira à trouver Dieu. Quant au jugement, nul n'y échappe. L'ignorance n'est donc pas une excuse ! Car qui cherche, trouve ! Et cela, beaucoup d'hommes, sincèrement attachés à découvrir la vérité, la trouvent finalement: car le Christ vient lui-même à leur rencontre, puisque le Christ s'identifie tout à fait à la Vérité. "Je suis le chemin, la vérité, la vie... Quiconque cherche la vérité entend ma voix"

Comme il m'est doux de relire cet Evangile éclairé par un ciel de printemps !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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stephlorant
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Jésus marche sur la mer.

Message non lu par stephlorant »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
C'était après la multiplication des pains. Le soir venu, les disciples de Jésus descendirent au bord du lac.
Ils s'embarquèrent pour gagner Capharnaüm, sur l'autre rive. Déjà il faisait nuit, et Jésus ne les avait pas encore rejoints.
Un grand vent se mit à souffler, et le lac devint houleux.
Les disciples avaient ramé pendant cinq mille mètres environ, lorsqu'ils virent Jésus qui marchait sur la mer et se rapprochait de la barque. Alors, ils furent saisis de crainte.
Mais il leur dit : « C'est moi. Soyez sans crainte. »
Les disciples voulaient le prendre dans la barque, mais aussitôt, la barque atteignit le rivage à l'endroit où ils se rendaient.
Cy Aelf, Paris 2008


Il faudrait rappeler que dans l'épisode précédent, Jésus s'était réfugié dans la montagne afin d'échapper à la foule dont il savait qu'elle chercherait à se saisir de lui pour le proclamer roi. Les disciples l'attendent pour regagner l'autre bord du lac, mais jésus n'arrive pas. Son temps n'est pas le leur, ni le nôtre. Finalement, ils embarquent à la nuit tombée. Un vent contraire se met à souffler, comme il en souffle parfois dans nos vies, lorsque nous avançons avec peine, lorsque tout semble aller de travers et que ce que nous avions prévu se déroule tout autrement que nous l'avions pensé. Et que faire d'autre que d'user de la rame contre ce vent contraire, c'est-à-dire de l'effort et de la volonté ? Sur le lac, les disciples ont donc ramé près de cinq kilomètres - étaient-ils bien certains de ne pas tourner en rond ?

Et voici que Jésus vient vers eux. Il marche sur les eaux et l'on peut se demander, puisque rien ne lui est impossible, pourquoi ne pas être réapparu d'un seul coup au milieu d'eux ? Mais il fallait qu'ils le voient venir, car le fait de marcher sur les eaux de ce monde - toutes secouées par des événements effrayants, est d'une très grande signification pour tous ceux qui sont dans la barque de Pierre aujourd'hui ! Mais "C'est moi. Soyez sans crainte".

Il me plait beaucoup de songer que ces mots me rejoignent à la fin de cette semaine durant laquelle j'ai subi quelques affronts et des moments de détresse. Mais en réalité, il faut lire plus loin: car aussitôt ils abordent la terre ferme à l'endroit où ils se rendaient. J'ai eu ma consolation et j'obtiens, après la consolation, la joie de nouveau. La vie du chrétien passe ainsi de l'attente au labeur, du labeur à la foi, de la foi à la consolation et de la consolation à la Joie.

Les périodes difficiles n'ont pas manqué depuis trois ans, mais je sais depuis longtemps qu'il vaut mieux pour moi ramer dur que d'avoir trop de temps libre. Une vie que l'on gagne, c'est celle que l'on a bien voulu perdre; une vie que l'on sauve, c'est la vie que l'on donne librement. Et finalement, que sommes-nous appelés à devenir, sinon des hommes qui marchent au travers des événements du monde pour rejoindre leurs frères et leur dire: ne craignez pas, mais ayez donc la foi !
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etienne lorant
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Discours sur le pain de vie : la vraie nourriture

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 6, 22)

