Les orthodoxes ont-ils tort de ne pas reconnaitre le pape?

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françois67
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Les orthodoxes ont-ils tort de ne pas reconnaitre le pape?

Message non lu par françois67 »

En effet, je me demande comment ils expliquent alors l'institution de saint Pierre comme seul et unique pasteur de la seule et unique Eglise du Seigneur?!
Avertissement: j'ai sur ce forum peut-être exprimé des avis contraires à la position de l'Église, et /ou de sa sainte Tradition, et/ou à l'avis qui se doit d'être celui d'un vrai chrétien catholique: ne me prenez donc en RÉFÉRENCE POUR RIEN. Ne soyez pas victimes de scandale. Que mon exemple soit rejeté et en aucun cas suivi. Si vous trouvez un endroit où une de mes interventions serait au moins douteuse, si ce n'est pire, faites-en moi part, notamment par mp. Je m'excuse profondément.
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Raistlin
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Re: Les orthodoxes ont-ils tort de ne pas reconnaitre le pap

Message non lu par Raistlin »

françois67 a écrit :En effet, je me demande comment ils expliquent alors l'institution de saint Pierre comme seul et unique pasteur de la seule et unique Eglise du Seigneur?!
De mémoire, c'est plus compliqué que ça (mais je peux me tromper) : ils reconnaissent la primauté de l'évêque de Rome mais pas son autorité telle que nous la concevons, nous catholiques.
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françois67
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Re: Les orthodoxes ont-ils tort de ne pas reconnaitre le pap

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Raistlin a écrit :
françois67 a écrit :En effet, je me demande comment ils expliquent alors l'institution de saint Pierre comme seul et unique pasteur de la seule et unique Eglise du Seigneur?!
De mémoire, c'est plus compliqué que ça (mais je peux me tromper) : ils reconnaissent la primauté de l'évêque de Rome mais pas son autorité telle que nous la concevons, nous catholiques.
Et comment la conçoivent-ils?
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françois67
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Re: Les orthodoxes ont-ils tort de ne pas reconnaitre le pap

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Raistlin a écrit :
françois67 a écrit :En effet, je me demande comment ils expliquent alors l'institution de saint Pierre comme seul et unique pasteur de la seule et unique Eglise du Seigneur?!
De mémoire, c'est plus compliqué que ça (mais je peux me tromper) : ils reconnaissent la primauté de l'évêque de Rome mais pas son autorité telle que nous la concevons, nous catholiques.
Et s'ils la reconnaissent en théorie, actuellement, c'est le patriarche de Moscou qui prime chez eux :s :hypocrite: !
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Silouane
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Re: Les orthodoxes ont-ils tort de ne pas reconnaitre le pap

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Non la primauté "inter pares" appartient au patriarche de Constantinople.
Mais cette primauté n'a rien avoir avec le système romain : le patriarche de Constantinople est au même rang que les autres évêques et n'a aucun pouvoir supplémentaire : il n'est pas le chef de l'Eglise, il n'a aucune infaillibilité .

Pour ce qui est de l'explication de la "préférence pétrinienne" (pour reprendre l'expression de raistlin) , les orthodoxes ne reconnaissent aucune primauté à Pierre et considèrent tous les apôtres comme égaux.
"Affirmer l'inégalité des apôtres, c'est faire injure au Saint-Esprit qui les a tous également éclairés". Réponse de Grégoire VI aux envoyés du pape Pie IX en 1868

Sinon françois je vous conseille d'ouvrir quelques livres d'histoire (à commencer par le livre des Actes des Apotres ) et vous verrez par vous, même que le système de la papauté tel qu'il existe aujourd'hui n'a été inventé que très tardivement (réforme grégorienne :http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9for ... A9gorienne ). Les papes de l'Antiquité ne se sont jamais prétendus "unique pasteur de l'Eglise".
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françois67
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Re: Les orthodoxes ont-ils tort de ne pas reconnaitre le pap

Message non lu par françois67 »

Silouane a écrit :Non la primauté "inter pares" appartient au patriarche de Constantinople.
Mais cette primauté n'a rien avoir avec le système romain : le patriarche de Constantinople est au même rang que les autres évêques et n'a aucun pouvoir supplémentaire : il n'est pas le chef de l'Eglise, il n'a aucune infaillibilité .

