Parabole des talents

« Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures. » (Lc 24.45)
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etienne lorant
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Je suis avec vous chaque jour jusqu'à la fin du monde

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Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,14-30.

« C'est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens.
Longtemps après, leur maître revient et il leur demande des comptes.
Celui qui avait reçu les cinq talents s'avança en apportant cinq autres talents et dit : 'Seigneur, tu m'as confié cinq talents ; voilà, j'en ai gagné cinq autres. —
Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître.'

Dans la journée d'hier, je me suis rendu compte que je vais rencontrer de plus en plus de difficultés à gérer en même temps ma boutique, la maison des parents (que j'occupe seul), mes travaux comptables - pour moi-même comme pour ma mère, comme pour la maison, mon entretien, celui des locaux, etc. Néanmoins, comme hier soir, je déprimais sévèrement, j'ai eu ce réflexe - que mon "ABC de vie intérieure" m'avait fixé comme exercice quotidien: j'ai tout remis au Seigneur en disant plusieurs fois de suite: "Jésus, j'ai confiance en Toi !"

Et aussitôt, j'ai éprouvé une joie qu'il m'est difficile d'expliquer. C'est vivre dans l'immédiat, faire tout son possible sous le regard de Dieu. Mais lorsque j'ai dit cela, je n'ai rien dit. (Notez - car c'est intéressant, que c'est exactement l'expression employée par Julien Green chaque fois qu'il n'arrive pas à rendre avec des mots ce qu'il a éprouvé - Julien Green et moi sommes devenus copains dans nos solitudes morales). En tout cas, en même temps que cette forme de la Joie s'insinuait en moi, il m'est venu à l'esprit de couper tous mes téléphones, de refermer la porte sur le Seigneur et moi: si quiconque veut me joindre, qu'il m'écrive ou qu'il se déplace. Ce sera le monastère, j'y installerai une petite chapelle, avec un prie-Dieu et cette croix de Saint-Damien qui m'a si souvent "saisi d'adoration" dans la chapelle du monastère des Clarisses.

Ensuite, j'ai trouvé un remède à la question d'argent qui, d'une manière ou d'une autre, va se poser les jours comme ce samedi, où je vais m'absenter pour tailler la pelouse en laissant close la boutique un jour de bonne vente. Je comptabiliserai mes heures, mon manque-à-gagner, et j'en présenterai le total à ma mère chaque mois. Mes tarifs seront très réduits, sauf pour ce qui concerne la perte financière occasionnée par les fermetures "irrégulières" de la boutique (car une absence contraire à l'horaire habituel est très tôt interprétée de manière négative par les clients). En logeant dans la maison parentale, je paie déjà mes propres frais - les frais courants d'un logement à loyer modéré. Mais la gestion des comptes, les démarches notariales, les rendez-vous dans les banques, les travaux d'aménagement décidés par ma mère - qui comprennent des déplacements, des transports, des discussions, une surveillance minimale... tout cela nécessite une forme d'indemnisation - c'est crucial.

Ainsi se dessine un nouveau mode de vie, qui sera provisoire, comme toute chose en ce bas-monde. L'Evangile des Talents se prêtait bien à ce type de partage, car fondamentalement, je désire faire face le mieux du monde aux responsabilités qui m'incombent et pouvoir justifier de manière "pointue" tout ce que j'aurai entrepris. J'agirai donc ainsi envers mes soeurs et ma mère - mais en réalité, c'est envers mon Dieu que j'agirai en observant une règle stricte.
Pièces jointes
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Le serviteur paresseux