Jésus avait traversé le lac en marchant sur les eaux. Le lendemain, la foule restée sur l'autre rive du lac se rendit compte qu'il n'y avait eu là qu'une seule barque, et que Jésus n'y était pas monté avec ses disciples, qui étaient partis sans lui.
Cependant, d'autres barques, venant de Tibériade, étaient arrivées près de l'endroit où l'on avait mangé le pain après que le Seigneur eut rendu grâce.
La foule s'était aperçue que Jésus n'était pas là, ni ses disciples non plus. Alors les gens prirent les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus.
L'ayant trouvé sur l'autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés.
Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l'homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son empreinte. »
Ils lui dirent alors : « Que faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » Jésus leur répondit :
« L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. »

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Quelle est la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle ? C'est celle que donnera le Fils de l'homme. Cette multiplication des pains est une préfiguration de l'Eucharistie. Le pain que nous mangeons chaque jour pour nous donner les forces physiques nécessaires au travail en ce monde est peu de chose en comparaison des forces spirituelles que confère le Pain de Vie, par lequel le Christ, vraiment présent dans l'hostie, se communique à nous.

Or, ce pain-là est tout entier "marqué de l'empreinte" du Père. Heureux suis-je donc, car aujourd'hui encore j'ai eu accès à cette œuvre de Dieu, la plus achevée, qui mérite tout à fait les qualificatifs d'incomparable et de sublime ! C'est en communiant le plus souvent possible que l'âme en détresse recouvre des forces et reprend espoir; c'est en communiant que l'âme qui tend à s'unir à son maître trouve les délices de la Joie comme le voyageur au désert voit soudain jaillir devant lui une source d'eau vive ! C'est par la communion régulière des fidèles que la gloire de Dieu - qui est vie pour l'homme - plus forte que la mort (*) se répand bien au-delà des portes de l'église où nous nous sommes réunis.

Lorsque je lis la première lecture sous cet angle, je peux, moi aussi, voir le visage d'Étienne, lorsqu'il comparaît devant le grand conseil (1ère lecture), comme s'il était celui d'un ange. Les anges ne sont-ils pas les messagers du Très-haut ? Ne nous y trompons pas: il y a lumière et lumière. Cette lumière-ci n'est pas celle de la raison, ni de l'intelligence, ni du génie même. Elle est toute entière le signe de la bienveillance de Dieu. Lorsque nous communions, nous n'avons pas la moindre idée des forces qui nous sont données pour accomplir la volonté du Père - le Père ne permet pas que nous en ayons conscience, mais ces forces sont tout à fait réelles et destinées à exercer leur pouvoir au sein du monde.

Il faut croire ! Il faut croire et cela suffit en tout et pour tout.

(*) Dans l'Evangile de jean : "Marthe, la sœur du mort, lui dit: "Seigneur, il sent déjà ; c'est le quatrième jour.". Jésus lui dit : "Ne t'ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu?"
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Ceux qui croiront et ceux qui ne voudront pas croire

Message non lu par C.-J. »

stephlorant a écrit :
Signature :

Le faux Dieu change la souffrance en violence. Le vrai Dieu change la violence en souffrance (Simone Weil)
? :s


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Re: Ceux qui croiront et ceux qui ne voudront pas croire

Message non lu par stephlorant »

C.-J. a écrit :
stephlorant a écrit :
Signature :

Le faux Dieu change la souffrance en violence. Le vrai Dieu change la violence en souffrance (Simone Weil)
? :s


C.-J.

Ce n'est pas si difficile à saisir. Je vous donne un indice:
Matthieu 5, 38-48 - et un autre : Simone Weil, en tant que juive a également à l'esprit la montée du nazisme souvent imputée à la trop grande rigueur du Traité de Versailles.
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Anthropophagie

Message non lu par stephlorant »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Les Juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »
Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi.
Tel est le pain qui descend du ciel : il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »
Voilà ce que Jésus a dit, dans son enseignement à la synagogue de Capharnaüm.