Pour ce qui est de l'explication de la "préférence pétrinienne" (pour reprendre l'expression de raistlin) , les orthodoxes ne reconnaissent aucune primauté à Pierre et considèrent tous les apôtres comme égaux.
"Affirmer l'inégalité des apôtres, c'est faire injure au Saint-Esprit qui les a tous également éclairés". Réponse de Grégoire VI aux envoyés du pape Pie IX en 1868

Sinon françois je vous conseille d'ouvrir quelques livres d'histoire (à commencer par le livre des Actes des Apotres ) et vous verrez par vous, même que le système de la papauté tel qu'il existe aujourd'hui n'a été inventé que très tardivement (réforme grégorienne :http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9for ... A9gorienne ). Les papes de l'Antiquité ne se sont jamais prétendus "unique pasteur de l'Eglise".
Vous comprenez mal.
En fait, le fait que cet évêché primant sur les autres soit à Rome et pas à Constantinople ou à Madrid, à Paris, ou au Groënland, ce n'est pas car les évêques de là-bas dans leur fonction d'évêque de Rome en elle-même seraient "meilleurs" que les autres. C'est car il faut un pasteur du troupeau, tel qu'à été saint Pierre, il faut un successeur aux mêmes fonctions que saint Pierre. Qu'il se trouve à Rome, à Antioche, à Jérusalem ou là où vous voulez, ce n'est pas fondamental ni important: c'est de la Tradition, juste car saint Pierre s'y est établi, que c'était devenu le centre terrestre du christianisme, car c'était le centre politique économique culturel bref etc. etc.etc.etc...
Ce qui importe n'est pas la position de l'évêché où l'évêque successeur de saint Pierre siège, mais c'est bien qu'il faut un évêque successeur de saint Pierre, et peu importe où il se trouve!
Et vous aurez remarqué que lors de l'élection du pape, c'est pour sa fonction de pape qu'il est élu, et pas pour celle d'évêque de Rome!
C'est bien le poste de pape qui fait successeur de saint Pierre, avec tout ce qui va avec, pas le poste d'évêque de Rome qui n'est "qu'accessoire".
C'est donc avec sûreté qu'il faut affirmer qu'il faut bien un évêque ayant primauté sur les autres, ce que ne reconnaissent pas les orthodoxes, ou du moins ne mettent pas en pratique!
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Re: Les orthodoxes ont-ils tort de ne pas reconnaitre le pap

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françois67 a écrit :Ce qui importe n'est pas la position de l'évêché où l'évêque successeur de saint Pierre siège, mais c'est bien qu'il faut un évêque successeur de saint Pierre, et peu importe où il se trouve!
Et vous aurez remarqué que lors de l'élection du pape, c'est pour sa fonction de pape qu'il est élu, et pas pour celle d'évêque de Rome!
C'est bien le poste de pape qui fait successeur de saint Pierre, avec tout ce qui va avec, pas le poste d'évêque de Rome qui n'est "qu'accessoire".
Attention, la position d'évêque de Rome est très importante au contraire. Si le Pape n'est pas évêque du diocèse de Rome, le "Siège Apostolique" (c'est l'expression qui revient souvent dans les documents du 1er millénaire, notamment à l'époque des Conciles) il n'est pas Pape. Et justement parce que l'Eglise de Rome fut fondée par Saint Pierre et Saint Paul. C'est cette position-là qui est traditionnelle, pas la façon d'élire le Pape, qui a évolué au cours des siècles.

