L'Église et la peine de mort

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Raistlin
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Re: Tu ne tueras pas

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Aldous a écrit :N'y a-t-il pas un problème disons théologique avec la peine de mort qui est de soustraire la personne condamnée à mort à la possibilité du pardon?
En effet le christianisme c'est le pardon. Or, on retire systématiquement cette possibilité de réhabilitation par le pardon à toute personne condamnée à mort.
Premièrement, il est faux de réduire le christianisme au pardon humain. Le christianisme, c'est d'abord la confession du Christ venu dans la chair, mort et ressuscité pour nos péchés. Le premier pardon est donc celui que Dieu nous donne. Et la possibilité de ce pardon n'est pas sans durée : l'homme a jusqu'à la mort pour se convertir. Après, il est trop tard.

Ensuite, encore une fois, l'Église admet la possibilité de la peine de mort si le bien commun de la société est en danger et qu'aucun autre moyen de le préserver est possible. A moins de se dire que l'Église se goure, il n'y a plus qu'à lui faire confiance dans ce que dit vraiment la foi chrétienne.

Enfin, n'oublions jamais que Dieu Lui-même, dans l'Ancien Testament, a légitimé la peine de mort. Certes, le Christ vient jeter un regard nouveau sur la miséricorde et la justice de Dieu mais à moins de dire que Dieu fut injuste au temps du peuple Hébreu (ce qui est proprement inadmissible), il convient de dire qu'il n'est fondamentalement pas injuste de mettre à mort celui qui met en danger le corps social. Cependant, la lumière du Christ nous invite d'abord à offrir au criminel une chance de conversion. S'il refuse et s'il représente encore un danger qu'on ne peut pas prémunir, alors la peine de mort devient parfaitement licite. Bien entendu, nous disposons aujourd'hui de moyens très efficaces pour neutraliser quelqu'un, la peine de mort étant par conséquence moins nécessaire.

Cordialement,
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Aldous
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Re: Tu ne tueras pas

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Raistlin a écrit :
Aldous a écrit :N'y a-t-il pas un problème disons théologique avec la peine de mort qui est de soustraire la personne condamnée à mort à la possibilité du pardon?
En effet le christianisme c'est le pardon. Or, on retire systématiquement cette possibilité de réhabilitation par le pardon à toute personne condamnée à mort.
Premièrement, il est faux de réduire le christianisme au pardon humain. Le christianisme, c'est d'abord la confession du Christ venu dans la chair, mort et ressuscité pour nos péchés. Le premier pardon est donc celui que Dieu nous donne. Et la possibilité de ce pardon n'est pas sans durée : l'homme a jusqu'à la mort pour se convertir. Après, il est trop tard.
Bonjour,

C'est bien pour cela (ce que j'ai souligné) que la peine de mort pose problème d'un point de vue chrétien: donner la mort à un coupable c'est précisément lui oter toute possibilité de conversion (de repentir, de demande de pardon).
Dernière modification par Aldous le lun. 19 déc. 2011, 14:15, modifié 1 fois.
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Re: Tu ne tueras pas

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Aldous a écrit :Bonjour,

N'y a-t-il pas un problème disons théologique avec la peine de mort qui est de soustraire la personne condamnée à mort à la possibilité du pardon?
En effet le christianisme c'est le pardon. Or, on retire systématiquement cette possibilité de réhabilitation par le pardon à toute personne condamnée à mort.
Au contraire, les plus belles conversions se passent dans les couloirs de la mort.
Là l'homme est seul face à Dieu, les hommes lui ayant signifié leur intention de le retrancher de leur monde.
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Re: Tu ne tueras pas

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PaxetBonum a écrit : Au contraire, les plus belles conversions se passent dans les couloirs de la mort.
Là l'homme est seul face à Dieu, les hommes lui ayant signifié leur intention de le retrancher de leur monde.
!!!
J'ai du mal à saisir cet argument (qui me fait un peu frémir). Sur ce principe envoyons tous les non convertis à la mort et ils vivront leur plus belle conversion...

Je vous renvoie à l'avis de Jean-Paul II et de l'Eglise en général sur l'abolition de la peine de mort.