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Il fallait oser ! Dire de telles choses dans la synagogue de Capharnaüm, et je suppose donc que c'était bien avant la montée à Jérusalem, c'est courir le risque de se voir traité de fou. Or, Jésus insiste lourdement: c'est plus de trois fois que Jésus insiste qu'il faut "manger ma chair et boire mon sang" pour avoir la vie en soi. "Celui qui me mangera vivra par moi" ! Ils ne peuvent pas imaginer que le Seigneur parle sur un plan qui n'est ni tout à fait symbolique (car la chair du Christ sera broyée et son sang coulera abondamment), ni tout à fait matériel : la chair et le sang seront présents sous la forme de pain et de vin consacrés.

Mais qui donc parmi les hommes présents à l'époque dans cette synagogue, et encore aujourd'hui - qui découvriraient la lecture d'aujourd'hui pour la première fois de leur vie (et dans un texte isolé du reste des Évangiles) comprendrait un tel langage? Je me souviens avoir lu que les Romains, bien plus tard, justifieraient le massacre de chrétiens en se fondant sur le bruit que ces derniers se livreraient à des pratiques anthropophages...

Ce que j'en retiens, pour ma part, c'est encore et toujours: la foi. Il faut croire que le Seigneur est présent à tout ce que nous vivons, même si ce que nous vivons paraît incompréhensible sur le moment. Si je ne suis pas capable de faire confiance à Dieu lorsque tout semble aller de travers, alors que vaut ma foi ? C'est bien ici l'occasion de remettre en valeur ce que l'on appelait autrefois la "foi de charbonnier", au sujet de laquelle - avec une inspiration soudaine, j'ai trouvé l'origine:

EXPRESSION
« Avoir la foi du charbonnier »

SIGNIFICATION
Avoir une conviction absolue, inébranlable et naïve.

ORIGINE
Quand on sait que les charbonniers (ceux qui livraient dans les villes, pas ceux qui fabriquaient dans les bois), à l'époque où ils existaient encore, étaient très souvent des piliers de bar, on ne peut souhaiter à personne d'avoir le foie du charbonnier, car pour lui, la vie n'était pas si rose.

Fleury de Bellingen, grammairien du XVIIe siècle, explique l'origine de l'expression par l'extrait d'un conte que voici :

« Le Diable un jour demanda à un malheureux charbonnier :
- Que crois-tu ?
Le pauvre hère répondit :
- Toujours je crois ce que l'Église croit.
Le diable insista :
- Mais à quoi l'Église croit-elle ?
L'homme répondit :
- Elle croit ce que je crois.
Le Diable eu beau insister, il n'en tira guère plus et se retira confus devant l'entêtement du charbonnier »

Autant dire que le 'charboniais' de ce conte ne fonde sa foi sur aucun argument théologique ou philosophique. Il croit ce que l'Église lui dit, sans même savoir vraiment de quoi il s'agit, être capable de l'expliquer et de le défendre.

Georges Brassens l'a cité dans "le mécréant" : « J'voudrais avoir la foi, la foi d'mon charbonnier Qu'est heureux comme un pape et con comme un panier. »

Eh bien, cher monsieur Georges, dont j'ai toute l'œuvre, il me plairait beaucoup, certains jours d'être con comme un panier, si j'avais la foi de votre charbonnier !

(Voir site Expressio - les expressions française expliquées.)
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"Je vous appelle mes amis" (Jn 15, 9-17)

Message non lu par stephlorant »

À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.
Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j'ai gardé fidèlement les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie.
Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.
Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.
Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.
Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ; maintenant, je vous appelle mes amis, car tout ce que j'ai appris de mon Père, je vous l'ai fait connaître.
Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous partiez, que vous donniez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l'accordera.
Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres. »
(c) AELF 2011
http://www.aelf.org, le site officiel de la traduction française de la liturgie catholique


Le Seigneur ignore ce que veut faire son maître, il lui suffit d'obéir. Mais si son maître prend le temps d'expliquer quel est son but et comment il compte y parvenir en lui confiant un travail, le rapport d'autorité demeure, mais il ne se présente plus comme celui de contremaitre à ouvrier. Il peut s'installer une relation beaucoup moins superficielle dans laquelle, selon le cas, s'y ajoutera de l'affection, de la reconnaissance et du zèle. Il est évident que l'homme qui aime ce qu'il fait ne bâclera pas sa tâche; tout au contraire, il trouvera le goût et la fierté de l'artisan; il s'appliquera à corriger ses erreurs, il se perfectionnera, il désirera être toujours informé de nouvelles méthodes, etc.