Par ailleurs, quand je vois la masse de documents en faveur d'une autorité du Siège Apostolique pour trancher la doctrine tout au long du 1er millénaire (celui dont je me souviens le mieux est Saint Irénée, "l'Eglise de Rome avec laquelle toutes les églises doivent s'accorder", mais il y en a plein), ou pour régler les conflits dans l'Eglise, le fait qu'ils s'occuppent de ce qui se passe dans des contrées distantes et pas seulement dans leur diocèse ou dans les diocèses italiens... j'ai du mal à ne voir dans la primauté du Pape qu'une simple primauté d'honneur.

Et à partir du moment où l'Evêque de Rome peut se permettre de trancher des conflits entre diocèses ou à l'intérieur d'un diocèse, il me semble difficile de limiter formellement ses prérogatives juridiques sur l'Eglise. Ce qui ne veut pas dire que le Pape doive être un monarque absolu. D'abord, parce que le Pape n'est pas au-dessus de la Tradition de l'Eglise, mais à son service (cf Vatican I, "Car le Saint Esprit n'a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu'ils fassent connaître, sous sa révélation, une nouvelle doctrine, mais pour qu'avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c'est-à-dire le dépôt de la foi"), ensuite parce que l'autorité du Pape n'a pas à se substituer à l'autorité des autres évêques mais à s'exercer en communion avec eux. L'Eglise professe le principe de subsidiarité dans la société, il est donc nécessaire qu'il commence par s'exercer chez elle. Un défaut de fonctionnement sur ce côté peut avoir des conséquences fâcheuses.

Ainsi, normalement, les déviations doctrinales des évêques devraient être autant que possible réglées au niveau local. Je pense à l'évêque australien qui a été récemment destitué par le Saint Père pour des déviations multiples après plusieurs années de situation scabreuse, la situation aurait D'ABORD dû être résolue par les évêques australiens entre eux... que le Saint Père ait dû intervenir montre que la communion diocésaine au niveau régional n'a pas joué le rôle qu'elle devrait avoir. La centralisation montre ses limites à ce point de vue (pour un évêque destitué, combien auraient dû l'être depuis longtemps?). Une collégialité efficace (et pas des conférences d'évêques sans réel pouvoir s'exprimant surtout sur des questions accessoires de société) représente un des défis à résoudre pour l'Eglise de Rome.

In Xto,
archi.
Nous qui dans ce mystère, représentons les chérubins,
Et chantons l'hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité.
Déposons maintenant tous les soucis de ce monde.

Pour recevoir le Roi de toutes choses, Invisiblement escorté des choeurs angéliques.
Alléluia, alléluia, alléluia.
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Re: Les orthodoxes ont-ils tort de ne pas reconnaitre le pap

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Bonjour
françois67 a écrit :Qu'il se trouve à Rome, à Antioche, à Jérusalem ou là où vous voulez, ce n'est pas fondamental ni important: c'est de la Tradition, juste car saint Pierre s'y est établi, que c'était devenu le centre terrestre du christianisme, car c'était le centre politique économique culturel bref etc. etc.etc.etc...
Ce qui importe n'est pas la position de l'évêché où l'évêque successeur de saint Pierre siège, mais c'est bien qu'il faut un évêque successeur de saint Pierre, et peu importe où il se trouve!
Et vous aurez remarqué que lors de l'élection du pape, c'est pour sa fonction de pape qu'il est élu, et pas pour celle d'évêque de Rome!
C'est bien le poste de pape qui fait successeur de saint Pierre, avec tout ce qui va avec, pas le poste d'évêque de Rome qui n'est "qu'accessoire".
C'est donc avec sûreté qu'il faut affirmer qu'il faut bien un évêque ayant primauté sur les autres, ce que ne reconnaissent pas les orthodoxes, ou du moins ne mettent pas en pratique!
Il y a aussi un fait historique qu'il est impossible de négliger dans l'histoire du christianisme : Constantin, le premier empereur chrétien (début du IVe siècle), fait de Constantinople sa capitale officielle.
Rome - où les empereurs ont cessé de sièger depuis à peu près la crise du IIIe siècle, du fait des guerres permanentes aux quatre coins de l'empire, sauf très épisodiquement, et notamment pour aller se faire reconnaître comme empereur légitime par le peuple romain - ne garde plus que le prestige de son nom mais perd la réalité de son pouvoir "universel". Cela se confirme avec les successeurs de Constantin : même lorsque l'empire est coupé en deux pour "faciliter" sa gestion, les empereurs qui ont la charge de la partie occidentale préfèrent à Rome des villes plus proches des frontières : ainsi Milan ou Ravenne ont abrité un temps la cour impériale d'occident.
Constantinople se voit dotée elle aussi des instruments du pouvoir, par exemple d'un sénat puissant - pas seulement local - concurrent de celui de Rome.
La suite logique, c'est qu'au cours de l'antiquité tardive, la réalité du pouvoir romain étant à Constantinople, la tête du christianisme étant d'abord l'empereur, celui d'orient étant supérieur en droit à celui d'occident, la partie orientale de l'empire résistant aux invasions et restant une entité cohérente, le patriarche de Constantinople se révendique comme le successeur légitime de Pierre, par transfert des centres de pouvoir.
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Re: Les orthodoxes ont-ils tort de ne pas reconnaitre le pap