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Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,14-30.
« C'est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens.
A l'un il donna une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul, à chacun selon ses capacités. Puis il partit.
Aussitôt, celui qui avait reçu cinq talents s'occupa de les faire valoir et en gagna cinq autres.
De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres.
Mais celui qui n'en avait reçu qu'un creusa la terre et enfouit l'argent de son maître.
Longtemps après, leur maître revient et il leur demande des comptes.
Celui qui avait reçu les cinq talents s'avança en apportant cinq autres talents et dit : 'Seigneur, tu m'as confié cinq talents ; voilà, j'en ai gagné cinq autres. -
Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître.'
Celui qui avait reçu deux talents s'avança ensuite et dit : 'Seigneur, tu m'as confié deux talents ; voilà, j'en ai gagné deux autres. -
Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître.'
Celui qui avait reçu un seul talent s'avança ensuite et dit : 'Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n'as pas semé, tu ramasses là où tu n'as pas répandu le grain.
J'ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t'appartient.'
Son maître lui répliqua : 'Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n'ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l'ai pas répandu.
Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l'aurais retrouvé avec les intérêts.
Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix.
Car celui qui a recevra encore, et il sera dans l'abondance. Mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a.
Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents !'

Voici un commentaire tout à fait particulier, car ce qui m'a frappé, ce n'est pas le texte lui-même, mais la manière dont le prêtre a cherché à faire dire à la parabole ce qu'elle ne disait pas. Etait-ce dû à la présence de nombreux jeunes, du synthétiseur et des Psaumes à la manière enlevée, du style "Tarazimboum" ? J'ai eu le sentiment qu'il ne fallait surtout pas dire que le serviteur était mauvais et paresseux. Au contraire, le malheureux condamné dans l'Evangile n'avait reçu qu'une pièce tandis que les autres en avaient reçu plus ! Et l'égalité entre les chances, alors ?Peut-être a-t-on considéré que la jeunesse est plus stupide qu'autrefois ? Je n'ai pas compris et je ne comprends toujours pas. Bref, grâce à la magie de l'exégèse, le bien "confié" est un bien "donné" ; naturellement, on ne revient jamais sur ce qui a été donné. L'occupation consiste moins à "faire valoir" et "faire fructifier" que de créér une "oeuvre d'art"; "demander des comptes", c'est "s'asseoir autour d'une table et faire le point"; et tout à la fin, on ne jette pas dehors, mais on "invite à réfléchir"... La signification profonde du texte est complètement mise à l'écart, au profit d'une certaine idée de cohésion de groupe à maintenir à tout prix.

Pourtant, c'était si simple de comprendre que ce serviteur avait en réalité reçu beaucoup moins de travail à accomplir que les autres, mais il s'était montré froid, tiède, indifférent. Le maître connaissait bien son serviteur (il nous connait tous ainsi) et dès lors, pour éviter qu'il soit tenté outre mesure, il l'avait ménagé. Mais au lieu de se montrer reconnaissant, le voilà qui acccuse : "Tu es un homme dur ''... C'est curieux, mais pour moi, aujourd'hui, cet Evangile dit pourquoi il est important de parler vrai à la jeunesse - exactement l'inverse que de vouloir leur montrer un Jésus "bonasse", un "béni oui-oui". Les jeunes apprécient les caractères forts, les situations risquées, ils ont tant de force et beaucoup à donner: pourquoi leur livrer des homélies à l'eau de rose ? En cette époque que nous vivons ?
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Le serviteur paresseux

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Il faudrait discuter avec ces jeunes pour savoir ce qu'ils pensent de cette eau de rose, et si eux-mêmes voient ce texte de la même façon.
"Inviter à réfléchir", en effet c'est assez différent des ténèbres extérieures ! Ce troisième serviteur n'est pas seulement "mauvais et paresseux", il me semble que son tort est d'avoir eu peur de son maître. Il est comme Adam et Ève qui se sont cachés par peur de Dieu, dont ils se font une fausse image; comme eux il a perdu la communion avec Dieu.
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Anne
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Re: Le serviteur paresseux

Message non lu par Anne »

Les homélies portent toujours sur les talents, et sur l'attitude des serviteurs et sur le gain amassé ou à venir...

Cependant, on ne s'attarde pas sur l'attitude du Seigneur lui-même:
'Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n'as pas semé, tu ramasses là où tu n'as pas répandu le grain.
J'ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t'appartient.'
Moi, ce qui m'étonne, c'est cette description du Seigneur...

Si le Seigneur de cette parabole, c'est Dieu, je trouve étrange la manière dont Jésus le qualifie: il est dur, et il semble qu'il trempe dans des affaires quelques peu louches: moissonner là où il n'a pas semé (chez quelqu'un d'autre?) et ramasser où il n'a pas répandu de grain (on dirait du vol)...