Bien à vous,
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Re: Tu ne tueras pas

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Je vous invite à lire ou a regarder les vidéos des témoignages de condamnés à mort, vous verrez combien de bons larrons s'y révèlent.

Moi je vous renvoie au Catéchisme de l'Eglise Catholique qui a plus de poids et d'autorité que le Bienheureux Jean Paul II qui a été à l'origine de ce Catéchisme.
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Re: Tu ne tueras pas

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Aldous a écrit : @ Harfang,

En ce qui concerne le soldat, c'est comme la légitime défense, il est indispensable en vertu de la légitime défense et non en vertu de l'application pénale d'une peine (la peine de mort).
La peine de mort est acceptée par l'Eglise en tant que légitime défense d'une société face à un individu dangereux pour ses membres.
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Re: Tu ne tueras pas

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Je ne vais pas insister davantage, je sens venir la discussion à n'en plus finir. Je vous fait juste part de ces quelques extraits.

Mes salutations,
Le Saint Siège a écrit :DÉCLARATION AU CONGRÈS MONDIAL SUR LA PEINE DE MORT Paris, France, 1-3 février 2007

Monsieur le Président,

Le Congrès de Paris se déroule au moment où la campagne pour l’abolition de la peine de mort a eu à faire face aux défis inquiétants en raison d’exécutions récentes. Les consciences ont été réveillées par le souci d’une plus grande reconnaissance de la dignité inaliénable des êtres humains et de l’universalité et de l’intégralité des droits humains, en commençant par le droit à la vie.

Dans la continuité avec sa pratique lors des deux derniers Congrès, le Saint-Siège saisit cette occasion pour accueillir et pour affirmer de nouveau son soutien à toutes les initiatives visant à défendre la valeur inhérente et l’inviolabilité de toute vie humaine depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle. Dans cette perspective, il attire l’attention sur le fait que l’usage de la peine de mort est non seulement un refus du droit à la vie mais aussi un affront à la dignité humaine partagée par l’humanité tout entière. L’appel du Pape Jean-Paul II, à l’occasion du Jubilé de l’an 2000, à un moratoire sur la peine capitale est toujours présent dans nos esprits. De même, le Pape Benoît XVI a, au cours des derniers mois, élevé plusieurs fois la voix pour appeler à la clémence envers les personnes qui attendent leur exécution.

Tandis que l’Église catholique continue à maintenir que les autorités légitimes de l’État ont le devoir de protéger la société des agresseurs, et que certains États ont traditionnellement inclus la peine capitale parmi les moyens utilisés pour parvenir à cette fin, il est difficilement possible de justifier aujourd’hui le choix d’une telle option. Les États ont à leur disposition de nouveaux moyens « de prévenir de manière efficace les crimes, rendant celui qui a commis une offense incapable de faire le mal - sans lui enlever définitivement la possibilité de se racheter » (Cf. Jean-Paul II, Evangelium vitae, n. 56). De telles méthodes non létales de prévention et de punition « correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine » (Catéchisme de l’Église catholique, n. 2267).
Toute décision de peine capitale encourt de nombreux risques : le danger de punir des personnes innocentes ; la tentation de promouvoir des formes violentes de revanche plus qu’un véritable sens de la justice sociale ; une offense claire contre l’inviolabilité de la vie humaine, en promouvant une culture de la violence et de la mort ; et, pour les Chrétiens, il s’agit aussi d’un mépris de l’enseignement évangélique sur le pardon. Ôter la vie ne permet jamais de parvenir à des objectifs estimables pour lesquels les sociétés punissent les délinquants, alors que cela peut apaiser temporairement les appétits de vengeance.

Le Saint-Siège réitère son appréciation à l’égard des organisateurs du Forum et des gouvernements, des groupes et des personnes qui travaillent avec un engagement et une vigueur renouvelés pour abolir la peine capitale ou pour imposer un moratoire universelle dans son application.