Message non lu par GuilhemMaurice »

Iulita a écrit :Bonjour

Il y a aussi un fait historique qu'il est impossible de négliger dans l'histoire du christianisme : Constantin, le premier empereur chrétien (début du IVe siècle), fait de Constantinople sa capitale officielle.
Rome - où les empereurs ont cessé de sièger depuis à peu près la crise du IIIe siècle, du fait des guerres permanentes aux quatre coins de l'empire, sauf très épisodiquement, et notamment pour aller se faire reconnaître comme empereur légitime par le peuple romain - ne garde plus que le prestige de son nom mais perd la réalité de son pouvoir "universel". Cela se confirme avec les successeurs de Constantin : même lorsque l'empire est coupé en deux pour "faciliter" sa gestion, les empereurs qui ont la charge de la partie occidentale préfèrent à Rome des villes plus proches des frontières : ainsi Milan ou Ravenne ont abrité un temps la cour impériale d'occident.
Constantinople se voit dotée elle aussi des instruments du pouvoir, par exemple d'un sénat puissant - pas seulement local - concurrent de celui de Rome.
La suite logique, c'est qu'au cours de l'antiquité tardive, la réalité du pouvoir romain étant à Constantinople, la tête du christianisme étant d'abord l'empereur, celui d'orient étant supérieur en droit à celui d'occident, la partie orientale de l'empire résistant aux invasions et restant une entité cohérente, le patriarche de Constantinople se révendique comme le successeur légitime de Pierre, par transfert des centres de pouvoir.
Il y a quand même quelque chose qui me dérange: vous faîtes de l'empereur romain la tête de l'Eglise. Or comment un pouvoir séculier peut-il régir un pouvoir spirituel qui est réservé aux évèques successeurs des apôtres?
Je pense que cette position ne tient pas la route pour au moins deux raisons:
1- Le pouvoir spirituel ne doit pas dépendre d'un pouvoir séculier, donc si le patriarche de Constantinople a une primauté de quelque nature que ce soit, cela ne doit pas être du aux empereurs mais à la succession apostolique.
2- N'étant plus dans un monde impérial chrétien, à qui échoue alors la primauté? A l'évêque de New York ou de Washington?

Bref cela n'a aucun sens. Je pense que s'il y a une primauté, c'est celle due au successeur de St-Pierre, c'est-à-dire à l'évêque de Rome, peut importe que cette ville ne soit plus la capitale d'un empire ou quelle soit celle d'une bourgade!

Par ailleurs, en lisant les évangiles, il est évident que St-Pierre a un rôle majeur (dont les limites sont à préciser) sur les autres apôtres et cela sous l'instigation du Christ. La famille humaine étant faîte comme telle, elle a besoin d'une tête, l'Eglise étant faite à l'image d'un corps a aussi besoin d'une tête dont le représentant sur Terre est le pape (Vicaire).