Peut-être moissonne-t-il chez l'ennemi? Peut-être amasse-t-il les âmes bienveillantes même si elles ne le connaissent pas?

Mais la manière dont le serviteur en parle, on dirait bien que c'est assez péjoratif...

Quelqu'un peut-il m'éclairer?!
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
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Zvjezdana62
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Re: Le serviteur paresseux

Message non lu par Zvjezdana62 »

Alors une petite confusion dans ma tête: il me semble qu’il y avait même un serviteur qui a perdu les talents confiés en essayant de gagner du profit (peut-être dans un autre évangile)? Celui non plus n’était pas puni mais pardonné et récompensé lui-aussi et que le maître a fini pour donner ces talents gagnés aux serviteurs. Alors ce n’est pas qu’il avait agi pour son gain personnel mais pour éprouver ses serviteurs ?

Je pense que la parabole est: c’est mieux de se donner la peine d'essayer et faire ce qu’il faut faire et se tromper que de ne faire rien du tout de peur de ne pas se tromper et perdre.
"Invoque-moi, je te répondrai, je te révélerai de grandes choses, des choses inaccessibles que tu ne connais pas."

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etienne lorant
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Re: Le serviteur paresseux

Message non lu par etienne lorant »

A la relecture, j'ai moi-même eu quelques doutes - concernant ma propre interprétation ! J'ai perçu un détournement de sens de la part du prêtre qui disait l'homélie, mais j'ai été incapable d'aller jusqu'au bout de ma propre analyse :clown: ...

Du coup, je viens d'aller chercher ceci, et je dois dire que les cinq sens, l'intelligence de la foi et les œuvres, et la seule raison à la fin... jamais je n'y aurais songé par moi-même. Mais même saint Jérôme me laisse un peu sur ma faim !

Saint Jérôme (347-420), prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l'Église


« Un homme...appela ses serviteurs et leur confia ses biens »

Ce propriétaire est sans aucun doute le Christ. Après sa résurrection, sur le point de remonter victorieusement vers le Père, il a appelé les apôtres et leur a confié la doctrine de l'Évangile, donnant à l'un plus, à l'autre moins, jamais trop ni trop peu, mais selon les forces de ceux qui la recevaient. De la même façon l'apôtre Paul dit qu'il a nourri de lait ceux qui ne pouvaient pas prendre une nourriture solide (1Co 3,2)...

Cinq, deux, un talents : comprenons par là soit les grâces différentes accordées à chacun, soit pour le premier les cinq sens, pour le second l'intelligence de la foi et les œuvres, pour le troisième la raison qui nous distingue des autres créatures. « Celui qui avait reçu cinq talents s'en alla les faire valoir et en gagna cinq autres. » C'est-à-dire, à partir des sens physiques et matériels qu'il avait reçus, il a ajouté la connaissance des choses célestes ; son intelligence s'est élevée des créatures au Créateur, du corporel à l'incorporel, du visible à l'invisible, du passager à l'éternel. « Celui qui en avait reçu deux en gagna deux autres. » Celui-là également, dans la mesure de ses forces, a doublé, à l'école de l'Évangile, ce qu'il avait appris à l'école de la Loi. Ou bien on pourrait dire qu'il a compris que l'intelligence de la foi et les œuvres de la vie présente mènent au bonheur à venir.

« Mais celui qui avait reçu un seul talent s'en alla faire un trou dans la terre et y enfouit l'argent de son maître. » Pris par les œuvres d'ici-bas, par les plaisirs de ce monde, le mauvais serviteur a négligé les commandements de Dieu. Notons cependant que, selon un autre évangéliste, il l'enroule dans un linge : on peut entendre par là qu'il a enlevé la vigueur à l'enseignement du maître par une vie de mollesse et de plaisirs...

