Charles a écrit :C'est exactement le cas de prostitution : vous payez, vous prenez à une femme ce qu'elle a de plus intime et de plus beau (sa capacité à l'amour et au don de la vie),
Donc, selon vous, les prostituées ne peuvent aimer et donner la vie ? C'est bien ce que vous dites ?
Charles a écrit : et vous la jetez.
Charles a écrit :Justement, ça rend les choses beaucoup plus difficile : il y a de graves blessures de l'âme et du corps qui ne guérissent pas aussi facilement qu'on va acheter du pain à la boulangerie. Comment aimer et accepter d'être aimée après avoir été utilisée et jetée comme un vulgaire bien de consommation ? Cela n'a rien d'évident. Mais vous ne pourrez sans doute jamais le comprendre.
N'importe quoi : j'ai déjà dit (mais visiblement pas assez répété...) que je ne m'intéressais qu'au cas des prostituées libres et respectueuses d'elles-mêmes et d'autrui qui ne fournissent leurs services qu'à des personnes libres et respectueuses d'elles-mêmes et d'autrui (donc je ne parle pas des prostituées qui sont utilisées et jetées comme un vulgaire bien de consommation).
Charles a écrit :Un gentil athée a écrit :parce que vous n'arrivez pas à me convaincre, alors vous supputez que je suis privé de cœur et de délicatesse et que ma relation à autrui est défectueuse.
Ce n'est pas une supputation, c'est un constat :
Donc si on consommait les prostituées, elles finiraient par ne plus pouvoir se prostituer car entièrement utilisées. Vous êtes sûr de ne pas confondre avec l'anthropophagie
il y a une gentille prostitution
(je ne crois pas que les prostituées de luxe comme Zahia fassent un travail pénible...), ne peut en aucun cas appuyer une interdiction : le métier de mineur est certainement bien plus pénible
l'ukrainienne de 16 ans faisant du racolage en français approximatif dans le froid et l'humidité pour gonfler les bourses de son maque en dégonflant celles de ses clients (dans les deux sens du terme
après tout, on accepte bien le don d'organes, alors pourquoi pas la vente d'organes ?
A part la phrase que j'ai mis en gras, et qui était davantage de l'humour noir qu'autre chose, je ne constate aucune preuve de manque de cœur ou de délicatesse... mais bon, j'imagine que vous allez me dire que c'est parce que je manque de cœur et de délicatesse que je ne le vois pas...
Charles a écrit :Un gentil athée a écrit :j'ose espérer qu'il existe des prostituées qui n'acceptent pas de se faire traiter ainsi et qui n'acceptent que les gentlemen
Mais bon, ce qui vous sauve est le ridicule de phrases comme celle-ci montrant la profondeur du kitsch dont vous êtes capable : on pressent bien tout ce qu'il y a derrière... le napperon sous la télévision, le scaphandrier au fond de l'aquarium, le lino dans la cuisine, le "
gentleman" avec la prostituée. Cela réduit considérablement la crédibilité de vos échauffements en faveur de la prostitution... vous faites penser à Bernard Blier dans le Cave se rebiffe.
Que vous trouviez cette phrase ridicule démontre toute l'étendue et la profondeur de vos préjugés anti-prostitution (fut-elle
libre et
respectueuse).
Charles a écrit :Erreur logique : ce n'est pas parce que vous défendez la légalisation du cannabis alors que vous ne fumez que cela vous empêche de défendre la prostitution parce que vous avez besoin de coucher avec des femmes. L'un n'empêche pas l'autre.
Oui, mais que je défende la légalisation du cannabis alors que je ne fume pas devrait vous faire comprendre qu'il est possible que je défende la prostitution sans que ça soit parce que j'aurais besoin de coucher avec des femmes.
Dans un tout autre domaine : je défends aussi la liberté des croyants de parler de leurs croyances dans l'espace public (alors que la République laïcarde est pour cantonner la croyance à la sphère privée), bien que je ne sois pas du tout croyant. Je crois qu'il y a un mot qui vous a échappé dans mon discours :
liberté. Pour moi, elle est "sacrée", même si je n'en fais pas une fin en soi. Si vous êtes contre la prostitution, dites-le mais laissez faire tant que la liberté d'autrui est respectée (pas de proxénétisme...). Si vous êtes contre la religion, dites-le mais ne restreignez pas la religion à la sphère privée tant que la liberté d'autrui est respectée (pas de dragonnades...), etc.
Charles a écrit :Oui, c'est précisément ce qui se produit : vieillissement accéléré, dépressions, overdoses, mutilations, psychoses, suicides...
Pouvez-vous me présenter une étude appuyant cette affirmation chez les prostituées
libres et
respectueuses ?
Charles a écrit :J'ai écrit "être payée pour un acte sexuel", vous égalisez l'acte sexuel à n'importe quel acte banal de la vie quotidienne : ce qui est faux. Tout le monde le sait et le sent, il n'y a rien de plus socialement et personnellement engageant que l'acte sexuel. Et c'est vrai dans la plupart des cultures, l'union sexuelle est entourée de rites, de tabous, de secrets, d'une quantité de sens qui en fait tout sauf un acte banal égal aux autres actes de la vie quotidienne. Et tout n'a pas à servir et à produire de l'argent... aucun mal à être payé pour ses compétences professionnelles, mais tout ne tombe pas dans les catégories de l'usage, de l'utile, du travail, du profit. Il y a une dimension humaine qui échappe à la servilité : l'amour et la sexualité, la spéculation intellectuelle, l'art, le don de soi... Mais les pourceaux dont parle l'Evangile veulent que tout puisse servir, ils veulent tout acheter et tout vendre, tout tripoter... Vous payez et vous pouvez tripoter l'intimité d'une femme qui ne vous aime pas et que vous n'aimez pas : c'est cela que vous défendez et qui vous plaît tant.
Je vous laisse vos fantasmes... Pour revenir sur le sujet : effectivement, je pense que chez un certain nombre de personnes jouissant d'une forme particulière de maîtrise de soi (et dont j'ai l'immodestie de penser faire partie

), l'acte sexuel peut devenir un acte inoffensif, n'engageant que dans une certaine mesure. Je vois bien mon expérience en la matière, et celle d'autres personnes. Niez-vous cette expérience ?
Charles a écrit :Ne voyez-vous pas que vous vous tirez une balle dans le pied ? Comment pouvez-vous prétendre respecter la femme prostituée que vous payez si vous l'égaliser au morceau de pain que vous achetez à la boulangerie ?
Honni soit qui mal y pense : je comparais la prostituée à la boulangère, non au morceau de pain !
Charles a écrit :Ah donc s'il n'avait pas mesuré toutes les conséquences de son mariage, il pourrait, moralement parlant, regarder à volonté des films pornographiques ? Voire proposer à son épouse de les regarder avec lui histoire de lui montrer qu'il n'y a rien de répréhensible, à elle de se faire une opinion, car impossible d'avoir une opinion sans en avoir déjà vu un, n'est-ce pas ? Voire de se payer une prostituée quand on se déplace à Paris sans son épouse ? Du moment qu'on n'a pas mesuré les conséquences du mariage, rien de mal, moralement parlant, à tout ça ?
Je n'ai pas dit cela. Mais disons qu'il y aurait une circonstance atténuante.