3 février 2007
Mgr Jean Honoré, l'un des rédacteurs du Catéchisme de l'Église catholique a écrit :« Le Catéchisme (art. 2266) distingue fermement l'affirmation du principe de légitimité de la peine de mort, et son application qu'il réserve "aux cas d'extrême gravité". Le texte lui-même, dans sa rédaction et dans l'article qui suit (art. 2268), exprime une pensée très déterminée en faveur de l'abrogation de la peine de mort, et il en donne les raisons. Il n'est pas équitable d'opposer sur ce point le Catéchisme des adultes des évêques de France (art. 588). » ( «Le "Catéchisme" et la peine de mort : réponse de Mgr Honoré », La documentation catholique, 21 février 1993, no 2066, p. 197.)
Le catéchisme des adultes dont il est question a écrit :« Pour des raisons diverses, beaucoup de pays ont aboli la peine de mort. Le chrétien ne peut que se réjouir de voir ainsi se développer le sens du respect absolu de la vie. Cependant, la justice doit être assurée et la société protégée. Mais, quels que soient ses crimes, une personne humaine reste un enfant de Dieu que l'on doit respecter comme tel. L'espérance chrétienne croit toujours l'homme capable de s'amender. » (Les évêques de France. Catéchisme pour les adultes, no 588.).
La documentation catholique a écrit :Les évêques canadiens jugent « abusif le recours à des textes bibliques - spécialement de l'Ancien Testament - pour justifier le maintien de la peine de mort. » Ils ajoutent : « Jésus-Christ condamne cette tendance habituelle de l'homme à répondre à une injure par une autre injure et invite plutôt à la magnanimité. » ( « Les évêques canadiens et la peine de mort », La documentation catholique, 4 mars 1973, no 1627, p. 246.)

En 1985, Mgr Maurice Couture intervient dans le même sens. Il invite à rechercher des « moyens susceptibles de briser la spirale de la violence ». Il développe beaucoup une approche nous permettant de mieux comprendre la Bible, et il insiste sur un agir pastoral positif et vraiment efficace contrairement à la peine de mort qui, toutes les enquêtes le prouvent, est inefficace et ne résout pas les problèmes. Il faut, dit-il travailler pour la vie. (Mgr Maurice Couture. « Alternatives à la peine de mort », L'Église canadienne, 3 janvier 1985, no 9, p. 267-269.)

Lors de l'exécution capitale de Robert Harris, le 22 avril 1992, en Californie, des protestations se sont levées de partout. Parmi celles-ci, l'on retrouve Mère Teresa, et les archevêques de San Francisco et de Los Angeles. Le Vatican a lui aussi protesté. « Pour Radio Vatican, "la peine de mort est pour la société une manière très primitive de se faire justice"; quant à l'Osservatore Romano, le quotidien du Saint Siège, il a dénoncé le 23 avril, "la barbarie de l'exécution et la cruauté d'une agonie inhumaine". » ( « Réactions de l'Église après une exécution capitale », La documentation catholique, 7 juin 1992, no 2051, p. 563.)
Monseigneur Hector Miguel Cabrejos Vidarte, archevêque de Trujillo et président de la Conférence épiscopale péruvienne a écrit : L’Eglise, écoutant le Seigneur qui nous dit « je suis venu, afin que les hommes aient la vie et qu'ils l'aient en abondance », veut elle aussi promouvoir la vie comme une valeur humaine qui « doit être respectée parce qu’elle est sacrée » (C.CIC.466). Cette valeur fondamentale est consacrée dans notre Constitution qui dit que « la vie humaine est le bien suprême de la société et de l’Etat, et l’Etat a pour obligation de la protéger » (Art. n°1).