C'est avec le même éloge que le maître accueille les deux premiers serviteurs, celui qui de cinq talents en avait fait dix et celui qui de deux en avait fait quatre. « Entre dans la joie de ton Maître, dit-il, et reçois ce que 1'oeil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, ce qui n'est pas monté au coeur de l'homme » (1Co 2,9). Quelle récompense plus grande peut-on accorder à un serviteur fidèle ?
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Re: Le serviteur paresseux

Message non lu par Fée Violine »

Zvjezdana62 a écrit :Alors une petite confusion dans ma tête: il me semble qu’il y avait même un serviteur qui a perdu les talents confiés en essayant de gagner du profit (peut-être dans un autre évangile)? Celui non plus n’était pas puni mais perdoné et récompensé lui-aussi et que le maître a fini pour donner ces talents gagnés aux serviteurs. Alors ce n’est pas qu’il l’avait agi pour son gain personnel mais pour prouver ses serviteurs ?

Je pense que la parabole est: c’est mieux de se donner la peine d'essayer et faire ça qu’il faut faire et se tromper que de ne faire rien du tout de peur de ne pas se tromper et perdre.
non, ça c'est la parabole de l'intendant malhonnête, que son maître félicite pour son habileté.
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Re: Le serviteur paresseux

Message non lu par Raistlin »

Voici un commentaire tout à fait particulier, car ce qui m'a frappé, ce n'est pas le texte lui-même, mais la manière dont le prêtre a cherché à faire dire à la parabole ce qu'elle ne disait pas.
Notre curé, lui, s'est carrément arrêté à la récompense du bon serviteur, celui aux 5 talents. Et le châtiment du mauvais serviteur n'a pas été lu.

Personnellement, ça m'a choqué. Je ne sais pas quelles étaient ses intentions, mais j'ai eu la désagréable impression qu'on cachait ce qui était dérangeant, afin de ne pas "choquer". J'espère sincèrement que ce n'est pas de ça qu'il s'agit... :(

Cordialement,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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Re: Le serviteur paresseux

Message non lu par Anne »

Bon, je suis allée voir ce que le "grand Boss" avait à dire sur le sujet.

:oops: J'enlève le texte car je viens de voir qu'il faut la permission de l'éditeur de Zénith pour reproduire leur texte.

Je laisse cependant le lien qui vous permet de prendre connaissance de ce texte édifiant!

Benoît XVI, Angelus du dimanche 16 novembre 2008 :amoureux:
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
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Après les talents, les pièces d'or !

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 19,11-28.

Comme on écoutait Jésus, il ajouta une parabole, parce qu'il était près de Jérusalem et que ses auditeurs pensaient voir le royaume de Dieu se manifester à l'instant même.

Cette parabole ressemble à celle des talents, que nous avons eu difficile de commenter.
A l'examen de la gestion de l'argent confié, s'ajoutent une dimension historique et une opposition tout à fait réelle (nous sommes en train de la vivre, il me semble) à la venue du Royaume. Je viens d'apprendre par une de mes connaissances, qu'à la fin de cette année 2008, six autres espèces (végétales et animales) auront disparu de la planète - et combien d'hommes seront morts de faim ! La gestion de plus en plus tyrannique et égocentrique de tous les biens confiés par Dieu - et cela en l'espace de deux siècles à peine, montre l'urgence de la venue du Royaume, mais aussi vérifie la parabole du bon grain et de l'ivraie: où nous situons-nous personnellement ?
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La parabole des Talents

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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 25, 14-30) : Parabole des Talents.

... "Car celui qui a recevra encore, et il sera dans l'abondance. Mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents !' »

La logique de Dieu n'a rien à voir avec la logique humaine. Il en est ainsi, aujourd'hui, aussi bien dans la première lecture (*) que dans cette parabole des Talents. En d'autres temps, j'ai comparé les Talents à des dons naturels de naissance: intelligence, sens artistique, capacités de réflexion, force physique, etc. Aujourd'hui, ce qui m'est venu à l'esprit, c'est de considérer les mêmes Talents comme autant de grâces reçues. Certains hommes ont reçu beaucoup plus de grâces que d'autres, et en retour, ils ont aimé le Christ plus que les autres.