Les commandements du Seigneur ne sont-ils pas limpides ? Tous tracent un chemin bien droit, sur lequel nous progressons à notre rythme, pas après pas et selon nos forces, Et en réalité, la meilleure définition de ce travail c'est de demeurer dans l'amour du Christ.

A partir du moment où l'on a bien compris que c'est l'amour du Christ que nous servons, le travail auquel il nous donné de nous appliquer peut prendre une multitude de formes possibles. Et c'est bien pourquoi aucune vie de saint ne ressemble à une autre. La sainteté s'adapte à la personne comme une seconde peau, comme le vêtement des noces. Je me souviens de l'inquiétude qu'avait Julien Green, qu'il a plus d'une fois notée dans son Journal: "Je n'ai jamais entendu dire qu'un auteur de romans ait été proclamé saint par l'Église". Mais quoi, à côté des saints et saintes donnés en exemple aux fidèles, combien d'autres hommes et femmes trouvent le juste chemin, s'y appliquent dans la vérité et obtiennent la vie éternelle ? (J'ai lu une critique sur le pape Jean-Paul II qui, selon les auteurs, aurait fait des béatifications et des canonisations une véritable entreprise politique ! La vérité est que, s'il fallait commencer des enquêtes au sujet de tous ceux et toutes celles qui ont quitté ce monde "en odeur de sainteté", il faudrait multiplier par cent le nombre d'enquêteurs !)

Pour ma part, je cherche l'abandon de foi. Il y a bien longtemps que j'en suis persuadé : pour peu que je persévère dans la discipline, les pratiques de la miséricorde divine indiquées par le Seigneur à sainte Faustine, et l'obéissance à l'Église, il est tout à fait inutile que je m'inquiète de mon avenir. En temps utile, le Seigneur pourvoira.Le Psaume ne dit-il pas : "Sachez que le Seigneur a mis à part son fidèle, le Seigneur entend quand je crie vers lui." Mais il faut veiller au quotidien afin d'accomplir la volonté du Père - c'est cela qui compte, et puisqu'il s'agit de demeurer dans l'amour du Christ, ce n'est vraiment pas difficile de discerner ce qui est bon et ce qui est mauvais ! En tout ceci, comme disait saint François: "La mesure de ton effort, c'est la Joie !"
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Lavement des pieds : le maître et les serviteurs

Message non lu par stephlorant »

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Jésus Christ, témoin fidèle, premier-né d'entre les morts, tu nous aimes, et par ton sang tu nous délivres du péché. Alléluia. (cf. Ap 1, 5)


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean ((Jn 13, 16-20)
Après avoir lavé les pieds de ses disciples, Jésus parla ainsi : « Amen, amen, je vous le dis : le serviteur n'est pas plus grand que son maître, le messager n'est pas plus grand que celui qui l'envoie.
Si vous savez cela, heureux êtes-vous, pourvu que vous le mettiez en pratique.
Je ne parle pas pour vous tous. Moi, je sais quels sont ceux que j'ai choisis, mais il faut que s'accomplisse la parole de l'Écriture : Celui qui partageait mon pain a voulu me faire tomber.
Je vous dis ces choses dès maintenant, avant qu'elles n'arrivent ; ainsi, lorsqu'elles arriveront, vous croirez que moi, JE SUIS.
Amen, amen, je vous le dis : recevoir celui que j'envoie, c'est me recevoir moi-même ; et me recevoir, c'est recevoir celui qui m'envoie.
Aelf, Paris, 2011


C'est le dernier verset qui aura retenu toute mon attention, ce matin. Cette petite phrase : "Recevoir celui que j'envoie, c'est me recevoir moi-même ; et me recevoir, c'est recevoir celui qui m'envoie.", m'a rappelé que je dois effectivement accueillir quiconque, la première personne que je rencontrerai en sortant de chez moi, comme étant le Christ. Quand bien même cette personne serait mon plus dangereux ennemi, ou un homme dépourvu de toutes les qualités morales que j'estime, je dois le recevoir comme m'étant envoyé par le Christ. Et s'il me cause effectivement quelque souffrance, s'il m'oblige à écouter des propos que je ne sais pas approuver, tout de même, je dois le supporter et le traiter avec amabilité.