La valeur de la vie humaine, y compris celle du pécheur, est très importante pour Dieu. C’est pour cela que, dans l’Ancien Testament, il dit à travers le Prophète : « Par ma vie, oracle du Seigneur Yahvé, je ne prends pas plaisir à la mort du méchant, mais à la conversion du méchant qui change de conduite pour avoir la vie » (Ez 33,11). Et quand les autorités de son temps demandèrent à Jésus ce qu’il pensait de la lapidation des femmes prises en flagrant délit d’adultère, sa réponse fut catégorique : « Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre » (Jn 8,8).
L’Eglise catholique est résolument contre la peine de mort. Dans leur pronunciamiento de septembre 2002, les évêques du Pérou mettent en avant qu’« une personne est plus grande que ses fautes, et peut se racheter ».
La tendance, dans le monde, va vers l’abolition totale de la peine de mort, qui est plus conforme à la dignité de l’Homme et en même temps, au dessein de Dieu pour l’Homme et la société. L’expérience dans d’autres pays a montré que la peine de mort, comme punition ou vengeance devant un crime aussi grave que le viol et l’assassinat d’un enfant, ne résout pas le problème. Son application nous pousserait à revenir dangereusement au principe « œil pour œil, dent pour dent », et n’éradiquerait pas le mal. Jamais la peine de mort ne réparera le mal, ni n’expiera le crime commis. Elle proclamerait au contraire que notre société, malgré les moyens avancés dont elle dispose, ne serait pas capable de punir convenablement les coupables. Le Saint pape Jean-Paul II, pendant le Jubilée de l’an 2000, a demandé aux Etats qui maintiennent la peine de mort d’abolir cette menace qui pèse sur la vie humaine. Historiquement, l’Eglise péruvienne a toujours défendu la vie comme un don de Dieu.
En 2005, la Conférence épiscopale américaine a écrit :Quand un Etat en notre nom et avec nos impôts, met fin à une vie humaine bien qu’ayant à disposition des alternatives non mortelles, il entend suggérer que la société peut vaincre la violence par la violence. L’utilisation de la peine de mort doit être abandonnée non seulement pour ce qu’elle fait à ceux qui sont exécutés, mais pour ce qu’elle fait à toute la société.
Zenit.org a écrit :ROME, Lundi 19 novembre 2007 (ZENIT.org) – Le Saint-Siège a exprimé sa satisfaction après l’adoption par l’ONU d’un moratoire des exécutions capitales, mais souligne que ce n’est qu’une « première étape », estime le P. Lombardi

Le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi a déclaré, au partenaire italien de l’Associated Press que « le moratoire est une première étape », mais que le Saint-Siège est « confiant » que « la peine de mort sera bannie de la civilisation humaine ».

Pour le porte-parole du Saint-Siège il s’agit d’ « un pas en direction de l'humanité et du respect de la personne ».

Il rappelle que « la position du Vatican et de l'Église est connue, comme le souligne également le catéchisme de l'Église catholique ».

Le vote aux Nations Unies sur le moratoire « est un beau pas en avant, même si ce n'est pas une exclusion de la peine de mort mais seulement un moratoire », concède-t-il, en ajoutant : « C’est toutefois est un bon pas vers l’abolition complète ».

« Chaque fois qu’une peine capitale est exécutée, c’est une défaite pour l’humanité » : avait déclaré le P. Lombardi à la nouvelle de l’exécution de trois catholiques en Indonésie, le 21 septembre 2006.
Zenit.org a écrit :Le cardinal Renato Raffaele Martino était intervenu devant l’assemblée générale des Nations Unies, le 2 novembre 1999, déclarant que « la position du Saint-Siège est que les autorités, même pour les crimes les plus graves, devraient se limiter à user des châtiments qui n’entraînent pas la mort. » Il ajoutait : « La délégation du Saint-Siège accueille volontiers l’initiative d’une résolution [...] sur la réduction et si possible l’abolition de la peine de mort ».
Le cardinal Renato Raffaele Martino, président du conseil pontifical Justice et Paix a écrit :La position de l’Eglise sur le don de la vie est bien connue, selon laquelle l’homme ne dispose pas complètement de la vie, qui doit être défendue depuis le moment de sa conception jusqu’à sa fin naturelle. Une telle position exclut par conséquent l’avortement, aussi bien que l’expérimentation sur les embryons, l’euthanasie, et la peine de mort, qui sont une négation de la dignité transcendante de la personne humaine créée à l’image et à la ressemblance de Dieu.
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Re: Tu ne tueras pas

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Rien de sert de citer les uns ou les autres : le Catéchisme fait office de référence et reste clairement ouvert à une peine de mort.

CEC 2267 L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort, si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains.
Si vous voulez d'autres avis (inutiles à mon idée) :


Mgr John Onaiyekan, a demandé à ce que la peine de mort vienne sanctionner la participation des islamistes de Boko Haram à la série d'attentats meurtriers qui terrorisent le pays depuis plusieurs mois.