J'en trouve une confirmation dans cet autre Evangile de Luc (chapitre 7): "Un créancier avait deux débiteurs: l'un devait cinq cents deniers, et l'autre cinquante. Comme ils n'avaient pas de quoi payer, il leur remit à tous deux leur dette. Lequel 'aimera le plus? Simon répondit: Celui, je pense, auquel il a le plus remis. Jésus lui dit: Tu as bien jugé".

Eh bien, n'est-ce pas tout simple ? L'homme qui n'avait reçu qu'un Talent, c'est celui à l'on avait peu à pardonner. Mais il n'empêche : lui aussi, comme les autres, devait se convertir et changer de vie en vue du Royaume ! Parce que tous les hommes sont pécheurs, et parce que le péché est une abomination devant Dieu.

Bref, tandis que des pécheurs notoires, des oisifs et des débauchés (comme furent, avant leur conversion, saint Augustin et saint François d'Assise, mais aussi le bienheureux Charles de Foucauld), quels changements dans leur vie personnelle ! Ils furent à ce point reconnaissants pour la miséricorde apportée par le Christ, qu'ils ne se sont pas arrêtés au seul repentir exigé: mais ils se sont mis à aimer Dieu pour Dieu et ils sont entrés dans la "folle" logique de l'Amour divin : Ils se sont consumés d'amour pour Dieu.

N'est-ce pas un peu dur tout de même de retirer à celui qui n'a rien même le peu qu'il a et de le jeter dehors dans les ténèbres ? Non, certes non. Car si un homme à eu la grâce de rencontrer le Christ et n'a pour autant rien changé dans sa vie, alors qu'est-ce qui le pourra le rendre juste devant le tribunal de Dieu ? En vérité, oui, il est pire que les autres, car il savait mais il n'a rien fait. Et il y a encore une autre correspondance dans l'Evangile de Jean: cet homme a vu la Lumière, mais il n'est pas venu à la Lumière, parce que ses oeuvres étaient mauvaises. Le tort absolu de ce pécheur, c'est qu'il savait tout ce que le Fils avait enduré pour le salut de son âme, mais son âme, il l'a remise à Dieu sans s'être repenti. Si le sacrifice de Jésus ne lui a rien appris, plus personne ne peut le sauver.

(*) Première lecture: "Ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion les sages ; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d'origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n'est rien, voilà ce que Dieu a choisi pour détruire ce qui est quelque chose..."
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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La parabole des Talents

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,14-30.
Jésus parlait à ses disciples de sa venue ; il disait cette parabole : « Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens.
A l'un il donna une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul, à chacun selon ses capacités. Puis il partit.
Aussitôt, celui qui avait reçu cinq talents s'occupa de les faire valoir et en gagna cinq autres.
De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres.
Mais celui qui n'en avait reçu qu'un creusa la terre et enfouit l'argent de son maître.
Longtemps après, leur maître revient et il leur demande des comptes.
Celui qui avait reçu les cinq talents s'avança en apportant cinq autres talents et dit : 'Seigneur, tu m'as confié cinq talents ; voilà, j'en ai gagné cinq autres. -
Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. '
Celui qui avait reçu deux talents s'avança ensuite et dit : 'Seigneur, tu m'as confié deux talents ; voilà, j'en ai gagné deux autres. -
Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. '
Celui qui avait reçu un seul talent s'avança ensuite et dit : 'Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n'as pas semé, tu ramasses là où tu n'as pas répandu le grain.
J'ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t'appartient. '
Son maître lui répliqua : 'Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n'ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l'ai pas répandu.
Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l'aurais retrouvé avec les intérêts.
Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix.
Car celui qui a recevra encore, et il sera dans l'abondance. Mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a.
Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents ! '
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



C'est sur cette parabole des talents que j'ai vu chuter un prêtre qui n'avait manifestement pas pris le temps de préparer son homélie. C'est qu'il avait dû préparer quelque chose d'entraînant et de festif pour cette célébration qui se voulait être une "messe de jeunes" - avec guitare, percussion et chants bien rythmés.

