Petit Matthieu a écrit :C'est tellement vaste qu'on pourrait y passer des heures à décrire ce qu'est un contexte historique : mentalités, économie, démographie, art, politique...
Par exemple, en ce qui nous concerne, vouloir remettre au XXIe siècle la mode vestimentaire du XIXe (dentelles et compagnie pour la virile FSSPX comme dit plus haut

), je trouve cela amusant mais particulièrement artificiel. Limite snob. Quel est le sens de cela ? Un prêtre du XIIIe siècle n'était pas vêtu comme un du XIXe. Il y a bien eu évolution, alors pourquoi la stopper au XIXe ?
Mais si c'était juste un problème de chiffon, ça irait. Mais ce qui est plus grave, c'est récupérer les mentalités du XIXe et surtout sa spiritualité et vouloir en faire la seule qui vaille, en gommant tout ce qui est venu après. L'Eglise s'enrichit chaque jour. Elle pêche chaque jour aussi. Mais vouloir bloquer son évolution ne bloquera pas son péché.
Vous avez raison. Mais la difficulté est de concilier le passé, y compris le passé récent de l'Eglise, avec un "présent" qui s'est surtout manifesté sur le mode de la rupture. Il est indéniable que, même si on peut tout à fait lire le Concile Vatican II dans la continuité, il y a eu une évolution sur un certain nombre de points, et au lieu de se faire prudemment, sans renier le passé, on a voulu passer par-dessus non pas le XIXe Siècle, mais jusqu'à l'Antiquité. Une Antiquité idéalisée et assez éloignée de la réalité.
Dans la 1ere moitié du XXe Siècle, l'Eglise a connu un renouveau des études patristiques. Je suis le premier à trouver que ce renouveau était nécessaire et que la théologie du XIXe Siècle s'était trop enfermée dans une scolastique... coupée de ses racines. Renouer avec lesdites racines était certainement bienvenu, ne serait-ce qu'au niveau du discours.
Oui mais voilà, ce qui nous est transmis, l'Eglise telle que nous l'avions reçue, c'est l'Eglise de la Contre-Réforme. On a voulu rompre avec celle-ci (avec ses qualités, sa dogmatique rôdée) pour faire de la patristique avec l'esprit non pas des Pères (dont tout ce qui nous reste se retrouve mine de rien dans l'Eglise de Contre-Réforme) mais avec une mentalité moderne. Autant dire que bien souvent, ça n'a pas grand-chose avec la mentalité des Pères... Pareil pour toutes les philosophies à la mode style personnalisme... pourquoi pas, mais il ne faut pas s'y jeter corps et âme en se coupant de ce qu'on connaît. En fait, on a jeté le bébé avec l'eau du bain.
Je ne vois pas comment on peut s'en tirer en ne revenant pas D'ABORD à des pratiques et de la théologie saines, tant sur le plan sacramentel, liturgique, symbolique, que sur les bases de la foi.
Et tout ça, heureusement que certains l'ont préservé. Tant pis s'ils tiennent à y associer les aubes à dentelles, les manuels de théologie d'il y a 100 ans et les dévotions personnelles dégoulinantes du XIXe. On arrive quand même à retrouver l'essentiel derrière.
Mais c'était plus facile de se regrouper entre gens du même monde.
Très honnêtement, il y eut une époque où il n'y avait pas d'autre choix. Et je ne suis pas sûr que nous en soyons complètement sortis. N'entretenons donc pas les divisions contre ceux dont nous jugeons (de notre petit jugement bien humain) qu'ils pourraient se dépêcher de sortir.
Sinon, tiens, à propos de "se regrouper entre gens du même monde", il n'y a pas pire que les assemblées de paroissiens "engagés" avec leurs pseudo-liturgies et leur auto-célébration. Comme le disait le Cardinal Ratzinger, la célébration face au peuple aboutit forcément à l'auto-célébration de l'assemblée, et certaines fêtes paroissiales actuelles (tout ce qu'il y a de plus fréquentes) en sont une parfaite illustration. Il y a quelques communautés et diocèses célébrant la forme ordinaire qui sont extrêmement respectables, mais je n'en connais aucun qui ait rompu avec le "face au peuple". Et il me semble que ce point-là est vraiment le point absolument essentiel. Prier à l'envers, même si on mitige cela par les meilleures intentions du monde, ça ne marche pas mieux que conduire un autobus tourné en marche arrière vers les passagers. Psychiquement, c'est une catastrophe, et c'est précisément ce que nous avons, des communautés paroissiales malades psychiquement.
Tant que les choses ne seront pas remises à l'endroit, la crise ne sera pas finie. Ne jugeons pas ceux qui font des choix différents des nôtres dans une situation critique.
In Xto,
archi.