Ceci en toute humilité, n'étant pas un spécialiste de la question de la primauté...
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Re: Les orthodoxes ont-ils tort de ne pas reconnaitre le pap

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Bonjour GuilhemMaurice,
je parlais de faits historiques, de l'histoire du christianisme : il se trouve que Constantin, en se convertissant, a aussi "mis la main" sur l'Eglise en s'en proclamant le chef temporel (et non pas spirituel : c'est d'ailleurs à ce titre qu'un de ses successeurs se soumet à l'évêque de Milan Ambroise, suite à un grave conflit, mais c'est un peu long à raconter !). Ainsi, c'est lui qui convoque le concile de Nicée, premier concile oecuménique (c'est-à-dire auquel participent à la fois les évêques d'orient et l'occident; les deux précédents, celui de Rome et celui d'Arles, ne réunissaient que les évêques d'occident, car l'église en orient subissait encore la grande persécution lancée par Dioclétien), qui tranche la question de l'arianisme.
Mais la séparation spirituel/temporel n'est vraiment pas nette car le "princeps" est vraiment au-dessus des lois et son pouvoir est absolu. L'empereur se trouve de fait habilité à trancher en matière de dogme dans un concile, selon son bon vouloir, même si lui-même se contente d'écouter les arguments des uns et des autres.

Comprenons-nous bien : je ne remets pas en cause la primauté de l'évêque de Rome, j'essaye de mettre en lumière ce qui a fait que cette primauté a été contestée et pourquoi. Or, il se trouve que le transfert du centre de l'empire de Rome vers Constantinople a été un argument pour le patriarche de Constantinople pour revendiquer la succession légitime, et de fait la primauté.

Bon, ça mériterait d'être plus développé. Je manque seulement de temps. Mais on peut consulter Paul Veyne "l'empire gréco-romain", en particulier le chapitre "qu'est-ce qu'un empereur romain ?", très éclairant, pas spécifiquement sur le christianisme, mais sur le fonctionnement de l'empire romain et ses évolutions, dans le contexte antique.
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Re: Les orthodoxes ont-ils tort de ne pas reconnaitre le pap

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Et que font les orthodoxes de la mission que donne le Christ à Saint Pierre : "tu bâtiras mon Eglise" ? Autre traduction ? Autre interprétation ?
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Re: Les orthodoxes ont-ils tort de ne pas reconnaitre le pap

Message non lu par GuilhemMaurice »

Iulita a écrit :Bonjour GuilhemMaurice,

Mais la séparation spirituel/temporel n'est vraiment pas nette car le "princeps" est vraiment au-dessus des lois et son pouvoir est absolu. L'empereur se trouve de fait habilité à trancher en matière de dogme dans un concile, selon son bon vouloir, même si lui-même se contente d'écouter les arguments des uns et des autres.
Rebonjour,
Avez-vous des exemples pour lesquels c'est l'empereur qui a réellement tranché sur des points dogmatiques (et non pas seulement enregistré la décision d'un concile ou d'un évêque). On parle beaucoup de Constantin et si je n'abuse, beaucoup voudrait en faire comme le faiseur de la doctrine nicéenne alors qu'il semble au niveau historique que lui cherchait surtout à faire mettre d'accord entre eux les évêques pour l'unité de l'empire, peu importe la doctrine qui en sortirait. Il me semble qu'il ne s'est que contenter d'appuyer dans un deuxième temps une doctrine qui a été votée par le concile de façon indépendante.

Je ne remet pas en question la promiscuité entre le pouvoir temporel et spirituel, mais je pense que ce n'est pas parce qu'elle a existé qu'elle soit justifiée et qu'elle doit encore continuer. Je pense qu'il faut raisonner en excluant cette donnée et surtout ne pas en faire un point capital pour décider de qui a la primauté ou pas. Après tout si Pierre avait terminé son ministère en tant qu'évêque de Kadmandu, le pape siègerait à Kadmandu en tant que successeur de St-Pierre. Non?
Enfin, je comprends les choses comme çà...
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Re: Les orthodoxes ont-ils tort de ne pas reconnaitre le pap

Message non lu par Silouane »

Bonjour françois,
Je crois plutôt que c'est vous qui connaissez fort mal votre dénomination. Le pape est soi-disant vicaire du Christ que parce qu'il est évêque de Rome. Et lorsque les cardinaux se réunissent c'est bien pour élire l'évêque de Rome, qui de par son épiscopat est chef de l'église catholique romaine.

