C'est d'abord un merci que j'ai envie de vous faire. Grâce à l'écoute bienveillante de nombreux citoyens, j'ai commencé à me réveiller sur certaines choses fondamentales. Je dis bien "j'ai commencé" car faire l'adaptation en termes de comportements est une autre paire de manches!! Il est facile d'entrer dans une certaine logique idéologique et comportementale mais il est dramatiquement difficile de faire le retour en arrière. Parce que "ça" s'installe dans le corps et dans l'esprit. C'est de la possession au sens strict du terme.
J'ai compris aussi que s'il y a un chemin/ un effort personnel à faire, le fait de le faire seul n'a aucun sens puisque la conscientisation de la nécessité de changement vient de l'Autre et se fait par l'Autre, le Tout Autre, à savoir Dieu. Je suis donc résolument passée de l'état d'agnostique à l'état de déiste. La nuance peut paraître ténue mais réside dans le fait que Dieu n'est plus totalement de l'ordre de l'inconnaissable. Ça a l'air de pas grand chose mais ça ouvre des portes, notamment celle de ce que vous appelez la foi, celle d'accepter Dieu dans une manifestation qui est bien la Sienne et pas celle qu'on lui projette dessus. L'agnosticisme permet naturellement d'éviter cet écueil mais au prix du sacrifice du "faire connaissance" avec Quelqu'un.
Naturellement, je n'ai pas (encore?) fait le pas de considérer Jésus au delà d'une manifestation symbolique divine, c'est à dire dans sa dimension de réelle incarnation divine. J'ai un gros blocage à ce niveau-là. Et puis des blessures aussi, que je pourrais résumer en un concept relativement grossier: le "syndrome du bobard"... Cela dit, ce super "syndrome-copyright-by-Théo d'Or"
En parcourant la doctrine catholique ces derniers mois, je me suis rendue compte que nombre de points, qui me semblaient saugrenus il y a encore peu de temps, se sont mis à faire sens pour moi, notamment tout ce qui tourne autour de la sexualité et de l'éthique. Je me suis rendue compte de l'extraordinaire sagesse transmise par l’Église, notamment sur ces points. Je me dois de remercier en particulier Arnaud Dumouch qui a des dons de communication hors pair pour éveiller à cette sagesse.
Par ailleurs, un autre blocage de taille m'est apparu dans l'éventualité d'adhérer au mystère du Christ et à l’Église (les deux m'apparaissant indissociablement liés pour éviter le syndrome du bobard). C'est quelque chose qui me blesse parce que je ne le comprends pas, malgré tous mes efforts. Il s'agit de la non-participation des femmes aux décisions de l’Église. Les dernières questions que j'ai posé à ce sujet dans la rubrique "vie de l'Église" n'ont jamais reçu de réponses, comme si je me heurtais à une impasse, à une question au sujet de laquelle les catholiques d'aujourd'hui ne peuvent apporter une signification faute de l'avoir comprise eux-même, avec à la clé un défaut de transmission du sens de ce état de fait.
Lien vers cette discussion ---> http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... &start=105
On pourrait donc dire qu'un des aspect de ma réticence à l'adhésion à la foi catholique, outre ma réserve (ou mon incompréhension) au sujet du mystère incarnationnel divin, est cette peur obscure de cautionner quelque chose qui n'est pas juste et susceptible de provoquer des dégâts et des blessures. Naturellement, cette peur "morale" peut sembler saugrenue au regard de choses bien plus graves que je cautionne encore tous les jours par mes faiblesses, mais... Mais le fait est là: je suis bloquée!
En fait, je n'ai qu'une demande à vous faire: contredisez-moi, l'idée est de faire sauter ces blocages...
Cordialement,
Théo d'Or