En effet, si je parviens à demeurer dans l'attitude de l'humilité et de la charité - la vraie charité, celle que pratiqua le Samaritain envers l'inconnu laissé pour mort sur le bord de la route, alors c'est bien le Père également que j'aurai reçu, car Lui, dans sa miséricorde, a fermé les yeux pour ne pas scruter mon propre péché et Il l'a fait en contemplant les plaie de son Fils, qui s'est identifié à moi aussi. Car Il est bien le Dieu de Miséricorde, le Dieu des "entrailles maternelles" et qui est parfait, puisqu'il fait pleuvoir et se lever le soleil sur les bons comme sur les méchants.

Mais en définitive, si je parviens à vivre une telle attitude devant un personne que j'estime sans qualité, c'est parce que j'aurai d'abord, comme j'ai pu (finale ment !) le faire ce matin, prier le Père de ne pas me retirer son Esprit Saint, car sans l'Esprit Saint, je ne vaux rien du tout.

Hélas, que ce temps est dur, comme il est avare ! Comment donc vivre sa foi ? En vérité, ce n'est possible qu'en devenant comme un poisson retiré de son élément, un de ces poissons attrapés, par exemple, dans l'un des filets de Pierre, hors des eaux secouées et tourmentées de la mer de Galilée - et sur l'ordre de Jésus...

Lorsqu'on vit une époque aussi faussée que la nôtre, dans une société où il faut être non seulement producteur mais aussi consommateur, mais encore produit à consommer; quand on voit comme courent et se dispersent les hommes et les femmes, toujours partagés entre le rendement et le sacrifice à tous les plaisirs, oui, il faut bien s'attacher à l'Esprit Saint, il faudrait même pouvoir s'y ligoter par la prière incessante, avec un nœud autour du cou !

Qu'il m'en soit donc fait ainsi.
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Le chemin de la Vie

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Acclamation : Alléluia. Alléluia. Tu es le Chemin, la Vérité et la Vie, Jésus, Fils de Dieu. Celui qui croit en toi a reconnu le Père. Alléluia.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 14, 1-6)
A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Ne soyez donc pas bouleversés : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.
Dans la maison de mon Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure ; sinon, est-ce que je vous aurais dit : Je pars vous préparer une place ?
Quand je serai allé vous la préparer, je reviendrai vous prendre avec moi ; et là où je suis, vous y serez aussi.
Pour aller où je m'en vais, vous savez le chemin. »
Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas ; comment pourrions-nous savoir le chemin ? »
Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. »
(c) AELF 2011
http://www.aelf.org, le site officiel de la traduction française de la liturgie catholique


Le Chemin, la Vérité, la Vie. Tout est dans l'ordre: pour accéder à la Vie, il faut vivre en accord la Vérité, cependant même le Chemin qui conduit à la Vérité, c'est Jésus qui le trace.

Isaïe, que le Baptiste a cité lui aussi, avait bien prophétisé : toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline seront abaissées, les chemins tortueux seront redressés, et toute chair verra le salut qui vient de Dieu".
Mais l'apôtre Thomas n'a pas compris. Est-ce que nous avons mieux compris que lui ? Si nous avons compris, nous avons donc commencé par tenter de remédier à nos manques, à descendre du piédestal de notre ego et nous avons mis fin à nos raisonnements fallacieux.

Ce qui est décrit ici en Isaïe, c'est le chemin de conversion que suit tout homme qui a désiré sincèrement connaître la vérité. Sa sincérité l'a poussé à entreprendre les choses simples qui consistent à mettre de l'ordre dans sa maison intérieure et de replacer chaque chose à sa place. Or, cette démarche est déjà une grâce, mais le but de cette grâce est que le Christ puisse venir et montrer ce qu'il reste à accomplir pour trouver la Vie.