Pour le reste comme je l'ai déja dit la primauté de Rome était lié à son statut de capitale, et ce n'est qu'au moment de son déclin, lié au déclin de l'empire d'Occident, que les évêques de Rome ont tenté de trouver une autre justification en inventant la doctrine du siège apostolique.

Mais celà n'a aucune fondement :
1) D'une part Pierre ne s'est jamais revendiqué vicaire du Christ (pas plus que les premiers évêques de Rome).
2) D'autre part, pourquoi l'évêque de Rome serait-il plus le successeur de Pierre que l'évêque d'Antioche ? (qui est aussi une église fondée par l'apôtre)
Par ailleurs, quand je vois la masse de documents en faveur d'une autorité du Siège Apostolique pour trancher la doctrine tout au long du 1er millénaire (celui dont je me souviens le mieux est Saint Irénée, "l'Eglise de Rome avec laquelle toutes les églises doivent s'accorder", mais il y en a plein), ou pour régler les conflits dans l'Eglise, le fait qu'ils s'occuppent de ce qui se passe dans des contrées distantes et pas seulement dans leur diocèse ou dans les diocèses italiens... j'ai du mal à ne voir dans la primauté du Pape qu'une simple primauté d'honneur.
Permettez moi de remettre en cause cette affirmation car en réalité tous les témoignages antiques contredisent le soi-disant "vicairiat" du pape.(cf l'affaire de la date de Paque, l'affaire du rebapteme ,etc.)
Quant à la citation d'Irénée que vous citez, il s'agit d'une traduction douteuse et partiale réfutée depuis longtemps par les orthodoxes. Si vous vous intéressez au sujet je peux vous conseiller quelques livres (qui sont d'ailleurs je crois disponible gratuitement sur google book).

Par ailleurs les papes eux-mêmes ne se croyaient pas infaillibles doctrinalement, sinon comment expliquer le fait que des papes aient acceptés d'anathémiser un de leur prédecesseur ? Si ils croyaient à l'infaillibilité pontificale ils auraient du en déduire que le concile oecuménique s'était trompé et que Honorius n'avait jamais défailli doctrinalement. Pourtant au lieu de ça, ils ont accepté le concile et la condamnation d'Honorius.

Il y a là un paradoxe insurmontable pour la théologie catholique : car puisque les papes ne croyaient pas à l'infaillibilité pontificale et pensaient que même un pape pouvait enseigner des doctrines erronées (comme en témoigne l'acceptation de la condamnation) , celà veut dire que ces papes étaient eux-mêmes doctrinalement dans l'erreur.
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Re: Les orthodoxes ont-ils tort de ne pas reconnaitre le pap

Message non lu par Iulita »

On parle beaucoup de Constantin et si je n'abuse, beaucoup voudrait en faire comme le faiseur de la doctrine nicéenne alors qu'il semble au niveau historique que lui cherchait surtout à faire mettre d'accord entre eux les évêques pour l'unité de l'empire, peu importe la doctrine qui en sortirait. Il me semble qu'il ne s'est que contenter d'appuyer dans un deuxième temps une doctrine qui a été votée par le concile de façon indépendante.
Bonne remarque ! Constantin n'est effectivement pas un faiseur de doctrine et il prend soin de laisser aux théologiens la tâche d'élaborer ces doctrines. Il aurait été plus juste que je parle d'arbitrage. Cependant, il est fondamentalement interventionniste.
C'est effectivement une préoccupation constante que de travailler à l'unité de l'église chrétienne, dès avant Nicée : c'est lui par exemple qui a convoqué les précédents synodes d'occident (celui d'Arles et de Latran, une dizaine d'années avant Nicée) pour régler la crise donatiste (schisme dans l'église de Carthage), dans laquelle il était d'ailleurs déjà intervenu comme garant de la paix civile sans succès.
On peut donc dire que Constantin n'intervient pas comme un "faiseur de dogme", mais plutôt comme son rôle d'empereur l'y oblige : garant de l'unité de l'empire et de la paix civile. Cela se voit aussi par son respect des cultes païens : il garde ainsi le titre de "pontifex maximus", qui fait de l'empereur (depuis Auguste) le chef temporel de la religion civile, qui, chez les romains, est avant tout une affaire cultuelle/cérémoniale, beaucoup plus que de doctrine spirituelle (pour le dire succintement).