En Pologne, la controverse a éclaté après que le président de la Conférence des évêques de Pologne ait apporté son soutien à la proposition du parti Droit et Justice, de l'ancien président Kaczynski, de rétablir la peine capitale pour les meurtres "particulièrement brutaux". Mgr Jozef Michalik a en effet déclaré que "l'Eglise défend la vie de tous, et si elle permet la mort de quelqu'un, ce n'est qu'en matière de défense contre un agresseur"
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Re: Tu ne tueras pas

Message non lu par Isabelle47 »

Bonjour,
Merci, Aldous, de vos références soutenant votre position à laquelle j'adhère parfaitement.
Les messages de vos interlocuteurs, se prétendant rationnels et tentant de justifier la peine de mort par la protection de la société et la possibilité de conversions subites dans les couloirs de la mort, m'avaient donné la nausée! :mal:
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Re: Tu ne tueras pas

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En quoi le bon larron vous donne-t-il la nausée ?

Les larrons étaient plus clairvoyant disant eux-mêmes : 'Pour nous c'est juste…"
Le Christ ne les a pas contredit en cela.
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Re: Tu ne tueras pas

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Merci de votre merci Isabelle!
:-)
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Raistlin
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Re: Tu ne tueras pas

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Aldous,

Comme à votre habitude, vous citez les textes qui vous arrange. Le problème, c'est que l'enseignement de l'Église est parfaitement clair sur le sujet, ne vous en déplaise, comme l'a rappelé PaxetBonum.

Je ne comprends pas cet acharnement de certains catholiques à nier la doctrine de l'Église pour la conformer à leurs désirs. C'est complètement irrationnel. Ainsi, nous n'avons jamais dit que l'Église était positivement pour la peine de mort, mais qu'elle n'excluait pas cette possibilité. Est-ce que cela signifie qu'il ne faille pas lutter pour son abolition ? Bien sûr que non : si on peut trouver des moyens de maitenir l'ordre social tout en préservant une vie humaine, il faut le choisir. Cependant, il ne faut pas non plus faire dire à l'Église ce qu'elle ne dit pas et faire de la peine de mort une chose immorale. Encore une fois, la peine de mort n'est pas nécessairement immorale, c'est l'Église qui le dit et Dieu Lui-même, dans l'Écriture, la cautionne.

Bref, plutôt que de coller nos fantasmes sur la doctrine catholique, essayons de savoir ce qu'elle dit en vérité. C'est bien aussi. Ca apprend notamment à écouter ce que dit l’Église et non pas à s’ériger soi-même en autorité normative de ce que doit être la vérité. Oui, il existe des cas légitimes pour appliquer la peine de mort (même si ces cas, compte tenu des moyens actuels, sont de plus en plus rares et qu’il faut tout faire pour les réduire). C’est là la vérité que nous enseigne l’Église, que ça plaise ou non.

Remettons à ce titre le passage du CEC rappelé par PaxetBonum :
CEC a écrit :2267 L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort, si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains.
C’est clair, net et précis. Il n'y a rien à dire de plus, et surtout pas à chercher à contourner cet enseignement en détournant les propos d’évêques ou autres (qui, je vous le rappelle, ne sont pas infaillibles… c’est fou comme l’infaillibilité devient à géométrie variable dès que ça en arrange certains).

Donc oui, luttons contre la peine de mort, faisons tout pour qu’elle soit remplacée par d’autres moyens. Mais n’oublions pas qu’en dernier recours, si rien d’autre n’est possible, elle reste alors un moyen parfaitement licite de protéger l’innocent.

Cordialement,
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Re: Tu ne tueras pas

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Raistlin,

je ne détourne pas les propos de évêques ou autres. Je vous les livre tels quels, lisez les vous-même dans les extraits sélectionnés (quand un évêque dit: L’Eglise catholique est résolument contre la peine de mort, ce n'est quand même pas moi qui le dit... Quand Jean-Paul II dit : Je renouvelle donc mon appel à tous les responsables, afin que l'on parvienne à un consensus international pour l'abolition de la peine de mort, à partir du moment où "les cas d'absolu nécessité de supprimer le coupable sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants", ce n'est quand même pas moi qui le dit...)