A qui me répondrait que je schématise ou que j'écris selon moi-même, je ne prendrais pas la peine de répondre, car je n'ai pas besoin d'être cru: je sais bien que c'est ainsi. Un petit enfant comprend très facilement qu'il faut ranger ses jouets dans sa chambre afin de les retrouver facilement ensuite. Il y a donc une discipline mentale et une hygiène de l'être intérieur à retrouver afin que le désir de la Vérité puisse trouver place dans nos cœurs et nous guider vers la vie éternelle.

Le dernier verset de l'Évangile du jour renvoie directement à ce que Jésus disait dans un texte récent : "Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages." C'est donc tout à fait clair, car : "Personne ne va vers le Père sans passer par moi".

Seigneur, garde mon esprit bien disposé tout au long de ce jour, afin de remédier à mes propres faiblesses par une attention résolue et constante.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Le Père et le Fils viennent demeurer chez nous

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 14, 21-26)
À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c'est celui-là qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père ; moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui. »
Jude lui demanda : « Seigneur, pour quelle raison vas-tu te manifester à nous, et non pas au monde ? »
Jésus lui répondit : « Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l'aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui.
Celui qui ne m'aime pas ne restera pas fidèle à mes paroles. Or, la parole que vous entendez n'est pas de moi : elle est du Père, qui m'a envoyé.
Je vous dis tout cela pendant que je demeure encore avec vous ; mais le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.


Il faut aimer Jésus pour que le Père et le Fils puisse venir demeurer auprès de lui. Lorsqu'on y pense, que rêver de plus ? Ce serait tout mon bonheur, tout mon ciel bleu, avec l'alouette qui y tirelie comme pour rejoindre quelques filets de nuage blanc... La poésie seule peut rendre compte, très imparfaitement, de certains mystères qui nous pénètrent pourtant de toutes parts.

Avec les ans qui passent, l'existence devient plus lourde et je m'efforce sur le chemin. Beaucoup d'églises se vident, je peux parfois compter sur les doigts les fidèles qui, eux aussi, viennent manifester leur désir de demeurer fidèles.

Heureusement, l'Esprit Saint ne fait pas défaut, il me fait souvenir de tout, en sorte que je ne peux pas douter. Je peux parfois, comme Julien Green qui en témoignait dans son Journal, n'y plus rien comprendre, cependant je SAIS ce que j'ai vécu. Je connais bien qu'il existe un seuil d'abandon, dans la foi, au-delà duquel se trouve un 'réjouissement' de l'âme en Dieu, qui compense pour tous les chagrins et toutes les déroutes.

Cette Joie, il n'est pas possible de l'obtenir "à la demande", mais elle est une véritable rencontre avec Dieu, le Père et le Fils, dans le Saint-Esprit. Le chemin le plus sûr de gagner cette présence qui répond à tout, c'est bien de s'efforcer en toutes circonstances de garder les commandements de Jésus. Il faut s'y appliquer chaque jour, chercher l'occasion propice; il faut se laisser rabrouer par quelqu'un et l'instant d'après prendre sa défense en disant: ce n'est rien, nous n'avons qu'une 'antapathie naturelle' instinctive et dont je ne tiens pas compte. Il faut apprendre à se relever la nuit, quitter son lit, s'agenouiller et dire une courte prière. En tout temps, il est bon de demeurer attentif à tout besoin qui se manifesterait alentours.

Père, je Te prie aujourd'hui dans le nom de Jésus: accorde l'Esprit-Saint à une personne que je ne connais pas et qui en a plus besoin que moi...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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stephlorant
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La Paix que Jésus donne

Message non lu par stephlorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14,27-31.
A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : " C'est la paix que je vous laisse, c'est ma paix que je vous donne; ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne. Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


J'ai retenu ce premier verset. La paix que Jésus nous donne, c'est la sienne, non celle du monde. Car le monde va continuer de se livrer à la guerre et de s'adonner à toutes les passions auxquelles il se livre encore aujourd'hui, fort d'une multitude d'adages et de maximes.