Monte-Cristo a écrit :Et que font les orthodoxes de la mission que donne le Christ à Saint Pierre : "tu bâtiras mon Eglise" ? Autre traduction ? Autre interprétation ?
Je me suis mal exprimée sur la primauté : les orthodoxes ne remettent pas en question la primauté du siège apostolique de Rome sur tous les autres, mais c'est une primauté purement honorifique, due à l'ancienneté et à Pierre.
La difficulté vient d'un fait historique : le concile de Chalcédoine (vers 450) a officiellement entériné la formule "prééminence d'honneur après l'évêque de Rome, car Constantinople est la Nouvelle Rome", déjà présente 70 ans plus tôt au premier concile de Constantinople. La ville devient le siège d'un Patriarche oecuménique officiellement indépendant de Rome, et deuxième personnage de la chrétienté. A noter que le pape de l'époque, Léon Ier, a refusé de cautionner cet usage (en revanche, je ne sais pas s'il était présent au concile : de mémoire, non, comme l'immense majorité des évêques d'occidents)
A remarquer que Constantinople ne fait pas partie des sièges apostoliques, contrairement à Antioche, Jérusalem ou Alexandrie
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archi
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Re: Les orthodoxes ont-ils tort de ne pas reconnaitre le pap

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Silouane a écrit :Pour le reste comme je l'ai déja dit la primauté de Rome était lié à son statut de capitale, et ce n'est qu'au moment de son déclin, lié au déclin de l'empire d'Occident, que les évêques de Rome ont tenté de trouver une autre justification en inventant la doctrine du siège apostolique.
C'est vous qui l'affirmez gratuitement. Pensez-vous que le statut de capitale avait une importance pour Clément de Rome quand il réglait les dissensions de l'Eglise de Corinthe en 96, bien avant la conversion de Constantin?

Imaginez-vous vraiment que le statut de capitale ait eu plus d'importance pour les Apôtres et leurs successeurs immédiats que, notamment, le fait que Pierre et Paul y aient connu le martyre?

Mais celà n'a aucune fondement :
1) D'une part Pierre ne s'est jamais revendiqué vicaire du Christ (pas plus que les premiers évêques de Rome).
2) D'autre part, pourquoi l'évêque de Rome serait-il plus le successeur de Pierre que l'évêque d'Antioche ? (qui est aussi une église fondée par l'apôtre)
Pierre et les premiers évêques de Rome n'employaient pas l'expression "vicaire du Christ" mais ils géraient déjà avec autorité les conflits de l'Eglise... Cf le Concile de Jérusalem, cf l'Epître de Clément, etc...
Quant à la différence entre l'Eglise de Rome et celle d'Antioche... relevons déjà qu'Antioche n'a pas été co-fondée par St Paul, et elle n'a pas été le lieu du martyre des 2 apôtres. Relevons aussi que du vivant de Pierre, celui-ci s'était désigné des successeurs que la Tradition ininterrompue de l'Eglise de Rome place en tête de la liste des évêques de Rome (Lin et Clet).
Par ailleurs, quand je vois la masse de documents en faveur d'une autorité du Siège Apostolique pour trancher la doctrine tout au long du 1er millénaire (celui dont je me souviens le mieux est Saint Irénée, "l'Eglise de Rome avec laquelle toutes les églises doivent s'accorder", mais il y en a plein), ou pour régler les conflits dans l'Eglise, le fait qu'ils s'occuppent de ce qui se passe dans des contrées distantes et pas seulement dans leur diocèse ou dans les diocèses italiens... j'ai du mal à ne voir dans la primauté du Pape qu'une simple primauté d'honneur.
Permettez moi de remettre en cause cette affirmation car en réalité tous les témoignages antiques contredisent le soi-disant "vicairiat" du pape.(cf l'affaire de la date de Paque, l'affaire du rebapteme ,etc.)
Quant à la citation d'Irénée que vous citez, il s'agit d'une traduction douteuse et partiale réfutée depuis longtemps par les orthodoxes. Si vous vous intéressez au sujet je peux vous conseiller quelques livres (qui sont d'ailleurs je crois disponible gratuitement sur google book).
Je veux bien vos sources... pour la part, les miennes, même du côté Orthodoxe (Olivier Clément), concordent dans leur transcription (ma citation de mémoire ne prétendait pas être exacte). Je cite ce qu'en dit Olivier Clément (in "Rome autrement"):
A cause de cette "plus puissante origine - propter potentiorem participalitaem", l'accord avec cette église garantit l'accord avec la foi évangélique.