Son premier mot fut pour dire qu'il n'aimait pas beaucoup cet Évangile, d'abord du fait qu'un des serviteurs ne reçois qu'un talent, alors qu'un autre en reçoit cinq : où est l'égalité ? Lorsque j'ai entendu cette entrée en matière, je me suis dit aussitôt : c'est fou, comment va-t-il s'y prendre pour expliquer la fin ?!? Il n'y est pas arrivé. Je me souviens qu'il s'est empressé d'adoucir le sort final du mauvais serviteur, celui qui a été jeté dehors: "Par les pleurs et les grincements de dents, il faut simplement entendre : un temps de réflexion, un temps pour faire le point".

Je ne suis pas revenu dans cette église, celle-là dans laquelle ma grand-mère Hélène était venue souvent jouer et chanter l'Ave Maria aux anciennes orgues (retirées depuis). En 2008, c'était toujours un lieu de recueillement que je re cherchais, un lieu discret mais profond, propice à "l'entrée dans l'Eucharistie du Seigneur"- mais mes explorations m'ont assez tôt conduit à quitter la ville !

Ce jour-là, donc, c'est en corrigeant l'erreur de départ que tout s'est remis en place. C'est tellement simple quand on a retenu "à chacun selon ses capacités."

Si l'on cesse de considérer les talents comme des biens à faire fructifier, mais plutôt sous l'angle de l'angle de la quantité de travail à effectuer, on comprend tout le reste. Celui qui a reçu cinq talents avait reçu aussi toutes les capacités (intelligence, raisonnement, habileté) pour réussir à en tirer cinq autres. Et de même, celui qui en avait reçu deux: selon ses possibilités, ce second serviteur est bel et bien arrivé au bout de sa tâche. Quant à celui qui n'en avait reçu qu'un seul, c'est que son maître, qui sait tout, le regardait comme le plus faible. Pour ne pas le décourager, il lui avait confié la gestion la plus facile, le plus petit labeur.

Mais cet homme faible était aussi paresseux. Au point de n'avoir rien voulu faire du tout. Au point, je l'imagine, de troubler le travail des autres, de les contraindre à travailler plus encore. Il sera donc puni et le talent qu'il a reçu ira tout à fait normalement à celui qui, par sa faute, avait travaillé au-delà même de ce qui lui était demandé.

Dans tout ceci, la question que je me pose, c'est de savoir où j'en suis aujourd'hui. Ai-je vraiment exploité mes talents (car on peut comprendre ce mot de différentes façons) de la manière la plus appropriée ? Ai-je donné assez de moi-même, me suis-je attaché réellement à répondre à l'appel du Seigneur ? A ce sujet, j'ai parfois des doutes. Il me semble qu'envers moi aussi le maître a tenu compte de ma faiblesse, et que le peu que je dois faire, je devrais m'attacher à l'accomplir mieux encore. Je prie donc de me laisser guider afin de parvenir au bout de tout ce que je dois faire, afin de n'avoir pas à rougir tout à la fin.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Griffon
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Re: La parabole des Talents

Message non lu par Griffon »

etienne lorant a écrit :Car celui qui a recevra encore, et il sera dans l'abondance. Mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a. '
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Ou encore,
La Bible des peuples a écrit :On donnera à celui qui produit et il sera dans l’abondance, mais celui qui ne produit pas, on lui prendra même ce qu’il a.


C'est tout de suite plus clair.
Et conforme à l'original.

Cordialement,

Griffon.
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Mon bonheur est de vivre,
O Jésus, pour Te suivre.
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Re: La parabole des Talents

Message non lu par gerardh »

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Bonjour,

J'ai toujours été étonné, sans pouvoir vraiment l'expliquer correctement, de voir que c'est celui qui avait le moins de talents qui n'avait pas su le faire fructifier.



______________
jeanbaptiste
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Re: La parabole des Talents

Message non lu par jeanbaptiste »

J'ai toujours été étonné, sans pouvoir vraiment l'expliquer correctement, de voir que c'est celui qui avait le moins de talents qui n'avait pas su le faire fructifier.
Je me demande si Jésus ne prend pas un exemple en apparence choquant afin de nous prévenir d'utiliser ses paroles sur les petits pour justifier notre paresse.
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