Ne pourrait-on pas dire: "Si tu veux la paix, prépare la paix ?" Si tu veux la paix, recherche non ce qui est dans le monde, car le monde ne connaît pas la paix. Nous le savons bien, nous qui disposons en profusion d'images de conflits dans tous les pays du monde. Mais les reportages de guerre ne constituent vraiment que la partie immergée de l'iceberg (ou devrais-je dire: du volcan ?) Puisqu'il y a tout le reste: les luttes sociales, la délinquance, la violence, le crime, le choc d'intérêts divergents, les haines tenues secrètes, les meurtres apparents qui cachent de beaucoup plus discrets, ceux que soutiennent les lois des États - au nom de la liberté individuelle, par exemple.

La paix que Jésus nous donne découle de notre attachement à son Nom et à son enseignement. C'est de cette paix aujourd'hui encore. Je sais que pour l'obtenir, il me faut cesser de regarder vers demain - afin de garder mon courage pour accomplir ce qui est à ma portée ce matin-même. Pour m'y aider, j'ai à ma disposition quelques règles établies bien avant moi et me survivront bien après, j'ai aussi la prière, j'ai cette oraison qui consiste à clamer devant chaque obstacle: "Jésus, j'ai confiance en Toi !" J'ai cet exercice d'écriture, qui m'est parfois facile, parfois très difficile, mais qui me procure de la joie.

Souvent, je me souviens de passages assez poignants du livre "Une vie bouleversée", d'Etty Hillesum. C'est exprès que je choisis de citer un passage de ce livre, car la vie de cette jeune femme juive - morte en chambre à gaz bien avant sa trentaine, nous montre que la paix que donne Jésus peut rejoindre n'importe qui, ici dans le ghetto d'Amsterdam, et donner vraiment une seconde force de vie.

- Je crois que je vais le faire : tous les matins, avant de me mettre au travail, me "tourner vers l’intérieur", rester une demi-heure à l’écoute de moi-même. "Rentrer en moi-même". Je pourrais dire aussi : méditer. L’homme est corps et esprit. Une demi-heure de gymnastique et une demi-heure de "méditation" peuvent fournir une bonne base de concentration pour toute une journée.


- L’effrayant c’est que des systèmes, en se développant, dépassent les hommes et les enserrent dans leur poigne satanique, leurs auteurs aussi bien que leurs victimes, de même que de grands édifices ou des tours, pourtant bâtis par la main de l’homme, s’élèvent au-dessus de nous, nous dominent et peuvent s’écrouler sur nous et nous ensevelir.

- A chaque nouvelle exaction, à chaque nouvelle cruauté, nous devrons opposer un petit supplément d’amour et de bonté à conquérir sur nous-mêmes. Nous avons le droit de souffrir, mais non de succomber à la souffrance Et si nous survivons à cette époque indemnes de corps et d’âme, d’âme surtout, sans amertume, sans haine, nous aurons aussi notre mot à dire après la guerre.

- En disant "J'ai réglé mes comptes avec la vie", je veux dire : l'éventualité de la mort est intégrée à ma vie ; regarder la mort en face et l'accepter comme partie intégrante de la vie, c'est élargir la vie. A l'inverse, sacrifier dès maintenant à la mort un morceau de cette vie, par peur de la mort et refus de l'accepter, c'est le meilleur moyen de ne garder qu'un pauvre petit bout de vie mutilée, méritant à peine le nom de vie. Cela semble un paradoxe : en excluant la mort de sa vie on se prive d'une vie complète et en l'y accueillant on élargit et on enrichit sa vie.

Je termine en revenant à l'Évangile en disant que j'y crois absolument: ma paix ne pourra plus jamais être celle du monde. Il est trop tard pour cela, ouf, bon débarras ! Mais je voudrais 'armer' ma paix d'un grand nombre de gestes de miséricorde et d'outrages essuyés sans répondre. Car si je parviens à cela, non je ne serai pas devenu maître de moi-même, mais je serai en Jésus et Jésus en moi.
In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum
http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)
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