Quant à l'affaire de la date de Pâques, je vois difficilement comment elle prouve votre point. Un évêque qui se permet de menacer d'excommunication (pour des motifs qu'on peut effectivement trouver bien excessifs) la moitié de l'Eglise jouit forcément d'une grande autorité:
Victor Ier a écrit :Le président de l'Eglise des Romains, Victor, entreprend de retrancher en masse de l'unité commune les chrétientés de toute l'Asie... les tenants pour hétérodoxes. Il le notifie par lettre et déclare que tous les frères de ces pays sont excommuniés"
Vous imaginez vraiment un homme se permettre une déclaration pareille si on ne lui reconnaît pas déjà l'autorité sur l'"unité commune"?

Par ailleurs les papes eux-mêmes ne se croyaient pas infaillibles doctrinalement, sinon comment expliquer le fait que des papes aient acceptés d'anathémiser un de leur prédecesseur ? Si ils croyaient à l'infaillibilité pontificale ils auraient du en déduire que le concile oecuménique s'était trompé et que Honorius n'avait jamais défailli doctrinalement. Pourtant au lieu de ça, ils ont accepté le concile et la condamnation d'Honorius.

Il y a là un paradoxe insurmontable pour la théologie catholique : car puisque les papes ne croyaient pas à l'infaillibilité pontificale et pensaient que même un pape pouvait enseigner des doctrines erronées (comme en témoigne l'acceptation de la condamnation) , celà veut dire que ces papes étaient eux-mêmes doctrinalement dans l'erreur.
Vous méconnaissez la doctrine de l'infaillibilité (les Pères du Concile Vatican I connaissaient bien le cas d'Honorius, ne vous inquiétez pas): l'infaillibilité du Pape n'est que celle de l'Eglise en matière de foi et de moeurs et ne concerne que les déclarations obligatoires. Ce n'est nullement ce type de déclaration qui a valu à Honorius sa condamnation, mais uniquement des lettres (certains affirment d'ailleurs qu'il a simplement failli à son devoir de protéger la doctrine... ce qui ne change rien au fond des choses). Il est tout à fait possible qu'un Pape tienne individuellement des opinions erronées, pourvu que son opinion n'engage pas la foi de l'Eglise. Personne ne tient sérieusement le scandaleux Alexandre VI pour doctrinalement orthodoxe ni même simplement pour un chrétien digne de ce nom, mais il ne s'est jamais préoccuppé d'enseigner solennellement la doctrine.

In Xto,
archi.
Nous qui dans ce mystère, représentons les chérubins,
Et chantons l'hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité.
Déposons maintenant tous les soucis de ce monde.

Pour recevoir le Roi de toutes choses, Invisiblement escorté des choeurs angéliques.
Alléluia, alléluia, alléluia.
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