Conférence de T.D Humbrecht sur Etienne Gilson

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lmx
Barbarus
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Conférence de T.D Humbrecht sur Etienne Gilson

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(en 5 partie)

Pour ceux qui s'intéresseraient au thomisme voici une conférence passionnante de Thierry-Dominique Humbrecht (o.p) sur Etienne Gilson qui fut au 20è siècle le grand historien de la philosophie médiévale.
Gilson est l'auteur d'une oeuvre considérable dont les ouvrages sur St Augustin, St Thomas, Duns Scot, sur l'histoire de le pensée médiévale font encore autorité. Surtout, il a mis la philosophie médiévale dans l'université, ce qui n'est pas rien.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Thierry-Do ... _Humbrecht
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tienne_Gilson

C'est lors de ses travaux sur Descartes que Gilson va découvrir St Thomas et la philosophie médiévale. Or à l'époque cette matière était totalement déconsidérée et ignorée dans l'université où régnait un climat rationaliste et positiviste. C'est progressivement avec des ouvrages comme "l'Etre et l'essence" où il se livre à une déconstruction de l'histoire de la métaphysique en mettant en lumière la spécificité et l'apport de St Thomas
qu'il acquerrai une stature de véritable philosophe.
Mais ce n'est que tardivement qu'il se considérera vraiment comme un philosophe thomiste.
Au fil de la conférence où Humbrecht donne un aperçu du développement de sa pensée, son caractère, ses rapports avec les autres thomistes, on découvre une figure essentielle et attachante du catholicisme du 20è siècle.

J'ai essaye d'en résumé rapidement les grandes lignes.

En historien il ne cessera de chercher à resituer St Thomas dans son contexte et à dépouiller sa doctrine des interprétations baroques ultérieurs dont il sera extrêmement critique. C'est ce qui le différenciera des autres thomistes tels que Maritain ou Garrigou-Lagrange avec qui il aura des rapports conflictuels. Eux abordaient le thomisme plutôt comme un tout homogène et ne faisant guère attention aux glissements de sens qu'il pouvait s'opérer dans les concepts auxquels Gilson étaient très attentifs.
Mais on est content d'apprendre que Maritain et Gilson se sont retrouvés vers la fin des années 60, dans l'après concile pour dénoncer l'abaissement du niveau culturel du clergé, le nivellement par le bas, et dénoncer la traduction du crédo qui remplace substantiel par de même nature (ce qui est effectivement problématique).
Quant à Garrigou-Lagrange avec qui les rapports furent très difficiles, T.D Humbrecht nous parle d'un thomisme fortement imprégné de cette métaphysique rationaliste allemande que Gilson ne pouvait pas manquer de voir.
Humbrecht explique en effet que la redécouverte du thomisme, à situer aux alentours du 19è, a été faite par des théologiens influencés par la tradition allemande (Leibniz, Wolf, Kant) dont la façon de structurer le discours fait de l'esprit, armé de principes, une véritable machine ordonnant, "arraisonnant", la réalité. C'est ce qui peut donc expliquer que le thomisme du 19è et du début du 20è fût parasité par des influences rationalistes.

Comme l'écrit Gilson, le thomisme n'est pas un rationalisme mais un intellectualisme.
Je note que paradoxalement ceux qui combattaient le modernisme utilisaient les armes du modernisme et ce faisant aidaient malgré eux à l'installer. C'était d'ailleurs ce que Lubac pointait dans sa dénonciation de la théologie de la pure nature qui annonçait la laïcisation de le pensée.

C'est donc son approche historique de St Thomas qui lui permettra de souligner l'originalité de St Thomas (dans l'Etre et l'Essence) par rapport à toute la tradition métaphysique et à son essentialisme qui a évacué la question de l'être au profit des essences. Réduisant l'être des étants à leur essence, à leur quiddité qui est positivement définissable, l'esprit humain à tout loisir pour maitriser le réel. C'est une pente naturelle de l'esprit humain, comme le fait remarquer T.D Humbrecht, mais à laquelle le génial St Thomas n'a pas cédé.
Sa critique de l'histoire de la métaphysique rejoindra d'ailleurs de façon quelque peu inattendue celle de Heidegger qui a fait pourtant partie de ceux (avec J. Brunschwig et E. Brehier en France) qui considéraient que l'idée d'une philosophie chrétienne était une absurdité. Il est dommage que celui-là n'est pas non plus connu St Thomas.
Ainsi, ce que Gilson a découvert assez tardivement, plus de 20 ans (si je ne m'abuse) après sa premier ouvrage sur St Thomas, c'est que chez le docteur angélique c'est "l'acte d'être" qui est premier dans les étant (les êtres/existants) et que cette "acte d'être" diffère de leur essence, leur quiddité.
L'acte d'être c'est la relation à Dieu, c'est ce qui "l'actue" hors du néant, c'est l'efficace divine qui est au coeur des choses et qui leur donne de saillir continuellement hors du néant. Et c'est donc ce que selon Gilson la tradition thomiste a, excepté un thomiste du 17è siècle D. Banez, mis de côté au profit de l'essence.

Bref, il y a donc cet "acte d'être" qui ne peut pas rentrer dans un concept et que l'on ne peut que "désigner" comme dira Gilson. Métaphysique donc non pas existentialiste mais "trans-ontique" comme il l'écrit dans les "Tribulation de Sophie" et dont le primat mis sur "l'acte d'être" force l'esprit humain à ne pas céder à ce travers de tout chosifier, réifier et d'enfermer dans définitions positives.
Ici peut d'ailleurs se dessiner un véritable "individualisme transcendantal", un personnalisme théocentrique où c'est Dieu en tant qu'il actualise directement les êtres humains, qu'il leur donne continuellement de saillir hors du néant, et qui donc par sa présence les entoure d'un "halo", leur donne une irréductible singularité et dignité qui les protège d'eux-mêmes.
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ti'hamo
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Re: Conférence de T.D Humbrecht sur Etienne Gilson

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