D'autre part j'ai précisé dès mon premier post dans ce fil: pour moi l'Eglise est pour l'abolition de la peine de mort, c'est donc mon avis et non la garantie de l'avis de l'Eglise que j'annonce! Et ensuite je pose des questions qui me semblent pertinentes par rapport au pardon, c'est tout. (je ne m'érige donc pas en autorité normative comme vous le dites! )

D'autre part encore le passage du CEC 2267 complet est celui-ci:

2267 L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort, si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains.

Mais si des moyens non sanglants suffisent à défendre et à protéger la sécurité des personnes contre l’agresseur, l’autorité s’en tiendra à ces moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine.

Aujourd’hui, en effet, étant données les possibilités dont l’Etat dispose pour réprimer efficacement le crime en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de se repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable " sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants " (Evangelium vitae, n. 56).
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Re: Tu ne tueras pas

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Aldous a écrit :je ne détourne pas les propos de évêques ou autres. Je vous les livre tels quels, lisez les vous-même dans les extraits sélectionnés (quand un évêque dit: L’Eglise catholique est résolument contre la peine de mort, ce n'est quand même pas moi qui le dit... Quand Jean-Paul II dit : Je renouvelle donc mon appel à tous les responsables, afin que l'on parvienne à un consensus international pour l'abolition de la peine de mort, à partir du moment où "les cas d'absolu nécessité de supprimer le coupable sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants", ce n'est quand même pas moi qui le dit...)
Premièrement, un évêque peut se tromper (si vous en doutez, allez voir du côté de Mgr Gaillot). Ensuite, on peut appeler à abolir la peine de mort sans nier pour autant qu'elle reste, si aucune autre solution n'existe, un moyenne parfaitement licite. Le problème, c'est que certains catholiques présentent maintenant la peine de mort comme une chose ignoble alors que la doctrine de l'Église sur le sujet est plus nuancée que ce manichéisme simpliste.

Aldous a écrit :D'autre part j'ai toujours précisé: pour moi l'Eglise est pour l'abolition de la peine de mort, c'est donc mon avis et non la garantie de l'avis de l'Eglise que j'annonce!
C’est bien le problème de nombre de personnes aujourd’hui : plutôt que d’annoncer la Vérité, ils annoncent leur vérité. Du coup, chacun dit son opinion et plus personne ne sait où est le vrai. Il est bon d’avoir des opinions, il est encore meilleur de les fonder sur le vrai.

Aldous a écrit :D'autre part encore le passage du CEC 2267 complet est celui-ci:

2267 L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort, si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains.

Mais si des moyens non sanglants suffisent à défendre et à protéger la sécurité des personnes contre l’agresseur, l’autorité s’en tiendra à ces moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine.

Aujourd’hui, en effet, étant données les possibilités dont l’Etat dispose pour réprimer efficacement le crime en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de se repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable " sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants " (Evangelium vitae, n. 56).
Exactement, je ne dis pas autre chose. Mais il n’y a, dans ce texte, aucune condamnation positive de la peine de mort en tant que telle. Bien entendu que si on peut faire autrement, il faut choisir cette option, c’est ce que je ne cesse de répéter. Et il faut tout faire pour trouver une alternative à la peine de mort si aucune n’existe dans certains pays. Cependant, il ne faut pas exclure a priori son recours. C’est comme pour la légitime défense : il faut tout faire pour ne pas tuer son agresseur mais s’il nous est impossible de faire autrement, ce n’est nullement un acte immoral.

Après, le problème de la peine de mort lorsqu’elle est légale, est que son recours peut être abusif. L’Église veut certes lutter contre ça et elle a raison.

Cordialement,
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Re: Tu ne tueras pas

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Raistlin a écrit : C’est bien le problème de nombre de personnes aujourd’hui : plutôt que d’annoncer la Vérité, ils annoncent leur vérité. Du coup, chacun dit son opinion et plus personne ne sait où est le vrai. Il est bon d’avoir des opinions, il est encore meilleur de les fonder sur le vrai.
Je vous informe que c'est valable pour vous!

bonne continuation,
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